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    QUELQUES EXTRAITS DE MES ROMANS

     

     
  • 554 Pages / 15 €

      Ce témoignage est rigoureusement authentique. Il m'a fallu près de dix ans de gestation pour enfin parvenir à écrire le mot FIN. À bien des égards, j'ai été obligé de minimiser, voire taire certaines phases dans l'accomplissement de ma mission. J'insiste sur le fait que mon livre n'est en AUCUN CAS à considérer comme un manuel ou un guide spirituel. Richard NATTER

    Découverte du Don

    Préface

     Depuis que le magnétisme existe, il est soumis aux controverses les plus folles. Dans l’imbroglio d’invectives en tous genres, dressant face à face les esprits réfractaires et ceux qui sont investis par cette force mystique, le quidam en perd purement et simplement son latin. Sorciers pour les uns, Bienfaiteurs pour les autres, les partisans des deux bords rivalisent d’ingéniosité, pour soutenir leur point de vue et défendre en toute bonne foi leurs idéologies, discréditant les opposants.

    C’est un dédale d’invraisemblances, et de propos volontairement démesurés. Chacun des représentants de l’une ou l’autre de ces énergies parallèles, dénonce et accuse, dénigre et agresse. Sans ne se soucier de rien d’autre, que de ses propres intérêts. Qu’est-ce que le magnétisme ?

    S’il est indispensable à la vie, et circule dans tous les corps, il arrive à certains individus de pouvoir le transmettre. Magie, sorcellerie, utopie ou dérision ? Il s’agit d’un courant réel, avec lequel on peut rééquilibrer une déficience énergétique. Peut-on apprendre à maîtriser et à transmettre le magnétisme ?

    Trop de spéculateurs m, jouant sur la naïveté d’individus en mal d’émotions fortes, essaient de persuader les esprits crédules de cette possibilité. Je reste convaincu du contraire. Le magnétisme curatif, puisque tel est son nom, ne s’apprend pas, ne se transmet pas, autrement que par le Tout-Puissant, sous forme de DON. Ce roman n’est en aucun cas une méthode nouvelle d’apprentissage du magnétisme. Encore moins un guide. Il n’a pour seule ambition, que traduire ce dont j’ai pris connaissance, au fur et à mesure de mon cheminement sur cette voie sacrée. Mon chemin de vie peut ressembler à beaucoup d’autres. Je n’ai pas non plus — loin de moi cette prétention — le désir plus ou moins dissimulé de convertir qui que ce soit. Encore moins, Dieu merci, le désir encore plus ignoble, de fonder une secte !

    J’ai appris à connaître et à aimer Le Tout-Puissant, grâce à qui je peux enfin discerner le bien du mal, le vrai du faux. Pour vivre en harmonie, il faut accepter et comprendre les souffrances et les sacrifices, parfois extrêmes, qui nous sont imposés. Au-delà des carcans quotidiens, le plus difficile, c’est d’avoir le courage de se regarder en face.

    Cette recherche intérieure est de loin le seul obstacle qui, à mon avis, nous empêche d’être nous-mêmes. Admettre ses défauts, c’est aussi et avant tout, reconnaître les valeurs des gens qui nous entourent. C’est à ce prix qu’il est possible de juguler les faiblesses et de faire naître une paix intérieure.

    Le hasard n’existe pas. Que l’on croie en Dieu ou non, il faut admettre que rien sur cette terre, n’est le fruit de la simple coïncidence. Ce que chacun de nous, un peu trop facilement, a tendance à considérer comme le «Hasard» n’est que l’éclatement de la destinée.

    Notre chemin de vie nous entraîne souvent sur des chemins rocailleux. Nous nous faisons mal, nous nous insurgeons, sans chercher à comprendre. Quand cela nous arrange, le hasard fait bien les choses. Quand tout va de travers, là, nous nous en prenons à tout et à tous, en commençant par Dieu.

    Puis enfin, le jour arrive où, quittant les sentiers battus d’une vie stéréotypée, nous ouvrons grands les yeux. Tout devient limpide et compréhensible. Nous admettons ce qui jusqu’ici, nous apparaissait utopique. Notre hérédité, c’est nous-mêmes qui nous la transmettons, au gré de nos incarnations successives. En arrivant sur terre, nous ignorons notre destin. Nous ne savons pas non plus que notre subconscient contient l’intégralité de ce qu’il nous appartient d’épurer ou plus simplement de comprendre. Autant que notre corps renferme la quantité d’énergie nécessaire, pour accomplir notre mission.

    Tout est programmé, décidé, prévu par le Tout-Puissant. Il nous faut donc le sentir, l’analyser et le subir, avant de l’admettre. Ce dernier fardeau levé, et à ce moment-là seulement, il est possible de parler d’harmonie. La vie, offre à cet instant, toutes ses lettres de noblesse. C’est le début de la sagesse ; amour, tolérance, pardon, partage remplacent avantageusement l’égoïsme, le doute, la rancune et la médiocrité.

    Mon histoire peut être celle de beaucoup de gens. Je la raconte avec amour. Authentique, elle est avant tout un témoignage. Du premier mot à l’ultime scène, tout est vrai. Désolé si d’aventure, quelques faits énoncés peuvent choquer. Elle est dévoilée, non par goût de la provocation, mais avec l’absolu désir d’approfondir et éclaircir par ce biais, une partie de la mission dont je suis investi.

     Pour ma femme et moi, après notre première rencontre, l’aventure a débuté en dents de scie. Nul ne peut contrer la volonté divine. Même si j’avais voulu baisser les bras et renoncer, Dieu m’aurait fait comprendre, à sa façon, que nul n’échappe à son destin. Sans m’en rendre compte, je me suis accroché, en dépit de l’adversité. Après avoir connu ma petite Françoise à une soirée, j’ai déliré en attendant la rencontre suivante, et lutté pour ne pas faiblir. D’étape en étape, j’ai progressivement pris conscience de la valeur et de l’impact de la foi. Sans elle, nous ne parvenons à rien. Ma foi est profonde, mais je ne suis pas «Accroc», au point d’en devenir fanatique. Dieu est mon Ami, mon Guide, et ne sera jamais là pour m’enlever ma personnalité ni faire de moi son esclave. Le Tout-Puissant a établi, déontologiquement parlant, une règle de conduite.

    À nous de l’accepter ou de la réfuter, sans avoir besoin du support des doctrines erronées, édictées par les pourvoyeurs de l’hypocrisie. Il est plus facile de parler d’amour et d’égalité, voire d’équité, pour être sûr de plaire, qu’agir dans l’ombre de l’humilité pour aider son prochain. L’efficacité, à tous niveaux, ne rime pas avec excentricité ; encore moins avec popularité !

     *   *

    *

    CHAPITRE PREMIER

     «Découverte du Don»

      À l’instar de tous les gamins ou presque, dès que j’ai atteint la puberté, je me sentais pousser des ailes. Comme tous les autres, à défaut de volonté personnelle, je voulais connaître l’aventure. Grisé par les récits, attisés par mon imagination, je pensais qu’en fuyant le domicile paternel, j’allais connaître un univers douillet. Si à l’époque, la majorité était à vingt-et-un ans, à peine sorti de l’œuf, je me croyais un homme. Je n’avais pas encore dix-huit ans, et prenais sur moi de prouver au monde entier, que j’étais quelqu’un de bien.

    J’avais l’impression d’étouffer, de végéter, dans cet environnement familial quelque peu obsolète à mes yeux. Ivre de légendes, assoiffé de découvertes, je voulais sans doute prouver aux autres, ce que j’ignorais moi-même. Je me croyais un homme, je me sentais apte à franchir les obstacles, érigés par les conventions de l’éthique et de la foi chrétienne. J’ignorais à quelle sauce j’allais être mijoté durant les années suivantes ! Bref, ardent des mille feux de la soif d’indépendance, je partais fièrement sous les drapeaux.

    Après avoir devancé l’appel, j’embarquais à bord d’un pétrolier de la «Royale». À Tahiti, dépaysement oblige, j’effectuais mon apprentissage sur l’âpreté de la vie. Tout ce qui jusqu’ici me paraissait dérisoire, en ces quelques mois de galère, a eu raison de moi. Je ne voulais pas capituler.

    Orgueilleux avant tout, je n’ai jamais voulu donner l’impression de céder. Tout allait pour le mieux, dans le meilleur des mondes. Je suis resté ainsi presque deux ans, seul, loin des miens, pour prendre le temps de mieux analyser le fond des choses. Sortant d’un cocon douillet, je ne m’imaginais pas en m’engageant, quelles étaient les épreuves qu’il fallait surmonter, pour avoir l’impression d’exister ? Ces premiers mois de solitude et de souffrance, ont eu au moins l’avantage, de me faire prendre conscience de mes limites.

    J’établissais des comparaisons avec ce que j’avais vécu auparavant. J’avais du mal à le reconnaître, mais dans le fond, je n’étais pas si malheureux que cela. En ce sens, l’isolement aura été bénéfique. J’avais des idées surfaites envers mon pays ? J’en ai mesuré avec émoi, les carences et les lacunes. Pierre par pierre, l’édifice que j’avais érigé s’effondrait. Jour après jour, les méandres de la vie m’ont aidé à prendre conscience des réalités. Mon esprit de patriotisme, mon enthousiasme et mon euphorie en prirent un sérieux coup de vieux. Loin de vouloir «Rempiler», je n’avais qu’une hâte, c’était de rejoindre mes pénates.

     *   *

    *

     Ce que je fis quelques mois plus tard. À mon retour en métropole, la vie se chargea de peaufiner mon éducation. Je voulais tout connaître ? Qu’à cela ne tienne. Je n’avais pas vingt ans, quand déjà, je sentais peser sur moi le poids des responsabilités parentales. Je ne connaissais rien de la vie, en dépit de mon passage sous les drapeaux. Jamais, je n’avais connu ce que les jeunes aujourd’hui, dépensent avec autant de mépris : la joie de vivre. Certes, j’avais eu des aventures. Jamais, au-delà des limites qui m’étaient imposées par mes parents.

    Pas de flirt, pas de sortie nocturne, rien, que les dures règles d’une discipline rigoureuse. C’est pour cette raison sans doute, que dans la foulée en quittant l’armée, je m’engageais à corps perdu dans ma vie d’homme. Bien-être éphémère et illusoire en vérité. Sans même avoir le temps de comprendre ce qui se passait, je devenais Papa. Au nom des sacro-saintes lois des «Principes», imposées par l’église, pour réparer la faute il me fallait épouser celle que le destin avait placée sur ma route.

    Voilà comment, à peine sorti des couches-culottes, je devenais à mon tour un «Monsieur», Papa d’une fillette. Hélas, de telles unions dites «Réparatrices» ne sont jamais génératrices de bonheur. Quelques mois seulement après avoir convolé en justes noces, un premier divorce étalait devant moi son tapis de douleur. Je n’avais pas encore eu le temps de m’habituer à mon rôle de Papa, pourtant réitéré l’année suivant mon mariage, avec la naissance d’un garçon, que je songeais à me séparer de ma femme. Chacun le sien, nous nous sommes quittés heureusement sans trop de bobos.

    Nouvelle vie, nouveaux espoirs. Seul avec ma fille, j’arpentais les chemins sinueux de la vie en solitaire. Je n’avais toujours pas compris ce qui s’était passé. Tout s’était tellement enchaîné et précipité, que je n’avais fait que suivre le mouvement. J’avais encore besoin de téter le sein de ma mère, et je devais me comporter comme un adulte. Tout prenait des proportions démesurées. Ma bonne humeur, ma joie de vivre, s’estompaient graduellement. Plus les jours passaient, plus je réalisais dans quelle galère je m’étais fourré. Je n’étais plus seul. En réalisant enfin que j’étais Papa, loin de paniquer fort heureusement, je décidais de tout mettre en œuvre pour prouver ce dont j’étais capable. Sans savoir et pour cause, que les premiers messages du Tout-Puissant commençaient à me parvenir ! L’homme enfant que j’étais devait se surpasser. Faisant feu de tout bois, je me montrais digne. Éludant les chimères, loin de baisser les bras, je relevais le défi. Jour après jour, ma fille devenait mon unique espoir.

    L’enfant qui en moi, n’avait jamais grandi s’est manifesté plus souvent qu’à son tour. Adulte oui, mais avec un besoin criant d’extérioriser ce qui devait se faire connaître. Ce qui se traduisait le plus souvent, par des comportements aussi juvéniles qu’insensés. Tantôt Papa, tantôt bébé, je cherchais en fait mon équilibre. Dur dans ces conditions, de maîtriser les tourmentes de la vie. Néanmoins, j’accomplissais quotidiennement les tâches inhérentes à mon statut de père célibataire. Pour rien au monde, je n’aurais supporté la moindre critique me concernant. Rien n’est jamais parfait. Je faisais de mon mieux, pour donner une image assez forte de ce qui au fond de mon cœur, était une lacune évidente.

    Je jouais les athlètes, les durs, pour mieux dissimuler mes faiblesses. Ma fille avait besoin d’un Papa fort, solide, intouchable et invulnérable. Pour elle, à travers elle, j’exorcisais mes amertumes. En elle, je puisais les ressources nécessaires à l’accomplissement de ce qui était déjà, un véritable sacerdoce. Plus je me sentais faible, plus je compensais mes lacunes par des actions pour les moins démesurées.

    Fier, je ne voulais pas donner une impression de faiblesse. Je voulais à tout prix qu’elle soit fière de moi. J’oubliais le principal. Ma vie d’homme !  Sans me poser de question, je fonçais tête baissée. Mon unique objectif était d’assumer mon rôle envers ma fille. Ce qui m’interdisait d’accorder trop d’importance aux relations physiques, éphémères par définition. Épisodiquement tout de même, j’assumais ma sexualité. Hélas ! Fort de ma cuisante et récente «Expérience», je prenais peur et je fuyais, sitôt que la relation prenait une tournure affective. Le destin m’avait placé sur une orbite assez spéciale, ça, j’en étais conscient. De là, à en définir l’orientation, il y avait un monde.

    Semaine après semaine, mois après mois, je persistais dans ma façon pour la moins cavalière, d’affronter l’existence. La seule chose qui comptait, c’était le bonheur de ma fille. Belle à croquer, elle était ma fierté. Sans le savoir, Dieu me faisait flirter avec les délices de la dévotion. Que ce soit pour son enfant ou pour une tierce personne, savoir donner son amour et son temps c’est fabuleux.

    À l’époque, loin de donner, je prenais, en bon égoïste. Fier des compliments qui m’étaient adressés, à travers ma fille, je jouissais naïvement des vertus lubriques émanant de cet état informel. Je n’ai jamais su, à cette période, faire la différence entre les congratulations relationnelles, et les louanges profondes.

    Pour moi, toujours enfant, je naviguais aveuglément sur mon océan de quiétude. Tout le monde il était gentil... Les pièges, qui se dressaient devant moi, étaient bien loin d’occuper mes pensées. J’étais tellement imbu de ma personne, étanche aux conseils, que je défiais la planète entière. Tout baignait dans la félicité. Pourtant, il me fallait de temps à autre, revenir aux dures réalités.

    Avec ma profession, j’étais sans cesse soumis aux épreuves les plus invraisemblables. Sapeur-pompier de mon état, je côtoyais chaque jour ou presque, les antipodes de l’humanité. Bons et méchants, riches ou pauvres, beaux ou laids, tout le monde était réduit au même rang, sitôt que le malheur s’abattait sur eux. C’est de là, je pense, que m’est venu ce besoin de comprendre avant d’agir.

    Je le dis maintenant en l’écrivant, avec plus de trente ans d’écart. Quand je vivais tout ça, je ne l’imaginais pas une seconde. En attendant, pour en revenir à mes moutons, je me débattais du mieux que je pouvais. Une chose est certaine, c’est que grâce à mon métier durant cette période, j’ai appris beaucoup.

    La souffrance, la mort, la solitude, l’isolement auront été les compagnons avec lesquels j’ai appris à gérer ma vie. L’écœurement, la révolte, prenaient au fil des jours, racine au fond de mon âme. L’injustice, flagrante et imparable, aggravait un sentiment d’iniquité déjà criant dans mon cœur. Qui pouvait m’entendre ? Moi qui refusais avant tout de communiquer. Je gardais bien trop précieusement au fond de moi les pulsions indignées, pour oser les transmettre à mon entourage. C’était le début de mon sacerdoce.

    Plus je rencontrais la misère, plus je m’insurgeais. Plus je me hérissais contre les dogmes et les idéologies, plus je me réduisais à l’état de contestataire. Donc, plus je me renfermais sur moi-même. L’imbroglio était total. Très vite, j’ai appris à mes dépens qu’il est inutile de se braquer contre les forteresses qui nous entourent. À cette époque, sanguin et bouillonnant, je ne le voyais pas de cet œil. Il me fallait approfondir, tout disséquer, analyser, avant de me déterminer. Le manque d’expérience de la vie se faisait gravement ressentir. Je passais sans transition d’une situation à l’autre, sans me poser la moindre question.

    Euphorique et enthousiaste, je devenais taciturne et vindicatif. Courtois, affable et prévenant, je pouvais tout aussi bien, devenir rustre et odieux. Quelqu’un ne me plaisait pas ? Sans autre, je lui rentrais dedans. Peu à peu, ma carapace s’est épaissie. La frêle cuirasse s’est lentement métamorphosée en robuste et inviolable écaille. Lentement mais sûrement, je me laissais emporter dans le tourbillon de l’incertitude. J’étais très loin de pouvoir entendre le moindre message du Tout-Puissant ! Plus les gens autour de moi cherchaient à me tendre la main, plus je fuyais comme un évadé. La raison, la sagesse, n’étaient que des chimères.

    Je m’enlisais dans les sables mouvants de l’incertitude, sans avoir la force de m’en rendre compte. D’un côté, je tendais la main, de l’autre, je réfutais toute aide. Je pensais avec conviction, être capable de traverser ce désert. De temps à autre, à bout de souffle, j’échouais sur les bancs de sable d’une oasis. Brune ou blonde, célibataire ou mariée, je ne désirais rien d’autre qu’être cajolé. Je me blottissais dans ces bras inconnus, à la recherche de la tendresse. Plus enfant qu’adulte, je me moquais des préjugés et semblais vouloir défier la terre entière.

    Les drames que cela pouvait engendrer ne me venaient même pas à l’esprit. J’étais en paix avec ma conscience, pour moi cela suffisait amplement. D’autant que le plus souvent, avant de m’abandonner aux ivresses des corps, j’éprouvais le besoin de me confier. Parler, pour ne rien dire sans doute, mais avec au fond du cœur, le sentiment d’être écouté. Néanmoins, j’ai toujours été respectueux de mes compagnes. Avant de les inviter à la maison, je mettais les choses au point. Une nuit d’amour ne devait pas aboutir à une pendaison.

    Elles étaient libres d’accepter ou refuser, mais n’avaient pas le droit d’espérer autre chose qu’une aventure. Ma fille, mon métier... Mon métier, ma fille... Rien ni personne n’avait le droit de s’intercaler entre ces deux pôles majeurs. Je pensais avoir mon équilibre. À tort ou à raison, je ne voulais rien d’autre. Un flirt de temps en temps, histoire de conserver une apparence d’homme et rien de plus. À ce petit jeu, on finit par se brûler ; pour un pompier, c’était un comble !

     *   *

    *

     Après quelques années de ce périple acharné, je sombrais dans les arcanes de l’amour. Tout du moins, ce que je considérais comme tel. Jeune et belle, écœurée et révoltée autant que moi, celle qui allait devenir ma seconde femme, allait me faire toucher terre. Désarmé, impuissant, je sombrais peu à peu. Aveuglé par cet avenir prometteur, qui semblait m’ouvrir les portes du bonheur, je capitulais. En quelques jours, elle a eu raison de moi. Ma fille, enjôlée aussi, n’avait de regards que pour elle.

    La ravissante sirène, sortant du fond de l’océan de notre désarroi, est venue par enchantement égayer nos journées. Oubliant mes promesses, m’écartant une fois encore devant ma fille, j’ai cédé à la tentation. Très vite, le flirt est devenu union. N’écoutant que la voix de la raison, éludant les propos peu flatteurs dont elle était gratifiée par son père, je décidais de la prendre pour femme. Pour la seconde fois, devant le maire uniquement, j’épousais la «Maman» adoptive de mon enfant. Plus par charité que par amour c’est vrai.

    J’étais naïf, encore enfant, la famille s’agrandissait. Jeune et belle, ma seconde épouse était sans cesse l’objet des controverses les plus cinglantes. Malgré le peu d’années qui nous séparaient, tout dans son comportement, mettait en exergue une absence évidente de maturité. Elle était charmante, attentionnée et de surcroît, très optimiste. Sa maladresse, son manque d’expérience, étaient largement compensés par son désir de réussir. C’est là que ses Parents l’imaginaient incapable. De mon côté, je me contentais de ce qu’elle m’apportait au quotidien. C’est vrai, elle n’avait rien appris chez elle. C’est tout juste si elle savait faire cuire un œuf sur le plat.

    Au fond, j’avais deux enfants à mes côtés. Fort de mon expérience acquise, auprès de mes Parents, je ne m’affolais pas outre mesure. Avec du temps et de la patience, on arrive à tout, non ? C’était en tout cas, ce qui motivait ma confiance. Réaliste et pragmatique avant tout, je m’efforçais de ne pas la culpabiliser. À dire vrai, que savais-je de plus qu’elle ? Une apparente expérience et rien de plus, qui ne me donnait pas sans doute, le droit de la considérer comme inférieure. J’étais donc fier de la guider, de la conseiller, en toute objectivité, sur les sentiers que je croyais les meilleurs. Je ne faisais rien d’autre que mettre en application, les conseils que ma mère m’avait inculqués. Était-ce opportun ? L’avenir allait nous le dire quelques années plus tard.

    De dérives en malentendus, de quiproquos en peaux de bananes, notre couple était exposé aux pires difficultés. Par Parents interposés, nous ne faisions qu’essuyer les plâtres de ce qui aurait pu, devenir une famille authentique. En quelques années, notre maison s’est agrandie considérablement. Un, deux, puis trois enfants, ma seconde femme était pour la moins féconde. Tant et si bien que je décidais de mettre un terme à cette succession annuelle de descendants, en me faisant opérer d’une vasectomie bilatérale. Hélas, les tensions se transformaient en règlement de compte.

    Les belles-familles étaient, à des kilomètres de distance, l’épicentre de complots en tous genres. Nous, nous étions au milieu. Qui croire en ces cas-là ? Ma femme, mes Parents ou mes beaux-parents ? Les enfants étaient bien trop jeunes pour donner leur avis. Tour à tour boucliers, objets de chantages, ils ont traversé une période assez mouvementée. Pour fuir la mésentente, occultant les tensions, je m’investissais alors dans le sport à outrance : karaté, spéléo, cyclisme, etc. Avec, de surcroît, une intense activité artistique.

    Tous mes jours de repos étaient consacrés en majorité à mon confort personnel. Les excuses ne manquaient pas. Ce qui par contre, me faisait défaut, c’était la capacité de gérer par moi-même, les conflits sporadiques auxquels nous étions confrontés. Entre deux périodes orageuses, je découvrais émerveillé avec un certain plaisir, la volupté des mots et le charme poétique. Fuyant le brouhaha, les querelles et les tensions, je me laissais bercer par les rimes et les vers.

    Ce monde imaginaire et fictif me transportait ponctuellement au firmament de l’oubli. Il me permettait surtout d’occulter la violence et la haine, qui germaient dans mon esprit. Naturellement, mes poèmes n’intéressaient pas plus que ça ma femme ! Ils me permettaient de m’évader, de rêver. Authentiques exutoires, mes textes arboraient malheureusement, l’étendard de la désolation dans laquelle je me trouvais. Je me surprenais même, assez souvent, à frémir de honte en relisant ce que je venais de créer. La vie était-elle à ce point morose ?

    Je ne réalisais pas malheureusement qu’en m’enfermant dans mon univers, je tournais le dos aux réalités. Je démissionnais, capitulais, éludant de mes pensées mes devoirs de mari et de Papa. Après quatre années de mariage seulement, il était déjà question de divorce. Oui, mais voilà, les enfants étaient là, omniprésents. Que faire ? Combien de fois, me suis-je posé la question ? Si nous avions été très loin de tout le monde, je pense que les choses se seraient arrangées. Je sentais bien que ma femme essayait de s’accrocher. Elle était maladroite certes, mais avec du temps, elle aurait sans doute pu devenir une merveilleuse compagne. Mal entourée, manipulée par sa mère, elle ne réalisait même pas qu’elle n’était au fond qu’un pantin, articulé par des mains ignobles. J’essayais de la mettre en garde. Je n’avais pas le droit pour autant, de lui interdire d’aimer ses Parents. Les conflits qu’elle avait rencontrés avec eux s’étaient rapidement estompés. Je me résignais au silence à leur sujet.

    Aveugle, je n’y voyais que du feu. Plus les mois s’écoulaient, plus l’écart se creusait entre nous. Les enfants étaient devenus des otages. Privés de tout, ils grandissaient comme des fleurs sauvages. Au milieu des cris, des empoignades parfois musclées, ils nous imploraient en silence. Attisée par la haine aveugle de nos parents respectifs, la colère émaillait chaque instant de notre vie. Perdu, déchiré, je perdais un à un mes repères. J’avais l’impression très nette de tourner en rond, d’être inutile. Loin de m’accrocher, je fuyais de plus en plus.

    Plus je m’éloignais évidemment, plus ma femme avait la vie belle. L’argent, les amants, tout filait entre ses mains. Était-ce bien de sa faute ? À l’époque, influencé par ma mère il est vrai, je le croyais dur comme fer. Pour tenter de sauver notre couple, préservant avant tout les enfants, je décidais d’ouvrir un petit commerce de photos. Comme j’étais fonctionnaire, je n’avais pas le droit de l’ouvrir à mon nom et bien entendu, il fut créé sous le nom de ma femme. Diable ! Au royaume de la bêtise, j’étais devenu empereur. Il ne manquait que ça, pour achever la destruction de notre foyer.

    Loin de sauver quoi que ce soit, ce fut au contraire la débandade. Solidement entourée de complices, ma femme en profitait pour me plumer jusqu’au dernier centime. Naïf, confiant malgré tout, mais surtout écœuré, je ne réalisais même pas dans quel bourbier j’étais en train de m’enliser. Mon travail à la caserne, mon magasin, je parvenais tout de même à oublier le drame qui se jouait. Abandonnant mes scrupules, je me laissais aller de temps en temps, aux plaisirs charnels. Je ne faisais rien de plus, que rendre la pareille à ma femme. Nous aurions pu vivre ainsi, encore de nombreuses années. C’était sans compter sur l’acharnement de ma belle-mère.

    Je ne sais toujours pas, aujourd’hui encore, pour quelle raison elle s’était jurée de me réduire à néant. Quoi qu’il en soit, elle s’arrangeait pour détourner ma femme de son chemin et lui faire commettre des méfaits ignobles. Combien d’argent a-t-elle détourné ? Dieu seul le sait ! À en juger les menaces d’huissier qui nous parvenaient, je crois que plus de la moitié des revenus quittaient le domicile à mon insu.

    Le mal devenait incurable. La gangrène avait rongé le peu d’espoirs, qui me donnaient la force de lutter. À bout de forces, en dépit de toutes les règles de bienséance, je décidais d’engager le divorce. C’est alors que ma femme a usé de toute sa malice, pour déjouer l’obstacle. Je le sais maintenant, jamais, d’elle-même, elle n’aurait agi de la sorte. Envoûtée par sa mère, elle ne faisait qu’exécuter ses ordres. En attendant, la comédie à laquelle j’ai eu droit était digne des plus grands dramaturges.

    Je voulais qu’elle change ? Elle se métamorphosa ! Devant le juge, le jour de la réconciliation, je compris ce qui venait de se passer. En quelques heures, tout bascula dans le néant le plus complet. Après dix ans ou presque, une nouvelle rupture me propulsait dans les ténèbres de la désolation. Seul avec ma fille aînée, je décidais de relever le défi. Il ne me restait guère de solutions. Quand je mettais enfin mon nez dans les comptes du magasin, je comprenais dans quelle galère je m’étais fourré. Le mal était fait, je n’avais pas d’autre solution que tout mettre en œuvre, pour sauver ce qui pouvait encore l’être.

     *   *

    *

     CHAPITRE DEUXIÈME

     «Bibiche»

    La fin du mois d’octobre 1989 ne s’est pas déroulée de la meilleure façon. Taciturne et aigri, je ne pouvais pas me faire à l’idée que tout était terminé, entre Bibiche et moi. Pourtant, je devais me rendre à l’évidence. Une très longue lettre, écrite avec beaucoup de chagrin, détruisait pendant quelques jours, toute idée de bonheur. Elle m’expliquait honnêtement et avec une tendresse encore plus avouée, quels étaient les paramètres qui motivaient son hésitation.

    Une fois encore, ma violence était à l’origine de cette prise de position à mon égard. Je me mordais les doigts d’avoir été aussi franc. Sans l’ombre d’une tricherie, je lui avais tout dit, concernant ma vie passée. Naturellement, les plaies n’étant pas refermées, j’avais laissé paraître dans mes propos, une agressivité latente.

    À l’instar de ma vie et de ses frasques en tous genres, il y avait de quoi affoler la pauvre Bibiche. Je l’admettais certes, mais je refusais d’adhérer à cette idée, d’abandon de sa part. Je ne pouvais pas l’accabler non plus. Elle, si pure, si fragile, qui avait passé toute sa jeunesse dans un cocon d’amour, ne pouvait pas comprendre autre chose, que ce qu’elle redoutait avec moi. Durant des heures, je lisais et relisais cette missive destructrice. Les yeux brouillés chaque fois, par un épais manteau de larmes. Une fois de plus, j’en voulais au monde entier. Je m’insurgeais, contre Dieu avant tout, ne comprenant pas pourquoi, Il me privait de l’essentiel. N’avais-je donc pas assez souffert, pour mériter enfin le repos ? Même mon ami le peintre refusait de m’offrir son soutien. Je devais comprendre par moi-même.

    Comprendre quoi bon sang ! Le pardon, la tolérance, l’amour pour les autres, tout était devenu naturel pour moi. Que me fallait-il accomplir d’autre ? Je traversais une période assez lugubre. Irrésistiblement, je m’enlisais dans les sables mouvants de la mélancolie. Une chose était claire et évidente cependant. À aucun moment, je n’ai éprouvé la moindre haine à l’égard de Bibiche. Je souffrais, mais je la comprenais. Je n’avais pas le droit d’augmenter son propre chagrin.

    Je le sentais à travers ses lignes, ce n’était pas de gaieté de cœur qu’elle avait pris cette décision. C’était sans doute à ce niveau que je devais prendre conscience de l’amélioration indispensable de mon caractère. Je prenais conscience avec force, de ce besoin urgent d’épuration mentale, à laquelle je devais me livrer. Avant cette épreuve, tout m’était dû ou presque. Je n’admettais pas l’échec et encore moins, sentir quelqu’un me laisser pour compte. Grâce à Bibiche et à sa fermeté, j’analysais cette métamorphose avec beaucoup de plaisir.

    Au fond, je prenais conscience que mon chemin de vie allait être parsemé d’embûches. Il fallait que je reprenne le dessus coûte que coûte. Oui, mais voilà, après une semaine de régime amaigrissant, j’étais devenu une vraie loque. Affaibli, triste, je ne mangeais presque plus. Je buvais comme un trou, et fumais comme une cheminée ! Bien fort, aurait été celui ou celle, capable de me sortir du ghetto dans lequel je m’enfermais progressivement. Néanmoins, et ce constat a été salutaire, même au plus fort de ma tempête, je n’ai pas cherché à employer la violence, envers qui que ce soit. Mes bonnes intentions se limitaient à prendre conscience de certaines directives, sans pour autant être suivies de fait. Résigné, je suivais le courant de la vie, rien de plus. En même temps que le vide se faisait dans mon corps et mon esprit, il se faisait autour de moi.

    Las d’entendre les mêmes rengaines à propos de Bibiche, j’évinçais sans regret de ma vie, tous celles et ceux que je jugeais hypocrites. Autrement dit, en quelques jours à peine, je fermais ma porte à tous les faux amis et autres profiteurs. Seuls, mes vrais amis venaient me voir tous les jours. Mon état de santé était critique. Je ne réalisais pas, la gravité des faiblesses dans mon organisme. Sonné, je n’avais même plus la force de conduire.

    Fier et orgueilleux, je refusais avec force toute aide extérieure. Je devais résoudre mon problème seul. Ce n’était pas la première fois que je sombrais au fond d’un abîme. N’était-ce pas pour moi, le moment opportun pour réagir, d’une manière plus adéquate et objective ? Sans pouvoir identifier telle ou telle force en présence, je sentais bien qu’une voix me guidait vers la sagesse.

    Loin de revendiquer la moindre «Réparation» pour cet honneur bafoué, je prenais sur moi, d’analyser la situation et en tirer les conclusions qui s’imposaient. En filigrane, le visage de Bibiche rayonnait au fond de mon cœur. Et si cette épreuve était dictée pour me permettre de la reconquérir ?

    Même si je l’avais voulu, jamais durant ce passage à vide, je n’aurais pu apporter le moindre soutien à qui que ce soit avec le magnétisme. Loin de m’insurger, j’acceptais de payer le prix fort. À mon insu, l’amie qui m’avait fait connaître Bibiche décidait de l’alerter. Je ne le désirais pas, car il n’était pas question de lui imposer ce fardeau. L’amitié avait des règles bien précises.

    L’avant-dernier vicaine d’octobre, a été à lui seul le plus beau rayon de soleil, qui n’avait jamais éclairé les ténèbres de mon néant. L’effet de surprise tout d’abord. Je sentais bien qu’il se tramait quelque chose dans mon dos, mais quoi ? Pourquoi mes amis tenaient-ils tant à être présents ce samedi ? Quel était l’événement, qui justifiait le champagne et les petits gâteaux qu’ils avaient apportés ? Je me bornais à imaginer naïvement que c’était uniquement pour me remonter le moral. En guise de cadeau, j’ai été comblé !

    Il était un peu moins de onze heures. Mon amie ne tenait plus en place. Allant de la cuisine à la salle à manger, elle restait de longues minutes rivée aux carreaux des fenêtres. Pourquoi autant de mystères ? Je ne tardais pas à le découvrir. Plus belle et séduisante que jamais, ma petite Bibiche entrait soudain, dans la tanière du célibataire endurci. Ne s’occupant de rien d’autre, que laisser parler son cœur, elle est restée un instant immobile devant moi. Pétrifiée, horrifiée, elle ne pouvait plus contenir ses larmes.

    Ce bref instant de bouleversante émotion passé, elle s’est précipitée vers moi. Collés l’un à l’autre, l’étreinte qui nous unissait était à l’image de l’amour, dont nous refusions de parler. Elle me serrait si fort, que je manquais d’air. Mêlant nos larmes à nos battements de cœur, nous sommes restés enlacés de très longues minutes. Nous étions tellement envoûtés, par ces instants sublimes, que nous ne prenions pas garde à nos amis.

    Jugeant leur présence inutile, ils s’étaient éclipsés sur la pointe des pieds, pour mieux nous permettre de nous ébattre en toute intimité. Les mots étaient superflus. Nous étions si proches et pourtant si lointains. Le regard de mon petit Ange aux yeux verts était suffisamment explicite. Elle ne se pardonnait pas de m’avoir mis dans un tel état. Où était passé le monstre qu’elle redoutait tant ? Amaigri, pas rasé depuis huit jours, je ressemblais presque à l’homme de Cro-Magnon. Je n’étais que le spectre de moi-même. Comment ne pas traumatiser un cœur aussi pur, que celui de ma ravissante compagne ?

    Choqués, nous l’étions autant l’un que l’autre. Elle s’en voulait et moi, je me culpabilisais de la sentir aussi malheureuse. Un seul point comptait : le bien-être, dans lequel nous commencions à nous enfermer. Sur notre nuage, nous éludions de nos pensées, les atrocités qui nous avaient fait souffrir. Lentement mais sûrement, le calme revenait après le déluge de larmes. Redonnant à nos visages un aspect moins repoussant, et à nos corps un allant plus prometteur, nous nous accordions un premier et langoureux baiser. Dieu que le fruit de cette bouche était suave et délicieux !

    Nos amis avaient tout prévu. Pas question de déjeuner à la maison. Ils nous ont invités dans un très bon restaurant. L’atmosphère était idyllique. Pour Bibiche et moi, elle le devenait doublement. Après l’orage et l’incertitude, le ciel bleu d’une relation vraiment sincère était en train de nous envelopper dans ses senteurs enivrantes.

    Calmement, avec pondération, l’avenir esquissait son profil dans nos cœurs. Un point nous paraissait très important. Après une première rencontre, plus ou moins improvisée et ce vicaine assez troublant, il nous fallait quelque chose de vraiment à nous. Un séjour pour Bibiche, dans mon petit nid, s’imposait spontanément.

    La date du 4 novembre était acquise. Nous en avions déjà parlé quelque temps auparavant, de cette date mémorable. Après cette période d’écartement, le statu quo l’avait occultée de nos entretiens. Ce fut avec un enchantement non dissimulé, que nous la remettions en vigueur. Cette journée du samedi nous apportait tout un contingent de bonheur.

    Le récital de poésie, les vacances aux Canaries pour Bibiche, son retour, tout était minutieusement décortiqué. Jusque-là, promis juré, pas question d’envisager quoi que ce soit d’autre, que les premiers baisers, ponctuant nos balades main dans la main. Nous avons profité au maximum de ce jour fabuleux. En compagnie de nos amis, témoins de notre amour naissant, tout devenait limpide.

    Certes, la patience était de mise. Ce qui n’était pas vraiment fait, pour me combler d’aise. Je devais absolument, au risque de tout perdre, accepter de contenir ma fougue et mon excès d’enthousiasme. Étaient-ce les messages que je devais décoder ? Sans doute. Car pas une seule fois, au cours de cette journée, je n’ai manifesté une quelconque désapprobation envers Bibiche. Encore moins, la plus petite allusion à ce qui venait de se passer. J’en étais fol amoureux, mais je ne devais pas le laisser paraître. Ni elle ni nos amis n’étaient dupes ! Nébuleux, hypnotisé par son regard et sa douceur, je n’avais de regards que pour ma divine amie. Je me montrais tellement délicat et prévenant, que j’en devenais presque maladroit.

    Chaque mot qu’elle prononçait était un murmure langoureux. Tantôt serrée contre moi, ou sa main blottie dans la mienne, elle m’éblouissait de ses éclats étincelants. Je prenais conscience de la volupté de ces instants sublimes. Cependant, pour ne pas compromettre un équilibre assez précaire et fragile, la logique nous contraignait à un pragmatisme exacerbé. Les débordements intempestifs, dont j’étais très friand à cette époque, devaient eux aussi être mis en veilleuse. À l’issue du déjeuner, copieux et enthousiasmant au possible, et après une belle promenade, nous nous retrouvions dans le petit nid pour sabler le champagne. De promesses pleines d’émotions, en aveux dissimulés, notre couple était en train de naître officiellement.

    J’avais fait les efforts nécessaires, pour prouver à Bibiche que je voulais avant tout, fuir cette image de violent qui me collait à la peau. De son côté, elle me jurait de réviser ses jugements sur les valeurs. Un pas l’un vers l’autre, un peu d’eau dans notre vin, tout devenait plus réaliste et prometteur. Nos amis étaient les témoins privilégiés de cet amour naissant.

    La pondération avec laquelle j’exposais mes projets sécurisait pleinement Bibiche. Loin de tenir des propos nébuleux, je regardais la vitrine de notre futur, avec sagesse et lucidité. Fini les gadgets, inepties et autres bévues, dont je m’entourais avec tellement de réussite avant ce jour béni. Je voulais devenir différent. Je sentais qu’avec Bibiche, je pourrais faire des projets vraiment exceptionnels. Le magnétisme, la poésie, elle me confirmait son engouement à leur endroit. Hélas, je doutais de moi. Sur ce point précis, je sentais avec quelle détermination, elle s’engageait à me redonner la confiance que j’avais perdue. La partie s’annonçait épineuse. Impossible, était un mot dont elle détestait l’existence.

    Avec de l’amour, beaucoup de patience et de courage, tout était envisageable. Côté intimité et vie privée, nous nous accordions une liberté totale. Tant que notre amour ne serait pas officiellement engagé, nous pouvions disposer de notre indépendance à tous niveaux. Elle avait ses amis, j’avais les miennes. Jusqu’au jour de notre grande soirée chez elle, nous acceptions tacitement de maintenir nos relations avec eux. Ce n’étaient que des mots bien entendu. Car de mon côté, j’avais fait beaucoup de ménage auprès de mes compagnes d’un soir. Par respect vis-à-vis de ma douce Bibiche, je ne commettais pas l’outrecuidance, de lui poser la question à ce sujet. Je me doutais bien qu’elle aussi avait tiré un trait sur bon nombre de prétendants.

    Adorable à croquer, attirante et enveloppée d’un charisme extraordinaire, elle avait dû en faire chavirer plus d’un. Plus je la regardais, buvant ses paroles, plus je me disais qu’elle était presque trop belle pour moi. C’était pour cette raison, essentiellement, que je maintenais ma fougue. Bercé par les tendres mélodies qu’elle me susurrait, avec tant de volupté, à plusieurs reprises au cours de cette fin de journée, je quittais en rêve mon petit nid.

    Je la prenais alors très fort contre moi, je la couvrais de mille baisers et lui caressais le visage, avant de me hasarder sur le galbe de son corps tout aussi appétissant. Mes yeux devaient me trahir, à chacune de mes escapades. Le trouble qu’elles généraient la flattait et la séduisait. Pourtant, il fallait à tout prix que nous restions maîtres de nos pulsions, coûte que coûte. En fin d’après-midi, nos amis prenaient congé. Pour la seconde fois, Bibiche allait coucher dans mon petit nid. Elle n’était pas très en forme.

    L’émotion, les projets, la poussaient à accepter mon offre de rester à la maison. Nous avions presque trop mangé à midi, plus les gâteaux et le champagne, pour convenir qu’un repas léger serait suffisant. Ce qui nous laissait par-dessus tout, la possibilité de clarifier au mieux, ce que nous considérions comme l’embryon de notre vie future.

    Notre grand rendez-vous tout d’abord, confirmé pour le 4 novembre. Le récital de poésie ensuite, programmé pour le 8 décembre. La cruelle séparation hélas, et enfin, sublime destinée, à condition que nos projets tiennent toujours, notre première grande nuit d’amour chez elle. En comptant vite et mal, cela faisait presque deux mois à attendre cette nuit divine et sensuelle ! C’était le prix à payer, pour être certains de ne pas nous tromper. En nous donnant l’un à l’autre trop rapidement, nous aurions sans aucun doute, ébréché l’aura qui nous unissait. C’était pour cette raison, qu’elle acceptait de coucher dans mon lit, tandis que je dormirais sur le canapé ; non, ce soir-là, je n’ai pas eu besoin de faire pipi ! Cela ne nous enchantait ni l’un ni l’autre, mais c’était mieux ainsi.

    Durant de longues heures, point par point, les mystères entourant nos deux personnes ont été élucidés. Partiellement en ce qui la concernait, car, plus énigmatique que jamais, elle ne m’apportait aucune information sur son activité professionnelle. Par peur de la mettre mal à l’aise, je ne lui posais aucune question à ce sujet. Après tout, ma position de chômeur n’était pas tellement honorable et pour rien au monde, je n’aurais pris le risque de me montrer indiscret.

    Elle me laissait la quasi-totalité de notre entretien, pour conforter mes bonnes dispositions. Détail après détail, je lui expliquais le pourquoi de mon état d’esprit tourmenté. Accrochant ma fierté et mon orgueil au mur de mon égoïsme, je faisais la grande lessive affective. Elle a été très touchée de constater à quel point, en quelques semaines, j’avais changé dans ma manière d’être. L’apparence, le poivre aux yeux, étaient des subterfuges inutiles et dangereux, avec une femme comme elle. Psychologue et intuitive, elle aurait eu la partie facile en démontant sans peine, les châteaux de cartes que j’aurais pu construire pour l’épater. Le naturel s’imposait, la franchise aussi. Je revivais les temps forts de mon existence.

    Grâce à Dieu, les différentes prises de conscience auxquelles je m’étais livré, depuis ma rencontre avec Lui, me permettaient d’afficher un meilleur moral. Moins agressif dans mon langage et surtout, moins caustique à l’égard de celles et ceux qui m’avaient offert la possibilité d’arriver jusqu’à elle. Je les remerciais au contraire, de m’avoir permis d’envisager autre chose, qu’une vie de pantin.

    Chaque fois que je laissais apparaître un doute au sujet de mes capacités, Bibiche se montrait ferme. Elle n’acceptait pas que je me diminue en aucune façon. Mes efforts étaient louables, mais ils ne devaient pas engendrer cette dévalorisation systématique, à laquelle je me livrais contre moi.

    Elle n’avait qu’une envie, faire de moi un autre homme. Jamais, jusqu’à ces instants magiques, personne ne m’avait témoigné un tel intérêt. Chaque phrase de ma belle compagne était là pour effacer mes tourments. Avec une tendresse infinie, qui n’a pas varié d’un iota depuis, elle me couvrait des valeurs auxquelles je n’aspirais plus.

    Le clochard que je croyais être était en vérité le compagnon qu’elle rêvait de rencontrer, depuis toujours. Capable du pire, j’étais en mesure de la combler du meilleur. Elle insistait longuement sur cet aspect, que je méconnaissais. Ce qui lui permettait d’affirmer cela, c’était mon envie de faire plaisir aux autres, avant de penser à moi. N’était-elle pas elle-même généreuse et altruiste ? Je n’étais pas convaincu des propos gratifiants dont elle me comblait. D’accord, j’étais dévoué et désintéressé.

    Était-ce suffisant, pour lui permettre de me couvrir de tant de qualificatifs valorisants ? Au fond, je jouais les offusqués, mais j’en étais très fier. D’autant que les mots doux et les compliments étaient susurrés avec une sincérité et une douceur extraordinaires. Grisés par ce parfum d’amour, qui nous enveloppait dans son irradiation délicate, nous nous laissions bercer par les rêves, émanant de nos propos. Ce vicaine s’est terminé de la meilleure façon possible. Les choses avaient le mérite d’être claires.

    *   *

    *

    Quelques jours plus tard, euphorique et maladroit, je m’apprêtais à quitter mon petit nid pour aller rejoindre ma dulcinée. Le 4 novembre était là ! Très attaché aux symboles, surtout affectifs, je choisissais le train, pour me rendre à notre rendez-vous. Jamais, je ne pourrais oublier l’anecdote au guichet de la gare. Même les plus grands humoristes n’auraient pas pu trouver mieux, pour écrire un sketch. La ravissante caissière ne comprenait pas pourquoi, je désirais tant voyager en train. Alors qu’un service de cars assurait les mêmes liaisons.

    Dans mon esprit autant que mon cœur, l’image était pourtant très nette. La sortie du tunnel ! Je quittais ma grisaille, pour trouver le soleil à l’autre bout de ce souterrain, dans lequel je grelottais depuis toujours. Allez expliquer cela à une employée bornée ! Encore un peu, je loupais mon train. Elle n’avait pas tort au demeurant, quant au côté rationnel de sa proposition. Le bus me permettait de gagner près d’une heure de trajet. Heureusement pour elle, déjà amoureux fou, je n’avais aucune envie d’entrer en conflit. Je prenais donc à la plaisanterie cet entretien épique, et me contentais d’en sourire tout au long du parcours.

    Jamais de ma vie, je n’avais trouvé le temps aussi long. J’aimais le train et sa nostalgie. Là, je commençais à le détester. Cahoté au gré des secousses, je me laissais bercer par les rêveries qui me transportaient sur mon nuage. Je ne prêtais aucune attention aux regards plus ou moins accusateurs, qui me dévisageaient des pieds à la tête. Enveloppé du manteau nébuleux de l’amour naissant, je fermais les yeux et me laissais caresser par les murmures enjôleurs de Bibiche. Elle était encore loin de moi, mais jamais, durant ces instants, elle n’avait été aussi présente à mes côtés. Épisodiquement, revenant sur le plancher des vaches, je reprenais une attitude moins équivoque.

    En fixant les autres voyageurs, je sentais peser sur moi le poids de la folie. Ce qui ne pouvait qu’attiser mon envie, de laisser éclater mon bonheur. En voyant leurs visages déconfits, lugubres et sans la moindre trace de gaieté, je les plaignais sincèrement. Le plus dramatique, était de me sentir presque coupable, d’afficher un tel rayonnement. S’ils avaient été des jurés et moi l’accusé, j’aurais été condamné à mort sur le champ. Je notais tout de même avec effroi, l’étendue de la désolation morale qui emprisonnait la plupart des gens.

    C’était une prise de conscience indispensable, que Dieu était en train de m’imposer. Je devais absolument percevoir et comprendre cette détresse affligeante, dans laquelle la plupart des individus étaient plongés. Bien loin de m’insurger, face à ces regards inquisiteurs, je frissonnais à l’idée de les sentir aussi démunis et incapables, d’abandonner leurs carapaces. Raison de plus, pour m’évader au plus lointain de mon rêve.

    La fin du voyage était imminente. Je sentais mon cœur battre la chamade, au fur et à mesure que le train s’immobilisait en gare. Soudain, j’ai été comme transpercé d’une décharge électrique. Tétanisé, incapable de bouger ni même de respirer, j’apercevais ma douce et belle amie. Les autres passagers, pressés de quitter le wagon, me jetaient un ultime regard plein de mépris. Seule, une brave petite mamie, apercevant elle aussi Bibiche sur le quai, se ravisait à mon égard. Tour à tour, elle regardait ma dulcinée, puis moi. En voyant mes yeux s’illuminer comme des phares, elle ne pouvait contenir son émoi. Son tendre sourire, son regard compatissant, m’ont apporté en ces instants toute la chaleur dont j’avais besoin.

    Notre comportement devait sans doute lui rappeler de bons souvenirs ? Toujours est-il que son regard et son sourire à notre endroit étaient pleins de tendres aveux. Fendant la foule des voyageurs sur le quai, Bibiche s’approchait un peu plus. Cette fois, la brave mamie était subjuguée. Elle comprenait le pourquoi de mon état second précédent et en me prenant la main, me souhaitait tout le bonheur possible. Ce signe était de bon augure.

    En dégustant notre café, nous étions pris l’un et l’autre, d’un fou rire assez révélateur. Tout était prétexte à extérioriser les tensions nerveuses, qui nous avaient oppressés en attendant ce jour merveilleux. À l’instar de la Maman qui vient d’accoucher, nous en étions à la phase de délivrance. Bibiche me taquinait, en essayant d’imiter mes rêveries dans le train. Elle jouait la forte, pour mieux dissimuler son émoi.

    Quelques instants plus tard, l’occasion m’était offerte de mesurer avec exactitude, l’étendue de son trouble. Elle avait garé sa voiture dans le parc souterrain de la gare d’Annecy. La pauvre était totalement dans les nuages. Pour preuve, elle ne retrouvait pas sa voiture ! Après de longues minutes de recherches, nous pouvions enfin récupérer le cabriolet. Sur le plan de la nébulosité dans les esprits, nous étions à égalité !

    D’anecdote en anecdote, nous construisions notre futur bonheur. Fier et comblé, conduisant celle qui désormais donnait un sens à ma vie, je pilotais ma compagne vers notre petit nid. Autant le trajet en train avait paru long, autant le retour au volant de la Golf semblait déjà trop réduit. Ce n’était pas ce jour-là que j’aurais risqué une amende pour excès de vitesse ! Caressés par le soleil, malgré la froidure environnante, les perspectives de ce premier séjour vraiment à nous, nous offraient une multitude de facettes. D’accord, nous sommes restés entièrement fidèles à nos vœux initiaux et malgré l’euphorie ambiante, nous ne perdions pas de vue nos engagements. Plus nous nous approchions de mon appartement, plus nos cœurs battaient à l’unisson. L’harmonie était omniprésente.

    De détours en contours, je faisais profiter Bibiche au maximum, de la beauté du paysage environnant. N’importe quelle région, dans de telles conditions, aurait été la plus belle. Je crois que même en plein désert, nous aurions l’un et l’autre, découvert des richesses insoupçonnées et des trésors de beauté. Je tenais surtout, c’était compréhensible, à prolonger à satiété ces moments idylliques. Tous ces chemins, que j’avais jadis parcourus seul, triste et désemparé, m’offraient soudainement un éclat inhabituel.

    La transition entre la mélancolie et la joie de vivre était certes brutale, mais salvatrice. J’étais conscient qu’une page était en train de se tourner. Néanmoins, je restais lucide et maître de mes pulsions. Ce qui en soi, était en exploit authentique. Il n’était pas si loin en effet, le temps où, emporté par les brises du romantisme, je me serais laissé bercer par le doux chant des sirènes. Lequel de nous deux, en ces instants sublimes, avait le plus envie de se laisser séduire ?

    Délaissant les chimériques pensées, au profit de résolutions formelles, nous avons abordé tous les aspects de notre future relation. Vie commune, mariage, rien n’était esquissé ou galvaudé. Par contre, les enfants occupaient le plus clair de notre conversation. Ne pouvant plus enfanter, après une hystérectomie totale, Bibiche pour combler cette apparente lacune, envisageait avec émotion l’éventualité d’une adoption. Mon enthousiasme à ce propos la comblait d’aise. Certes, j’avais mes enfants, quelque part en France. Jamais, ils ne pourraient venir vivre avec moi. Donc, pour combler ma petite princesse, j’étais prêt à accéder à son désir.

    Après ce vicaine absolument féerique, notre relation prenait un tournant décisif. Nous savions l’un et l’autre, ce que nous désirions. Les nuages, qui avaient obscurci le ciel de notre idylle, avant notre grande rencontre, étaient balayés de nos esprits. Nous avons pris le temps de relire la lettre, qui était à l’origine de mon affolement. En même temps, qu’elle aura été le catalyseur de l’amour, qui était en train de naître ! J’avais effectué un sérieux coup de balai devant ma porte. Bibiche de son côté, avait révisé ses théories sur la valeur des gens qui l’entouraient. Je prenais acte de cet aspect fondamental de la prise de conscience.

    Modifier une trajectoire, appliquer d’autres méthodes, je savais faire ; tout du moins en étais-je convaincu. Par contre, analyser le comportement, aller au fond des choses et éclaircir les mystères, pour mieux profiler une attitude, là, je patinais dans la semoule. Grâce à Bibiche, cela était désormais possible. Nous pouvions en toute sérénité, envisager notre vie affective. Prudence, sagesse, lucidité côtoyaient la passion, le désir et la volupté, à chacun de nos échanges verbaux.

    Durant de longues heures tous les soirs, nous nous retrouvions au téléphone avec un engouement de plus en plus marqué. Il ne restait plus que deux vicaines avant le récital. Sans avoir à forcer quoi que ce soit, il devenait impensable de les passer loin l’un de l’autre. Car, sans avoir à le souligner, Bibiche sentait à quel point son départ pour les Canaries allait être douloureux.

    Elle a fait preuve d’un altruisme et d’une dévotion sans limites à mon égard. Les petits cadeaux par-ci, les coups de téléphone par-là, les congés de fin de semaine, tout était fait pour me gâter. Elle m’offrait, durant ces deux dernières semaines de novembre, l’étendue de tout ce qu’elle était en mesure de m’apporter. Ce qui bien entendu, me comblait à tous niveaux, tout en m’affolant un peu tout de même. Jamais de ma vie, je n’avais profité de personne, encore moins d’une femme.

    Je me gardais bien de lui faire part de mes inquiétudes, inhérentes à pareille générosité, mais je me sentais au fil des jours un tantinet redevable. Au chômage, je n’avais guère de possibilités financières, pour lui témoigner comme je l’aurais aimé, mon envie de la couronner de présents. Heureusement, avec le magnétisme, je pouvais lui envoyer à distance tout ce que mon cœur avait envie de lui crier en secret. Sur ce plan-là, elle n’avait pas ménagé sa peine. En quelques jours, équipé de fond en comble, je possédais toute la panoplie du parfait magnétiseur.

    Encens, bougies, cassettes de relaxation, rien ne manquait à mes séances. Ce qui me valorisait bien davantage, c’était la volonté farouche avec laquelle, elle luttait de toutes ses forces, pour me redonner confiance en moi. Très pieuse et croyante, elle m’apportait à chaque instant l’énergie qui me faisait défaut. Je découvrais ébahi, au fil du temps, la force qu’elle incarnait à mes yeux.

    Il me suffisait de penser à elle, pour éluder de mes pensées tous les aspects négatifs qui s’y bousculaient. Avant chaque séance, je venais vers elle, dans mon subconscient naturellement, pour y puiser les ressources régénératrices nécessaires, à l’accomplissement de ma mission. Elle devenait à son insu, ma muse, ma guide, mon ange protecteur.

    Dans mon nouvel Éden, paradis de douceur et de quiétude, je venais cueillir les roses de l’amour que je lui offrais, à travers mes phrases écrites ou parlées. Motivé, amoureux, j’occultais de mon cœur et de mon esprit, les problèmes qui me hantaient. Tout devenait limpide et pur. Ce qui donnait à mes séances, une puissance et une authenticité absolues.

    À quelques jours de notre ultime rendez-vous, avant la cruelle séparation, j’avais l’impression de vivre sur une autre galaxie. Le compte à rebours était commencé depuis sa dernière visite. À moins de trois jours du récital, je n’étais plus du tout le même homme. Transcendé, métamorphosé, j’appréhendais les journées avec une égale émotion. Loin de m’en tenir aux promesses complices, que nous échangions quotidiennement, à propos de nos soi-disant «Libertés réciproques», je m’enfermais ponctuellement dans ma tour d’ivoire.

    Depuis notre grande rencontre, plus aucune femme n’était venue coucher à la maison. Je savais bien que de son côté, les hommes qu’elle fréquentait avaient subi le même sort. Bien que frissonnants de désir, nous n’avions pas encore échangé la moindre intimité physique. Était-elle inscrite au programme de notre ultime vicaine, avant son départ pour les Canaries ?

    Ni pour Bibiche ni pour moi, cette éventualité ne nous a effleuré l’esprit. Une seule chose comptait, que nous passions ces deux journées avec une intensité affective absolue. Tant que nos sentiments ne seraient pas officiellement déclarés, nous avions convenu de cette privation au niveau du plaisir.

    La solitude, imposée par les vacances de Bibiche, devait nous donner ou non le feu vert, pour envisager l’avenir en commun. Au fur et à mesure de nos rencontres, nous avions fait le tour de tout, analysé tous les paramètres. Au terme de son séjour, elle ouvrirait son cœur définitivement ou au contraire, mettrait un terme à notre aventure. Au cours de mes nuits de solitude, je tremblais à l’idée que pareille issue puisse être possible. Plus que jamais, je m’en remettais à Dieu, l’implorant de ne pas m’exposer à une nouvelle déception. Tout n’était pas parfait loin de là, mais le travail que j’avais effectué sur moi était suffisamment porteur d’espoir pour ne pas redouter un énième échec.

    Entre l’angoisse et l’enthousiasme, je passais le plus clair de mon temps à rêvasser. Jamais, je n’avais préparé un récital avec une telle émotion. Du matin au soir et du soir au matin, je répétais inlassablement mes poèmes. Je voulais que cette soirée poétique soit la plus belle de toute mon existence de saltimbanque. Je n’avais plus rien à prouver à Bibiche, mais je tenais à lui offrir tout ce que mon cœur n’osait pas lui avouer.

    Grâce à la complicité du maire de Thénésol, et l’implication de l’ensemble des familles, nous avions concocté une ravissante soirée. La première partie étant réservée à la chorale du village, avant que les enfants ne prennent la scène pour clamer avec leur innocente ferveur, les premiers vers de quelques-uns de mes textes.

    De répétition en arrangement, nous avons passé de très longues heures, pour que le spectacle soit aussi parfait que possible. Heureusement pour moi, le temps passait assez vite. Je redoutais de voir tourner les aiguilles, égrenant presque narquoises, mon anxiété au fil des heures. Rien de tout cela en vérité.

    À bien des égards, je me surprenais moi-même. Habituellement superficiel, je me réjouissais de constater à quel point, j’adulais la minutie. L’amour était en train de neutraliser mes mauvaises habitudes. Le relatif s’estompait, au profit du concret. Je découvrais médusé, les bienfaits de la chronologie du déroulement des événements. Chaque chose en son temps et surtout, l’une après l’autre. Avant de rencontrer Bibiche, je faisais feu de tout bois, commençant tout et ne terminant rien. Là, émerveillé, je savourais ce nouveau plaisir d’aller au fond de ce que j’entreprenais, avant de m’aventurer ailleurs. En l’occurrence, je plaçais toute mon énergie dans les préparatifs du récital et de ce fait, j’avais annulé mes rendez-vous en magnétisme durant ces trois derniers jours.

    En prenant le temps de faire une chose après l’autre, je découvrais surtout, les valeurs du Présent. Quand je courais dans tous les sens, j’occultais le meilleur de chaque moment ; au profit de l’inquiétude, pour ce que je n’avais pas terminé et de l’angoisse pour ce qui restait à faire. Ce qui signifiait que jamais, je ne jouissais au présent des instants de bonheur, tel que je les savourais depuis que l’amour avait frappé à ma porte.

    Le grand jour arrivait enfin. Le 8 décembre 1989 restera à jamais gravé dans mon cœur. Après une très longue conversation téléphonique la veille avec Bibiche, je m’étais couché en sachant que jamais, je ne parviendrais à dormir. J’avais refusé cependant de prendre un somnifère. La nuit promettait d’être longue. J’avais tellement de moments forts à revivre, que je ne m’étais pas inquiété le moins du monde. Entre deux instants de rêve, je venais boire un verre d’eau et fumer une cigarette à la cuisine ou à la salle à manger. L’insomnie ne me harcelait pas, bien au contraire.

    Ce fut l’occasion de passer en revue toutes les périodes de mon existence. Point par point, je revivais cette première partie de ma vie. Tout ce qui était obscur jusque-là s’éclaircissait en quelques heures. J’en arrivais à la conclusion que les situations s’étaient enchaînées les unes aux autres, suivant une chorégraphie prédéterminée. Le hasard n’avait sa place nulle part. Tout devenait limpide. De mon premier mariage à Bibiche, que de chemin parcouru ! Selon toute vraisemblance, Dieu avait une idée bien précise dans la tête. J’apprenais cette nuit-là, à juguler le flot nerveux de mes envies, de tout découvrir en même temps. Calmement, j’acceptais de ne plus anticiper et de me laisser guider vers mon destin. Si ma synthèse était cohérente, Bibiche serait bien la femme de ma vie. C’est ainsi que de pensées nébuleuses en vision du récital, je terminais ma courte nuit. Bien avant le premier chant du coq, j’étais sur le pied de guerre.

    Le matériel, la sono, tout était fin prêt depuis deux jours. Je tenais à ce que tout soit parfait et en attendant de prendre mon petit déjeuner, je contrôlais tout une fois encore. En dépit d’une nuit blanche, je me sentais dans une forme éblouissante. Pas la plus petite trace de fatigue. Pour calmer mon envie d’installer mon matériel dans la voiture, je prenais le temps de m’accorder une longue pause afin de me rassasier correctement.

    La journée s’annonçait comme la plus longue de ma vie sans doute. Il était à peine six heures du matin et dans le pire des cas, je prévoyais de ne revenir avec ma dulcinée, que le lendemain vers deux ou trois heures. Je savais aussi, pour l’avoir vécu à maintes reprises, que je ne mangerais rien avant le retour au bercail. D’où l’importance de manger copieusement avant de partir. Je n’étais pas coutumier du fait, mais naturellement, la faim me poussait à me mettre à table. L’appétit venant en mangeant, je dévorais comme un ogre. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas pris un tel plaisir à me sustenter.

     *   *

    *

    Quinze jours plus tard, après un feu d’artifice artistique émouvant, au cours du récital poétique, nous étions Bibiche et moi, installés sur notre nuage amoureux. Elle était très loin de mon cœur, je lui manquais cruellement, cela se sentait à chacun de ses appels. Comme promis, elle m’a envoyé une carte postale des Canaries, chaque jour. Au gré de ses mots doux, je percevais son amour brûlant. Le «Bonjour Richard », se transformait en «Tendre Minou» très rapidement. De mon côté, le soir en l’écoutant susurrer ses mots doux, je lui donnais le sobriquet de «Bibiche». Il nous a fallu attendre le 22 décembre, pour voir éclore l’amour revêtu d’or.

    Les événements cruels en Roumanie, malgré eux, ont été le déclic à des aveux aussi sincères qu’imprévus. Répondant aux appels du Ministère de l’Intérieur, je m’étais porté volontaire pour aller renforcer les bénévoles, dans ce pays à feu et à sang. Mon expérience en qualité de sapeur-pompier, devait me permettre de rejoindre les équipes de secouristes. Je venais juste de terminer le poème que je dédiais à tous ces martyres. Il s’intitulait tout simplement «Roumanie en guerre» ! En clamant les vers au téléphone, après l’aveu de mon désir de partir pour la Roumanie, Bibiche éclatait telle une bombe. JE T’AIME !

    Mon Dieu comme ces deux mots prenaient une ampleur quasi démesurée dans mon esprit ! D’apparence banale, ils emplissaient mon cœur et mon corps de mille frissons. La crainte de me voir disparaître, au cœur de la bataille, la poussait à m’avouer enfin ses sentiments, qui depuis bien longtemps, étaient confirmés à mes yeux. À cet instant précis, je prenais conscience du danger réel. Mais mon cœur avait manifesté spontanément sa solidarité, vis-à-vis de ce peuple déchiré.

    Je n’avais pas le droit de faire marche arrière. Tiraillé entre mon envie d’aider mon prochain et mon amour pour Bibiche, je restais de longues heures à méditer, après avoir raccroché le combiné. Le sens du devoir, opposé à l’égoïsme de l’amour, le dilemme était total. Allais-je appeler le ministère, pour lui demander d’annuler ma candidature ? Je ne m’en sentais pas le courage.

    Ma tendre Bibiche, une fois de plus, me sortait de ce bourbier moral. Très tard dans la nuit, il devait être à peu près deux heures du matin, elle n’hésitait pas à me rappeler. Confuse de me réveiller sans doute, elle se rétractait dans ses pulsions premières. Le plaidoyer auquel elle se livrait, en faveur du peuple Roumain, était si beau et émouvant, qu’elle me faisait pleurer.

    Elle venait de se comporter en petite fille égoïste disait-elle, et s’en voulait, d’avoir fait prévaloir son bien-être personnel avant celui des pauvres victimes, écartelées par ce tyran de Ceausescu. Elle rendait un solennel hommage à mon geste, qu’elle ne cessait de glorifier tout au long de son réquisitoire. Né de cet Amour naissant, le titre du poème se métamorphosait en «Roumanie mon Amour» !

    Pour rien au monde, elle ne voulait me culpabiliser, pour avoir écouté la voix de mon cœur. En quelques secondes, je devenais son héros. Elle m’enlevait c’est vrai, une grosse épine du pied. Car entre les deux appels, je n’avais cessé de repenser au chagrin qu’elle aurait pu avoir si hélas, je venais à mourir dans cet âpre combat. Ce qui n’était qu’un prétexte. Car en respectant la logique du destin, que ce soit en Roumanie ou sous les roues d’un camion, quand mon heure sonnera, personne ne pourra l’arrêter. Tout rentrait dans l’ordre. Après une seconde lecture du poème, rebaptisé en son honneur, nous nous quittions encore plus grands dans notre relation.

    La fin de l’année 1989 approchait à grands pas. Le Tout-Puissant n’avait finalement pas tenu à ce que je parte en Roumanie. Le lendemain en effet, le ministère de l’Intérieur m’appelait, pour me signifier que le contingent de renforts prévus était annulé. Inutile de préciser que Bibiche a explosé de joie en apprenant la nouvelle !

    Entre cette soirée et le 31 décembre, les jours n’auront jamais été plus longs ni disgracieux. Plus nous nous approchions de notre nuit d’amour, dont il était tant question dans nos conversations quotidiennes, plus j’étouffais d’impatience. Pour mieux tuer ces longues et interminables journées d’attente, j’étais parti passer quelques jours chez mes Parents. Habituellement, entre Noël et Nouvel An, j’avais du mal à trouver une minute à moi. Là, durant des journées entières, je laissais vagabonder mon amour au gré de mes promenades, dans une campagne éclatante de complicité. Malgré la pluie, la neige ou bien le vent, je déambulais tel un automate.

    L’authenticité des paysages prenait une ampleur inouïe. J’ai toujours aimé la nature et les symboles qu’elle incarne. Durant ce séminaire, elle était revêtue de ses plus beaux atours. Je ne faisais rien d’autre, que poursuivre l’épuration de mon subconscient. La lente et subtile métamorphose, qui m’avait permis de conquérir le cœur de ma dulcinée, se poursuivait.

    Je prenais conscience de toutes ces richesses qui nous entourent, et dont nous méprisons l’éclat. Un arbre n’est qu’un arbre, pour la grosse majorité des gens. Dieu qu’il est majestueux, sitôt qu’on lui confère une personnalité. Les fleurs, les oiseaux, le soleil, étaient mes complices et les précieux témoins, de la transformation morale à laquelle je me livrais. Jamais je n’avais découvert la féerie d’une gouttelette d’eau, mirant ses reflets nacrés sur le bord d’une feuille. L’écho de mon cœur se mêlait aux multiples sons, émanant de cette forêt mystique. Les rayons d’un pâle soleil hivernal, filtré par les branches bondées de neige, coloraient cet environnement de mille éclats multicolores. J’avais envie de peindre, de filmer ou prendre des photos, pour immortaliser des scènes aussi merveilleuses.

    Le chant des oiseaux, le murmure des cascades, amplifiaient mon émoi. Je m’enivrais de ces paysages, en tout point magnifiques. L’amour conférait à mes balades une authentique cure de bien-être. Trempé jusqu’aux os, les joues rouges et le bout du nez froid, j’avais l’impression de renaître. Je muais. Même mes Parents en restèrent pantois. C’est dire si j’avais vraiment changé. Le gamin, capricieux et sûr de lui, laissait la place à l’homme qui était en train de venir au monde. Les conseils prodigués par mes Parents devenaient eux aussi, des compagnons merveilleux, que je réfutais jusque-là.

    En m’investissant dans cet amour sans limites, je me rapprochais d’eux par la même occasion. À l’instar de mes Parents, je redoutais quand même un peu la supériorité sociale évidente de Bibiche. Je ne savais rien d’elle, en ce qui concernait son travail. Il était évident que ses moyens financiers étaient plus étoffés que les miens !

    À en juger le fabuleux colis, qu’elle m’avait offert pour Noël, rempli de présents et surtout, d’une coquette somme d’argent : «Pour t’offrir une belle soirée» précisait-elle dans sa lettre ! Avec ce petit trésor, j’avais de quoi vivre plus d’un mois ! Visiblement pour elle, ce n’était «Pas grand-chose». D’où mes craintes et la prudence imposée. Je ne voulais en aucun cas, me faire entretenir et donner de moi, une fausse image.

    Certes, j’étais au chômage, mais mon honneur tremblait à l’idée d’être dépendant de quelqu’un, sur le plan financier. Sur ce projet, mes Parents en étaient subjugués. Avec une pondération certaine, je leur faisais part de mes intentions de trouver un emploi. Je devais coûte que coûte, à l’aube de cette nouvelle vie, sortir de mon euphorique léthargie et assumer pleinement ma vie d’homme. L’amour me donnait des ailes, en même temps qu’il sécurisait totalement mes Parents. Leur «Fiston» prenait enfin conscience de ses responsabilités !

    C’était leur version naturellement. Car de mon côté, après avoir traversé tous ces déserts, je n’avais vraiment pas l’impression d’avoir manqué à mes engagements à aucun niveau ! J’étais tellement euphorique et amoureux, que je leur pardonnais leurs excès de paternalisme. Maman poule et Papa grincheux, devenaient les deux êtres merveilleux, dont je m’étais éloigné au fil de mes épreuves. Je les retrouvais donc avec un immense plaisir. L’année 1990 pointait son nez. Elle promettait d’être d’autant plus émouvante, qu’elle avait débuté sur les chapeaux de roues. Le 1er janvier, alors que nous nous apprêtions à passer à table avec mes Parents, un fleuriste apportait une gerbe à la maison. Une petite carte signée Bibiche, les faisait presque chavirer de bonheur.

    Ce n’était pas tout ! À peine avions-nous commencé le repas, que la douce et tendre Bibiche appelait. J’ai bien cru que Maman allait fondre en larmes. Papa, fidèle à sa réputation de dur, n’en pensait pas moins. Ils savaient tous deux, qu’elle appelait des Canaries. Ce qui en soi, représentait déjà un geste extraordinaire.

    La douceur et la tendresse, avec laquelle Bibiche leur présentait ses vœux, les ont placés dans une position d’enchantement total. La gerbe, le coup de téléphone, il n’en fallait pas plus pour les convaincre, de la valeur de ma future compagne. C’est marrant comme les craintes à son sujet se sont dissipées et ont fondu comme neige au soleil. C’était la première fois qu’ils se sentaient valorisés par leur future belle-fille ! Comme ils m’avaient fait promettre de ne plus leur présenter les amies avec qui je vivais, ils étaient pris à leur propre jeu. Je refusais d’accentuer cet avantage et les rassurais au sujet de Bibiche. Sitôt que notre rencontre aurait eu lieu, le 12 janvier exactement, et que les choses seraient bien claires dans nos esprits, les présentations seraient inscrites à l’ordre du jour.

    Raison de plus pour m’arracher, et tout mettre en œuvre pour trouver un emploi. Ce que je fis dès le lendemain. Hélas! Comme je le redoutais un tant soit peu, les offres d’embauche ne pullulaient pas. Si j’avais dû compter sur l’agence pour l’emploi, je serais sans doute encore en train d’attendre ! Je note au passage, trente ans après, que c’est toujours identique… Les jours s’écoulaient à une vitesse vertigineuse. Plus je m’approchais du 12 janvier, plus je m’affolais de n’avoir toujours pas de travail.

    Le magnétisme était toujours en attente. Je ne le négligeais pas naturellement, mais j’accordais une totale priorité à mon avenir professionnel, conscient qu’il ne serait là que pour apporter un plus, aux gens qui en bénéficiaient. D’autant que mes rapports entre l’argent et le magnétisme étaient de plus en plus antagonistes. Ce n’était pas avec lui que je pouvais décemment concevoir une vie commune auprès de Bibiche.

    Harcelé de toutes parts, coincé par le manque d’argent, je commençais à perdre espoir. Mon cher banquier de l’époque m’avait réduit à l’état de dépendance totale. Après m’avoir fait miroiter une aide avec un découvert, il s’était fait un plaisir de me présenter son mépris en refusant mes chèques. Interdit de chéquier, avec des agios énormes, je ne savais plus comment faire. Il fallait que j’assume. D’autant que les promesses d’embauche arrivaient. Seulement voilà, comment envisager de commencer un boulot, sans avoir de quoi se payer un billet de train ? Car cette crapule de banquier faisait la sourde oreille à mes appels désespérés ! Il jouissait de sa pseudo supériorité et je n’avais qu’une envie, lui démonter le portrait.

    Deux jours plus tard, quelle ne fut ma surprise ? Alors que je venais négocier une avance, pour me rendre à Paris, j’étais interloqué par l’accueil qu’il me réserva. C’était tout juste s’il ne mettait pas le tapis rouge, pour m’accorder un entretien. En quelques minutes, je réalisais que quelque chose était en train de se passer. Non seulement mon compte n’était plus au rouge, mais de surcroît, je disposais d’environ six mille francs ; en 89, c’était une fortune pour moi !

    En ces minutes exceptionnelles, je prenais acte de l’ampleur du désastre, dans lequel le pouvoir de l’argent était enlisé. Ce guignol de banquier se perdait en éloges envers Bibiche, qui venait de m’apporter ce bol d’oxygène. Il n’en fallait pas davantage pour m’écœurer et me donner envie de vomir, sur ce requin pourri jusqu’à la moelle. En guise d’acceptation de ses propositions «Juteuses» de placements, aussi corrompues que son mental, je préférais retirer en totalité les fonds dont je disposais. En lui précisant que je travaillerais désormais, avec de vrais professionnels !

    En encaissant mon argent, j’éprouvais des signes de malaise. Certes, jamais je ne le contesterai, j’étais vraiment soulagé. Grâce à cette entrée d’argent providentielle, j’allais pouvoir liquider la plus grosse partie de mes dettes. Seulement, voilà, il ne m’appartenait pas. Bibiche avait Dieu sait comment, réussi à trouver mon numéro de compte et effectué ce virement. Cette attention, louable et généreuse au demeurant, n’en représentait pas moins tout ce qui m’effrayait. Par principe d’une part, et par fierté d’autre part, je n’avais jamais accepté qu’une fille puisse subvenir à mes besoins. Étais-je en train de faillir à mes règles ? Heureux d’un côté, je me sentais bien plus honteux et coupable. L’antagonisme entre mes deux personnages m’ébranlait le reste de la journée. Le romantique, accordait au geste de Bibiche une aura salvatrice. Le vagabond quant à lui, essayait de puiser dans cette démarche, une occasion de la discréditer. N’était-elle pas en train de me mettre le grappin dessus ?

    Quittant mon doux nuage, je passais des heures en attendant le soir. Il fallait que j’aie le courage d’expliquer à ma dulcinée, le danger face à de telles marques de tendresse. Les longs mois de privations, de sacrifices, surgissaient au fond de mon cœur dans un galop effréné. Pendant de longues minutes, je revivais ému, les scènes les plus dures. En fermant les yeux, brouillés par les larmes, je pouvais même sentir les odeurs du jambon, que je découpais avec parcimonie pour donner à ma fille, un petit bout de viande, midi et soir. Je ne regrettais pas ces privations, certes. Elles étaient là, pour me demander simplement, de ne pas céder aux tentations de la facilité.

    Jusqu’à ce jour, l’argent que j’avais eu, je l’avais toujours sué. Jamais, il ne m’avait été apporté sur un plateau, comme avec Bibiche. Plateau d’amour c’est vrai. Devais-je pour autant, déroger à mes règles ? Pour rien au monde, je ne devais accepter pareille générosité. Si la vie devait nous réunir, il serait temps d’envisager les rapports différemment. Pour l’instant, il n’était pas question de me laisser embarquer sur la voie de la facilité.

    Comme tous les jours, après le dîner, Bibiche m’appelait. Je redoutais cet appel. Non par manque de courage, mais par peur de la vexer. Calmement, après l’avoir remerciée sincèrement, je développais le fond de mes pensées. Elle comprenait très bien ma position. Loin de m’en vouloir, elle essayait au contraire de me prouver que j’avais tort. Après tout, elle n’avait désormais que moi dans sa vie et il lui paraissait normal, de veiller à mon bien-être. Sa logique était imparable. Elle se sentait motivée, comblée de pouvoir donner un sens à sa vie. Délaissant son confort personnel et égoïste, elle cherchait avant tout, à faire mon bonheur.

    Mettant à profit l’occasion qui s’offrait à elle, Bibiche en venait à ce qui la turlupinait depuis son retour des Canaries. Malicieuse et très futée, elle amenait la conversation sur les projets de vie commune. Elle s’efforçait de noyer le poisson et sans que je n’aie pu m’en rendre compte, me soutirait les vers du nez. Passant d’un sujet à l’autre dans notre discussion, sans transition et avec habileté, j’avais du mal à garder les esprits clairs. En quelques minutes, elle savait tout ce qu’elle voulait connaître sur mes besoins à tous niveaux.

    Moi, avec mes gros sabots, grisé par cette avalanche de douceur et de tendresse, je n’y voyais que du feu. Entre deux spasmes vaporeux tout de même, je réussissais à lui faire avouer comment, elle avait pu se procurer tous ces renseignements bancaires. Sa réponse, aussi logique qu’irréfutable, me laissait dans le flou le plus complet. C’était cours de sa dernière visite. Après naturellement que je me suis confié au sujet de mes ennuis avec la banque. Elle avait tout bêtement relevé mes coordonnées sur un chéquier, qui traînait sur le bord du buffet. La suite, avait été un jeu d’enfant pour elle.

    Que pouvais-je répondre ? Elle se montrait tellement persuasive, que je craquais au fur et à mesure qu’elle prenait l’ascendant sur moi. Puisque j’avais un rendez-vous à Paris, je devais m’y présenter de la meilleure façon qui soit. Costume, pardessus, attaché-case... Rien ne devait jurer. Je sentais bien à cet instant, l’attachement qu’elle portait à la coquetterie. Elle voulait vraiment faire de moi, un autre homme. Enveloppé, saucissonné, muselé même, je ne pouvais que rendre hommage à sa sincérité.

    Ce qui me rassurait, c’était qu’à aucun moment, je n’ai senti un esprit de supériorité de sa part. Loin de chercher à m’épater, elle désirait uniquement me rendre élégant. Il est vrai qu’à cette époque, je traînais avec les mêmes vêtements pendant plusieurs mois. Et comme jamais personne, ne m’avait valorisé de cette manière, je sentais mon ego tressaillir, en l’écoutant murmurer tant de douceur. Avec au fond de moi un arrière-goût de repentir, j’accédais finalement à ses désirs. Plus question de me culpabiliser exagérément, au risque de froisser Bibiche. Je mettais mon honneur dans ma poche et un mouchoir par-dessus, accordant à Bibiche le droit de veiller sur ma personne. À condition toutefois, que cela reste dans les règles de la bienséance.

    Vendredi 12 janvier 1990 ! Le grand jour était enfin arrivé. J’étais doublement satisfait. Mon premier grand vicaine avec Bibiche avant tout. Soulagé surtout d’avoir enfin trouvé un emploi. Le 8 janvier, je m’étais rendu à Paris, habillé comme un prince. L’habit ne fait pas le moine c’est vrai, mais tout de même. J’avais en main mon contrat d’embauche et j’en étais vraiment fier. Depuis la veille, j’avais fait mes bagages. Je les avais contrôlés au moins dix fois ! Ému, bouleversé, je ne savais plus où j’habitais. Afin de ne pas prendre le risque d’être une loque, en me couchant le soir, j’avais pris une bonne dose de somnifère.

    En me réveillant, j’avais la bouche pâteuse, mais le cœur en folie. Nous avions convenu de nous retrouver dans la même ville que pour notre première rencontre. Cette fois, sans chercher pour autant à satisfaire la caissière de la gare à Albertville, j’avais décidé de prendre le bus ; histoire d’amoindrir l’attente. La journée promettait d’être longue. Il était à peine sept heures du matin et mon autocar quittait la ville à dix-sept heures. Dix heures à tourner en rond, cela me paraissait gigantesque. Il fallait que je prenne mon mal en patience. Je redoutais davantage de penser exagérément à ce vicaine.

    D’accord, il serait un test grandeur nature, sur nos désirs réciproques et sur la solidité de nos aspirations. J’avais peur, à force de me focaliser sur cette rencontre, d’en rechercher malgré moi les failles et les risques. Chat échaudé craignant l’eau froide, je ne voulais en aucun cas, me précipiter en rien.

    Durant les premières heures de la matinée, j’étais partagé entre ma passion pour Bibiche et mon passé, toujours présent. Après un petit déjeuner pour le moins succinct et un bon bain, je retrouvais partiellement mes idées claires. Lentement mais sûrement, le poète écartait le vagabond.

    Je me laissais bercer par les souvenirs, en relisant les cartes postales qu’elle m’avait envoyées depuis les Canaries. En fermant les yeux, j’entendais les battements de son cœur, quand elle était en train de me transmettre ses messages d’amour. Ce n’était pas grand-chose, mais suffisant pour me permettre de ne plus voir l’heure tourner.

    Transporté au firmament de cet état presque second, après deux ultimes contrôles de mes bagages, je me mettais à réciter quelques poèmes. Je lui avais promis, le soir de notre première nuit chez elle, de lui offrir un mini récital. Raison de plus pour mettre le paquet et par la même occasion, dominer le trac et l’impatience. Tant et si bien qu’au bout de deux heures, j’étais surpris de constater qu’il était passé treize heures. Miracle ! Je redoutais bien plus la matinée que l’après-midi. Car, tous les jours depuis le mois de novembre, écoutant les conseils de ma divine Bibiche, j’affectionnais les siestes après déjeuner. Je n’étais pas du tout fatigué ce jour-là, mais tout de même, une fois mon repas terminé et le ménage effectué, je me laissais emporter dans les bras de Morphée. Ils n’étaient pas aussi doux que ceux de Bibiche, mais plus sécurisants que l’angoissante attente. Heureusement que j’avais pris la précaution de mettre un réveil ! Car, enivré d’euphorie, par les rêves fous et mes pensées lubriques, j’étais déçu de retrouver brusquement l’amère solitude du présent.

    Je venais de vivre en secret, tous les fantasmes auxquels nous nous étions livrés au téléphone, au cours de nos derniers entretiens quotidiens. Le vicaine s’annonçait particulièrement chaud ! Il était un peu plus de seize heures quand enfin, ayant retrouvé mes esprits, je pris le chemin de la gare.

    À dix-sept heures trente exactement, nous pouvions échanger un très long et langoureux baiser, après plus d’un mois d’attente. Elle était encore plus belle à mes yeux. Malgré le froid assez vif en cette période de l’année, nous sommes restés enlacés durant plus de dix minutes. Nous avions tellement de choses à nous raconter, que nous ne savions pas par où commencer.

    *   *

    *

    CHAPITRE TROISIÈME

     «Au cœur de ma mission»

     Au fil des jours, je m’installais dans une sorte de béatitude. Pourtant, après six semaines de pratique dans ma nouvelle ville de Genève, je me posais certaines questions. Comment se faisait-il que Dieu ne m’apportait pas plus de patients ? J’avais terminé mes soins avec mes anciennes patientes en France, et je n’avais pas l’équivalent sur mon nouveau territoire Suisse.

    Terrorisé à l’idée de me faire entretenir, je prenais la situation très au tragique. J’avais beau supplier le Tout-Puissant, l’implorer, rien n’y faisait. Naturellement, je m’insurgeais contre Lui. J’étais tétanisé de ne pas gagner ma vie, financièrement parlant. Il me fallait coûte que coûte, trouver le moyen de subvenir à mes besoins.

    J’ai eu beau tourner dans tous les sens la question, je ne voyais qu’une solution : appliquer des tarifs à mes séances. N’était-ce que pour offrir une participation même minime, aux dépenses de notre couple ? Difficile cependant, de contourner l’obstacle que cela érigeait dans ma tête. Contraint et forcé, je me résignais donc à établir une liste de prix, en fonction des différentes prestations. Celles-ci étaient basées sur la durée des séances uniquement. Puisqu’à cette époque je n’étais pas encore masseur. J’essayais toutefois de rester dans une fourchette raisonnable. Je ne demandais pas des sommes astronomiques, par rapport à certains de mes «Confrères», mais je ne réalisais pas que je glissais sur la mauvaise pente. Le DON ne doit en aucun cas servir de tremplin à l’élaboration d’une richesse personnelle.

    J’étais mal, oui, très mal même ! Que pouvais-je faire pour occulter de mon esprit, ce redoutable ennemi qu’était mon orgueil ? Enraciné dans mes principes, il me fallait à tout prix prouver à ma Bibiche, que je n’étais pas un profiteur. Tous les jours, elle me rassurait à ce propos. Elle voyait bien dans quelle galère je m’étais fourré. En dépit de ses efforts, malgré son insistance, elle ne pouvait pas m’enlever du cœur, le poids qui m’oppressait. Elle acceptait même, pour m’aider à franchir ce mauvais pas, de ne plus m’apporter de cadeaux aussi souvent.

    Ce n’était pas des somptueux présents, mais tout de même. Elle luttait de toutes ses forces, consacrait une grosse partie du peu d’énergie dont elle disposait, pour me faire admettre une fois pour toutes que c’était normal. Elle savait que je souffrais avant tout, de ne pas pouvoir lui offrir les cadeaux que je mourais d’envie de lui donner. Même si j’avais gagné dix fois plus avec mes séances, je n’aurai jamais pu payer ne serait-ce que la moitié des charges !

    Je n’étais pas dupe à ce niveau. C’était ma seule envie de lui être agréable et de lui faire plaisir, qui se trouvait frustrée. Elle se montrait une fois encore, impériale et souveraine. Ne me disait-elle pas que son plus beau cadeau c’était moi ? Que depuis mon arrivée, sa vie était devenue un paradis quotidien ? Plus doux encore, qu’elle pouvait savourer les bienfaits de se sentir adorée ? Sans cesse, elle avait un argument pour contrer mes rhétoriques sur des vertus, qui n’avaient plus court en cette fin de siècle. Pour m’opposer à ses logiques absolues, je lui rétorquais presque sournoisement qu’elle devait réviser ses théories sur ces mêmes valeurs. Pourquoi vouloir empêcher une personne d’en remercier une autre ? Car pour moi, lui offrir n’était-ce qu’une gerbe de fleurs, était un témoignage de gratitude. En suivant son raisonnement, je devais me priver de ce bonheur de dire merci, simplement parce que ce geste appartenait au passé ?

    À longueur de journée ou presque, j’étais confronté aux malheurs et à la souffrance des gens. Ma clientèle, presque entièrement féminine, m’incitait à entretenir ce jardin dans lequel, s’épanouissait notre amour. Plus je rencontrais le malheur, plus j’avais envie de conforter notre bonheur. Bibiche comprenait vite l’importance de ce besoin manifeste, à lui apporter autre chose que des mots, pour lui prouver ma reconnaissance.

    Ces petits gestes, anodins au demeurant, qui manquent tant aux couples qui sont étouffés par les habitudes et l’indifférence. Ces petits riens qui transforment la grisaille, en paradis lumineux. Ces petits gestes enfin, que l’on apprécie tellement quand ils apportent, en même temps que l’éclat de leur beauté, les senteurs de l’amour dont ils sont porteurs. Je n’ai pas eu besoin d’insister davantage.

    En défendant ma cause, à propos des sommes que je demandais, Bibiche en admettait le principe autant que le bien-fondé. Elle ne se mettait donc plus en travers, jugeant que j’avais suffisamment de difficultés à surmonter le handicap, qui était généré par l’argent. Elle connaissait très bien mes convictions à ce propos, et savait que ce n’était pas de gaieté de cœur tant s’en fallait. Nous restions sur nos positions quelques jours encore. Le temps pour moi d’accumuler une poignée de francs. Un soir, à son retour du bureau, Bibiche a réalisé l’importance de ce dont nous avions discuté. Une magnifique plante verte, une petite blouse, et un quatrain lui ont fait prendre conscience de l’immensité de ma joie, en la voyant laissé couler quelques larmes d’émotion. J’avais pu assouvir mon besoin de lui dire merci, à ma façon. Les mots étaient inutiles. Elle était émue, j’étais aux anges. Dès le lendemain hélas, je commençais à déchanter. La réponse du Tout-Puissant ne tardait pas. Deux de mes rendez-vous étaient annulés. J’avais misé sur cette rentrée d’argent, pour inviter Bibiche au restaurant.

    Immédiatement, je comprenais que je faisais fausse route, mais je ne pouvais contenir ma peine. J’étais fou de rage. Durant de longues heures, je manifestais ma colère envers Dieu. Pourquoi me privait-il de ce plaisir ? Pour quelle raison, me mettait-il en pénitence ? Je ne demandais pas la lune pourtant. Un peu d’argent, rien de plus. J’avais l’impression d’être un mendiant, en quête d’une obole. Loin de percevoir le moindre message, je me sentais repoussé.

    Je n’étais pas au bout de mes surprises ce jour-là ! Non content de m’avoir fait perdre deux patientes, les deux personnes que je recevais n’avaient pas d’argent sur elles ! Là, j’ai bien cru que je faisais un infarctus. Capricieux, colérique, j’entrais dans tous mes états. Comme chaque fois, car je n’en étais pas à mon coup d’essai, je décidais de tout envoyer sur les roses. Je voulais bien m’investir pour les autres, mais je n’admettais plus, de me sentir manipulé. J’égrainais furieux durant des heures, mon chapelet d’incompris. Tout y passait : les injustices, l’argent, le racisme, la politique... J’arrivais même à me persuader que j’étais au fond, le seul être malheureux sur terre.

    Pourquoi m’avoir investi de cette force, si c’était pour m’interdire de rendre ma fiancée heureuse ? Comme si l’argent pouvait rendre heureux ! Durant ces crises, j’étais loin de l’admettre. Je me sentais persécuté, abandonné, quand je n’allais pas jusqu’à prétendre être inutile ou nuisible. Une fois l’orage passé, la tempête apaisée, Dieu dans sa clémence et sa miséricorde, m’apportait la preuve irréfutable de sa présence. Pour confirmation, toujours ce même jour, après un bon bain pour me calmer, le téléphone sonnait à quatre reprises. Le premier appel c’était ma tendre dulcinée. Elle comprenait vite que j’étais encore à côté de mes godasses.

    Les trois autres ? Des nouveaux patients ! Fallait-il que Le Tout-Puissant soit dans de bonnes dispositions envers moi ? Je me sentais honteux. Il me connaissait mieux que personne. Il savait bien qu’une fois en possession de ces nouveaux rendez-vous, je me perdrais en remords. Ce qui ne manquait pas à la tradition. Je me confondais aussitôt en pardon, tout en Le remerciant pour son amour et sa générosité.

    Ce soir-là, Bibiche éclairait ma lanterne. Comme je mettais visiblement trop de temps à comprendre les messages qui me parvenaient, elle m’expliquait clairement comment elle voyait les choses. Loin de réfuter sa version, je prenais acte de ses remarques fortes judicieuses et pleines de logique. Selon elle, j’étais à côté de la plaque. Elle m’ouvrait les yeux.

    En quittant mon nuage, je réalisais que le personnage que je croyais incarner était aux antipodes de celui que Dieu voulait façonner. Certes, mon magnétisme était offert avec amour. Obnubilé par mon désir de combler Bibiche, je n’offrais de cette force qu’une image relative.

    Avant de songer au travail, que j’allais devoir accomplir sur mes patients, je comptabilisais ce qu’ils représentaient sur le plan financier. Les sommes n’étaient pas importantes, mais c’était ce qu’elles symbolisaient pour moi qui primait par-dessus tout. En attendant, et c’était là-dessus que Bibiche s’efforçait d’attirer mon attention, je n’étais pas du tout en harmonie.

    L’amour que je pensais offrir à mes patients était superficiel. Car il était perturbé par celui dont j’enveloppais ma future épouse. Mes intentions étaient louables, mais fort de ces avertissements, il fallait à tout prix changer mon fusil d’épaule. J’écoutais Bibiche avec la plus grande attention. Calme, sereine, elle éclairait les zones d’ombre de mon subconscient. Je n’avais, pour m’en sortir, pas d’autres alternatives que revoir mes scrupules et mes théories sur l’argent. Quant à mes caprices, s’ils se répétaient trop souvent, ils risquaient de provoquer la colère du Tout-Puissant. Je devais arrêter de jouer avec le feu.

    Lentement mais sûrement, Bibiche gagnait du terrain. Mes craintes, mes doutes, autant que mes principes et mes préjugés, s’estompaient au fur et à mesure de la conversation. À cause d’eux, je m’exposais aux pires difficultés. La leçon qui venait de m’être donnée, entre les annulations et les montants non encaissés, s’avérait suffisante.

    À aucun moment, je ne devais penser argent, au détriment du bien-être que les gens venaient chercher. Que ce soit pour le plaisir de quelqu’un, en l’occurrence Bibiche, ou pour des motifs personnels. C’était une manière déguisée d’anticiper sur l’avenir. Aussi louables qu’elles fussent, les intentions n’étaient pas pures. Je plaçais mon plaisir personnel, avant l’intérêt de mes patients. Ils n’étaient pas sacrifiés, mais quand même.

    Bibiche avait raison. Dieu n’accepte pas de ceux en qui Il a placé sa confiance, que l’argent dénature l’essence même de ce qu’Il a le plus de mal à faire admettre : L’AMOUR DIVIN ! La situation que je traversais était une épreuve, que je devais accepter comme telle. Plus je chercherai à en éluder l’authenticité, plus je connaîtrai des périodes analogues à celle rencontrée au cours de cette journée. Hélas, tout n’était pas aussi facile. Je comprenais aisément et je n’avais qu’un désir, occulter à jamais ces écarts de mon esprit. Le passé ne m’en laissait guère le loisir. C’était bien ce qui me hantait le plus.

    Ne voulant pas me faire prier ni passer pour plus bête que je n’étais, je prenais bonne note de tout ce que je venais d’entendre. Pour m’aider à me déculpabiliser totalement, Bibiche suggérait une idée géniale. Je faisais le ménage, la vaisselle, et toutes les tâches au foyer ? Alors, je méritais un salaire ! Joignant l’acte aux paroles, elle me tendait une enveloppe, dans laquelle se trouvaient trois cents francs. Le mois suivant, elle prévoyait une augmentation. Ainsi, sans courir après l’argent des séances, je pourrai quand même lui offrir des petits cadeaux, quand bon me semblerait. Avec une dextérité remarquable, elle effaçait mes craintes et mes préjugés.

    Plus je m’approchais de la clarté, plus elle me guidait, sans jamais me précéder en rien. Elle attendait que je commette une erreur, pour m’aider à en prendre conscience. Intuitive, elle était tout aussi habile. Jamais, elle ne cherchait à imposer ses idées. Elle ouvrait la porte de ma conscience et me laissait seul, dans l’intimité de ma réflexion.

    Je devais à tout prix ressentir les choses et comprendre, ce qui n’était pas juste. Grâce à ma douce Bibiche, je réalisais pourquoi, je m’étais montré jusqu’ici agressif, envers celles et ceux qui cherchaient à me guider. Ils avaient sans doute raison, comme Bibiche, mais je n’avais pas saisi comme eux, la subtilité des modifications à apporter ; d’où ces déferlements intempestifs de violence. J’étais fragile, elle le savait, ce qui lui permettait en plus d’exprimer pleinement ses capacités de psychologue. Elle anticipait, mais se mettait en retrait, pour ne pas me voir sombrer dans le néant du regret. En effet, sitôt que je saisissais l’évidence d’un faux pas, immédiatement, je me culpabilisais. Je me sentais fautif devant Dieu, et ne savais plus comment faire pour lui demander pardon.

    Ce soir-là par exemple, après avoir analysé le bien-fondé des remarques de Bibiche, face à mon attitude envers l’argent, j’étais pris de panique. Sans transition, je passais du coq à l’âne. L’excès d’enthousiasme effaçait aussitôt la morosité. Désormais, mes séances seraient à nouveau offertes. Les messages transmis par Bibiche me résonnaient dans la tête. Ma petite «Paye» couvrirait largement mes besoins en matière de cadeaux.

    Car pour moi naturellement, je ne prévoyais rien ; j’étais déjà bien trop gâté et chouchouté sans raison. Elle me laissait terminer mon exposé, avec l’euphorie et l’exaltation qui me caractérisaient, sitôt que je m’enflammais pour quelque chose. Ensuite, plus câline et tendre que jamais, elle m’attirait contre elle et me parlait comme à l’enfant, que j’étais en train de devenir dans son cœur.

    Ce côté maternel, qui m’avait manqué à moi aussi, me faisait un bien énorme. Je réalisais surtout, l’ampleur que Bibiche était en train de prendre pour moi. Elle faisait un résumé concis des valeurs, auxquelles je devais m’attacher par rapport à l’argent. Pas question d’offrir toutes les séances. Plus question non plus, d’exiger des sommes fixes.

    Que faire alors ? Très simple. Elle me faisait comprendre où était le juste milieu. L’argent étant à ses yeux un outil de communication. Il permet à deux individus d’échanger. Donner, c’est aussi recevoir. Imposer un tarif était une sorte de sectarisme. Seuls les gens aisés pourraient avoir accès aux séances ? Où était dans ce cas, l’amour que je prétendais apporter ? Laisser à chacun, en fonction de ses moyens, le soin d’offrir en échange une équivalence en argent ou autre, voilà sur quelles bases, je devais étayer ma façon de travailler. Sans me soucier des dérapages auxquels j’allais devoir faire face. Les abus des profiteurs, car ils ne manqueraient pas nous en étions conscients, il fallait donc prévoir de les gérer de la meilleure façon possible.

    Plus les gens étaient fortunés, plus ils étaient avares. Je le savais et j’en avais fait l’amère expérience. Ceux-là mêmes qui bientôt, profiteraient de mes largesses d’esprit ne seraient pas plus coupables que les autres. En aucun cas, je ne devais tomber dans leurs pièges et me venger, en leur faisant des séances au rabais. Pour m’aider à vaincre l’adversité à ce sujet, Bibiche évoquait la noblesse de ma mission. Le plus important, c’était que je me sente bien dans ma peau. Les gens, je ne pourrai jamais les changer de toute manière ! L’atmosphère devenait plus respirable. Plus de tarifs imposés.

     *   *

    *

     Les jours qui ont suivi confortaient ce que Bibiche m’avait conseillé. En l’espace de quatre jours, mon planning pour la semaine suivante était presque plein. Dieu me faisait comprendre que j’étais sur le bon chemin, et m’encourageait le plus simplement du monde. En même temps qu’Il décidait, sans l’ombre d’un doute, de me confronter à des cas beaucoup plus sérieux, que ceux que j’avais rencontrés jusqu’ici.

    Les deux premiers patients, de cette «Nouvelle série» pourrais-je dire, en étaient la démonstration. Une jeune femme souffrait d’allergie faciale. Tous les ans au printemps, elle avait le visage et le crâne entièrement recouverts de boutons. Sans parler des tensions nerveuses inhérentes à son état.

    Angoissée de nature, je devais dans un premier temps, lutter contre ses excès nerveux. Pour ce faire, j’appliquais la méthode classique du traitement contre l’angoisse avant tout : main droite en imposition, largement ouverte, je partais du sommet du crâne et descendais jusqu’au coccyx. Les passes étaient très lentes.

    Au bout d’une dizaine seulement, ma patiente éprouvait les signes d’un relâchement nerveux sensible. Ensuite, allongée sur le dos, j’appliquais ma main gauche sur le plexus solaire, pendant dix minutes environ. Les tensions étant en régression, je pouvais alors effectuer les séances spécifiques, pour neutraliser les boutons. Impositions sur le crâne et le visage, les deux mains parallèles. Respectant la polarité des énergies, notamment positif à droite puisque ma patiente était droitière, je travaillais face à elle. Ma main gauche se trouvait ainsi sur le flanc droit de son visage et la droite, sur sa partie gauche. Il n’y avait que sur le crâne où j’appliquais mes mains du même côté ; ceci pour tenir compte de l’inversion des hémisphères du cerveau.

    J’effectuais ensuite un travail intense, en application sur le foie et les reins, pendant dix minutes, exactement comme s’il s’était agi de problèmes cutanés. Pour terminer mes séances, je dynamisais les Chakras. Pour elle, après six séances, le problème était totalement résolu.

    Le second patient incarnait par contre, tout ce que le magnétisme venait de m’enseigner. Rester maître de ses pulsions, ne pas se prendre pour un médecin, ne pas chercher à impressionner. Ce brave homme offrait, bien malgré lui, la panoplie complète de tout ce qu’il fallait et ne fallait pas faire en magnétisme. Écorché vif, il résumait la totalité des problèmes, que j’avais dû surmonter dans le passé. Abandonné, délaissé, incompris, mutilé dans son âme et dans son corps, perdu, désemparé autant que désabusé, il ne savait plus du tout à quel Saint se vouer.

    Complètement drogué, par un excès d’analgésiques prescrit par son médecin : 8 cachets de Témesta 2,5 mg par jour ! Il arborait en fait l’étendard du parfait cobaye. Le Tout-Puissant ne faisait pas dans la dentelle en m’adressant ce brave homme !

    Après une anamnèse aussi concise que possible, j’engageais le défi. Malheureusement, après un quart d’heure d’activation des Chakras, le résultat fulgurant me donnait la jaunisse. À demi paralysé par la douleur, mon patient ne pouvait presque plus bouger. En bon Français que je suis, je dirais que je me sentais le cul pailleux ! Que faire ? Invoquant un repos nécessaire au patient, je m’isolais tristement dans ma chambre. Je feuilletais mes ouvrages, avec une anxiété et une peur caractéristiques. Faute de grive on mange du merle ? Ce dicton me sauvait momentanément.

    Jouant le faux malade, je téléphonais à l’un des magnétiseurs les plus connus sur la place. Je décrivais les symptômes et prenais note de ses recommandations. Voulant aller au bout de mes investigations, je lui demandais s’il pouvait lui, faire quelque chose, et... comment !

    Il entrait dans une série d’explications assez floues, mais suffisamment précises pour me permettre d’en extraire ce que j’étais venu glaner. Il était fier d’étaler son savoir-faire, auprès du néophyte que je semblais être à ses yeux. Comme quoi, la modestie n’était pas l’une de ses qualités premières ! Je me moquais de ses débordements, me contentant de traduire au mieux, les données qu’il me communiquait. Au fur et à mesure que tout devenait clair dans mon esprit, je sentais une bouffée de chaleur m’envahir. Je quittais mon «Sauveur», en lui promettant de le rappeler si mon état ne s’améliorait pas. Succinctement, il m’avait mis la puce à l’oreille. J’avais mis les pieds dans le plat avec mon patient. Au lieu de relaxer, j’avais dynamisé tous les Chakras !

    Ce qui a eu pour effet d’amplifier les tensions existantes. La force du magnétisme, opposée aux effets inverses des tranquillisants, avait de quoi provoquer certains troubles. L’antagonisme des forces en présence étalait devant moi son tapis. Je comprenais mon erreur et cette leçon, n’était pas prête de me quitter. Les dangers étaient nuls, mais les effets eux, n’étaient pas une illusion !

    Je reprenais ma séance calmement, mais avec ma main gauche. L’intensité des douleurs s’étant amenuisée me permettait de poursuivre mon travail. Cette fois, j’appliquais l’antidote à la lettre. L’un après l’autre, je passais les Chakras en revue. Étant droitier, je travaillais alors avec ma main gauche, qui produisait un effet «D’aspiration et d’affaiblissement», de l’énergie excédentaire. Je déchargeais tout bêtement, le trop plein de force que je venais d’y placer. Le résultat par contre, ne faisait pas le bonheur de mon patient. Loin de m’encourager, il trouvait que ce que je lui faisais ne lui convenait pas. «Il ne sentait rien», disait-il d’un ton réprobateur ! Il lui fallait quelque chose de plus hard ! Calmement, je maintenais ma position, en précisant que si je persistais dans ma première démarche, il allait encore hurler de douleur.

    Le début de la séance avait été un «Avant-goût», de ce qu’il risquait d’éprouver si j’accentuais les effets positifs de mes impositions. Courageux, mais pas téméraire, il préférait tout de même se contenter de la seconde version, qui avait neutralisé les douleurs. Le pauvre ne savait plus où il en était. Bien que très déçu, il acceptait de me revoir.

    Je lui avais expliqué le pourquoi des douleurs, accentuées par l’excès de magnétisme, atténuées ensuite, par la suppression du trop-plein de magnétisme. Le moment le plus délicat pour moi a été de raisonner mon patient. Les neuroleptiques à haute dose annihilent le système nerveux ; le magnétisme à l’inverse, quant à lui, même à dose minimale, a pour mission d’ouvrir et de dynamiser tous les canaux, organes, appareils et fonctions nerveuses, obstrués, par l’action des neuroleptiques.

    La rivalité entre les drogues et le magnétisme ne pouvait que générer des troubles et les douleurs, tout à fait compréhensibles. Honnête avant tout, je lui conseillais de faire un choix, entre les cachets et le magnétisme. Les deux n’étant pas compatibles. Je ne m’étais jamais permis, et encore moins aujourd’hui, de demander la suspension ou l’arrêt, d’un traitement médical au bénéfice du magnétisme. Même si, concernant celui-ci, j’avais de bonnes raisons de croire que son toubib voulait en faire un légume !

    Naturellement, après trois séances, je préférais mettre un terme à mon action. Le pauvre était tellement dépendant de ses drogues, qu’il n’aurait jamais pu s’en passer. Je ne voyais vraiment pas comment je pouvais l’aider. Mon rôle n’était pas d’influencer qui que ce soit. Comme j’avais affaire à une personne adulte et responsable, après lui avoir exposé les dangers, elle était capable de choisir en son âme et conscience.

    Mes limites étaient atteintes. Avec fermeté, je m’opposais à ses désirs de renouveler les séances. Ce qui ne manquait pas de déclencher les hostilités avec ce patient, déçu de ne pas me voir coller à ses désirs. En même temps que je venais de franchir un pas de plus, sur l’apprentissage du magnétisme, je découvrais non moins stupéfait, les mentalités de certaines personnes.

    Les deux écoles allaient bien sûr de pair : celle de la vie, qui me conduirait sur la voie du magnétisme, et celle plus sournoise, qui devait me permettre de rencontrer ma réelle personnalité. Avec mon second patient, incapable de discerner le plus petit élément positif dans ma démarche, je découvrais les aspects primitifs des mentalités juvéniles. Je ne cédais pas à ses caprices ? Je devenais le roi des charlatans !

    Avec mes autres patients, dont celle atteinte d’allergies, j’avais découvert un autre volet. Pendant les séances, j’étais le sauveur, l’homme providentiel, celui qu’il fallait faire connaître à la terre entière. Durant le traitement, les promesses tous azimuts allaient bon train. En l’écoutant, je n’avais plus de soucis à me faire pour ma carrière.

    Elle se chargeait de me faire une «Publicité d’enfer» ! Sitôt terminé, que restait-il de cet excès d’enthousiasme ? Je la croisais dans la rue assez souvent, et elle ne me reconnaissait plus ! Fini, terminé, je n’existais plus ! Cela me faisait très mal, mais je devais comprendre et analyser de tels comportements. On se sert, on abuse, et... On rejette ! C’était très dur, mais indispensable. Avec elle et deux ou trois autres, de même acabit, j’apprenais qu’il ne fallait rien attendre de personne.

    Mon rôle était, et devait se cantonner, dans la seule amélioration de l’état physique de mes patients. Leur psychologie ou philosophie de la vie ne devaient en aucun cas me perturber. Ce fut à cette époque que je pris pour point de repère, l’image de starter sur une voiture. Il aide à démarrer, mais se moque bien de la suite des événements. Rester à ma place, voilà le maître mot de cet apprentissage. Lentement mais sûrement, je m’installais dans la peau de mon personnage. En même temps que j’avançais sur la voie du magnétisme, je peaufinais mes acquis sur les mentalités. Il était vital que je prenne du recul face à toutes les situations. Ce qui me permettait d’améliorer considérablement mes séances. Chaque mouvement, application ou imposition, produisait des réactions spécifiques en fonction des problèmes que je rencontrais.

    Analysant les effets obtenus, tant pendant les séances que dans les jours qui suivaient, j’élaborais une méthode de traitement, capable d’aider tous mes patients. Synthèse autant que symbiose, elle est toujours et plus que jamais, en vigueur aujourd’hui. Elle est basée sur l’équilibration de l’énergie vitale, la dynamique des organes et l’harmonisation du système nerveux.

    Je la pratiquais soit dans sa totalité ce qui demandait environ deux heures de travail, soit partiellement pour accentuer tel ou tel effet. Cette méthode une fois encore, n’est pas à considérer comme une thérapie standard. Elle tient compte de la force de mon magnétisme, de ma sensibilité, de mon ressenti, et de l’amour que je suis en mesure d’offrir à mes patients.

    Néanmoins, je la délivre ici, car elle témoigne du chemin que j’avais accompli, quatre ans après avoir découvert le Don que Le Tout-Puissant a eu la gentillesse de m’accorder. Ce qui signifie qu’en aucun cas, elle ne saurait servir de référence à qui que ce soit ; en dehors du simple témoignage. Je respecte les ouvrages traitant de la Polarité, autant que les écoles enseignant la pratique de cette méthode merveilleuse : «l’Équilibrage Énergétique Polarisant». Je ne dévoilerai pour cela, qu’une partie de ces gestes, que tout un chacun peut acquérir. À ce stade du récit et donc, de mon sacerdoce, elle n’était pas non plus aussi étoffée que ce qu’elle est devenue. Je l’améliorais au fil des jours, comme je le relate dans les explications sur quelques traitements, auxquels j’ai été soumis. Voici donc comment, je parviens aujourd’hui à neutraliser la plupart des blocages qui perturbent le fonctionnement énergétique et organique d’un sujet :

    Avant toute chose, je passe ma main droite au-dessus des Chakras et des organes principaux, pour déterminer leur potentiel énergétique. Si ma main me brûle, il y a excès ; si au contraire elle se glace, il se trouve une insuffisance. J’effectue en premier lieu, une ouverture aux plis de l’aine ; pour stimuler le système sanguin et lymphatique. Je fais ensuite la liaison entre les pouces des pieds (que j’enserre entre le pouce, l’index, et le majeur de ma main droite), et l’ombilic (sur lequel je place la paume de ma main gauche).

    Cette position a pour but de dynamiser les organes sexuels et ceux du bas-ventre. Je garde la position parfois plus d’un quart d’heure, jusqu’à ce que l’énergie débloque lesdits organes. Je remonte après la paume de ma main droite sur l’ombilic, et celle de ma main gauche à plat sur le front. J’effectue ainsi une sorte de huit, qui remonte l’énergie accumulée dans le centre énergétique du corps (nombril), jusqu’au centre nerveux incarné par l’hypophyse.

    La durée de ce mouvement dépend là encore, de l’aptitude du patient à gérer sa propre énergie vitale. Ces deux mouvements en effet, que j’ai baptisés «Pontages», stimulent la seule énergie du sujet. Mettant à profit ces ouvertures potentielles, j’effectue alors le berceau suivi de l’étirement polaire. Leur action sera d’autant plus bénéfique, que l’énergie du patient circulera plus librement grâce au travail précédent. À ce stade de la séance, en règle générale, l’action apaisante est fort bien ressentie par le malade. Je passe ensuite à la liaison immobile ou grande circulation énergétique : pied droit main gauche, puis main gauche pied droit. Là, le patient ressent presque toujours le courant vivifiant parcourir le chemin entre mes mains. Chaque étape élimine en partie les blocages, ce qui favorise le mouvement suivant.

    Cette liaison immobile va polariser l’énergie libérée précédemment. Je passe ensuite à mon action purement magnétique. Dès cet instant, j’apporte au sujet une énergie de substitution, incarnée par le magnétisme. Jusqu’ici en effet, je n’ai fait qu’activer l’énergie de mon patient, sans utiliser ma propre force.

    L’activation du premier Chakra, je la pratique en effectuant un autre pontage entre les pieds et le pubis : main droite sous les doigts du pied gauche et main gauche sur le pubis, puis l’inverse ; main gauche sous les doigts du pied droit, main droite sur le pubis. Ce mouvement, bien que partiellement erroné, est suffisant pour générer une dynamisation cohérente. Erroné, car si l’on respecte la morphologie du corps, le point central du Chakra racine est situé sur le plateau pelvien, entre la base du sexe et l’anus.

    Peut-être à tort, mais par respect pour mes patientes, je dynamise ce point uniquement dans des cas presque désespérés : constipation grave, absence totale de règles, ou mycoses vaginales, stérilité ou impuissance. Il suffit de se représenter la position, pour comprendre qu’il est difficile de ne pas passer pour un «Voyeur» quand ce n’est pas pour un «Obsédé». Car naturellement, ce travail ne peut pas s’effectuer à travers un vêtement. Je dynamise ensuite les ovaires : main gauche sur le droit et main droite sur l’ovaire gauche. Ceci pour activer l’énergie vitale (Kundalini), qui prend naissance dans les organes génitaux. Pour les hommes, là encore à cause d’un excès de moralité mal placé, je n’ai jamais effectué ce mouvement qui devrait se faire en empaumant les testicules.

    Poursuivant mon travail, après le 1er Chakra, je dynamise ou affaiblis, la vessie suivant qu’elle se trouve en excès ou en insuffisance au cours de mon repérage initial. Je dynamise ensuite le 2ème Chakra ou plexus ombilical. Ce Chakra, véritable régulateur, régente entre autres le transfert magnétique des aliments à l’organisme. Même en excès, jamais je ne l’affaiblis. S’il est beaucoup trop «Chargé», je le passe, sans autre.

    À mon avis, le vider de son trop-plein d’énergie équivaudrait à priver l’appareil digestif d’une partie de son potentiel. Car il faut savoir que ce Chakra peut à l’occasion, servir de réserve énergétique temporaire. Ce qui justifie souvent son excès épisodique. Je continue en magnétisant le pancréas. Organe fondamental par excellence dont la multiplicité des fonctions le place en permanence au centre de tous les déséquilibres : sécrétion de l’insuline, équilibre de la température du corps, prépondérance dans l’activité digestive dont il est le «Maître d’œuvre».

    Selon qu’il se trouve en excès ou en insuffisance, je le dynamise ou l’affaiblis. Ensuite, je procède à un travail identique sur la rate, dont le rôle est tout aussi capital dans l’équilibre du métabolisme : globules rouges, hormones, filtration, son activité est multiple et se trouve impliquée dans bien des désordres physiques. Viennent ensuite l’estomac et le foie. J’effectue, après ce «Tour d’horizon» organique, un travail important sur le 3ème Chakra : le Plexus solaire. Véritable chef d’orchestre, c’est lui qui organise le métabolisme et régente toutes les activités dont je viens de parler. Trait d’union entre l’énergie Cosmique et Tellurique (Yin et Yang), il coordonne les activités en agissant principalement sur l’équilibre énergétique des deux premiers Chakras. En règle générale, à ce niveau de la séance, le patient éprouve une sensation de mieux-être évidente. En même temps qu’il ressent une réelle fraîcheur, l’envahir.

    Je peux même dire qu’il a souvent très froid à cet instant précis. Ce qui témoigne de l’activité grandissante de son énergie vitale. Je poursuis en activant le Chakra du cœur ou Thymus, situé entre les deux seins sur le sternum. Activité cardio-vasculaire et renfort du système immunitaire, sont les fonctions principales de ce centre énergétique. Je l’affaiblis uniquement dans le cas d’hypertension artérielle.

    J’effectue ensuite le mouvement de polarité appelé recharge centrale, en appliquant la paume de ma main droite entre le sein et le sternum, et celle de la main gauche sur le front. Je stimule ainsi la circulation sanguine supérieure ; tout en renforçant naturellement, le système immunitaire. Le 5ème Chakra est à son tour activé. Du bout de mon majeur droit, je dynamise les points situés de part et d’autre de la pomme d’Adam. D’abord celui situé dans le creux sous celle-ci, qui intéresse les organes rattachés à la Thyroïde.

    En dernier, celui au-dessus, qui lui, correspond à la glande elle-même. Inéluctablement, ces points sont impliqués dans tous les phénomènes de dégénérescence énergétique. Véritable «Soupape» de l’énergie cosmique, la Thyroïde est à elle seule à l’origine de bien des troubles physiques : obésité et cellulite sont les tristes aveux de son dysfonctionnement. J’applique ces mouvements, pour les dérèglements les plus spectaculaires, que je rencontre au cours de mon travail. Il y en a une multitude d’autres c’est certain, mais qui sont du ressort de la médecine ; chacun son rôle ! Ensuite, un travail important s’effectue sur le 6ème Chakra, celui qui agit sur l’hypophyse donc le système nerveux réflexe.

    Les doigts de ma main droite réunis en faisceau, situés à un centimètre du Chakra, j’effectue une rotation lente dans le sens des aiguilles d’une montre. J’évite de le faire en cas de surcharge, mettant en évidence un excès de tensions nerveuses. Ce qui est rare, car, par expérience, je me suis rendu compte que même en cas d’excès énergétique sur le 6ème Chakra, en le dynamisant (modérément bien sûr), je parviens à équilibrer les tensions.

    Le sujet éprouve alors une relaxation totale et très souvent, s’abandonne à un relâchement le conduisant au sommeil. Je mets cet état de bien-être à profit pour activer le 7ème Chakra, et apporter à l’organisme un minimum d’énergie Yang. Pas trop, car le cosmique étant positif, risquerait de contrarier massivement l’effet relaxant et viendrait sans doute «Surexciter» le sujet. D’autant plus, qu’à ce stade de la séance, toutes les stations énergétiques et organiques se trouvent stabilisées.

    Le 7ème Chakra agit sur la glande pinéale et se trouve investi d’une mission de contrôle et de surveillance dans l’équilibre général. Il est superflu de lui ordonner un travail qui est déjà terminé ! Pour terminer ma séance, avant de procéder à quelques passes lentes à grand courant, je fais une liaison avec mes pouces entre la base de l’ombilic et le milieu du front. Au cours de cette dernière phase, la plus relaxante à mes yeux, le patient parvient assez souvent à visualiser des couleurs. En dehors des picotements, souvent aigus, le flot d’énergie se ressent d’une manière absolue. Détendu, le patient s’endort assez souvent...  

    La séance totale, tel que je viens de la décrire, dure en moyenne deux heures. Je l’ai améliorée au fur et à mesure que je progressais sur mon chemin de vie, avec mon magnétisme. Je me suis aperçu qu’en conjuguant les deux forces de vie, celle du patient et mon magnétisme, les résultats devenaient spectaculaires. Au moment où j’ai pris conscience de l’harmonie potentielle, obtenue grâce à cette mixité, mes séances d’équilibration n’étaient pas encore aussi étoffées.

    Je l’ai traduite entièrement, car il m’est très difficile à présent de dissocier un mouvement de cet ensemble. Je reviendrai, au gré de mon récit, sur quelques applications survolées actuellement, dans le seul but de ne pas me répéter. Pour revenir à mon histoire, et reprendre le fil du récit, nous revenons vers la mi quatre-vingt-dix.

    Je déplorais certes, une absence de patients, mais je regrettais bien plus encore, de rencontrer des personnes incapables de discerner le bien du mal. À ce sujet, j’ai eu en face de moi, l’exemple type de la personne suicidaire. Une jeune femme, atteinte d’une tumeur au sein. Elle avait déjà été opérée de l’autre sein, pour les mêmes raisons. Quand j’ai fait sa connaissance, l’évolution du cancer était à un stade assez avancé. Les ovaires, contaminés à plus de soixante-dix pour cent, attestaient de l’irréversibilité de la maladie. Je ne pouvais rien pour elle et lui faisais savoir fermement. Néanmoins, puisqu’elle souhaitait tout tenter pour alléger ses souffrances, j’acceptais de lui prodiguer quelques séances, au cabinet et en télépathie. Maîtrisant de mieux en mieux la gestuelle de la Polarité, je partageais mes séances entre les applications magnétiques et les mouvements de base de l’équilibrage énergétique : Berceau, étirement polaire, balancement du ventre, entre autres.

    La relaxation et la détente étaient totales. Dommage que ma patiente ne s’impliquait pas et devenait même un tantinet réfractaire à mes conseils. J’ai été choqué, pour ne pas dire indigné, de la volonté délibérée de cette personne, à ne pas accepter la médecine conventionnelle. La chimiothérapie aurait été complémentaire et largement plus performante que le magnétisme. Elle refusait catégoriquement, de même qu’elle ne voulait rien prendre comme médicaments.

    D’où, à mes yeux, l’aspect suicidaire. Elle ne mangeait presque pas et se contentait pour se sustenter, d’avaler des aliments et autres saletés, exclusivement végétaliennes. Ce n’était pas le plus grave. Après tout, chacun est libre de se nourrir comme bon lui semble. Téléguidée par une espèce de sorcière, qui se prétendait parapsychologue, elle n’avait des yeux et des oreilles que pour elle.

    C’était quand même à cause de cette thérapeute bidon que la patiente s’était inoculée le cancer ; grâce aux séances de «Régressions». Pour preuve, elle avait appris de la bouche de cette «Médium» miracle qu’elle avait été une fille de joie dans une vie antérieure. Elle en avait fait une fixation, au point de se culpabiliser ; la suite, je la comprenais mieux. Je n’étais pas là pour la juger et je me contentais de lui apporter tout l’amour dont elle avait besoin dans mes séances. Contre toute attente, au fil des jours, son état s’améliorait ostensiblement. Les spasmes douloureux s’estompaient, en fréquence et en intensité. Après une dizaine de séances, elle parvenait même à arrêter ses cachets pour dormir. Les crises étaient de plus en plus espacées. Je sentais que nous étions sur la bonne voie.

    Hélas, trois fois hélas, l’autre vipère déguisée en  fausse «Thérapeute» avait trop d’influence sur la malade. En était-elle amoureuse ? Souvent, je me suis posé cette question. Car, force était de constater qu’en dépit de cette progression notoire, ma patiente refusait toujours de mettre un terme à ses visites auprès du médium. Désireux de tout tenter, pour éventuellement endiguer l’évolution de la maladie, je décidais d’organiser une «Chaîne». En matière d’énergie, c’est le summum de l’efficacité.

    Je réunissais pour ce faire, plusieurs amies et amis de ma patiente, ainsi que d’autres thérapeutes. Unis autour du corps de la malade, nous étions solidaires dans le même élan d’amour. Pour éviter les erreurs, j’indiquais à tous les participants, une phrase simple que chacun devait répéter en silence dans sa tête au cours de la séance : «J’apporte avec mon amour, l’énergie qui va aider Stéphanie à guérir» ; Stéphanie étant un nom d’emprunt !

    Puis la chaîne s’est formée. Je me plaçais à la tête de la patiente. La personne située à ma droite a mis sa main gauche sur mon épaule droite et celle placée à ma gauche, a posé sa main droite sur mon épaule gauche. Ensuite, tous les maillons de la chaîne unissaient leurs mains et la concentration débutait. J’ai attendu quelques minutes, avant de commencer mes applications.

    Les ovaires, le pancréas, la rate, le foie, le sein infecté étaient à tour de rôle l’épicentre de mon travail. La séance a duré un peu moins de vingt minutes. Ce jour-là, quelques instants après la fin du traitement, Bibiche pouvait apercevoir pour la première fois mon aura, qui se profilait dans le halo de lumière en contre-jour.

    Quelques jours plus tard, sur les conseils pressants de son amie intime, la patiente acceptait d’aller passer une radio. Le miracle s’était produit. La tumeur du sein était enfermée dans une poche, sorte de bulle magnétique qui la rendait inopérante. La médecine bien entendu, préféra parler de succès, occultant le magnétisme. Loin de toute attente, la patiente se renfermait sur elle-même. L’influence néfaste de la sorcière, qui réfutait le résultat acquis, la poussait à décliner mes séances.

    Le comportement de Stéphanie à mon égard traduisait fortement le malaise qui la perturbait. Non contente de la conduire à petit feu vers l’issue fatale, la sorcière s’était arrangée pour me faire passer pour un sorcier, aux yeux de la malheureuse victime. Ce qui naturellement, l’avait conduite à prendre ses distances envers moi. Prétextant de soudaines envies de connaître autre chose, ma patiente écourtait, puis annulait ses rendez-vous. N’ayant pas l’habitude de m’imposer, jugeant que la situation était sans issue, je m’abstenais d’intervenir.

    J’en avais assez de passer des heures et des heures avec elle, en ayant le sentiment de ne servir à rien. Elle était majeure et vaccinée après tout ! Loin de m’offusquer ou de me sentir évincé, j’en éprouvais un total soulagement. Je prenais note de l’importance de ne pas vouloir changer les gens. Chacun est libre d’agir selon sa conscience, et non subir celle des autres. En dépit de l’insistance de Bibiche, je ne voulais pas influencer ma patiente. Je lui en expliquais clairement le pourquoi :

    — Mon rôle n’est pas de forcer la main à qui que ce soit. Je n’ai pas été choisi par Dieu, pour obliger les gens à se soustraire à leur propre conviction. Il leur appartient d’agir en fonction de leurs pulsions et non réagir en tenant compte des miennes. Depuis le début, nous sommes tous conscients que l’issue sera fatale. Si elle n’était pas sous l’emprise de cette espèce de sorcière, je crois que nous pourrions insister et qu’elle finirait par accepter la chimiothérapie. Elle refuse l’aide que je pense pouvoir lui apporter ? Très bien. Je n’ai pas à lui imposer mes séances. Cette femme s’est inoculée le cancer, en se culpabilisant sur un de ses passés antérieurs.

    Nous le savons tous. Elle en a pris conscience, en consultant abusivement cette pseudo «Spécialiste» des régressions de vies antérieures. Ce genre de fausse «Thérapie», exploitant la crédulité des gens, permet essentiellement à ces pseudo surdoués de se faire de l’argent au détriment de la santé. D’accord pour une meilleure connaissance de soi-même, indispensable et bénéfique (quoi que...), mais en présence de vrais professionnels, parapsychologues, psychologues, psychiatres mêmes pourquoi pas ?

    Non pas de charlatans investis par eux seuls d’un hypothétique et illusoire pouvoir surnaturel. Ils seraient plus crédibles et plus sollicités, si au lieu de chercher à se remplir les poches, ils savaient stopper à temps, leurs trompeuses et onéreuses «Investigations». Évitant ainsi de conduire leurs victimes, à petits pas, vers l’issue fatale.

    On traite facilement et de manière systématique, ou presque, les magnétiseurs de «Sorciers» ! Pourtant, la force et la présence du magnétisme peuvent se contrôler et se vérifier. Hélas, on ferme lâchement les yeux sur ces pratiques vraiment occultes et totalement inutiles, consistant à explorer le passé dans des conditions de sécurité précaires, voire inexistantes.

    Elle a fait son choix, ma chérie. Je n’ai pas le droit et encore moins le devoir, de chercher à l’influencer. Dieu a sans doute choisi et ni moi ni personne, ne doit s’y opposer. Nous avons tous notre Karma et le sien, la conduira là où elle doit se rendre... 

    Cette pauvre femme hélas, que Dieu la garde dans sa miséricorde, mourait quelques mois plus tard. Je me trouvais dans une période d’insécurité totale. Le choc occasionné par la disparition de cette jeune personne y était pour beaucoup. Je n’étais plus en harmonie, révolté contre celles et ceux qui, au nom de l’amour et du Souverain, s’adonnaient à des pratiques sectaires.

    En parlant de cela, nous prenions le temps Bibiche et moi, d’aborder le délicat problème des sectes. Car, depuis quatre mois bientôt que j’étais installé à ses côtés, nous avions eu souvent l’occasion de contrer certains esprits égarés. L’amalgame était vite fait. Comment en vouloir à ces personnes qui au demeurant, avaient perdu tous leurs repères ?

    Le dernier à parler avait raison. Cependant, en écoutant les nombreuses conversations relatives à l’ésotérisme, je déplorais les lacunes impressionnantes qui régnaient dans les esprits. Abusées, exploitées, ces personnes ne savaient plus où donner de la tête. Je bénissais d’autant plus ma Bibiche, de m’avoir permis de lever le voile sur l’argent vis-à-vis du magnétisme.

    Ce côté «Authentique», qui consistait à ne pas imposer de tarif, sécurisait les plus sceptiques. Quand elles m’ont avoué les prix demandés par certains thérapeutes, j’en avais les frissons dans le dos. Je comprenais mieux qu’elles aient pu être réservées et prudentes. Restait à mettre les choses au clair. Du magnétisme aux sectes, en passant par les groupes de prières, il n’y avait qu’un pas que les plus faibles avaient tendance à franchir trop rapidement. Quand une personne se trouve en état de doute, elle devient vulnérable. Aveuglément, elle est prête à suivre n’importe qui. Pour Bibiche elle-même, la confusion était totale. De l’amour à l’endoctrinement, il n’y avait bien qu’un maigre fossé, vite comblé par les habiles «Gourous».

    Très bien organisées, et protégées de surcroît, les sectes recrutent leurs futures «Proies», par tous les moyens. Comme tout un chacun, attentif aux moindres échos, je veillais au grain. J’essayais d’aborder ce délicat sujet, en évitant de me laisser emporter par mon courroux :

    — Mal dans ma peau, je souffre de me sentir aux yeux de certaines personnes, assimilé à cet ensemble d’inconscients. Il est clair que la plupart des gens qui viennent me voir le font très souvent après être passés entre leurs mains. Je ne veux pas discréditer, ni occulter, la valeur intrinsèque de certaines personnes, telle Maguy LEBRUN, qui sont pures et vraiment efficaces.

    Entre des mains comme celles de Maguy, ambassadrice authentique de notre Seigneur, les patients sont assurés de recouvrir leur énergie, de manière durable. Il y en a beaucoup d’autres encore, aussi honnêtes que Maguy, que je ne connais malheureusement pas. Ceux-là, on ne peut pas les découvrir par le biais d’une annonce publicitaire ! Discrets et efficaces, ils apportent leur amour et leurs compétences, aux personnes qu’ils reçoivent.

    Il en existe beaucoup plus c’est indiscutable, qui, à cause de leur propre ignorance, commettent des erreurs dramatiques. À l’instar de cette sorcière, qui a littéralement assassiné notre amie. Certains groupes, dits «De prières», qui dissimulent ignoblement leurs activités authentiques de sectes, sont avant tout une source intarissable et juteuse de richesse pour leurs organisateurs.

    Ils spéculent de façon immonde sur le dos de celles et ceux qui s’adonnent naïvement à leurs rituels. Beaucoup plus que l’art de mieux vivre, escompté par les victimes en puissance, ces groupes bidon, imposent leur génie abject et infâme à détruire l’humanité. Ils alimentent allègrement, et sans le moindre scrupule, leur source de fécondité dans le troupeau grandissant des exclus de la société.

    Tous celles et ceux qui, n’ayant plus la force de prendre en charge leurs problèmes, s’en remettent à ces escrocs notoires. Par faiblesse ou par ignorance, ils deviennent de véritables loques, entre les mains innommables de ces monstres déguisés en prêcheurs. Fiers de dépenser, pour commencer, cinq cents francs par week-end d’intoxication, où on leur enseigne le culte de l’autodestruction en guise de prières.

    Gavés d’une doctrine idéologique erronée, autant que dramatique, ils prônent «L’amour du prochain», une hache à la main. L’arme est symbolique bien entendu, mais l’image enracinée dans leur subconscient ne l’est pas. Cet amour-là, tel que leur rabâchent ces suppôts de Satan, doit passer par le sacrifice et l’élimination de tout ce qui représentent les déviations morales. Autrement dit, à part eux, il faut supprimer tout le reste. Progressivement, les «Moutons de Panurge» s’installent dans cette philosophie débile et peu à peu, à leur insu, deviennent les instruments de ces fossoyeurs de la race humaine. Un vicaine de temps en temps, puis deux, puis trois. L’escalade est irréversible. La société tout entière s’indigne et s’insurge contre de telles pratiques, mais qui, osera vraiment, affronter énergiquement les «Seigneurs et maîtres» tous puissants, qui servent avant tout, de couverture à tous les «Ripous» de la société ?

    Comment veux-tu que des gens, faibles et sans défense au demeurant, puissent s’affirmer face à des requins de cette espèce ? Nous avons suffisamment d’exemples autour de nous ma pauvre chérie ! Si les gens dans leur ensemble, étaient assez adultes, pour ne juger que par eux-mêmes, ils se feraient moins berner. Il suffit qu’un ou une tarée raconte n’importe quoi sur nous, pour qu’aussitôt, nos amis les plus proches nous tournent le dos ! «T’as vu untel ? Il paraît qu’il a fait ça» !

    La plupart des gens se contentent d’un seul son de cloche pour se forger une opinion. La jalousie, la méchanceté, suffisent pour crucifier un individu. C’est bien ce qui fait la force de ces fumiers de meneurs de sectes. Ils sont conscients de cette déchéance morale, engendrée par le refus de connaître la vérité au profit de l’apparence, pour conforter leur image de précurseurs d’une vie nouvelle.

    Un petit questionnaire bidon, sous forme de sondage. Voilà comment ils obtiennent ton adresse. Ils ont des antennes partout. Là, essentiellement, où la détresse morale est omniprésente. Tout ce qui touche à l’humanitaire, de près ou de loin, est un nid privilégié pour les gourous. Les sources sont intarissables.

    Plus les gens souffrent, plus ils recherchent une aide, n’importe où, n’importe comment, n’importe quand, auprès de n’importe qui. À force d’écouter tout le monde et d’avaler toutes les bêtises qu’on leur raconte, les faibles d’esprit sont prêts à suivre le premier «Guide spirituel» venu. Le jour où tout le monde réagira comme nous, face aux calomnies, l’humanité commencera à se réveiller.

    Cette «Léthargie» artificiellement créée rapporte trop d’argent. La drogue, la prostitution... et les sectes... servent à enrichir la plupart de ceux qui nous dirigent. L’argent mon pauvre trésor. L’argent et toujours l’argent. Plus tu es pourri, plus tu es corrompu, plus tu as des chances de faire ta place au soleil. Regarde tous les scandales. Politique, religion, sport. Tout est dominé et étouffé par l’argent !

    Je comprends mieux comment, des charlatans déguisés en magnétiseurs, réussissent à imposer facilement leur «Talent». Ils appartiennent sans doute à ce milieu délétère, et moyennant finance, doivent servir de fournisseurs aux fabricants des races prétendues supérieures. Autrement dit, il se pourrait bien qu’ils alimentent les caisses de façon déguisée, des dirigeants des sectes. Quoi de plus facile que de manipuler une personne, dès l’instant où elle affiche une faiblesse morale ?

    Les «Écoles de santé bidon», les «Astrologues véreux», j’en passe et des meilleures, viennent compléter j’en suis presque certain, le nombre de «Fournisseurs» pour les sectes. Plus tu patines dans la semoule, plus tu tournes en rond, et plus tu es vulnérable. Il n’y a pas longtemps que je suis ici ma chérie. Mais je sens qu’il va falloir que je m’accroche dur. À l’honneur et bien plus encore à la foi ! 

    Pendant près d’une semaine, je m’abstenais de tout contact avec mes patients. Je n’étais pas en harmonie, j’avais besoin de me remettre les idées au clair. Partout dans les médias, le mouvement sectaire était en verve et presque en vedette. Je me sentais impuissant, écœuré de ne rien pouvoir faire pour aider les gens, à réagir face à cette intoxication massive. La psychose est une gangrène dont nul ne peut contrôler l’évolution. En la matière, les médias sont les Rois pour provoquer ces mouvements de panique. J’avais mis à profit ce passage à vide, pour étudier encore plus sérieusement les mouvements préconisés en Polarité. Je sentais le besoin de renforcer mes séances de magnétisme. D’autant que les résultats que j’obtenais étaient très encourageants.

     *   *

    *

    Vendredi 31 août 1990. Le temps était exécrable. Sous une pluie torrentielle, qui mettait un terme à nos projets du lendemain concernant la décoration des voitures, nous devenions devant monsieur le maire de La Chaux-de-Fonds, en partie mari et femme. Peu importait la pluie. Le soleil illuminait nos cœurs, et réchauffait celui de nos Parents. Si le dicton «Mariage pluvieux, mariage heureux» était exact, nous pouvions bénir ce cadeau de Dieu. Ma petite «Moitié de femme» était rayonnante.

    Étincelante, merveilleuse, elle oubliait ses tracas. Plus rien ne comptait que notre amour mis au grand jour. Le soir, au cours du dîner avec la famille, les témoins et les proches amis, nous faisions nos premiers pas dans notre vie de couple officiel. Le rire, la bonne humeur, nous enveloppaient dans une aura de volupté.

    Les Parents entre eux devenaient des amis, qu’ils n’ont jamais cessé d’être depuis. Leurs «Petits» étaient heureux, ce qui les comblait. Que de larmes et de manifestations de joie ! Après le repas, nous devions respecter la tradition : enterrer le célibat. Pour rien au monde, nous n’aurions voulu échapper à cette charmante et incontournable «Épreuve» !

    Entourés de nos amis, nous terminions la soirée dans une discothèque. Dehors, il pouvait bien faire le temps qu’il voulait. Rien ne comptait plus que ces instants merveilleux. Seulement, voilà... Un verre, puis deux, et trois... Ça faisait pas mal de temps que je n’avais pas bu de la sorte. Cocktail après cocktail, je me laissais emporter par ce tourbillon vaporeux. Ivre, je l’étais beaucoup plus d’amour pour Bibiche naturellement. Je dois admettre humblement que ce soir-là, j’étais un peu… «Pompette» !

    Il faut reconnaître que ce mariage revêtait une double signification pour moi. Non seulement il effaçait une grosse partie de mes souffrances et de mes craintes passées, mais il m’offrait surtout, le bonheur absolu. Très tard dans la nuit, je dirais même très tôt, car il était six heures, nous reprenions le chemin de l’appartement des Parents de Bibiche. Jamais je n’oublierai cette petite anecdote.

    En entrant, sur la pointe des pieds... Ben oui, je faisais ce que je pouvais, quelle n’a pas été ma stupéfaction ? Ma belle-maman nous attendait dans la cuisine ! Inquiète, comme l’aurait été toute Maman digne de ce nom, elle n’avait pas encore fermé l’œil. Mon Dieu ! Je me sentais d’un coup honteux. Mon esprit s’éclaircissait aussitôt.

    Hélas, les effets pervers du trop-plein d’alcool, me transportaient aussi vite, dans une nébulosité absolue. Entre deux «Mises au point» visuelles, j’entrevoyais les visages radieux de ma Bibiche et de sa Maman. Il paraîtrait même, selon leurs dires, que j’étais plutôt marrant et «Craquant» ! En attendant, je ne me souviens que de quelques bribes de cette rencontre matinale... Et de ma gueule de bois quelques heures après !

    Après une nuit royale de sommeil... en gros trois heures plus tard... à mon réveil, Bibiche était déjà levée. En ouvrant un œil, j’ai été comme pris d’un malaise. Étais-je en train de rêver ou en proie à quelques hallucinations ? Bondissant, du mieux que j’ai pu d’accord... sur le lit, j’ouvrais aussitôt le second. Non, je ne délirais pas. En dépit d’une migraine colossale, je me précipitais à la fenêtre. Mon cœur s’est mis à chavirer. Dehors, il faisait un temps resplendissant !

    Jamais, je n’ai autant apprécié la douce complicité des rayons du soleil. Le ciel d’un azur merveilleux m’apportait la preuve que Dieu, voulait nous offrir une journée féerique. Immédiatement, je filais au salon, euphorique, rejoindre ma «Demi femme». Dans ses yeux, je pouvais lire une expression que je n’avais jamais décryptée jusqu’ici.

    Transcendée, elle me perçait le cœur de son regard fulgurant. Notre premier baiser, était à l’image de ce que nous éprouvions l’un et l’autre en ces instants divins. Après avoir avalé en quatrième vitesse mon petit déjeuner, je décidais de me mettre au travail.

    Le temps, devenu notre allié, allait nous permettre de respecter l’intégralité des projets en ce qui concernait le convoi de voitures. Je me sentais d’autant plus le cœur à l’ouvrage, qu’à la maison, les tensions commençaient à poindre à l’horizon. Qui, de la Maman ou de la fille, était la plus excitée ? Ne voulant pas jouer les arbitres, je préférais descendre. Laissant mon imagination guider mes mains, la voiture des Parents était la première à être métamorphosée.

      Depuis la cuisine à tour de rôle, Bibiche et sa maman jetaient un regard attendri sur la voiture. Entre deux moments d’euphorie, je prenais le temps de savourer ce qui m’arrivait. Ce bonheur me permettait de compléter l’épuration mentale, à laquelle je m’étais livré depuis plusieurs mois. Grâce à mes souffrances passées, mes unions détruites ou inachevées, je pouvais savourer le bonheur qui m’était offert.

    Je remerciais humblement tous celles et ceux qui, de près ou de loin, m’avaient permis de rendre un tel bien-être accessible. À l’abri des amis et des gens du quartier, qui étaient au courant de l’événement, l’auto prenait des allures de carrosse. Pour la circonstance, les chevaux-vapeur feraient très bien l’affaire. Composé de fleurs en papier crépon, un cœur énorme était dessiné sur le capot. Des guirlandes partout, jusque sur les enjoliveurs, la voiture était un véritable panier fleuri ; c’était la moindre des choses, pour transporter... la plus belle des roses !

    La cérémonie religieuse a été en tout point émouvante. Merci les Catholiques Chrétiens. Sans vous, à cause des ségrégations de l’Église romaine excluant les divorcés, jamais, Bibiche n’aurait eu le privilège de pleurer les larmes de son bonheur dans la maison de Dieu. L’après-midi s’annonçait sous les meilleurs auspices. Merci surtout à vous mes chers Parents, beaux-parents pour les susceptibles, de vous être donnés tout ce mal pour nous offrir une journée aussi fabuleuse.

    Car pour être réussie, la journée l’a été à tous niveaux. Quittant l’église, nous retrouvions quelque deux cents personnes pour l’apéritif. Les Parents de Bibiche... Nos Parents... se donnaient une peine inouïe pour nous combler sur tous les plans. Rien ne manquait à chaque étape de cette journée extraordinaire.

    Le soleil étant de la partie apportait une touche supplémentaire à un bonheur absolu. Cette fois, c’était bien vrai ; Bibiche devenait enfin madame NATTER ! Les deux familles n’en faisaient qu’une. Je ne pourrai jamais oublier les premiers gestes de ma Bibiche adorée, sitôt sortie de l’église. Congratulée comme il convenait, elle s’efforçait en parlant de passer ses doigts dans les cheveux. Non pas qu’elle ait attrapé des poux, Dieu merci.

    Elle était si fière de montrer à tout le monde, qu’elle était enfin devenue une «Madame», qu’elle exhibait son alliance avec un délice émouvant. Je la taquinais ni peu ni assez naturellement, à propos de ses chiques. L’ambiance, l’amour, la bonne humeur et la détente étaient au rendez-vous. Tous unis autour d’un maître mot : le BONHEUR ! Couronnant magistralement cet après-midi de liesse, nous nous retrouvions une bonne centaine autour d’un copieux dîner, digne des plus grands chefs d’État.

    Là encore, et je ne me lasserai jamais de le faire, merci Parents adorés. Même les mouches restaient collées au plafond pour se délecter de l’ambiance, qui se déroulait dans ce restaurant. Bref, une soirée inoubliable. À tel point, que lors de notre escapade vers deux heures du matin, nous avons été Bibiche... pardon... je veux dire Madame NATTER et moi-même... presque déçus !

    Nous avions tout prévu, pour accueillir comme il convenait, les plus fêtards des convives. L’ambiance était telle au restaurant, qu’il a même fallu que les patrons demandent une dérogation à la police pour rester ouverts après l’heure prévue. Ce qui revient à dire, que nous nous impatientions de notre côté, tandis que les amis attendus continuaient de s’éclater au restaurant.

    La fatigue aidant nous nous étions résignés à dormir, pensant que l’on nous avait oubliés. Ce qui était de bon augure et en aucune façon, ne nous a perturbés outre mesure. Quelle n’a pas été notre surprise, vers quatre heures du matin, d’être réveillés par les joyeux lurons en question ? Les traces du premier sommeil nous conféraient des visages pour les moins bizarres. Il n’en fallait pas plus pour déclencher l’hilarité générale, et engendrer une fin de soirée digne des plus belles romances d’amour.

    Ponctuant cette semaine riche en événements tous plus intenses les uns que les autres, il manquait une petite note d’humour, émanant du Tout-Puissant. Respectant les vœux de Bibiche, elle n’avait rien eu en ce qui concernait ses grosseurs sur le visage ; pas plus qu’elle n’avait souffert d’un moindre kyste. Le mariage s’était déroulé comme elle le souhaitait. Nous devions rentrer chez nous le lundi. Le dimanche, était donc celui des adieux à la famille.

    Nous avons pris un dernier déjeuner en commun, dans un autre restaurant. Là encore, le soleil étant de la partie, nous avons passé une journée idyllique. Le soir, chez nos Parents, nous étions tous très fatigués. Nous faisions, avec ma petite femme, l’inventaire de ce qui allait rester chez eux. Les tables étaient jonchées de corbeilles, gerbes ou plantes vertes. Sans parler des paquets cadeaux, que nous commencions à déballer. Les autres étant restés à la maison ou nous parviendraient dans la semaine.

    Petite fausse note quand même, à ce qui aurait été sans cela une réussite absolue et géniale. Une des collègues de travail de Bibiche avait voulu filmer le mariage. En visionnant la cassette, de ce que nous espérions tous comme un souvenir immortel, nous avons été déçus à en pleurer. Non seulement, la preneuse d’images n’avait aucun don pour la prise de vue, mais le plus grave, était qu’elle avait filmé en tremblant comme une feuille morte.

    Avait-elle la maladie de Parkinson ? Avait-elle bu plus que de raison ? Au-delà des boutades, avec lesquelles j’essayais de dédramatiser la situation, restait que le film de notre mariage était un fiasco total. Ce n’était rien, par rapport à ce que Dieu avait réservé à ma tendre épouse. Car dès son réveil le lundi matin, elle pouvait mesurer l’étendue de la puissance du Créateur ; autant que son humour !

    Préservée, selon ses désirs et ses craintes surtout, pour les cérémonies, ce jour-là, Il n’avait pas loupé ma pauvre Bibiche ! Sur le moment, quand je m’étais réveillé, en voyant son visage j’ai eu du mal à réaliser ce qui se passait. Ce n’était plus une chique... Mais carrément la joue gonflée aux hormones ! Elle était tellement enflée, qu’elle a eu du mal à ouvrir son œil gauche.

    Ce fut plus fort que moi. Je ne pus contenir un fou rire monstre. Ce qui naturellement, la réveillait aussitôt. Inutile de dire qu’en se voyant dans la glace de l’armoire, elle a poussé un hurlement d’affolement. Le plus ignoble, c’était que je n’arrivais pas à retrouver mon sérieux. Je riais tellement, que j’en pleurais. Je n’étais pas le seul, ce qui m’enlevait tout sentiment de culpabilité. Car les Parents eux aussi, en voyant ma princesse dans cet accoutrement, n’ont pu contenir un moment d’euphorie. Bonne joueuse, ma dulcinée s’est mise à rire à son tour. Après quoi, je lui expliquais le pourquoi de cette boursouflure disgracieuse. Je n’ai pas eu besoin d’insister plus que de raison. Elle avait déjà sa petite idée sur le sujet. Dieu en effet, tenait à se manifester à sa manière.

    Malgré sa foi très pure, Bibiche avait plus ou moins douté de Lui. Elle redoutait d’être défigurée le jour du mariage ? Elle manifestait donc, inconsciemment, un manque de confiance envers Le Tout-Puissant. D’où la réponse assez dure tout de même. La douleur n’était pas au rendez-vous, ce qui limitait les effets dramatiques. Ma pauvre Bibiche était suffisamment punie comme cela de sa défiance envers Dieu. Heureusement, nous avions encore une semaine de vacances. Sitôt après le petit déjeuner, et après le déjeuner avant de repartir pour notre grand nid, je lui faisais plusieurs séances intenses de magnétisme. En quelques heures, la déformation était réduite à plus de la moitié. Au cours de ces séances, je pouvais lire dans son regard, l’étendue de son admiration.

    Non seulement elle se sentait adorée, mais de plus, elle se sentait protégée. Le magnétisme que je lui ai apporté, durant ces derniers instants avant le départ, était revêtu de ses plus beaux atours dans son cœur. Je prenais acte de l’importance primordiale du lâcher prise, tel que nous allions le découvrir quelques années plus tard.

    Le cœur emplit d’émotion et de souvenirs, tous plus beaux les uns que les autres, nous quittions à regret nos Parents. Madame NATTER allait nettement mieux. Durant le trajet, je ne pouvais m’empêcher de la taquiner. La leçon était assez cuisante comme cela, sans en rajouter inutilement. Elle aimait, et aime toujours Dieu merci, plaisanter. Je sentais que mes sarcasmes n’étaient pas du meilleur effet. Aussi, terminions-nous le parcours sur une note résolument plus optimiste, puisqu’elle intéressait nos projets d’avenir. Il nous tardait d’arriver. La Golf ressemblait à une caravane. Il m’était impossible de voir la route depuis le rétroviseur intérieur, tellement la voiture était bondée de paquets et de fleurs. Nous n’avions même pas pu trouver une place, pour mettre les provisions que Maman nous avait réservées. De souvenirs en anecdotes, les kilomètres s’amenuisaient.

    Comme au premier jour de mon arrivée dans le grand nid, le paysage défilait autour de nous avec un enchantement sans cesse renouvelé. Pourtant, personne n’en avait modifié ni la structure ni le décor ! Bibiche découvrait à son tour, les bienfaits du bonheur et de son impact sur l’environnement quotidien. Tout se métamorphosait à ses yeux. Petit trésor adoré... Que ces minutes à tes côtés étaient pour moi en ces instants, plus douces encore qu’elles ne l’avaient jamais été auparavant ! Ses yeux scintillaient tels des saphirs. Elle découvrait tout, s’émerveillait telle une enfant.

    Pure, limpide, authentique et divine, voilà la femme que je venais d’épouser. Promenant son regard entre la nature et moi, elle ne trouvait plus les mots pour traduire son bonheur. La seule chose qui revenait souvent, était de plaindre celles et ceux, qui n’avaient pas connu de tels moments.

    À peine installée dans sa nouvelle peau de femme mariée, voilà qu’elle s’apitoyait sincèrement, sur le sort de ces malheureux. Que pouvais-je faire d’autre, que laisser couler les larmes de l’intense bonheur qui me brûlait dans le corps ? Adorable chérie, qui n’hésitait pas à me montrer tel ou tel lieu, de sa main gauche, pour mieux faire briller l’éclat de cet anneau d’or qu’elle portait avec une telle grâce.

    Quelques heures plus tard, après que tous les paquets eurent été débarrassés de leurs emballages, nous commencions le rangement. Il y en avait partout ! Sur les tables, les buffets, les chaises. La vaisselle, les ustensiles, bibelots, une quantité impressionnante de cadeaux, jonchait le mobilier du grand nid. Une question se posait très vite ; aurions-nous la place de tout ranger ?

    Avec ce que Bibiche possédait déjà, ce que j’avais amené, plus ce que nous avions acheté ensemble, cela faisait beaucoup d’ustensiles ! Ajoutons les fleurs et les plantes, pour comprendre qu’il nous était difficile de faire un pas, sans risquer d’écraser quelque chose. Envoûtés par le charme de notre union reconnue, nous le prenions à la plaisanterie. Il était indispensable de réfléchir avant de s’emballer. Comment, mieux qu’en dégustant une coupe de champagne, pouvions nous trouver les solutions qui s’imposaient ? Calmement, sans nous énerver, nous logions les nouveaux arrivants aux côtés des anciens locataires. Bibiche en profitait pour faire un brin de ménage et procédait à quelques éliminations. Beaucoup d’objets se trouvaient en double, quand ce n’était pas en triple.

    N’étant pas attachée aux valeurs des choses, elle n’hésitait pas à se séparer de ce qui lui appartenait, pour le remplacer par ce qui venait de nous être offert. En moins d’une demi-heure, une grosse partie des cadeaux était intégrée dans son nouvel environnement. Nous étions étonnés, de constater à quel point tout pouvait être rangé. Parmi les présents, plusieurs vases étaient très appréciés. Grâce à eux, les gerbes trouvaient très vite un emplacement de choix.

    Au fur et à mesure que nous progressions dans l’aménagement, l’appartement se métamorphosait. Tout, du plus gros au plus petit don, s’intégrait parfaitement. L’harmonie était au rendez-vous. À croire que les personnes qui nous avaient offert tout ça avaient choisi en fonction du grand nid. Les formes, les couleurs, autant que l’utilité, tout s’intégrait rapidement, ce qui ne nous échappait pas. Le hasard n’y était pour rien, Bibiche et moi en étions convaincus. «Quelqu’un», s’était arrangé pour faire en sorte que l’homogénéité et le confort de notre bien-être soient préservés. Avions-nous réellement besoin de ce signe ? Sincèrement non. Ce n’était qu’un prétexte pour mieux nous rapprocher du Tout-Puissant, et lui rendre l’hommage qui lui était dû pour nous offrir un tel bonheur.

    En dépit de sa chique, qui était encore très prononcée, Bibiche se perdait en prières de vénération. Elle était réellement impressionnée par la leçon, que Dieu venait de lui infliger. Ce qui la rassurait tout de même, c’était de savoir que grâce au magnétisme, plus rien ne paraîtrait dans les jours qui suivaient. Ce fut pour ces raisons sans aucun doute, qu’elle passait beaucoup de temps à prier pour remercier, mais aussi demander pardon au Tout-Puissant.

    Ses regards étaient de véritables rayons lasers. Chaque fois que je me perdais dans la pureté de ses yeux, je chancelais. À force de sourires, de mots doux, de frôlements tout aussi provocateurs, nous nous laissions emporter par les braises du désir. Après tout, ce qui n’était pas encore fait serait fait... plus tard ! Groggy, ivres d’amour et de bonheur, grisés par tant de souvenirs merveilleux, nous abandonnions le présent et ses contraintes, pour partir à l’assaut d’instants romantiques et sensuels.

     *   *

    *

    QUATRIÈME CHAPITRE

     «Dernière ligne droite» 

    Après sa première matinée de travail, comme elle le faisait chaque jour avant notre voyage, Bibiche me lançait un coup de téléphone. Sur le moment, j’ai eu comme un doute. Tout dans sa voix laissait imaginer le pire. La reprise s’était effectuée avec beaucoup de difficultés. Vraisemblablement, elle était exténuée.

    Gaie, comique même durant de si longs mois depuis notre rencontre, elle me déconcertait. Je redoutais le pire, car je la sentais effondrée. C’était pour moi, après avoir raccroché, le début de mon calvaire.

    Tout me passait par la tête. Ses malaises répétés tout au long de l’année, les poussées de fièvre, les réflexions des voisins, les tensions au bureau comme au magasin... Le plus dur, aura été d’éluder avec conviction et une certaine fermeté, les craintes concernant notre couple.

    Rien ne justifiait son état pour le moins apathique. Encore moins les poussées de fièvre ni les chutes énergétiques. Il aurait été plus que probable qu’elle ait pu songer à une séparation ? Plus les minutes s’écoulaient, plus je me focalisais sur cette hypothèse. Durant plusieurs heures, avant de manger du bout des lèvres, je ruminais les pires scénarios. Je ne pouvais pas concevoir cependant que Bibiche ait pu me trahir. Quand je délirais ainsi, je me giflais pour revenir à la raison. Si elle était à ce point hypocrite et perverse, alors là, je voulais bien revêtir la soutane de curé. Je pouvais bien me laisser enivrer par les romances de mon imagination, mais jamais, je n’ai douté de Bibiche. J’étais certain au contraire qu’elle cachait en vérité un état beaucoup plus dépressif.

    Je me sentais impuissant, incapable de faire le moindre geste. J’avais envie de tout casser, de tout briser. Dieu m’imposait la sagesse et la pondération. Et si elle me cachait une autre vérité, plus insidieuse et dramatique ? C’est vrai, je l’avais rarement accompagnée pour ses examens médicaux, me contentant de lui faire confiance. Si, par malheur, elle était gravement malade au point de me dissimuler la vérité ?

    Avec l’opération qu’elle avait subie, et la précarité presque quotidienne de son tonus, je réalisais soudain que cette hypothèse était de loin la plus crédible. Mon sang ne fit qu’un tour. Le fait qu’elle refusait que j’aille la chercher à midi augmentait mes craintes à ce sujet.

    J’hésitais un moment, décrochais le combiné, puis reposais le téléphone sans avoir le courage d’appeler Bibiche. Je faisais les cent pas entre la cuisine et le vestibule. La table, que j’avais dressée pour deux depuis tôt le matin, paraissait me narguer. Insolent objet, qui ne comprenait pas l’étendue de mon désarroi.

    À son habitude, elle avait mijoté un divin petit repas, comme elle les mitonnait si bien depuis bientôt deux ans. Ce qui était habituellement un instant privilégié se métamorphosait soudain en moment de tristesse et de solitude. Pourquoi serait-elle absente aujourd’hui ? J’avais beau me poser cette question des dizaines et des centaines de fois, je n’entrevoyais pas la lueur d’une compréhension. Après mon déjeuner, je décidais de m’installer derrière mon ordinateur. Il me fallait à tout prix recouvrer ma sérénité et mon calme. Heureusement que nous avions acheté quelques cartouches de cigarettes ! Car depuis le matin, j’en étais à mon deuxième paquet. Je n’avais aucune envie d’écrire, mais je me forçais tout de même, pour échapper à mes tourments. Je restais dix minutes assis, modifiant sans cesse le déroulement de mon scénario.

    Je me rendais vite compte que mes personnages, étaient en train de suivre mon humeur noire. Doux et affables dans la version initiale, ils devenaient agressifs et vindicatifs au fur et à mesure, que je m’imposais ces minutes d’écriture. Heureusement que j’en ai pris conscience rapidement. Ce qui m’évitait de dénaturer l’histoire. Mais avait-elle un sens à présent ? Je me posais cette question, plus pour justifier mon déséquilibre moral, que par souci d’éthique véritable. En attendant, j’effaçais sans regret les quelques pages que je venais d’écrire.

    Je délaissais mon roman, pour aller quelques instants sur le balcon prendre l’air. J’étais KO debout. Je déambulais d’un point à l’autre de l’appartement, sans pouvoir ne fixer mon attention sur rien. À chaque passage devant le bar, je remplissais mon verre de cognac. Combien en avais-je bu ? Soudain, je réalisais que j’étais en train de glisser sur la mauvaise pente. En effet, en me servant un autre verre de digestif, je prenais conscience de la gravité de la situation.

    Les cigarettes passaient encore. L’alcool, là, je ne devais pas me hasarder sur ce chemin boueux. Puisque je ne parvenais pas à trouver l’inspiration dans mon roman, il me fallait fixer mon attention sur autre chose. Car au rythme où j’y allais, j’allais prendre une belle cuite ! Ce n’était pas le moment. Mon instinct me poussait à chercher quelque chose dans l’appartement. Quoi ? Pourquoi subitement, cette envie d’inquisition ? Je n’avais jamais fouiné dans les tiroirs, où étaient rangés tous les documents du ménage. Je n’y découvrais rien, qui aurait pu être susceptible d’éclairer ma lanterne. Dans la chambre alors ? Rien dans l’armoire, rien dans sa table de nuit... Dans la mienne peut-être ? Le vide le plus complet. Je commençais à reprendre espoir, conscient que mon imagination me conduisait bien trop loin.

    Soudain, en arrivant à hauteur du téléphone, mon attention fut attirée par une enveloppe, glissée sous le répondeur. J’avais téléphoné deux ou trois fois, sans même la voir. Le doute n’était pas permis, elle dépassait suffisamment l’appareil pour y avoir été déposée, dans l’intention d’être aperçue. Mon sang ne fit qu’un tour. J’ai été contraint de m’asseoir sur le canapé pour reprendre mon souffle.

    J’avais dans les mains une enveloppe, sur laquelle mon prénom était inscrit. Pas le moindre mot tendre ne l’accompagnait. Bibiche m’avait tellement habitué à lire ses billets doux, qu’elle me laissait sur la table en partant le matin, que la vue de mon seul prénom me perforait le cœur.

    Me ressaisissant, je prenais le courage d’ouvrir cette maudite enveloppe d’une main tremblante. À l’intérieur une page manuscrite. L’écriture était horrible. J’avais du mal à lire. En fermant les yeux quelques secondes, il me semblait entendre Bibiche. Je la voyais en train de me crier, des mots que je ne parvenais pas à entendre. Ces mêmes mots, allais-je les découvrir sur cette feuille ? Mes yeux se gonflaient de larmes, avant même d’avoir parcouru cette missive dramatique.

    Je restais quelques minutes, déversant le trop-plein de mon émotion. Était-ce la lettre de rupture que je redoutais depuis le matin ? Courage. Je devais impérativement surmonter ma peine, et découvrir enfin, la clef de cette énigme cruelle. Je me servais un autre bon verre de cognac. Après avoir allumé une énième cigarette, je prenais mon courage à deux mains et décryptais ce hiéroglyphe :

    Mon amour,

    Pourquoi tant de mystères ? Je savais en écrivant ces mots que jamais je n’aurais le courage de t’avouer ce qui depuis plus d’un an me déchire le cœur. J’étais persuadée que tôt ou tard, tu allais découvrir la vérité, ce qui me paralysait. Après bien des hésitations, j’en suis parvenue à la solution extrême: quitter mon emploi.

    J’ai pris rendez-vous avec mon patron, qui savait que depuis plusieurs mois je n’étais pas au mieux de ma condition. Quand je lui ai communiqué les rapports médicaux, il n’a eu aucun mal à satisfaire à ma demande. Il voulait me donner un congé sans solde de six mois, mais je n’ai pas accepté. C’est le seul point qui soit positif pour moi. Je trouverai sans mal un poste équivalent.

    Car tu le sais, pour l’avoir compris, l’ambiance au bureau était devenue infecte, à un point qu’il est impossible d’imaginer. En quelques mots, pour en résumer l’ampleur, ma «Chère subalterne», depuis notre mariage, imitait ma signature sur l’un des comptes clients que je gérais, pour détourner l’argent à son profit.

    Tout ça, dans le seul but de me nuire et me faire perdre mon honneur en plus de mon emploi. Sans l’aide avisée d’un ami avocat, qui a découvert l’odieuse machination, j’aurais sans doute été condamnée. Le choc a été d’une telle violence, qu’il a été le point de départ de mes ennuis de santé.

    Je ne serai pas là, quand tu apprendras cette terrible nouvelle, tel que je la redoute depuis notre départ à Dakar. Voilà pourquoi je n’étais pas au mieux de ma forme durant ce séjour, pourtant idyllique en tout point. Les derniers examens au mois de juin laissaient supposer le pire.

    Depuis le début de cette année 91, je suis dans le doute. Aucun médecin ne veut infirmer ni confirmer la gravité de ma maladie. Toujours est-il qu’aujourd’hui, je vais être fixée une fois pour toutes. J’ai rendez-vous à 12 h 30 à l’hôpital, pour savoir si oui ou non les grosseurs qu’ils m’ont enlevées en 1989 étaient cancéreuses ou pas.

    Pour être sûr de ne pas établir de mauvais diagnostics, juste avant de partir à Dakar j’ai subi des prélèvements. Les biopsies prévues ont été faites et j’aurai les résultats aujourd’hui. Je te demande pardon, mon doux amour, de n’avoir pas eu le courage de te parler franchement et te faire part de mes inquiétudes. Je ne peux que rendre hommage au dévouement avec lequel tu t’es dépensé pour me maintenir à flot. J’espère que Dieu dans sa miséricorde, nous épargnera une fin aussi tragique. Car si ce n’est pas pour moi, c’est pour toi que je pleure en imaginant le pire.

    Certes, le cancer n’est plus aussi redoutable que par le passé. Hélas, il occasionne encore trop de décès et c’est en tremblant face à cette éventualité que je me dois de t’informer. Je te demande encore mille fois pardon pour ce manque de courage.

    J’étais perdue dans ton regard, noyée dans ce torrent de bonheur dans lequel tu m’as plongée depuis le premier jour. Je ne me sentais pas la force de briser une telle aura de douceur et de tendresse. La seule chose dont tu puisses être certain, c’est que je t’aime et t’adores comme jamais je n’ai eu avant toi, l’occasion de l’apprécier.

    Je t’embrasse très fort... Ton Petit Bouchon adoré...

    J’ai dû lire et relire une bonne dizaine de fois cette lettre explosive et pathétique. Les yeux brouillés par un torrent de larmes, je déversais sans le réaliser, toutes les réserves lacrymales de mon corps. La solution m’était apportée, cinglante et cruelle.

    Loin d’avoir envie de tout casser, j’étais sonné, effondré. À cet instant précis, je revivais les images de Bibiche, quelques heures avant le départ à l’aéroport, et tout au long de notre séjour. Dire que j’avais osé à certains moments, croire à de la supercherie de sa part!

    Je me sentais encore plus sale et dépouillé de mon honneur. Qu’allait-elle devenir ? Pour qu’elle parle de cancer dans sa lettre, il fallait que les doutes à son sujet soient évidents. Je n’avais qu’une obsession, la santé de Bibiche. J’étais tellement crispé et tendu, qu’en serrant les poings, je m’enfonçais les ongles dans les paumes des mains. J’essayais tant bien que mal de retrouver mon calme. Bibiche avait plus que jamais besoin de moi.

    L’épreuve que Dieu nous imposait était de taille, mais indispensable. Elle était cuisante, mais bénéfique, puisqu’elle nous confortait dans notre amour. Loin de me laisser aller au pessimisme, j’essayais de puiser entre les lignes tout l’espoir qui en émanait : «Je trouverai facilement un emploi équivalent... J’espère que Dieu nous préservera»... Avec une maladie comme le cancer, le moral contribue à plus de quatre-vingts pour cent à la guérison.

    Le fait de manifester, même inconsciemment, le moral et l’envie de vaincre était suffisant à mes yeux pour m’accrocher à cet espoir. Le magnétisme que j’avais apporté à mon petit bouchon, et je m’en réjouissais, avait dû pour sa part enrayer l’évolution de la maladie, comme il l’avait fait avec notre amie en 1990. Je n’étais pas un fervent adepte des prières, mais ce jour-là, je suppliais Le Tout-Puissant de toutes mes forces. Il nous avait ouvert la voie royale du bonheur, que nous n’avions jamais quittée. Seul un amour puissant et authentique pouvait nous sauver et nous sortir de ce mauvais pas. Abandonner mon trésor de femme ? À quelle heure ! Je l’avoue humblement, je mourais d’envie d’aller à son bureau, pour régler mes comptes. À quoi cela aurait-il servi ?

    Quelques heures plus tard, tout rentrait dans l’ordre. De retour à la maison, Bibiche était enfin sortie de son ghetto moral et du labyrinthe médical. Soulagée, délestée de ce fardeau de la crainte et de la peur, elle retrouvait le jour même, un tonus extraordinaire. Fière, elle brandissait, en arrivant à la maison, le compte rendu des médecins. Les analyses étaient négatives. Pas la moindre trace de tumeur cancéreuse. Pour enrayer définitivement les dernières infections urinaires, à titre préventif plus que curatif d’ailleurs, le professeur lui avait conseillé de prendre des antibiotiques pendant une quinzaine de jours. Je n’étais pas enchanté, mais je sentais que la stabilité du moral de Bibiche en dépendait. Le soir, après le dîner, elle éprouvait un besoin évident de se confier, parler, se libérer du poids qui l’oppressait.

    Elle se sentait coupable à un niveau encore jamais atteint jusque-là. Coupable, d’avoir en quelque sorte triché en taisant la vérité. Coupable, de n’avoir pas su trouver en moi le complice, l’allié, le confident, qu’elle pensait avoir rencontré. Coupable, par-dessus tout, d’avoir inconsidérément donné sa démission. Elle m’a expliqué en long et en large, pourquoi elle en était arrivée là. Elle était burinée moralement par cette maladie lancinante et insidieuse.

    Mais elle l’était bien davantage, en pensant à ce que par vice, des personnes fussent capables de faire. Fatiguée d’avoir à lutter tous les jours contre les mesquineries au bureau, déchirée de se sentir seule pour affronter son calvaire. Elle s’était laissée aller à un acte irréfléchi. Elle s’en mordait les doigts et ne savait plus comment faire, pour se faire pardonner. Loin de la blâmer, je lui interdisais de reprendre contact avec son patron, pour revenir sur sa décision. Pour éliminer les dernières traces de culpabilité dans son esprit, je lui faisais part de tout ce que j’avais enduré en silence.

    Les coups de téléphone et les lettres anonymes... Les réflexions de mes patientes «Parachutées»... Sans haine ni courroux, j’étalais devant elle le tapis poussiéreux sur lequel, les détracteurs s’essuyaient les pieds. Qui s’était juré de détruire notre couple et pourquoi ? Je ne voulais pas en savoir davantage. Si Dieu avait permis qu’elle se délivre des griffes de ses ennemis sournois, ce n’était pas sans raison.

    L’avenir était devant nous et non derrière. Lentement, je l’ai sortie de son marasme, en lui demandant simplement d’oublier. Nous étions en train de tourner une page du livre de notre vie. Certes, en tenant compte de ce brusque changement de situation, sur le plan financier, nous devions être vigilants.

    Notre amour n’était-il pas plus important que tout l’or du monde ? Jamais, contrairement aux inepties élaborées par certains, l’argent n’avait fait le bonheur de personne. Il y contribuait sans doute, mais en aucun cas, il ne pouvait se substituer aux valeurs fondamentales auxquelles nous étions fortement attachés. Pour l’argent, certains requins étaient prêts à tout, n’hésitant pas à tuer père et mère. Ils n’avaient pas compris, et ne le comprendront sans doute jamais, que sans la moindre notion d’amour, l’argent ne possède aucune valeur intrinsèque.

    Tout travail mérite salaire, nul ne peut ni ne doit le contester. Que certains gagnassent plus que d’autres, c’était encore acceptable ; si cela était justifié bien sûr. Que pour l’argent, des êtres humains se croient supérieurs et écrasent celles et ceux qui le leur font gagner, là, je ne suis pas du tout d’accord ! L’argent se doit de rester un trait d’union. Une sorte d’outil de communication, voire de troc, entre les personnes ; tu me donnes ceci, et en échange je te donne l’équivalent en monnaie.

    Ce principe, je l’ai acquis grâce à mon magnétisme. Aujourd’hui, il est encore plus présent dans mon esprit. Quant à ceux qui passent leur temps à spéculer, critiquer, je ne peux que formuler, à leur endroit, un vœu d’amour et de pardon. En leur rappelant que c’est dans l’épreuve et la souffrance, et uniquement grâce à elles, que les valeurs humaines parviennent à leur apogée. Non dans l’opulence et l’apparence d’une pseudo notoriété.

    Nul ne peut présager de rien. S’il est facile de montrer du doigt et mépriser au lieu d’aimer, il est plus dur d’assumer une vie heureuse et sincère. Comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, peut-être est-il encore temps de modifier certains de ces fâcheux comportements, qui avilissent l’être humain, plus qu’ils ne le valorisent ? Il n’y a que les sots qui n’évoluent pas n’est-ce pas ?

    Amaigrie, affaiblie, mais heureuse, Bibiche avait besoin de se refaire une santé. Puisqu’elle était au chômage, elle avait bien droit à quelques jours de repos amplement mérités. Ce n’était pas de gaieté de cœur, mais je devais faire abstraction de mon confort personnel à son profit.

    Où, mieux que chez ses Parents, pourrait-elle éliminer les traces de cette angoisse ? Une semaine, quinze jours ou plus, peu m’importait. Je savais que ce serait dur, séparé d’elle, mais ce n’était pas en tournant en rond dans la maison sans sortir qu’elle aurait pu recouvrer une meilleure santé. Car depuis son retour, elle ne voulait plus voir personne et encore moins aller se balader. Je ne m’en plaignais pas bien au contraire, moi qui étais plutôt du genre casanier. Elle avait pris tout le monde en grippe. Ses collègues de travail, nos voisins, le peu d’amis qui nous restait. Elle en voulait à la terre entière. Le contrecoup nerveux ne faisait aucun doute. Le phénomène de rejet sur les autres était naturel. Honteuse et coupable, elle cherchait à rejeter sur autrui la responsabilité de sa fuite en avant.

    J’avais beau essayer de lui faire admettre que le fait de ne plus avoir d’emploi momentanément ne changeait rien, elle persistait dans son mutisme. Je sentais bien que cette plaie béante serait difficilement refermée. Je faisais du mieux que je pouvais, mais ne parvenais pas à endiguer cette hémorragie morale, qui la clouait du matin au soir dans une léthargie totale.

    Je reprenais doucement mes séances avec mes patients, conscient avant toute chose que je ne devais pas oublier ma mission. L’avenir était devant nous et non derrière. Quelles seraient les autres épreuves à traverser ? Dans quelle direction Le Tout-Puissant nous emmènerait-il ? Les restrictions auxquelles nous devions désormais nous astreindre permettaient à Bibiche de prendre enfin de bonnes résolutions envers l’argent. Compte tenu de nos très faibles ressources, il était temps pour elle de commencer à calculer. Sur ce point, j’étais plutôt à l’aise. Docilement, elle acceptait avec dignité de se laisser guider. Nous avions encore quelques économies, mais sans ressources officielles, il ne fallait pas déraper sur le verglas de l’extravagance !

    Plus question de s’accorder le moindre superflu. Grâce aux Parents, une fois de plus, nous pouvions honorer nos échéances principales. De mon côté, je faisais feu de tout bois pour trouver un emploi. Trop content de pouvoir enfin, subvenir seul aux besoins de notre foyer. Je mettrais à profit l’absence de Bibiche, pour m’enquérir des possibilités à ce sujet. Restait à convaincre ma dulcinée, du besoin impératif de cette séparation provisoire. C’était pour la bonne cause naturellement. Je me mettais à sa place. Elle acceptait difficilement de se passer de tendresse et de câlins, ne serait-ce que quinze jours. Il aura fallu toute la diplomatie de ses Parents, et tout mon courage, pour finalement la convaincre. Tous les vicaines, je promettais de les passer auprès d’elle. Ce n’était pas l’euphorie, mais très vite, elle comprenait que c’était pour son bien. J’avais besoin malgré tout, et ne me cachais pas de lui dire, de prendre un certain recul face à la situation.

    Faire le vide en moi, loin de toute pression. J’avais le sentiment de commencer une sorte de reconversion mentale. Épurer ce qui jadis, m’avait fait souffrir. Seul, j’avais plus de chances d’y parvenir. La présence de mon petit bouchon, plus amoureuse que jamais, ne pouvait que me desservir dans cette envie de faire la lumière en moi.

    Je n’ai pas attendu des jours pour éprouver avec tristesse les premières grosses difficultés. Le soir même du départ de Bibiche, je commençais à tourner en rond comme un ours en cage. Je mourais d’envie de la supplier de revenir. Je voulais me montrer à la hauteur, et ne pas me comporter comme un enfant capricieux. C’était là précisément que le travail sur moi-même débutait. De mon attitude forte et déterminée jaillirait la lumière.

    Point par point, j’analysais avec lucidité, tous les paramètres qui avaient été modifiés. La tolérance, le pardon, le partage et l’humilité, grâce à l’amour divin, confirmaient en ces heures de solitude, la solidité de leurs fondations.

    Ce n’était pas suffisant pour atteindre l’harmonie, mais un point de départ non négligeable. Replacer les choses et les événements à leur juste valeur, les déterminer de manière cohérente dans un contexte global, tel était mon objectif. S’isoler comme nous l’avions toujours fait dans notre cocon d’amour paraissait obsolète.

    Il fallait absolument que nous ouvrions nos cœurs en grand. Non pas d’une manière superficielle et subjective, mais au contraire, avec la ferme intention de donner le meilleur de nous-mêmes. En payant à boire et à manger comme nous l’avions fait jusqu’ici ? En offrant des soirées sans queue ni tête de manière inconsidérée ? Je réalisais le poids du ridicule et de l’absurde, engendré par ce besoin d’apparence.

    Ne pas confondre générosité et bêtise, voilà ce qu’il fallait que nous comprenions. L’amour ne s’offre pas, ne se monnaye pas, avec des coupes de champagne et des gâteaux. Seulement voilà, vers qui nous tourner ? Parler d’amour, sans risquer de passer pour des obsédés, était aléatoire ! Trahi par des personnes en qui nous avions toute confiance, je ne voyais vraiment pas comment nous pourrions trouver un équilibre à ce niveau.

    Qui, dans notre entourage immédiat, pouvait parler de foi ? De Dieu ? Autrement qu’avec un sourire cynique et réprobateur ? Nous n’allions tout de même pas passer une petite annonce dans un journal ? Restait la solution de sagesse en ce domaine, et c’était celle que j’adoptais pour ne pas me morfondre en vaines supputations.

    Laissant au Tout-Puissant le soin de nous guider, je reprenais mes analyses comportementales personnelles. Je remplissais en quelques jours, des pages entières de positifs et de négatifs, avec mon jeu sur l’ordonnance de l’esprit. J’ai été très étonné, pour ne pas dire subjugué, de constater que finalement tout n’était pas si négatif que cela. Un changement profond était intervenu, je ne pouvais que m’en féliciter. Métamorphosant les critères fondamentaux, cette épuration de l’esprit me confortait dans mon besoin de faire la lumière. Si l’on prend de nuit, la route au volant d’une voiture même équipée de puissants projecteurs, si l’on ferme les yeux, on a toutes les chances de se ramasser contre un platane. Ma vie jusqu’ici avait été la copie conforme de cet adage, créé par moi-même pour la circonstance. J’avais eu à maintes reprises tous les éclairages possibles sur ma route.

    Chaque fois que je sombrais au fond d’un ravin, je m’insurgeais, sans admettre qu’il me suffisait d’ouvrir bêtement les yeux pour y voir clair. Optant pour la facilité, je ne m’embarrassais pas de préjugés. À défaut de pouvoir obtenir gain de cause, faute d’arguments, j’utilisais la violence. J’étais persuadé qu’elle m’avait permis de me maintenir en vie, face aux autres et aux multiples dangers que j’imaginais.

    Durant cette première partie de mon incontournable célibat, je sentais mes viscères se contorsionner, sitôt que la colère montait en moi. Là encore et d’une manière spectaculaire, je prenais acte de l’inutilité et de la futilité de la violence et ses arcanes. Je n’avais pas envie pour autant d’aller baiser les pieds de celles et ceux, qui avaient abusé de notre gentillesse.

    Toutefois, je ne leur adressais plus que des pensées positives, démunies de haine et de rancœur. Sans eux, nous n’aurions jamais Bibiche et moi, dégusté les saveurs du bonheur absolu. Nous en étions au point de départ en vérité. Nous avions passé avec succès les épreuves finales, de l’examen ouvrant les portes de l’amour.

    Loin de nous démolir, cette brutale épreuve nous plaçait sur l’orbite céleste, celle où l’on ne rencontre que douceur et volupté. Je ne rêvais pas en pensant à tout ceci. J’étais conscient que désormais, d’autres épreuves viendraient parsemer notre route d’embûches et de pièges. Je savais, et j’en étais convaincu, que dorénavant nous ne faisions plus qu’un seul être, avec mon adorable petite femme.

     *   *

    *

     Après une cure de Jouvence de trois semaines, Bibiche revenait dans notre grand nid. Transcendée, elle rayonnait de tout son être. Elle avait repris son poids et enfin, adhérait à l’idée que nous n’avions que faire des éventuels commérages à propos de sa démission. Après tout, chacun peut à sa guise s’offrir une année sabbatique ? Raison de plus pour contourner l’obstacle.

    Elle ne voulait plus sortir avant son séjour ? En quelques jours, elle me prouvait que le soleil était revenu dans son esprit. Dans le parc entourant la maison ou celui situé à quelques centaines de mètres, par n’importe quel temps, nous affichions notre amour au grand jour.

    Nous étions tellement détachés des bassesses humaines, qu’il nous arrivait souvent de ne pas voir les gens que l’on croisait. Ce qui nous valait quelques épithètes pas très courtoises. Habitués à toutes les méchancetés possibles, nous passions outre.

    Cependant, la vie elle, ne se contentait pas de câlins et de moments euphoriques. Les ennuis commençaient à pointer leur museau. J’avais réussi à dénicher un emploi, en tant que vendeur en espaces publicitaires. Je n’étais pas plus motivé par mon boulot que par les patrons qui m’employaient. Ce travail nous permettait de partir le matin et revenir le soir, après une journée passée au grand air. Nous emportions notre pique-nique de midi dans la glacière, et, entre deux rendez-vous, nous nous installions au bord de la route pour déjeuner. Je me moquais éperdument de mon travail et de mes clients. Je n’avais qu’un désir, transformer le néant de Bibiche en paradis quotidien. Je ne pouvais pas oublier tout ce qu’elle avait fait pour moi. Je ne me sentais pas redevable, au sens littéraire du terme, mais je voulais lui prouver ma gratitude. Je luttais pour qu’elle parvienne à sortir de son ghetto moral.

    C’était pour cette raison que je ne me souciais pas de mes rendez-vous professionnels. Certes, la côte d’alerte était déjà atteinte sur le plan financier. En d’autres temps, je me serais arraché et j’aurais sorti mes tripes, pour gagner un maximum d’argent avec mes commissions.

    Ce n’était pas avec le «Fixe» dont je disposais que j’aurais pu subvenir à nos besoins. Heureusement qu’il y avait les notes de frais ! Car ce n’était pas avec ce que j’avais signé en contrats, que nous aurions pu vivre. Disons qu’en un peu plus d’un mois, j’avais gagné de quoi payer nos dépenses rien de plus. Je prenais bonne note au passage, de l’amour du Tout-Puissant à notre égard. Pour me permettre de m’occuper de Bibiche, Il écartait durant quelques semaines les patients de mon cabinet. Je pouvais consacrer toute mon énergie à ma Princesse.

    Je n’avais pas encaissé des fortunes avec mon boulot, mais au fond du cœur, je me sentais riche. Car ce que nous avions acquis avec Bibiche était largement plus important. Elle n’était pas totalement guérie, mais le moral était beaucoup plus stable. Un mois de bien-être et de détente, loin de la galère et du mutisme forcé, lui aura permis de recouvrir en partie sa sérénité.

    Après trois semaines de convalescence, cela faisait presque deux mois durant lesquels, nous pouvions prendre nos distances par rapport aux gens. Je m’étais montré assez ferme et déterminé, chaque fois que l’occasion m’avait été offerte. Je ne plaisantais pas en affirmant qu’il y aurait danger maintenant, dès l’instant ou quiconque se permettrait d’insinuer quoi que ce soit. Plus question de tolérer les insultes envers Bibiche. Car au travers des coups de téléphone et des lettres anonymes, il était clair qu’on cherchait à briser l’honneur de ma petite femme.

    Je savais plus ou moins, qui était à l’origine de ces insanités. Bibiche m’avait fait jurer de ne pas lever le petit doigt. Elle avait suffisamment de peine à surmonter la précarité de son état de santé, sans trembler à l’idée que j’aurais pu réduire en compote, les responsables de ces machinations diaboliques. En prenant nos distances, avec le temps, tout finirait bien par s’arranger.

    Cette fin d’année 91 ne s’annonçait pas sous les meilleurs auspices. Inscrite au chômage, Bibiche devait attendre au moins jusqu’en janvier pour toucher son premier salaire. Car naturellement cette chère administration du chômage, lui avait fait une ponction d’un mois complet.

    Une démission, même pour raison de santé, plaçait la personne en position de coupable. À ce titre, elle était pénalisée par une ablation plus ou moins considérable sur son salaire. Je pariais que la somme non versée à Bibiche avait dû atterrir «Accidentellement» dans les poches d’un ou deux fonctionnaires «Honnêtes» ! Cela nous était égal.

    L’épreuve annoncée avait sans doute pour objectif d’épurer les derniers tabous dont Bibiche était victime. Par exemple, le fait d’avoir honte d’aller pointer au chômage. Combien de fois se cachait-elle le visage ? D’un autre côté, il nous fallait jouer la carte de la prudence et de la discrétion à tous niveaux. Plus nous serions discrets sur notre vie, autant que sur nos projets, plus nous aurions de chance de sortir de l’impasse. Ce qui me laissait supposer que nous étions encore à tous les coups «Sur écoute», c’était l’arrivée de mes chères patientes espionnes. Je ne perdais pas mon calme ni mon sang-froid, en laissant croire que j’étais en train d’écrire un roman ; en insistant sur le fait que les noms des responsables ayant contraint Bibiche à démissionner seraient clairement transcrits. Ce qui rapidement aboutissait à un calme absolu. Plus de taupe, plus de craintes.

    Bibiche s’évertuait à respecter scrupuleusement les consignes, en matière de recherche d’emploi. Je me contentais pour ma part de ne pas trop m’affoler. Conscient que de toute façon les annonces pour l’emploi, étaient bidon pour une bonne moitié, ce n’était pas avec elles que j’aurais pu obtenir un poste. Je préférais aller chercher sur place, directement chez l’employeur.

    La crise économique commençait à montrer le bout de son nez. Ne trouvant pas de travail, je suivais les conseils de Bibiche en m’inscrivant à mon tour au chômage. Après tout, même si ce n’était que pour six mois, cela nous permettait d’envisager de recouvrer nos esprits et préparer l’avenir.

    Ses Parents une fois encore, volaient à notre secours. Conscients que nos finances étaient au plus bas, ils nous ont avancé une fois encore de quoi payer nos charges jusqu’à la fin de l’année. Le reste nous appartenait, il fallait à tout prix que nous fassions preuve de sagesse et de pondération.

    Calmement, à tête reposée nous envisagions de nous séparer de quelques mobiliers, afin de constituer nos réserves. Les comptes étaient tenus au centime chaque jour. Bibiche était même surprise de voir qu’avec une très faible somme d’argent au quotidien, l’on pouvait faire des économies sans ne nous priver de rien. Durant cette traversée du désert, nous ne disposions que de dix-sept francs par jour. Mes Parents malheureusement, faute de pouvoir intervenir financièrement, nous apportaient régulièrement des légumes de leur jardin. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, malgré la modique somme dont nous disposions, nous avons pu en moins d’un mois économiser plus de deux cents francs. Pour cela, nous mangions un rôti ou un poulet pendant toute la semaine. Viande, légume, fromage, à tous les repas nous avions ce qu’il fallait.

    Si le chômage nous avait versé nos deux salaires en temps normal, jamais, nous n’aurions souffert autant. Nous comptions au centime, alors que nous attendions désespérément, le versement de plus de six mille francs! Nous étions réduits à la mendicité ou presque, à cause des carences d’une administration.

    La misère, ce n’était rien. Ce qui devenait insupportable, c’était le mépris avec lequel, on traitait notre situation. Plus on essayait de mettre les lacunes de cette administration en avant, plus on se sentait acculés dans nos derniers retranchements. Cette période aura été très dure, mais ô combien bénéfique!

     *   *

    *

     Adieu 91, bonjour 92 ! Nous étions ravis de tourner la page. Aguerrie, sûre d’elle, Bibiche offrait un autre rayonnement. La sérénité, même si elle n’était pas absolue, prenait le pas sur la morosité. Ce qui me permettait de renouer avec le magnétisme. La période de vache maigre était-elle enfin, parvenue à sa fin ? Tout portait à le croire. Nous ressentions une odeur de bien-être, envelopper notre couple. Loin de nous laisser entraîner dans ce flot enjôleur, nous prenions les résolutions qui s’imposaient. Avant toute chose, nous constituer des réserves financières. Bibiche allait toucher plus de dix mille francs, puisqu’elle n’avait toujours rien perçu depuis bientôt trois mois !

    Avec nos bonnes habitudes sur le plan de la gestion, nous convenions de poursuivre quelques mois encore ce régime draconien. Sans parler de léthargie, nous nous laissions quelque peu embarquer sur la voie de la tranquillité. Nous avions trop dépensé ? Nous avions exagéré un tant soit peu sur la facilité et l’insouciance ?

    L’opposé et ses excès de prudence et de sagesse n’étaient sans doute pas du meilleur effet. Dieu ne l’entendait pas de cette oreille. Nous l’avions quelque peu écarté de nos pensées et bien entendu, Il se manifestait. Pas en nous envoyant un mandat postal, non... Plutôt sous forme de solution, à mon conflit avec l’argent envers le magnétisme.

    D’accord, les gens m’offraient ce qu’ils voulaient à chaque séance. Des deux francs d’une brave mamie, aux cent francs de quelques patients fortunés, chacun laissait dans le panier prévu à cet effet ce qu’il jugeait bon. Ce n’était visiblement pas suffisant pour prétendre avoir résolu définitivement le problème. La suffisance n’était pas synonyme d’accord parfait.

    À la moindre alerte, je l’admets loyalement, la précarité de cet équilibre relatif aurait explosé. Une fois encore, à mon insu, Le Tout-Puissant me guidait vers ce qui était, et demeure encore aujourd’hui, la solution définitive.

    Par le biais d’un encart publicitaire, émanant d’une école de massage, nous avons entrevu la possibilité de me réconcilier avec ce que je considérais toujours comme le fléau du vingtième siècle. La publicité faisait état d’une formation sur plusieurs mois, le vicaine, de masseurs diplômés. C’est en feuilletant les pages d’un hebdomadaire local que j’ai découvert cette circonstance favorable. Jamais, depuis presque deux ans que j’étais avec Bibiche, je n’avais ouvert ce journal. Si je l’avais fait ce jour-là, c’était uniquement pour y trouver l’annonce. Le hasard n’étant plus présent dans nos deux vocabulaires, il fallait bien octroyer cette lecture providentielle à quelqu’un.

    Qui, en dehors de Dieu, avait pu le permettre ? Ni une ni deux, Bibiche s’occupait de mon inscription. Plus enthousiaste que moi, elle prenait en charge ce qui visiblement, ressemblait à notre destinée. Deux jours plus tard, en même temps que les avis de virements des salaires, je pouvais remplir le dossier de l’école. Le massage, le magnétisme... Il n’en fallait pas davantage aux deux enfants que nous étions, pour envisager l’avenir de la meilleure façon.

    Que fallait-il que nous fassions pour fêter pareil changement ? Saumon champagne naturellement ! Dieu que cette soirée aura été divine. Depuis le début de notre pénitence, nous avions perdu le goût de ces bonnes choses. L’harmonie revenait aussitôt. Nous n’étions pas au bout de nos peines, nous en étions conscients l’un et l’autre.

    L’ouverture qui s’offrait à nous n’était pas synonyme d’apothéose. Loin de crier victoire, nous pensions au contraire à ce qui nous attendait dans les prochains mois. Raison de plus, pour ne pas nous laisser griser par l’apparence du confort matériel, suscitée par cette brusque rentrée d’argent.

    Rétrospectivement, nous relations la chronologie des événements. Grâce à Bibiche, je m’étais inscrit au chômage. Ce laps de temps allait me permettre de changer d’orientation professionnelle. Comme quoi tout était bel et bien prévu par Dieu ! Bibiche, qui avait droit à plus d’une année de chômage, aurait le temps de se refaire une santé. Le même temps, qui me servirait à structurer ma nouvelle activité et à me constituer un fichier intéressant. D’autant que ma clientèle devenait de plus en plus régulière et fidèle. Le constat que je faisais à l’égard de cette évolution, était de me sentir à la hauteur des nouveaux cas qui se présentaient à moi.

    Difficultés de couple, d’argent, de travail ou de mutisme, ont été durant ce début d’année 92, les problèmes auxquels j’étais confronté. Fort de notre expérience je pouvais conseiller, guider, voire aider ces personnes. Je retrouvais en elles, l’ensemble des situations que j’avais vécues, seul, puis avec Bibiche. Une sorte de récapitulatif grandeur nature.

    Je les visualisais, par mes clients interposés, pour mieux les extraire de mon subconscient. Très vite, je prenais acte de tous ces messages, qui me confortaient dans ma manière d’être. Mes capacités d’écoute, de ressentir me permettaient d’accentuer mon besoin de secourir les gens.

    Mon apprentissage en qualité de masseur, se déroulait merveilleusement bien. Tous les soirs ou presque, sur Bibiche, mais également sur mes patients, je m’entraînais. Les premiers «Cobayes» masculins, musclés et poilus à souhait, ne garderont peut-être pas de moi la meilleure image. Séance de caresses pour les uns, et d’épilation pour les autres, j’avais du mal à doser mes efforts. Les dames quant à elles étaient ravies et séduites.

    Tout se mettait en place gentiment. Jusqu’au jour où Le Tout-Puissant m’a placé sur une autre voie, que je qualifiais de limite, en matière de magnétisme autant qu’en massage. Par l’entremise d’une brave retraitée, atteinte d’ulcères variqueux perforés aux deux jambes, j’entrais brutalement dans l’action. Il me fallait d’une part, surmonter mon appréhension, mais surtout, limiter mon travail. C’était le départ d’une nouvelle structuration dans mon approche de la maladie. Contrôle de la pression sanguine, des pulsations, anamnèse approfondie, origines du dérèglement ayant entraîné ce déchirement des chairs. Le tout consigné sur des fiches individuelles. Je me gardais cependant de jouer au médecin.

    Cela ne m’empêchait pas de prendre mon rôle de plus en plus au sérieux. D’autant que les cours m’apportaient les réponses aux questions qui étaient encore floues dans mon esprit, notamment au sujet des interactions physiques dans l’organisme.

    Le niveau était très relevé et je m’en réjouissais. Au terme de notre premier entretien, voici ce que je pouvais résumer globalement : « Ma patiente souffre depuis plus de dix ans d’ulcères variqueux perforés aux deux jambes, beaucoup plus accentués sur le tibia droit. L’écoulement très intense est quotidien, les douleurs sont vives et permanentes le jour comme la nuit. Les démangeaisons la gênent considérablement. La cuisse droite est hyper tendue, enflée (55 cm) et bouillante en permanence.

    Un ganglion gros comme le poing est visible au pli de l’aine droite. La marche est rendue pénible, le talon du pied droit ne posant plus sur le sol. Elle souffre aussi de problèmes respiratoires et cardiaques (opérée du cœur), actuellement sous anticoagulants. Essoufflements en cas d’efforts ou mouvements forcés. En dépit du décès de son mari l’année dernière, elle affiche un bon moral et une «Positivité extraordinaire». 

     Dès le lendemain, je commençais mes séances. La tension était à 14,8/9. Passes lentes à grand courant, berceau, étirement polaire. Ensuite, compte tenu de la stagnation de la lymphe, il me fallait à tout prix tenter de l’activer. D’où un travail différent sur les Chakras. Au lieu de commencer par le 1er, j’entrais en action sur le 7ème et les suivants en descendant et non en montant. Les réactions les plus vives se produisaient sur le 5ème, le 4ème, et le 3ème.

    Étant donné que le pli de l’aine droite était totalement bouché par cet énorme ganglion, je tentais une autre action. Délaissant l’activation du premier Chakra, qui se serait soldée par un échec entre le pubis et le pied droit, j’essayais d’amoindrir le volume de la grosseur. Appliquant ma main droite bien à plat sur le ganglion, je posais ma main gauche à plat sur le 2ème Chakra.

    Par cette position, je cherchais à rétablir le passage de l’énergie et de la lymphe entre la jambe et le bas-ventre. Après un quart d’heure, ma patiente ressentait comme un courant lui parcourir la jambe et remonter jusqu’à la gorge. Le ganglion avait nettement diminué de volume. La cuisse droite était beaucoup moins chaude, et des fourmillements se manifestaient. Fort des enseignements tirés des séances passées avec mes autres patients, je poursuivais avec cette idée de contre-courant. Ma main droite enveloppait le pied droit de ma patiente, tandis que ma main gauche se maintenait sur l’ombilic cette fois.

    Le but à atteindre étant de stimuler la circulation lymphatique. Je maintenais la position un quart d’heure environ, durant lequel des gargouillis intenses dans le ventre, des lancées dans la cuisse et au pli de l’aine, se manifestaient régulièrement. La grosseur avait encore réduit de volume. Les douleurs dans la jambe avaient totalement disparu. Une première pause «Pipi» ponctuait cette première phase.

    Ensuite, j’effectuais des impositions sur les deux jambes, mains à plat de part et d’autre des membres. Je descendais depuis l’aine jusqu’aux pieds, très lentement. Je pouvais alors, au terme de cette série qui a duré en moyenne dix minutes par jambe, essayer d’ouvrir le 1er Chakra. Ce n’était pas une totale réussite, mais un début prometteur. Le ressentir de ma patiente, témoignait de la présence d’un flot minimum d’énergies.

    Liaison immobile, recharge centrale, dynamisation du pancréas, du foie et des reins étaient l’avant-dernière étape. Je pouvais consacrer mon attention sur les foyers actifs, qui laissaient s’échapper des flots ininterrompus de pus. Impositions circulaires traversantes, faisceau de la main droite, étaient durant de longues minutes, les seuls moyens dont je disposais pour endiguer ces sécrétions.

    Au terme de cette première séance, non seulement ma patiente n’avait plus aucune douleur à la jambe et au pied, mais les plaques rougeâtres étaient nettement moins vives. Les écoulements étaient pratiquement arrêtés. La température de la cuisse droite était redevenue tout à fait normale. La pression était tombée à 13/8. Soulagée, ravie et confiante, ma patiente était aux anges. Je prenais la précaution de l’aviser des risques évidents de violentes douleurs, dans les heures à venir et aussi au cours de la première nuit. La pauvre avait tellement souffert jusqu’ici, sans pouvoir faire quoi que ce soit pour amoindrir les douleurs, qu’elle était enchantée de savoir que celles à venir allaient témoigner de l’amélioration en cours.

    Deux jours plus tard, comme prévu, je l’accueillais de nouveau. La pression sanguine était de 12,4/7. Le ganglion était pratiquement résorbé. Le volume de la cuisse droite avait régressé sensiblement et le diamètre était de 53 cm. Les douleurs étaient elles aussi en nette régression. Les écoulements légèrement ralentis. La cuisse était moins tendue et surtout beaucoup moins chaude que la première fois. Les surfaces infectées enfin, étaient pour leur part nettement moins rouges. Certaines croûtes commençaient même à se former, en périphérie de la zone atteinte. Pour l’anecdote, ma patiente m’indiquait avec un certain plaisir, qu’elle n’avait jamais été autant faire pipi que durant ces deux derniers jours ! Ce qui expliquait la perte d’un kilo sur la balance.

    Loin de prendre la grosse tête, je me contentais de la féliciter pour l’excellent travail qu’elle effectuait sur son mental. Je commençais alors ma seconde séance, identique en tout point à la précédente. Je ne voulais pas changer ce qui visiblement, était porteur d’un espoir authentique.

    Cette fois, je modifiais sensiblement la chronologie de mes mouvements. Je débutais par l’ouverture des plis de l’aine, suivie d’une dynamisation des ovaires. Le berceau, l’étirement polaire venaient ensuite. Je négligeais le balancement du ventre, au profit d’une application crânienne. Je faisais mes activations sur les Chakras, du 1er au 7ème cette fois, avant de revenir en application prolongée sur le Chakra du cœur ; ma main droite posée à plat entre le sternum et le mamelon, mais sans placer ma main gauche sur le front. Le but de cette action étant de favoriser un meilleur échange énergétique et circulatoire, dans la région du cœur. Les déblocages un peu partout dans le corps confortaient l’efficacité de cette application. De même que des fourmillements très forts dans les zones infestées.

    Une fois que j’avais effectué la totalité des mouvements, je décidais d’accentuer mes efforts sur le pied droit, particulièrement réactif au cours de cette seconde séance. Partant du sommet du muscle tibial antérieur, où se situait l’épicentre des foyers purulents, je descendais en imposition tournante depuis le genou jusqu’aux doigts de pied. Je libérais alors les derniers blocages sous le talon et le tendon d’Achille, en alternant les faisceaux traversants et ceux d’une seule main de part et d’autre des zones concernées. Les réactions dans le ventre, la jambe et un peu dans les bras, étaient présentes durant toute cette phase.

    Au terme de cette deuxième séance, si la tension n’avait pas bougé, ma patiente pouvait poser le pied par terre sans éprouver la moindre gêne. Cependant, sans pour autant l’en informer, je ressentais quelque chose de bizarre en elle. Tout dans son attitude, s’opposait aux réactions que j’étais en mesure d’espérer. Loin de manifester un enthousiasme au demeurant légitime, elle s’enfonçait au contraire dans une sorte de léthargie.

    À chaque phrase, elle parlait de son mari. Elle se sentait presque coupable de sa mort. Cet aspect m’a fait peur sur le moment, ne voyant pas comment j’allais pouvoir l’aider à se soustraire à ses pensées lugubres. J’ignorais qu’elle se résignait. Elle refusait le combat et voulait se laisser mourir. Elle ne me l’avouait pas de manière absolue, mais par bribes de mots plus ou moins cachés, je pouvais établir cette synthèse alarmante.

    Il me fallait être prudent et vigilant. Si le moral venait à s’étioler, les séances ne seraient plus que le spectre d’une intervention illusoire. Raison de plus pour l’encourager à persévérer, feignant de ne pas comprendre le sens des propos qu’elle tenait. Le combat que je menais était double. Vis-à-vis de ma patiente bien entendu.

    Par ailleurs, je le menais face à moi-même. Je n’en étais pas au stade de ma patiente, qui venait de perdre son conjoint. Je ressentais pourtant le vide qu’elle pouvait éprouver, en établissant un lien entre elle et Bibiche. Les douleurs que j’accumulais, faute de la sentir au mieux de sa forme, ressemblaient étrangement à celles de ma brave mamie. Trois jours plus tard, les effets destructeurs de ses pensées négatives affichaient clairement l’incidence qu’ils avaient eue sur le métabolisme de ma patiente. La pression tout d’abord, qui en début de séance était de 11/7. La brève anamnèse révélait des troubles circulatoires, confortant la dégénération en cours. Le moral n’y était pas non plus.

    Pour la première fois depuis le décès de son époux, selon ses dires, elle n’avait pas cessé de penser à lui depuis la dernière séance. Elle lui mettait même son couvert à chaque repas et elle lui parlait comme s’il était là. Visiblement, elle ressentait l’absence de l’être aimé qui se manifestait de manière violente.

    Elle avait vécu jusqu’ici de manière superficielle, vis-à-vis du défunt. Après les deux premières séances, elle prenait pleinement conscience du vide qui l’entourait. D’où son envie de ne plus lutter et d’abandonner le combat pour enrayer son mal. Les symptômes, caractéristiques de cette chute du moral, étaient évidents. En plus de la tension, elle avait rencontré des manifestations étranges. Sa main gauche violacée, palpitations cardiaques très fortes et douloureuses.

    Le ganglion un tantinet augmenté, douleurs au foie et à la vésicule. Le cœur qui se serrait, et des difficultés respiratoires. L’oppression sur la cage thoracique traduisait à elle seule l’incidence de cette brusque attitude envers son mari. Les poumons, sur le plan énergétique, représentent la tristesse. Le cœur, la peine et la souffrance. Le foie et la vésicule enfin, symbolisent la colère et les angoisses retenues. Ce qui m’imposait une modification stricte dans le déroulement de ma séance. La lutte contre l’angoisse, la relaxation et la détente nerveuse, s’imposaient avant toute autre intervention.

    Ensuite, une fois apaisée, je pouvais reprendre le cours normal de la séance. Au terme de celle-ci, tout semblait rentré dans l’ordre. Le moral de ma patiente était plus fort et après quelques larmes en cours de séance, elle paraissait voir les choses avec une certaine logique. Elle pouvait être ma grand-mère, et je lui parlais avec tout ce que j’étais en mesure d’apporter sur le plan de l’affection et du respect.

    J’ai passé ce jour-là, plus de temps à lui remonter le moral, qu’à effectuer des mouvements pour la soulager physiquement. Nous sommes restés à bavarder plus d’une heure. Nous étions aussi heureux l’un que l’autre, quand nous avons pris congé. J’insistais, avant qu’elle ne s’en aille, sur le fait qu’elle ne devait pas hésiter une seconde à m’appeler. Ou venir nous voir, si brusquement le moral donnait des signes de faiblesse.

    Le soir même, en relatant les faits à Bibiche, elle prenait l’initiative d’inviter la mamie pour le dimanche suivant. Pas question de l’abandonner dans un tel état de désarroi. Progressivement, après une douzaine de séances, le moral autant que le physique donnaient des signes très encourageants de stabilisation.

    Mamie avait perdu plus de quatre kilos. Les mesures, attestaient de la stabilité de son état : la cuisse droite mesurait 50 cm au lieu des 55 initiaux. Les écoulements avaient cessé et les trois quarts des plaies s’étaient cicatrisés. Ma brave mamie, qui depuis est toujours notre amie, retrouvait peu à peu le moral. En même temps que ses jambes avaient réduit de volume de manière encourageante, les plaies étaient moins purulentes et se refermaient progressivement. Les massages en effleurages légers, contribuaient à activer la circulation sanguine et lymphatique. Éliminant ainsi, l’amalgame de toxines accumulées dans les jambes et les ganglions des plis de l’aine.

    La mamie, ayant retrouvé son tonus, entreprit d’effectuer un voyage organisé en Hollande. Elle m’a demandé mon avis quand même, afin de ne pas compromettre l’évolution de sa guérison. Je n’étais pas très rassuré. Je ne lui faisais part d’aucun de mes doutes. Je sentais chez elle, comme une sorte de désir prémonitoire à se détruire. En faisant croire soudainement, à un éclatement de mieux-être, je décelais au contraire une envie de disparaître. Tout dans sa façon d’envisager son séjour, confortait mes craintes. Les bonnes bouffes… Les promenades… Les soirées… Elle n’était pas coutumière des faits. Elle n’avait pas non plus, un état de santé qui lui permettait de tels écarts. À chacun son destin ! Je me résignais à lui donner mon assentiment.

    À son retour, Dieu me faisait prendre conscience de mes limites. Ayant abusé de ses forces, et quelque peu des bonnes tables, ma patiente était dans un état pitoyable. Les jambes avaient doublé de volume, les plaies réactivées laissaient échapper de nouveau des flots purulents. Quand elle est arrivée à son rendez-vous, je me suis senti désarmé, impuissant.

    Car, en plus du physique, le mental était atteint. Je la retrouvais comme au deuxième jour du traitement, lointaine et désabusée. La cuisse droite mesurait presque soixante centimètres de circonférence !

    Le plus grave, était que l’autre jambe, les genoux, les chevilles, tout avait suivi. Un peu comme si d’un seul coup, le circuit lymphatique s’était arrêté de fonctionner. Ce qui m’a fait le plus mal, a été d’entendre mon adorable mamie, m’avouer que plus rien désormais ne pouvait endiguer l’évolution du mal. Elle attendait la mort, résignée. La tension était à son niveau le plus fort : 150/98 ! Les douleurs physiques étaient moins virulentes, que celles qui lui brisaient le cœur.

    Que pouvais-je faire ? La situation était dramatique. Une force inconnue m’interdisait de tenter quoi que ce soit. C’est là, que je comprenais où était la fin de mon action. Admettre ses limites ! Reconnaître humblement, les risques potentiels à vouloir s’imposer à tout prix, j’en découvrais les bienfaits. Je ne voulais surtout pas mettre la vie de ma patiente en jeu. Les pensées qui me venaient en cet instant étaient d’imaginer un cancer lymphatique. Quels étaient les messages que nous devions interpréter mamie et moi ?

    Sans m’affoler ni perdre le sens de la réalité, après ce moment légitime de doute et de craintes, je prenais les initiatives qui s’imposaient. Immédiatement, faisant appel à une amie spécialiste en lymphologie, je confiais ma brave petite mamie à des mains plus expertes. Le soir même, mon amie acceptait de venir chez nous, pour examiner la mamie. Il était temps en effet !

    Mon amie, jugeant la gravité de la situation, se chargeait de ma patiente. Une véritable chaîne de solidarité se mettait en place. Elle prenait les choses en main et appelait aussitôt un très grand professeur en Allemagne, auprès de qui elle avait passé ses diplômes. Elle conduisit elle-même ma patiente auprès du professeur.

    Hélas, d’après ce très grand spécialiste, les chances de guérison étaient infimes. Le cœur serré, les frissons me parcouraient l’échine, quand j’ai appris de la bouche de mon amie, que ma mamie était sans doute condamnée. La gangrène, horrible et cruelle, avait entrepris sa destruction. Apprendre cela, le jour de mon examen de massage, il y avait de quoi me saper le moral. Le jour où précisément, je passais mon diplôme. Mon amie n’avait pris aucune précaution et encore moins, le plus petit ménagement à mon égard.

    Elle m’a annoncé la nouvelle froidement, entre les vitres de nos voitures immobilisées l’une à côté de l’autre. L’ambulance pendant ce temps, évacuait ma pauvre petite mamie que sans doute, je ne reverrai plus vivante. Je me sentais perdu, désemparé. Loin de m’abattre, cette triste éventualité me dynamisait au contraire. Je serrais fort contre mon cœur le petit moulin, qu’elle m’avait apporté de Hollande. Il ne me quittait pas durant les épreuves. Je jurais d’honorer ma patiente, en me montrant digne de l’amour qu’elle m’avait offert. Pour mamie, je devais obtenir mon brevet. En pensant très fort à elle, devant les médecins de l’école Cellsan à Spreitenbach, j’obtenais mon glorieux diplôme. Loin de m’abandonner aux exubérances de l’inévitable «Après succès», je rentrais très vite à la maison.

    Les nouvelles n’étaient pas rassurantes, mais elle était en vie, ce qui était le plus important. Je n’oubliais pas mon magnétisme pour autant, avec ma patiente fétiche. Tous les soirs, je me concentrais en télépathie, afin d’aider les médecins à endiguer sa maladie. Elle était condamnée médicalement ? Était-ce l’avis du Tout-Puissant ?

    Je m’en remettais à son jugement, et en plus des séances nocturnes de magnétisme en télépathie, je priais avec Bibiche. L’amour que nous adressions à notre mamie était total. D’après mon amie, ses chances de survie étaient infimes à son admission à l’hôpital ? Traitée à très haute dose d’antibiotiques, les médecins se réservaient prudemment.

    Une semaine après son opération, la mamie pétait les flammes. Miracle ? Les médecins n’y comprenaient rien, se contentant de savourer leur succès. Seule, mamie savait... C’était notre secret. C’était surtout pour moi, la preuve indiscutable du résultat possible et de la complémentarité, entre la science et le magnétisme. Naïvement, ma patiente en parlait aux chirurgiens ! Quand elle m’a fait part de leurs réponses, je prenais conscience des lacunes qui restaient à combler, avant que l’union entre les deux forces ne devienne effective. L’humilité m’imposait de ne pas entrer en conflit. L’avenir nous dirait si oui ou non, les inconditionnels d’Hypocrate, admettraient un jour que le corps humain, ne dépend pas uniquement du seul savoir de la médecine.

    L’énergie qui régit le fonctionnement du métabolisme a ses lois strictes, aussi formelles que les règles d’éthique de la science médicale. L’antagonisme était omniprésent. Je ne pouvais rien faire pour essayer d’arrondir les angles. Laissant le destin suivre son chemin, j’évitais de faire des vagues inutilement. Sur ce registre, il appartient à Dieu et à Lui seul d’intervenir, et non aux hommes qui incarnent le pouvoir dans l’une et l’autre des forces en conflit.

    Je me contentais, je me délectais même, d’avoir admis mes limites et permis sans doute, de sauver la vie de notre brave mamie adorée. Je n’aime guère, pour ne pas avouer mon hostilité à ce sujet, souscrire aux témoignages de mes patients. Ce qui m’a valu beaucoup de déboires et de déconvenues depuis. Principalement au niveau des assurances maladies.

    Je réfute cette démarche, qui n’a aucun sens, et qui dénature l’essence même de l’amour qui émane des séances. Cependant, je ferais une exception avec ma mamie, en lui laissant la possibilité de décrire par courrier, et résumer, cette période douloureuse. Ne serait-ce que pour alléger ma conscience, en éliminant le doute de ne pas être cru. Cette période est trop noble et pure, pour que je prenne le risque d’entacher son aura. Alors ma chère mamie, où tu veux quand tu veux, je te laisserai le soin d’apporter ton témoignage à cette histoire.

    En attendant que mamie puisse être en mesure de marcher normalement, nous organisions mon nouveau cabinet à la maison. Bibiche, fière et ravie, me préparait le terrain mieux que je n’aurais pu le faire. Cartes de visite, annonces publicitaires, elle a mis tout en œuvre pour me permettre de créer ma clientèle en massage. Mes séances avec mes patientes, étaient le reflet de ce que serait mon activité à venir.

     *   *

    *

     Sur mon chemin, je ne tardais pas à faire la connaissance d’une personne, qui allait apporter la solution à mes problèmes de diversité en matière de soins. Le renouveau financier au centre, m’accordait la possibilité de m’investir dans une double formation thérapeutique. Espacée sur quatre mois, entre avril et juillet, je pouvais renforcer la gamme de mes prestations. Le massage métamorphique (Prénatothérapie), et celui en Lemniskate ou Massage en huit, me confortaient dans mes nouvelles dispositions. Le premier, était capable de remonter jusqu’à la période de gestation. Le but à atteindre, étant d’éliminer les blocages présents, autant que ceux du passé. Le second, bien que très sensuel, n’en était pas moins efficace contre les phénomènes de stress, angoisse, et nervosité. Eurêka ! Avec ces deux techniques, performantes et gracieuses en même temps, je pouvais apporter une autre force à mes soins.

    Judicieusement intégré à mon magnétisme, je ne tardais pas à découvrir le potentiel énergétique, que je pouvais puiser dans ces thérapies. Un obstacle érigeait quelques barrières cependant. La Prénatothérapie faisait peur, le Lemniskate effrayait ! L’un, par la force avec laquelle il pouvait neutraliser les dérèglements, remuant au passage le subconscient. Tout le monde n’y était pas prêt. L’autre, c’était au contraire à cause de sa trop grande sensualité !

    Les tabous, les principes ou plus simplement les manières, interdisaient au début, l’accès à plusieurs patientes. La nudité totale, les caresses, dérangeaient. Je ne faisais certes rien, susceptible de froisser la respectabilité de mes patientes, qui venaient à ces pratiques quand elles le jugeaient bon.

    Je refusais de la même manière, de me laisser entraîner dans le jeu débile des curieux qui à tout prix, «Voulaient voir» ce que ça donnait. Je prenais mon rôle très au sérieux et je déclinais les demandes, motivées par l’unique envie d’assouvir un fantasme. L’une et l’autre des techniques avaient un relief essentiellement thérapeutique. Pour moi, c’était un outil de travail, non un moyen déguisé pour servir de guide aux personnes en manque d’émotions.

    Je gardais toutefois présent à l’esprit, la force du métamorphique surtout et de ses effets, qu’il avait produits sur moi. Pour ne pas prendre le risque, de voir ma patiente en cours de séance, subitement «Décoller» ! Quant au Lemniskate, ponctué par un travail sur l’aura, je précisais aussi qu’au-delà de son côté sensuel, un travail intense s’effectuait sur la personne. Mes premières patientes avaient au cours de leur séance, ressenti le besoin de laisser sortir les émotions qui étaient libérées. Je refusais d’être un vendeur sur un champ de foire, faisant des démonstrations dans le seul but de vendre ses produits. Cette façon d’être, elle non plus, n’a pas varié d’un pouce aujourd’hui.

    Les bonnes nouvelles n’arrivent jamais seules dit-on ? Cet adage était confirmé durant la même période. À peine m’étais-je inscrit aux cours, que Bibiche de son côté, manifestait le désir de devenir une thérapeute à part entière. C’était le drainage lymphatique qui la séduisait le plus. Je n’avais pas encore mes diplômes en poche que déjà, mon trésor de petite femme s’investissait corps et âme dans son nouveau sacerdoce.

    Étalée jusqu’à la fin de l’année, la formation promettait d’être longue et pénible. Comme nous étions fermés le dimanche, cela ne posait guère de problèmes. En dehors de quelques samedis naturellement, le centre ne souffrirait pas de cette envie commune, d’apprendre toujours plus. Les demandes de la clientèle étaient de plus en plus précises et orientées vers les médecines naturelles. Les occasions qui venaient de s’offrir à nous avaient de quoi combler tous nos désirs. De plus, grâce à sa formation, Bibiche allait pouvoir enfin devenir «Productive» !

    Je comprenais ce jour-là, le sens qu’elle mettait à ce mot. Pour elle en effet, le fait de me sentir seul, pour faire tourner le centre sur le plan pécuniaire, la culpabilisait. Je ne faisais pas, avant ce jour, la nuance entre avoir l’impression de ne rien faire et celle de souffrir, par manque d’intégration au processus financier. Tout devenait clair dans mon esprit. Quand elle clamait avec ferveur ses projets, avec une lueur aveuglante au fond des yeux, je voyais naître dans son cœur un bonheur absolu. D’autant que spontanément, ses pensées convergeaient sur moi.

    Puisque bientôt elle allait à son tour, faire entrer de l’argent dans la caisse, je pourrais en profiter pour me reposer un peu. Loin de s’inventer la moindre notoriété, revendiquant prématurément un éventuel succès, elle pensait déjà, à me permettre de lâcher les rênes. Éternellement, et là, elle n’a pas changé non plus, son seul souci était de s’investir pour me soulager.

    Altruisme, dévotion, grandeur d’âme, depuis le premier jour de notre rencontre et malgré les tourmentes, rien n’était modifié. Elle était heureuse, que si elle me sentait bien. L’argent, les problèmes, tout pouvait se résoudre selon elle. La seule chose qui comptait, c’était notre amour.

    Là, je ne puis, même si je me répète, que confirmer l’étendue encore plus grande de cette générosité. Elle mourait d’envie de travailler et s’investir dans le drainage. Comment dans ces conditions, ne pas trouver les forces et les ressources suffisantes, pour arracher les montagnes... d’impayés seulement ! 

    Poursuivant sur ma lancée, je m’inscrivais auprès du laboratoire pour une formation en médecine aromatique. Celle-ci étant prévue pour la fin de l’année, entre septembre et décembre, me permettait de me plonger assidûment dans mes livres. Ainsi, Bibiche ne serait pas seule à étudier ! Malgré les difficultés financières qui elles, ne nous oubliaient pas, l’harmonie était atteinte.

    La sérénité prenait le pas sur la morosité des derniers mois. Nous nous sentions Bibiche et moi, parfaitement bien dans notre peau. Nos relations s’étoffaient elles aussi. En ouvrant notre cœur à plusieurs personnes, nous caressions secrètement le rêve d’avoir bientôt, un couple d’amis véritables. Des gens comme nous, simples et unis, capables de nous aimer comme nous étions en mesure de le faire.

    Hélas, à bien des égards, il nous fallait faire attention avec qui nous discutions. Parler d’aimer quelqu’un, d’un amour divin exclusivement, risquait de faire naître des sentiments plutôt bizarres ! Ce fut pour cette raison, que nous rangions au rayon des questions sans réponses, notre envie de fréquenter un couple d’amis sincères. Tout ce qui importait, c’était de faire tourner le centre.

    Franchement, peu avant la fin du mois de juin, tout portait à croire que nous étions sur la bonne voie. Une proposition de rachat du bail nous avait même été faite. Ce qui nous conduisit à solliciter un emprunt bancaire. Hélas, le passé nous clouait au sol, en nous interdisant de rêver.

    Sans fortune personnelle, sans le moindre apport, nos chances d’aboutir s’amenuisaient au fil des jours. Grâce à une augmentation sensible de ma clientèle, je me battais de nouveau comme un lion. Nous redoutions les vacances annuelles ? Jamais, elles n’avaient été aussi fructueuses. Après un mois de juillet d’enfer, Dieu essayait de tempérer ma fougue.

    Fou de joie, d’avoir pulvérisé le meilleur chiffre depuis l’ouverture, je ne regardais pas la fatigue. Le signal d’alarme, adressé par Le Tout-Puissant le premier août, ne m’interpellait pas. Invités par des voisins à passer une journée de pêche sur le lac Léman, nous étions Bibiche et moi, ravis de sortir enfin de notre «Trou». Dieu m’avait donné rendez-vous ! Je ne m’étais pas exposé au soleil, depuis Dakar. J’étais pâle comme la mort.

    En dépit des recommandations de Bibiche et de nos amis, je ne surveillais pas ma peau. Ce qui devait arriver se produisit. Brûlé au deuxième degré, sur les jambes et les bras, je ressemblais à une écrevisse. Sauf que moi, cette couleur ne me convenait pas du tout. Il s’en était manqué de peu, pour que je me retrouve à l’hôpital de Lausanne, au service des grands brûlés ! Allais-je enfin, entendre le message et arrêter mon activité ? Pas le moins du monde. Je ne m’arrêtais qu’une seule journée, poursuivant mon travail avec les membres bandés. Ce qui était assez épique. Car pour me baisser, c’était la croix et la bannière.

    Tout le monde me traitait de fou, voire d’irresponsable. C’était gentil en vérité ! À celles et ceux qui le criaient un peu trop fort, je rétorquais cyniquement de me donner l’argent nécessaire pour partir en vacances. Être à son compte c’est merveilleux, magnifique et grisant, malgré les tracas. Partir en congés, n’était-ce que dix jours... c’était une autre paire de manches ! Qui donc allait remplir la caisse en notre absence ?

    À moins que les charges ne se soient mises elles aussi au vert, durant cet arrêt de travail ? Je passais outre les recommandations de tout le monde. La clientèle était plus intense que jamais. Grâce à mes nouvelles techniques, l’horizon pécuniaire commençait à s’éclaircir. Je fonçais de plus belle, enivré par cette recrudescence d’activité.

    J’espérais, avec mes nouveaux diplômes, ouvrir quelques portes auprès des compagnies d’assurances. Je comprenais très vite, à mes dépens, que pour se faire reconnaître en toute honnêteté, cela relevait de l’utopie pure et simple. Je me contentais donc de mon unique reconnaissance. Je ne voulais pas dépenser mon énergie en futilités bureaucratiques, encore moins dilapider le peu d’argent dont nous disposions pour élaborer des dossiers qui ne servaient à rien.

    Cependant, le rythme auquel je m’étais astreint laissait présager des difficultés prochaines. Cette fois, je prenais conscience du poids de cet excès de travail. Je sentais peser la fatigue sur mes épaules.

     *   *

    *

     Nous étions à quelques mois de l’examen de Bibiche. Je n’allais pas faiblir si près du but ? De plus, Bibiche avait tout loisir d’exercer ses talents sur moi ! Tous les soirs ou presque, ma douce chérie se faisait un plaisir de soulager mon dos essentiellement. Elle progressait à pas de géants, dans son apprentissage en drainage. Avec ses mains de fée, d’une douceur extrême, elle faisait preuve d’un Don certain. Elle avait réellement trouvé sa voie, et j’en étais ravi pour elle.

    Toutes mes patientes, à quelques exceptions, se prêtaient de bonne grâce aux exigences de sa formation. Gratuitement, Bibiche leur faisait des séances de drainage lymphatique. En quelques semaines, elle passait allègrement le cap des cent drainages. Je mettais tout en œuvre pour parfaire sa technique.

    Pour lui permettre de diversifier son toucher et l’adapter à un maximum de types de peaux. Évitant la monotonie des gestes répétitifs, sur deux ou trois patientes, je lui avais tiré quelques tracts publicitaires. Le bouche-à-oreille d’un côté, le porte-à-porte dans les différents commerces du coin, en quelques jours, elle avait une bonne dizaine de patientes nouvelles.

    Elle était fière d’avoir «Ses clientes» ! Nous n’étions pas dupes. Pour les séances gratuites, il y avait toujours du monde. Restait à voir ce qu’il adviendrait par la suite, de cette clientèle pour la moins enthousiaste, volontaire et vraiment… «Enchantée», sitôt que les séances de Bibiche seraient accompagnées d’une rétribution adéquate. Il suffisait d’en discuter, pour comprendre qu’elle aurait beaucoup moins de monde dans peu de temps.

    Le mois de septembre arrivait. En dépit de nombreux signaux d’alarme du Tout-Puissant, je persistais dans mon rythme de travail. L’obtention d’un prêt, accordé après maintes recherches, me faisait pousser des ailes. Loin de réduire la fréquence de mes massages, je maintenais le quota journalier aux alentours de sept. À titre indicatif, chaque séance durait en moyenne quatre-vingt-dix minutes !

    Toutes mes techniques de soin, la polarité, le magnétisme, le Taoïsme, étaient tour à tour sollicitées. Pas une séance ne ressemblait à la précédente. Fourbu, mais heureux, je rendais grâce au Tout-Puissant de me donner l’énergie nécessaire pour accomplir ma mission. Il ne devait pas être tellement d’accord avec moi, mais cela, je ne l’ai appris que quelques semaines plus tard !

    Sur le moment, fort de la notoriété que nous avions acquise, je ne pensais nullement freiner mes efforts. Pire encore. À moins de quinze jours de mon premier séminaire de médecine aromatique, je m’inscrivais pour un autre vicaine de formation. La digito-électro-puncture, que j’avais étudiée jadis, ravivait la flamme de la passion. J’y voyais par-là, la solution aux problèmes que je rencontrais quotidiennement. Après un bilan énergétique par exemple, si le patient ne manifestait pas le désir de se faire masser, il manquait un trait d’union, pour rétablir la normalité dans les méridiens.

    Le magnétisme, l’équilibrage énergétique, influençant plus fortement l’enveloppe du corps et des organes, s’avéraient insuffisants pour dynamiser les méridiens. Grâce à la digito, je pourrai répondre présent à ce niveau, sans proposer une thérapie prolongée. Un rééquilibrage avec la digito, après un bilan, cela me faisait une prestation supplémentaire. Les deux derniers vicaines de septembre étaient d’ores et déjà, mis hors course. Tout comme les suivants, jusqu’à la fin quatre-vingt-quinze. Poussant le bouchon un peu trop loin sans doute, j’envisageais de mettre à profit les cours de Bibiche, pour meubler les deux dimanches où j’étais seul. Je n’avais plus de place durant la semaine sur mon agenda ?

    L’aubaine de ces deux fins de semaine tombait à pic. Loin de les consacrer à un farniente quelconque, je prenais des rendez-vous avec une dizaine de patients. Plutôt que tourner en rond, si tel avait été le cas, je préférais donner un peu plus d’air aux finances. Ce sont, je crois, ces décisions malencontreuses, qui ont déclenché la suite des événements.

    Le Tout-Puissant ne l’entendait pas de cette oreille. Je ne voulais pas l’écouter et réduire mon activité ? Il s’y employait avec force et détermination. Tout de suite après mon dernier vicaine de formation, le soir même, j’étais pris d’une violente migraine. Pas aussi forte que les précédentes, mais tout de même. J’aurais dû entendre le message et je ne l’ai pas fait. Le lendemain, puis le surlendemain, même cinéma. Chaque soir à la même heure, en arrivant à la maison, j’étais secoué par ces maux de tête musclés.

    Les premiers soirs, un cachet suffisait pour enrayer le mal. Hélas, comme j’étais toujours aussi têtu et sourd, Dieu amplifiait la durée et la force des migraines. D’une heure environ, les quatre premiers jours, j’en arrivais à plus de trois heures à la fin de la semaine. Du mieux que je pouvais, je dissimulais l’intensité à Bibiche. Elle se faisait un mauvais sang d’encre. Mieux que moi, et elle a eu l’occasion de me le répéter tous les jours, elle était consciente des avertissements du Tout-Puissant. J’acceptais, pour faire preuve de bonne volonté, de diminuer la fréquence de mes rendez-vous. Ce n’était pas suffisant pour Dieu, qui m’infligeait le 12 octobre, une migraine épouvantable. À tel point, que Bibiche appelait le médecin de garde. J’étais en plein délire. Il était un peu plus de vingt-trois heures quand la doctoresse arrivait. Depuis dix-neuf heures, en quittant le centre, la migraine n’avait cessé d’augmenter. La toubib manifestait son étonnement, face à une telle intensité du mal.

    C’était la première fois qu’elle assistait à une telle crise. Elle a fait ce qui était nécessaire. Était-ce l’effet de la piqûre de morphine ou l’effondrement dû à la fatigue ? Toujours est-il que cette nuit-là, je m’endormais vers deux heures du matin. En me réveillant le lendemain, comme les fois précédentes, plus rien. Pourquoi aurais-je arrêté mon travail ? Mes patientes, émues par mon état de fatigue extrême, que je dénigrais naturellement, me mettaient en garde.

    À ce petit jeu, je risquais d’être perdant ! Je ne voulais rien entendre. Tant que Bibiche ne serait pas capable de prendre le relais, je poursuivrais mon effort. Sitôt qu’elle serait opérationnelle, je le lui avais promis, je réduirais la fréquence de mes séances. Je ne réalisais pas qu’en plus de ma santé, j’étais en train de démolir tout ce que j’avais mis si longtemps à construire. Épuisé comme je l’étais, je ne pouvais pas apporter plus du quart de mon potentiel habituel. Comment pouvais-je en être conscient ?

    Inéluctablement, les répercussions se ressentaient sur le chiffre d’affaires. Travail moins performant, sous-entendait lassitude des patients. De la lassitude à l’écœurement, il n’y avait qu’un pas, que beaucoup d’entre eux ont franchi. Ce qui veut dire que sitôt les premières défections constatées, je commençais à m’en prendre à mes patientes. Pour rien au monde, je ne me serais remis en cause à ce moment-là. Je tempêtais, maugréais, jugeant leur lâcher prise arbitraire. Le chapelet habituel égrenait son contenu d’invectives. Bibiche n’osait pas me contrarier, essayant de temporiser du mieux qu’elle pouvait. Les fêtes de fin d’année n’étaient plus très loin ?

    Peut-être bien que certaines patientes avaient arrêté leurs séances par manque de moyens ? J’avalais difficilement ces suggestions, au demeurant tout aussi crédibles que mes divagations excessives. L’élastique que je tenais entre les mains arrivait aux limites de sa résistance.

     *   *

    *

     Le 17 octobre, il se rompit. La migraine atteignait une violence indescriptible. Je délirais et j’avais les plus grosses difficultés, à me maintenir debout. Plusieurs fois, je tombais à terre, à demi conscient. N’écoutant que son cœur, ma dulcinée appelait une ambulance. Lors de ma crise précédente, le douze, la doctoresse avait rédigé un bulletin d’hospitalisation. J’avais refusé naturellement, mais ce soir-là, je suppliais Bibiche de faire ce qu’il fallait.

    J’étais tellement mal en point, que j’acceptais d’être admis aux urgences. Dans l’état où j’étais, je supportais difficilement la lenteur avec laquelle, on s’occupait de moi. Je n’avais que faire des examens de sang et tout le reste. Je ne demandais qu’une piqûre, rien d’autre, pour atténuer la violence de la douleur. Heureusement que Bibiche était restée à mes côtés. À travers le brouillard, qui réduisait ma vue, j’apercevais l’immensité de sa douleur sur son visage horrifié. J’avais honte de moi.

    Une fois encore, par ma faute, et j’en prenais conscience dès cette minute, je plongeais ma pauvre Bibiche dans un carcan abominable. Son mari à l’hôpital... Ses cours... Plus l’ouverture du centre... J’imaginais entre deux spasmes vaporeux, dans quelle galère elle allait se trouver. Vers une heure du matin, enfin, j’étais libéré de cette douleur cauchemardesque.

    Mon petit trésor, meurtri, bouleversé, prit congé de moi. Elle était d’autant plus retournée, que je venais de faire une sorte de crise d’épilepsie sur mon lit. Simple réaction nerveuse sans doute, mais qui dans le cœur de Bibiche, ressemblait à une alarme évidente. En m’embrassant, elle ne pouvait contenir ses larmes, qui venaient s’éclater sur mes joues brûlantes. Elle est restée un instant immobile, laissant couler l’immensité de sa douleur en un flot scintillant.

    Elle m’a serré les mains très fort, esquissant un sourire significatif. Elle n’en avait pas le courage, mais je sentais en cette seconde, son envie de tout envoyer balader. Son sourire, attestait de son espoir que cette alerte ne soit pas trop grave. Elle disparaissait dans le couloir, après un ultime petit signe de la main, comme elle le faisait si tendrement tous les jours. Seul, face à mon destin, je réalisais ce qui était en train de se passer. Il était un peu tard pour demander pardon. J’avais envie de pleurer, mais aucune larme ne pouvait sortir. Je contenais l’immensité de mon désarroi au fond de mon cœur, comme pour mieux me punir.

    C’était alors le début de la remise à l’heure de mes horloges. Pourquoi étais-je là ? La réponse m’est venue assez rapidement. Il était tard, j’étais sonné, mais j’avais oublié de me montrer absurde. Mes brûlures au mois d’août, la baisse de clientèle, sans compter différents petits bobos... Tout était là, pour me signifier de stopper les machines. Obnubilé par la rentabilité, j’avais négligé les messages du Tout-Puissant. Je restais de longues minutes à méditer, avant d’être transporté pour la nuit, dans le dortoir des urgences. Après quelques heures de sommeil, j’étais réveillé par l’interne de garde, du pavillon de neurologie. Une rapide anamnèse situait l’origine de mon problème. Très gentil, humain, il m’écoutait me délivrer du poids que j’avais sur le cœur. Je n’accusais personne d’autre que moi. J’aurais dû m’arrêter avant, ne serait-ce qu’une semaine. Il m’a examiné de la tête aux pieds. Les symptômes décrits ne l’interpellaient pas outre mesure.

    Visiblement, je n’étais pas un cas comme les autres. Je n’avais plus mal, je me sentais bien... Quelle était la bêtise à ne pas prononcer ? Ben oui, je ne me privais pas de la communiquer au docteur, qui me mettait face à mes responsabilités. Je voulais sortir ? D’accord, mais en signant une décharge de responsabilité envers l’hôpital. Le choc me remit les idées au clair.

    Ce qui motivait mon désir de rester, c’était la gentillesse avec laquelle ce jeune médecin m’avait parlé. Au travers de ce que je venais de lui narrer, concernant mon activité, il jugeait opportun d’insister sur le fait qu’un repos forcé serait salutaire. Cette fois, poussé par une force indicible, je n’opposais aucune résistance. J’avais vraiment besoin de lâcher prise.

    Je me sentais soudain, au bord de l’effondrement nerveux. Très respectueusement, il s’est effacé pour me laisser vider le trop-plein de mes larmes. Dieu me permettait de libérer le contenu de ces années d’intense émotion. En même temps que les larmes, je sentais le contenu négatif dans sa totalité, s’évacuer de mon corps. Durant de longues minutes, je ne pouvais rien contrôler. La chemise de nuit, les draps, tout était inondé du trop-plein émotionnel.

    C’était la première fois que je pleurais autant. Je n’avais même plus la force d’essuyer mon visage ni de me moucher. Les yeux rivés au plafond, je ne voyais même pas le visage de l’infirmière, qui venait me prendre la pression. La pauvre, pourtant habituée à ce genre de réaction, était totalement perdue. Désemparée, elle me parlait avec une infinie tendresse.

    Je crois bien que même si elle m’avait offert son corps, j’aurais été incapable d’en faire bon usage. Face à moi-même, je commençais à mesurer l’étendue de ma bêtise. À quoi me servait l’entêtement dont j’avais fait preuve ? Où me conduiraient mon acharnement et mon obstination ?

    J’avais tellement voulu prouver à tous qu’il était possible de repousser sans cesse ses limites, que j’avais honte de moi. Tout défilait dans ma tête. Bibiche avant tout. Puis le centre, mes patients, les dettes. Tout se mélangeait dans un imbroglio total. J’avais beau tourner le problème dans tous les sens, cette fois, je sentais bien que tout était foutu. Je m’étais battu comme un lion, pour tout fiche par terre. Tant d’années d’efforts et de sacrifices, envolées, anéanties par excès d’orgueil.

    Si j’en avais eu le courage, je me serais giflé. Je n’avais même pas la force de lever la main. Il m’a fallu de gros efforts, pour parvenir à m’asseoir dans le lit, afin de prendre mon petit déjeuner. Quelques instants plus tard, l’interne revenait me trouver. Il m’informait des dispositions qu’il venait de prendre me concernant. Assis à côté de moi, sur le bord du lit, il me parlait comme un père à son enfant. Les examens prendraient le temps qu’il faudrait. Ce qui voulait en dire long!

    Je n’opposais aucune résistance, à propos de la durée possible de mon séjour. Le mini lavage de cerveau, auquel je venais de m’astreindre, avait été bénéfique. J’étais à bout, transformé en loque véritable. J’acceptais spontanément d’être hospitalisé, pour une durée indéterminée. Une semaine, deux, un mois ? Je m’en moquais royalement. J’avais déjà en tête, le discours que je tiendrais à Bibiche à propos du centre : fermeture définitive ! J’en avais marre de lutter, fatigué de tirer les fonds de tiroirs pour payer les factures, blasé de me défoncer pour des prunes. La révolte était imminente.

    Durant une semaine, j’ai eu le temps de méditer en long et en large. J’aboutissais inexorablement aux mêmes conclusions, qui étaient d’arrêter notre activité. Mais visiblement, Le Tout-Puissant s’y opposait. La leçon avait porté ses fruits, je n’avais pas le droit de m’éclipser sur la pointe des pieds aussi facilement. Pour m’en convaincre, Il permettait à une bonne vingtaine de patientes et clients de m’appeler ou venir me voir.

    Ces élans de gentillesse me faisaient changer d’avis. Pour eux, je ne pouvais pas tourner le dos à mon destin. Sans parler de Bibiche ! Deux fois par jour, quand ce n’était pas trois, elle était là, docile, émouvante d’amour et de courage. Chaque fois que je voyais son petit minois, déchiré par la souffrance et l’angoisse, je me donnais les coups de pied aux fesses nécessaires, pour la remercier de son amour. Pour elle, plus que pour aucune autre personne, je reprenais l’envie de me battre.

    Son examen à préparer, le centre à ouvrir même partiellement, la maison, et par-dessus tout, les longues heures de solitude dans un lit désespérément vide ! À côté d’elle, j’étais un pacha ; les douleurs nocturnes en plus quand même. Car elles ne m’avaient pas encore totalement oublié ces coquines. Le désarroi de mon petit Bouchon était affreux. Je l’imaginais, repliée sur elle-même, n’osant parler à personne.

    Son combat me faisait honte. Entouré d’infirmières, je pouvais me promener dans le couloir, discuter, regarder la télévision et oublier ma détresse. À chacune de ses visites, je ressentais une violente douleur abdominale. Avais-je le droit de poursuivre ce repos ? Quand je regardais son visage, je ne pouvais que lire l’étendue de la désolation morale, dans laquelle elle se trouvait. Elle était si heureuse quelques semaines auparavant, que je ne pouvais me faire à l’idée de la décevoir en baissant les bras.

    Abattue, effondrée, je redoutais surtout une rechute dans son état de santé. Si d’aventure il lui était arrivé quelque chose, ni Dieu ni personne ne m’auraient interdit de réagir comme j’étais en mesure de le faire. Il fallait donc entretenir le faible espoir de survivre, au-delà de cette épreuve, que nous espérions bien être l’ultime. Ce n’était pas en restant collé au mur des lamentations, que nous pouvions entrevoir l’avenir. La dernière ligne droite était-elle enfin devant nous ? Jamais, même en ces instants cruels, nous n’avons douté que seule, la souffrance permettait de s’élever. Néanmoins, en étant réaliste, la seule élévation à laquelle nous assistions quotidiennement, c’était ma température à chacune de mes crises !

    Ce déclic me permettait de reprendre les forces nécessaires. L’incidence du mental sur la guérison, j’en avais parlé souvent à mes patients. Là, j’en mesurais grandeur nature, le bien-fondé. Je prenais conscience de la différence, entre conseiller et appliquer. J’avais quelques fois grondé les patientes, qui donnaient des signes de faiblesse, en s’abandonnant à la sinistrose prématurément. Quand elles me rétorquaient qu’elles n’avaient pas saisi les nuances et les subtilités des pensées positives, je faisais la moue. Confronté à mon tour à ces impérieux besoins, de gérer mon potentiel positif, je ne pouvais qu’en rougir de honte.

     *   *

    *

    En rentrant dans notre petit nid d’amour, une semaine après, j’ai éprouvé une sensation bizarre. J’avais l’impression d’être parti depuis des siècles. Tout me paraissait étranger. Mes objets personnels, autant que le mobilier, tout était revêtu d’un manteau nouveau. Je prenais conscience en ces minutes, du réel changement qui venait de s’opérer en moi. Redécouvrant les choses, pourtant intimes, j’avais la certitude, de porter désormais sur la vie un regard tout aussi novateur.

    La douche froide que je venais de prendre avait été salutaire. J’ouvrais les yeux non plus sur les autres, mais sur moi-même. Loin de m’insurger, je remerciais Le Tout-Puissant de sa miséricorde. Sans cette alerte, dont Bibiche ignorait tout encore de la gravité, je n’en aurais jamais été capable tout seul. J’étais en train de muer.

    Sortant de ma peau, tel un reptile, pour me glisser dans celle plus confortable du réel serviteur de Dieu. La vision que je venais d’avoir sur l’environnement, je l’avais sur mon for intérieur. Une purification profonde et salutaire éludait mon passé.

    Une renaissance ou le départ tant attendu ? Un peu les deux en même temps. J’éprouvais durant ces premières heures de nouvelle vie, comme une envie profonde et viscérale à me recueillir, méditer, et visualiser mon âme. J’entreprenais une sorte de voyage astral, mais en gardant les pieds sur terre. Tout me paraissait léger, presque impalpable. Je respirais lentement, comme pour économiser cet air vivifiant qui me pénétrait. Cette épuration hélas, me confortait dans mon désir de mettre un terme à cette pénible, mais noble aventure.

    Durant ces premières heures, j’avais vraiment l’impression de découvrir, tout ce qui avait échappé à ma vigilance jusqu’ici. J’accomplissais des gestes, anodins au demeurant, mais qui confortaient l’état d’esprit dans lequel je me trouvais. Par exemple, recaler les fréquences sur la télévision et le magnétoscope... Rechercher d’autres stations sur la radio... Il fallait à tout prix modifier les habitudes, changer, orienter différemment. J’avais besoin de prendre d’autres marques, de délimiter mon nouveau territoire.

    Le plus symptomatique ensuite, aura été de contempler tous les poèmes, que j’avais accrochés aux murs de notre chambre et du salon. Un regard sur le passé, qui tournoyait dans ma tête au hasard des lectures. Dégustant mon whisky, je faisais le tour de notre petit nid avec à chaque halte, l’omniprésent besoin de fuir à tout jamais, ce qui incarnait ce que j’avais envie d’oublier. Tout se mélangeait dans ma tête. Le passé, aux arcanes lugubres, le présent encore inconnu et l’avenir, qui me paraissait encore trop inaccessible.

    Chacune des étapes défilait ensuite dans ma tête. J’étais loin, perdu dans la nébulosité de mes songes. À l’instar du bébé, qui voit pour la première fois, je découvrais la vie. Quand j’ai repris contact avec la réalité, c’était ma tendre Bibiche qui était en face de moi. Au moment précis où mes pensées s’orientaient vers le futur, le visage angélique de ma dulcinée dessinait devant mes yeux, les images de ce que serait notre demain. Je l’aimais, d’un amour pourtant fort.

    Dès cette minute, je comprenais que je devais l’adorer. À la fois Muse, Ange gardien, Guide, elle était avant tout, ma force vive. Sans elle, je n’étais rien, qu’un pauvre bougre errant dans les décombres de son passé. Grâce à elle, et avec elle surtout, j’éprouvais le sentiment de m’élever, au-dessus de ces étendues pour les moins douloureuses. Adieu vagabond, adieu l’enfant capricieux ou l’adulte révolutionnaire. Bonjour la vie, telle que ma divine Bibiche me l’offrait avec tant de dévotion. Comme j’avais tendance à partir un peu trop vite, sur ce chemin enchanteur et merveilleux, Le Tout-Puissant me faisait comprendre que je devais garder le contact avec le monde extérieur. Rêver, s’évader au plus lointain des songes, c’était fabuleux. Il le savait bien, en nageant dans les délices de cette volupté, j’occultais les turpitudes !

    Rien de tel qu’une bonne céphalée par exemple, pour me remettre les yeux en face des trous! Merci, mon Dieu, j’avais sans doute oublié prématurément que je n’étais qu’un humain. Ma pauvre Bibiche, qui m’avait préparé un adorable festin, était contrainte de passer une bonne partie de la soirée à téléphoner partout, pour avoir une bouteille d’oxygène !

    Comme j’avais quitté précipitamment l’hôpital, je n’avais pas pu avoir l’oxygène, indispensable en périodes de crise. J’avais le bon pour en obtenir, mais le plus dur, était de dénicher une pharmacie ouverte. Heureusement, loin de paniquer, en dépit de la douleur aiguë je gardais le moral. Tout rentrait dans l’ordre et vers vingt-trois heures, la migraine était dissipée. Dommage pour les cuisses de grenouilles, le saumon et... le champagne !

    Le lendemain au centre, j’éprouvais exactement les mêmes vibrations que la veille à la maison. Je me sentais détaché de cet environnement matérialiste, dans lequel depuis trois ans bientôt, j’avais appris à devenir ce que je suis à présent.

    Trois ans de lourds sacrifices, de peines et de chagrins, mais aussi, de joies et de bonheur intenses. Le Gros Bébé, que j’avais adoré au point de le personnifier comme un enfant, ne me regardait plus de la même façon. Je sentais que la fin était proche. Un mois, deux ou six ? Je ne m’en souciais guère. La rupture était inéluctable, j’y étais préparé. N’ayant jamais eu pour principe de compter sur l’argent des autres, en l’occurrence celui de mon assurance perte de gain, je ne pouvais concevoir de vivre aux crochets d’une compagnie. Je savais surtout, que je devais impérativement respecter les consignes de repos et de sagesse, que le professeur m’avait données lors de sa visite la veille. Il m’avait fait vraiment peur. Bibiche savait que c’était sérieux, mais elle était bien loin de supputer à quel point.

    C’est en discutant avec une voisine, qui était venue me saluer, que je vendais la mèche. En entendant le verdict, Bibiche a manqué de peu d’avoir un malaise : début d’anévrisme ! Rien que ça ! Mon doux trésor. Je voulais t’épargner de tels aveux, t’éviter de te faire le souci que tu as pu te faire en apprenant cette terrible nouvelle. Voilà pourquoi, je savais que tôt ou tard, nous fermerions le centre. Je ne pouvais plus prendre le moindre risque.

    La clientèle ayant diminué de plus des trois quarts ne tarderait pas à s’effacer totalement. Loin de m’affoler, je m’en remettais spontanément à Dieu. J’étais certain qu’en m’aidant à tourner la page, et revêtir mon beau costume d’enfant pieux, Il me guiderait vers ce qu’Il jugerait bon. Fini les caprices et les apparentes bonnes paroles. Je m’imbibais de la volupté de la foi, sereine et absolue, celle que l’on ne trouve qu’à l’intérieur de soi.

    La connexion avec Le Tout-Puissant était cette fois bien établie. Jamais plus il n’y aurait de rupture. La lumière intérieure éclairerait désormais tous mes pas. C’est ce qui m’a permis de décider de m’investir non pas pour les autres, mais seulement pour Bibiche.

    Je ne pouvais plus prendre de clients momentanément ? L’occasion était rêvée, pour lui préparer sa petite salle de soins. Adorant le bricolage, je pourrais ainsi joindre l’utile à l’agréable. M’occuper l’esprit avant tout, mais en offrant à ma tendre épouse un adorable petit nid dans lequel je n’en doutais pas, elle ferait des merveilles. Ce désir masquait en vérité, un besoin paternel de dire au revoir à notre centre. En lui redonnant un aspect encore plus accueillant, je lui disais merci du fond du cœur. Merci de m’avoir offert, la possibilité de découvrir qui j’étais, et d’y avoir à bien des égards participé.

    Je savais que nous ne disposions plus que de quelques semaines ou mois dans le meilleur des cas. C’était pour cette raison que je tenais à l’embellir pour que les repreneurs éventuels puissent le chérir comme nous l’avions fait. Nous fêtions comme il convenait, le brillant succès de Bibiche à son examen. Ponctuant magistralement près d’une année d’intenses études, d’acharnement et d’obstination, partie du niveau zéro sur le plan de l’anatomie ou de la physiopathologie, elle se hissait fièrement sur le podium.

    Eh oui, j’étais vraiment fier, d’assister à la remise des diplômes, qui consacrait avec panache ma Bibiche au grade de «Major de promotion». Durant mon inactivité forcée, elle assumerait le relais auprès des rares patientes ayant eu l’amabilité de jouer le jeu.

    Je reprenais un brin d’activité vers la mi-décembre, mais sans conviction. Les premières séances, étaient de véritables tortures. Durant plus d’un mois, je devais me forcer ou presque. J’aimais ce que je faisais bien sûr, mais le moral n’y était pas. À l’instar du malade agonisant, rien ne pouvait occulter de mon esprit la fin prochaine. Je la sentais imminente. D’autant plus conforté dans cette vision, que malgré tout son amour et sa bonne volonté, Bibiche ne parvenait pas à se faire une clientèle potentielle.

    Les prémices de la mort du centre étaient là. Bibiche en prenait conscience et ne cherchait plus à tout faire, pour me donner l’illusion d’une reprise possible. Elle voyait bien qu’au fond, je n’avais plus envie de me battre. Je sentais que notre mission «Impossible» devait s’arrêter là. Pas une seconde, notre foi n’aura été ébranlée durant les derniers mois de notre activité au centre. Ce fut très dur, même cruel sur le plan émotionnel. Mais ces ultimes efforts étaient consentis avant tout, pour nous-mêmes. Nous nous devions d’honorer ce contrat moral, que nous avions pris vis-à-vis de notre «Gros Bébé».

    Nos chemins devaient prendre une autre direction, nous nous étions faits à cette idée. Différentes perspectives s’offraient alors. Ce qui nous confortait dans notre désir de ne rien regretter. Certes, nous n’avions pas toujours fait ce qu’il eut été souhaitable d’accomplir.

     *   *

    *

     En arrivant au terme de notre chemin de croix, en ce début juin 1996, nous relevions la tête. La décision définitive tombait comme un couperet. Le 8 juin exactement, je terminais mes derniers massages au centre.

    Le soir, en arrivant dans notre petit nid, je ne pouvais contenir mes larmes. Je m’étais préparé, je me croyais fort. Mon cœur ne pouvait se résoudre à tourner cette ultime page, sans manifester dignement ses sentiments envers le centre. Bibiche une fois encore, se montrait on ne peut plus merveilleuse. Cajolant son enfant meurtri, elle retenait ses larmes pour ne pas ajouter à mon chagrin, le poids du remords.

    Dans ses bras, tendrement enlacés, je laissais déferler l’immensité de ma douleur. Notre Gros Bébé n’aurait bientôt plus de Parents adoptifs. Après avoir été orphelin durant de nombreuses années, nous étions fiers de lui avoir redonné durant ces quatre années, un semblant de vie. Cette soirée d’adieux était loin d’être euphorique. Assis côte à côte sur le canapé, nous avions l’impression de fuir comme des lâches. Toutes les solutions avaient-elles été envisagées ? N’y avait-il pas au fond de nos pensées, l’illusion d’un espoir ? Hélas, trois fois hélas, ni Bibiche ni moi n’avions le courage de relever le défi. Nous disposions de trois semaines, pour tout débarrasser. L’idée d’être obligés de subir le carcan d’un énième déménagement nous donnait les frissons. Durant ces quatre années, nous avions accumulé une quantité impressionnante d’objets, dont il fallait nous séparer.

    Notre petit nid étant trop étroit pour contenir ce que les vastes locaux du centre avaient du mal à renfermer. Une autre épreuve s’annonçait : détruire une grosse partie de nos souvenirs. Nous n’avions pas le choix. Les yeux brouillés par les larmes, nous achevions cette soirée dans la tristesse et la mélancolie.

    Le lendemain matin, comme je le faisais tous les dimanches depuis ces deux dernières années, je prenais le chemin du Gros Bébé. Je voulais comme chaque fois, écrire sur mon ordinateur. Le courage me manquait. Promenant mon désespoir d’une pièce à l’autre, j’écoutais le centre gémir en silence. Chaque objet, local, semblait me parler. Je caressais les murs, les portes, en leur parlant comme à des humains. Je m’en voulais et leur demandais pardon.

    Je me croyais fort, trop sans doute. Mes limites étaient atteintes et le pauvre humain que j’étais, n’avait pas le courage de poursuivre le combat. Je me consolais un peu, en pensant que très bientôt, dans un autre local plus petit, la quasi-totalité de mon environnement serait à mes côtés.

    Pas question d’abandonner mon métier. Ne fut-ce que pour honorer la mémoire de notre Gros Bébé, je devais me battre encore, mais dans des conditions plus humaines. L’occasion venait de m’être offerte par un de mes patients et je n’avais pas hésité un instant. Nouveau départ ? Étape devais-je dire, en sachant que désormais, ma vie ne serait faite que d’éternelles remises en cause. Je disais adieu à notre centre, à notre Gros Bébé chéri, en même temps que je saluais respectueusement le quartier. Dès la semaine suivante, j’avais prévu de commencer les aménagements dans mon nouveau cabinet, au cœur de la Vieille Ville de Genève. J’étais tellement pris dans la conversation avec mon Gros Bébé, que je n’entendais pas arriver Bibiche.

    Émue, bouleversée, elle m’écoutait saluer cet univers attachant, dans lequel j’avais appris à devenir un homme. En commençant à défaire ce que nous avions mis tant de mois à construire, nos cœurs se serraient très fort. Combien de larmes avons-nous pu verser ? Du haut en bas, chaque pièce, le moindre recoin, nous regardaient comme pour nous supplier de rester.

    Entassant les cartons, éliminant le superflu, chaque minute dans ces préparatifs de départ était revêtue du même manteau d’amertume. Nous vivions nos dernières heures, dans ce macrocosme où l’Amour Divin était venu jusqu’à nous. Ce n’était pas la fin pour nous, mais bien au contraire le début d’une autre aventure. Nous avions ouvert notre centre, persuadés que nous étions prêts à offrir ce que nous prétendions. Parler d’amour, donner le meilleur de soi, accepter les différences et les gens tels qu’ils étaient ne pouvait pas s’improviser. Nous étions convaincus de l’authenticité de nos propos. L’aspect matérialiste de notre engagement n’échappait nullement au Tout-Puissant.

    Nous avions besoin de prendre conscience, de ce qui nous manquait le plus : le réalisme ! Nous parlions de notre foi, authentique au demeurant, sans la maîtriser à aucun niveau. L’intention était pure, la véracité l’était moins. La pureté de notre action s’était peaufinée au fil des jours, au travers des épreuves que nous avons subies. Nous avions à l’origine, confondu besoin vital d’agir et volonté de s’investir, dans une mission authentique. Pour sauver ma tendre Bibiche de la déprime, dans laquelle elle allait tomber de toute façon, j’aurais fait n’importe quoi. C’était une erreur, et Dieu nous l’a fait comprendre au cours de ces quatre années. Ce que nous comprenions avant tout, c’était la logique avec laquelle Le Tout-Puissant nous amenait à réviser nos théories. Il tissait sa toile avec subtilité, nous donnait les moyens, mais en surveillant de près le déroulement des opérations.

    Épreuve après épreuve, message après message, tant que je n’avais pas compris ses appels, Il me laissait mijoter dans le jus de mon ignorance. À l’heure de ce bilan avec Bibiche, en retraçant notre parcours, nous comprenions où était notre devoir. La mort dans l’âme, mais le cœur soulagé d’avoir fait la lumière en moi, je quittais le centre pour la dernière fois le dimanche 9 juin 1996. Tel un enfant s’accrochant aux pantalons de son père, en m’éloignant de mon Gros Bébé, je sentais comme une présence à mes côtés.

    Un lancinant appel semblait me poursuivre tel un écho. Comme pour me supplier de renoncer à cette décision irréversible. Par peur ou lâcheté peut-être, je refusais de tourner la tête. Je laissais couler mes larmes, que je ne cherchais même plus à dissimuler. Jamais le parcours jusqu’à la maison ne m’a paru si long. Loin de me sentir diminué, je me savais grandi.

    Plus grand dans ma foi, j’étais apte à comprendre les mécanismes qui lentement, métamorphosent la personnalité d’un être humain. Les théories dont je parlais, au cours de mes séances, avaient été l’une après l’autre, exposées grandeur nature. Comme avec mes poèmes, j’avais vécu les travers que je dénonçais. Parler d’idéologie, de conceptions, de foi ou d’autre chose, ne peut se faire qu’après en avoir compris les rouages et mesurer la profondeur. Croyant bien faire les choses on commet des erreurs. Apprendre à se déterminer, évitant les amalgames dans les idées en fonction de ses propres convictions et de sa foi, c’était ce qui représentait nos plus gros obstacles. Vivre pour soi et non pour les autres, assumer ses bonnes comme ses mauvaises actions sans chercher à culpabiliser autrui, là, c’était pour moi une réelle cure de Jouvence.

    Savoir admettre mes erreurs, mes défauts autant que mes qualités, faisait aussi partie de cet éveil de l’esprit, qui me permettait de dépasser mon ombre. Prendre conscience de soi, parvenir au sommet de l’éveil de l’âme, bien qu’éprouvant, est l’acte le plus honorifique et valorisant qui soit. L’essentiel, et nous le comprenions ensemble, était d’aller au bout des choses.

    Fuir, abandonner, délaisser à cause des difficultés est une lâcheté innommable. Nous avions certes perdu une bataille ? La guerre n’était pas terminée pour autant. Nous étions ruinés financièrement parlant, mais tellement riches dans nos cœurs, que la fin du centre devenait en ces minutes de méditation, le fer de lance de notre idéologie. Nous avons appris le pardon, l’amour, la tolérance, l’humilité, que nous étions décidés à valoriser quotidiennement.

    Avant de refermer une dernière fois les portes du Gros Bébé, nous avons pris le temps de savourer ce qui devenait soudain, non plus une défaite, mais une victoire authentique. Nous faisions pour cela, amende honorable, en visualisant notre parcours une dernière fois. L’idée de départ était louable, mais ne correspondait pas vraiment à notre foi véritable. Ce fut pour cette raison, que Le Tout-Puissant ne nous ménageait point. Lui en avait-on laissé le choix ? Au terme de ces trois années et demie de lutte, j’étais fier et comblé, de me sentir dans la peau de mon personnage.

    Le constat majeur qui résultait, était d’avouer que si ce combat avait été mené c’était avant tout, non pas pour épater les gens, mais pour leur prouver qu’on pouvait réussir. Le challenge à la base, n’était pas conçu pour tenter d’apporter réellement quelque chose à quelqu’un. Beaucoup plus insidieusement, pour enjoliver notre orgueil personnel. La méconnaissance de la foi, le besoin de se prouver que nous pouvions réussir, ont étayé le parcours du combattant auquel nous nous sommes astreints.

    La bannière de la fierté, bien avant celle de la dévotion, avait flotté dans nos esprits. Certes, nous nous étions pris au jeu et très vite, nous avons compris où était notre devoir. L’aura de la noblesse, que nous mettions en exergue aux yeux des gens, était voilée depuis le premier jour, par cette envie démesurée de paraître. Inconsciemment certes, mais les faits étaient là.

    Tout le monde ne peut se targuer d’être une Mère Teresa. La foi, l’altruisme, s’ils peuvent s’apprendre et se développer dans le cœur de chacun, ne doivent en aucun cas, cautionner une ambition personnelle. À l’impossible, nul n’est tenu certes ; mais ce n’est pas en regardant les autres manger qu’on peut se nourrir. Les pieds sur terre, la tête solidement ancrée sur nos épaules, main dans la main, nous quittions le centre, fiers d’avoir été au bout de nos possibilités, heureux de pouvoir aussi reconnaître nos limites.

    Faire le maximum, s’investir à corps perdu, nul ne pouvait démentir notre investissement sur ce plan. En dehors des détracteurs bien entendu ! Ils allaient être les premiers à nous jeter la pierre. Pensant très fort que nous avions baissé les bras comme des lâches. De cela, nous n’en avions rien à faire. Nous avions la conscience tranquille. Jusqu’à preuve du contraire, nous avions été à l’extrême limite de nos forces.

    Ces limites précisément, que tout le monde outrepasse en permanence. Nous étions certes peinés, déçus aussi, mais heureux d’avoir perçu les subtilités qui métamorphosent un «Mouton» en individu. Être «ZEN», sans le savoir, nous options pour cette sagesse. Loin de s’apparenter à une doctrine ou idéologie plus ou moins erronée, ce courant spirituel incarne ce que l’être humain devrait savoir. Nous l’avons appris en travaillant comme des forcenés.

    Pour aller au bout de notre passion, sans nous préoccuper des autres. Penser et agir en fonction de nos désirs et non pour satisfaire ceux de la société. Tels ont été les paramètres générateurs des valeurs telles qu’aujourd’hui, nous les revendiquons. Quel que soit la force, l’instruction, le pouvoir ou la notoriété, ce qui prime par-dessus tout, c’est la faculté de compréhension, de tolérance et d’amour pour les autres. Cela ne signifie pas vouloir imposer nos idéaux.

    Trop souvent, et je l’ai appris au cours de la première partie de mon sacerdoce, les personnes pourvues d’un savoir, cherchent par tous les moyens à l’imposer aux gens. Même si elles prétendent le contraire en cherchant à se justifier, le drame est qu’elles entraînent dans leur sillage, celles et ceux qui en font leurs idoles. Inéluctablement, et ce sont les pièges à éviter, en transmettant un savoir, on s’implique personnellement.

    La «Petite touche personnelle», qui modifie sensiblement l’orientation des projets de base. À l’école, à l’armée, puis dans la vie de tous les jours, partout l’on se trouve confronté à ces schémas. Il ne faut pas bien entendu, tomber dans l’excès inverse et devenir marginal ou contestataire. Il conviendrait que tout un chacun se prenne en charge, en fonction de ce qu’il ressent au fond du cœur. L’harmonie ne peut pas s’obtenir au travers des autres. Comprendre que nous rencontrons en permanence les gens, les situations, dans le seul but d’épurer notre âme, c’est ce qu’il y a de plus difficile.

    Nous projetons sur les autres, le film de notre existence. Pour étayer ceci, je prends pour exemple la carte, plus exactement la «Lame» du Zen «Les Projections». En substance, je cite, elle précise avec logique, que «Le film que nous voyons dans une salle de cinéma ne se trouve pas sur l’écran, mais dans le projecteur». À l’instar du film, nous ne voyons sur le visage des gens que nous côtoyons, que notre propre Moi Intérieur. Encore une fois, quand nous nous trouvions Bibiche et moi à ce stade de notre vie, nous ignorions tout du Zen. Pourtant, maintenant, je peux constater avec bonheur que tout dans mon comportement de l’époque, durant cette traversée du désert, se conformait à cette sagesse.

    Chaque séance permettait aux patients de prendre conscience de leur pouvoir intrinsèque. Loin de chercher à les écraser ou les impressionner, je leur donnais au contraire ce qu’il fallait pour prendre connaissance de leur propre valeur. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui, à l’aube de la seconde partie de mon sacerdoce, je suis bien décidé à faire plus encore pour valoriser l’individu.

    Mon rôle se limite à aider les gens, non à les prendre en charge. Grâce aux exercices Taoïstes, et la puissance de régénération qu’ils procurent, chaque patient est capable de recouvrir son bien-être. Avant tout traitement, je fais en sorte de leur prouver cette force. Une fois admis, là, on peut parler de thérapie. Je refuse de m’acharner comme j’ai pu le faire jadis. Tant que la personne n’a pas compris ni admis, le bien-fondé de l’utilité de se sentir soi-même en état de réceptivité, elle n’aboutira à rien. Pour y parvenir, il n’est pas nécessaire d’assister à des quantités de «Colloques» ou autres séminaires, au cours desquels le plus souvent on assiste à un déferlement d’autosatisfaction. Les miracles, s’ils existent, sont issus et ne proviennent que de la seule volonté de l’individu, à échapper à ce qu’il considère comme un calvaire.

    Plus la personne admet qu’elle seule, est apte à modifier son environnement quotidien, plus elle se détache des contraintes de vivre en conformité avec ce que «L’humanité» souhaite. La discipline, le respect, l’amour des autres, c’est au fond de nous-mêmes qu’il faut en puiser les fondements. Dieu est là pour tous, et il n’est pas nécessaire de le crier sur les toits pour se sentir un digne apôtre (Suite sur le livre)

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  • DÉLIQUESCENCE DE L'HUMANITÉ

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              Non, dans cet Essai, je ne cherche pas à « Démolir » qui que ce soit, pour le plaisir. Mais pour le rendre crédible, forcément, je vais montrer du doigt tous les travers de cette humanité en voie de disparition. Pour y parvenir assurément, je vais faire en sorte de dénoncer tous les pièges dans lesquels nous tombons sans nous en rendre compte.

    À force d’être dupés, exploités, manipulés, les femmes et les hommes se détachent peu à peu de la réalité. Rien n’est plus dangereux ni préjudiciable à l’humanité, que ce repli sur soi. Isolés dans la souffrance de la solitude et du désarroi, les êtres humains s’étiolent peu à peu et abandonnent en baissant les bras.

    Toute vérité n’est pas bonne à dire, c’est vrai. Mais ce qui l’est bien moins encore, c’est de l’entendre ! Des ragots et rumeurs, responsables de bien des maux : Mercenaires aveugles, en passant par la politique, les médias, les banquiers, les syndicats : Faux-culs hypocrites, le Showbiz (chaux-bise pour moi), les sportifs et enfin le quidam : Gobes-Mouches, j’essaie d’être aussi objectif et impartial que possible, pour dénoncer les carences d’une société en perdition. C’est la raison pour laquelle je me range dans la catégorie des : Rebelles, au sens Zen du terme.

    °°°°°°°°°°

    Préface :

              À moins d’être d’une mauvaise foi complice, frappé d’amnésie incurable, d’absence de lucidité ou manque de courage, etc., le moins que l’on puisse déplorer, c’est l’effondrement des valeurs humaines.

    Politique, banquiers, médias corrompus, cette chaîne peu ragoûtante conduit insidieusement l’Humanité à sa perte. Manipulation, jalousie, hypocrisie, perversité et autres délabrements moraux, ouvrent en grand la boîte de Pandore.

    Néanmoins, ne perdons pas de vue les faiblesses de l’être humain. La peur, la lâcheté, l’égoïsme ou encore l’indifférence, sont les vecteurs les plus sournois. Dire ou écrire ce que l’on pense, sans métaphore excessive ou excès de pudeur, n’est pas donné à tout le monde.

    La vérité, trop souvent dissimulée derrière des masques, s’estompe au fil des jours et s’annihile dans le néant de l’oubli. Il n’y a plus que l’apparence qui compte, aux yeux de ceux qui la commanditent…

    Non, dans cet Essai, je ne cherche pas à « Démolir » qui que ce soit, pour le plaisir. Mais pour le rendre crédible, forcément, je vais montrer du doigt tous les travers de cette humanité en voie de disparition. Pour y parvenir assurément, je vais faire en sorte de dénoncer tous les pièges dans lesquels nous tombons sans nous en rendre compte.

    Le premier de ces pièges, étant les « Ragots & Rumeurs », qui, insidieusement, atteignent l’humanité en son cœur et la ronge progressivement. À force d’être dupés, exploités, manipulés, les femmes et les hommes se détachent peu à peu de la réalité. Rien n’est plus dangereux ni préjudiciable à l’humanité, que ce repli sur soi. Isolés dans la souffrance de la solitude et du désarroi, les êtres humains s’étiolent lentement et abandonnent en baissant les bras.

    Albert Einstein a écrit une phrase qui résume magnifiquement le malaise actuel : « La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. Ici, nous avons réuni théorie et pratique : Rien ne fonctionne... et personne ne sait pourquoi ! » 

     °°°°°°°°°°

    CHAPITRE PREMIER

     « « RAGOTS & RUMEURS » »

    (Ou l’apanage des faux-culs)

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     Qui sont les coupables ? 

     

              Véritable poison, virus indestructible, les rumeurs à elles seules pulvérisent sans vergogne l’être humain. Qui n’a jamais entendu un racontar visant à nuire à une personne ? Mesquines ou le plus souvent débiles, ces attaques perverses aboutissent trop souvent sur un drame. Il n’y a que leurs auteurs qui en jouissent. Sont-ils à ce point naïfs ? Loin de moi cette éventualité. Ils savent qu’ils font du mal et sont programmés pour détruire. C’est une sorte de jeu morbide, auquel ils s’adonnent avec délectation.

    Au-delà de ces comportements restrictifs, qu’ils arborent dans le silence de leurs forfaitures, les effets sur leurs victimes sont loin d’être anodins. Dépressions, divorces, isolement, les conséquences métamorphosent les cibles qu’ils ont choisies, en véritables loques. Si ces hermaphrodites dépourvus de dignité peuvent assouvir leurs exactions, c’est avant tout grâce aux inconscients qui les colportent. À l’instar d’un incendie, éteint en quelques secondes avant qu’il ne se propage, les rumeurs n’auraient aucun impact si personne ne leur accordait le moindre crédit. Déguisés en madame et monsieur tout le monde, il est très difficile de remonter jusqu’à celui (ou celle) à l’origine d’une rumeur libidineuse.

    Méchanceté exacerbée ou débilité chronique, la panoplie des sources est inépuisable. Même si parfois, les auteurs prennent conscience des risques potentiels de dérapage, ce n’est pas pour autant qu’ils feraient marche arrière.

    À ce degré d’inconscience, on frôle la folie ! Où se cachent donc les auteurs des ragots destructeurs ? Bien à l’abri derrière leur lâcheté avant tout. Quel spectacle jouissif à leurs yeux, que de voir souffrir un individu !

    À l’écoute des gens autour de moi, j’ai eu envie de témoigner par le truchement de cet Essai, des souffrances inouïes que les victimes de ces attaques sournoises, hommes ou femmes, subissaient ou avaient subies. Sans vouloir mettre le doigt sur ce qui blesse et qui irrite le plus, parmi les nombreux spécialistes de ce genre d’exercices, certains médias arrivent en tête.

    À l’affût de la moindre « Exclusivité », ils n’hésitent pas à jeter le discrédit, voire l’opprobre, sur un individu. Soutenus abusivement par la « Protection » de leurs sources, bien avant la justice, ils conduisent un présumé coupable au pinacle du déshonneur.

    Ce qu’il advient après ces accusations outrancières ne les effleure même pas. Combien de suicides ont jalonné ces dernières décennies ? Instituteurs, ouvriers, agriculteurs, la liste non exhaustive serait trop longue à transcrire. Que ce soit à la radio, à la télévision ou dans la presse écrite, à longueur d’année les rumeurs les plus abjectes sont véhiculées. Cette frange outrancière de journaleux, se délecte en alimentant les ragots par leur venin.

    Plus la pseudo information est infondée, plus ils prennent un malin plaisir à en attiser le souffle destructeur. Moralité, en moins de vingt-quatre heures, un être humain se trouve cloué au pilori. Le plus dur ensuite, étant de faire taire les ragots. Si tant est qu’il soit permis de le faire ! Après les médias, je classe en second (ou en premier c’est selon), ces « Chers » banquiers. Viennent ensuite la plupart des hommes politiques. À ce stade de l’Essai, je dresse l’essentiel de l’histoire. Nous en reparlerons plus intensément plus loin. Je ne vais pas oublier dans cette liste (non exhaustive), les plus vicieux et sans nul doute les plus nombreux. Ce sont les « Faux-culs ».

    Vous savez, ceux qui, avec une idée en tête bien précise, se prétendent de vrais amis ! Si ces quatre axes sont les plus coutumiers, il ne faut pas perdre de vue les nombreuses erreurs que nous commettons quotidiennement. Néanmoins, je relate en premier les exactions commises par ces individus, qui émergent massivement des témoignages reçus ; et dire que je pensais être le seul ! L’on peut se demander si ces manipulations de l’esprit s’arrêteront un jour.

    Je commence par nos propres erreurs de discernement. Avec naïveté le plus souvent, il nous arrive de « Confier » nos malheurs à qui veut bien l’entendre. Un petit coup de blues, au demeurant anodin, peut prendre des proportions dramatiques. Ce point de départ est à lui seul un gouffre dans lequel les oreilles malveillantes s’engouffrent avec plaisir. Les fameux et éternels « Ragots de comptoir » ouvrent en grand la boîte de Pandore. Où que l’on soit, il ne faut pas négliger l’adage qui prévient que les murs ont des oreilles ; comme quoi, je n’invente rien !

    Pour clore cette description relative des origines plus ou moins connues des rumeurs, je ne peux pas minimiser les risques majeurs gracieusement « Offerts » sur Internet. Tous les sites dits sociaux sont une mine d’or pour les atrophiés du cerveau. Il ne se passe pas une semaine en effet, sans qu’un scandale ne soit monté en épingles par certains médias ; toujours les mêmes ! Il faut savoir que le niveau de « Sécurité » de chaque serveur est tout simplement dérisoire, voire obsolète. N’importe quel Internaute un peu doué peut franchir les remparts derrière lesquels nous pensons être à l’abri.

    En y ajoutant les confidences naturelles entre amis, l’on comprend mieux le degré de vulnérabilité qui nous expose. Autrement dit à chaque minute de connexion sur Internet, ou sur les messageries, nos inconvenantes « Confidentialités », deviennent des bibles à ciel ouvert. Si je m’en réfère au courrier reçu, statistiquement parlant, une personne sur deux est exposée malgré elle. Je parle au nom de la majorité des Internautes dignes de ce nom bien entendu.

    Les autres malheureusement, fustigent avec délectation le bien-fondé d’Internet. Les liens authentiques qui se tissent à travers le monde effacent les frontières. Dommage que cette majorité respectable subisse les écarts des farfelus qui, sans même en être conscients, dénaturent l’essence même du mot communication. Personnellement, j’interdirais l’accès à ces réseaux aux moins de dix-huit ans. Oui bon… Là, je rêve bien entendu, car le fric généré est bien trop conséquent pour se priver de cette manne financière !

    Reste la discrétion qui depuis la nuit des temps est la parade la plus efficace, contre ce genre de filouterie. Pour vivre heureux vivons cachés n’est-il pas vrai ? Hélas trois fois hélas, en dépit de la sagesse la plus subtile, chaque jour nous sommes victimes de piratages de données : Courriel, téléphone, tablettes, tout est intercepté par certaines grosses agences d’espionnage.

    Les récents scandales impliquant les États-Unis en sont une preuve flagrante. Faut-il envisager de recourir aux pigeons voyageurs pour transmettre nos messages ? Gag… J’en connais quelques-uns qui seraient capables de placer des micros sous les ailes des volatiles ! Pourquoi certains individus s’ingénient-ils à déformer la réalité au profit d’un spectre machiavélique ? Quels sont les avantages qu’ils espèrent en tirer ? Ne serait-ce pas une forme dépendance ? L’alcoolisme, le tabagisme, le jeu, la pédophilie j’en passe et des meilleurs, sont considérés comme des maladies.

    Pourquoi ne pas obliger l’auteur d’une fausse rumeur ou d’un canular parfois cruel, à se soumettre à un traitement ? Pour ma part, j’opterais volontiers pour une disposition plus radicale, sous forme « D’arrangement amiable » entre la victime et son bourreau.

    Oui, je sais, on ne doit pas se faire justice soi-même. Qu’un abruti vienne faire du mal à ma petite femme et il verra ce qu’il adviendra. Quant à ceux qui font tout pour me détruire, étant donné qu’ils parlent dans mon dos, ils ne s’adressent qu’à mon cul ! La meilleure façon que j’ai de leur répondre, c’est de lâcher une bonne caisse en pensant à eux.

    Le « Profil génétique » des sources potentielles de ragots et de rumeurs est loin d’être complet. Il est largement perfectible. Néanmoins, ce sera ma base de travail pour étayer mon point de vue sur ce que je considère comme un véritable fléau humanitaire. Tous les témoignages convergent sur la conclusion logique d’un ras-le-bol notoire. Seulement, voilà, QUI oserait s’insurger avec véhémence contre des fantômes ? Tapis dans l’ombre de leur perfidie, les auteurs de ragots sont invisibles. Sitôt la rumeur en route, ils s’éloignent en silence.

    Difficile de condamner ces lâches, qui s’abritent derrière l’anonymat pour ruiner la réputation d’un individu. Courageux mais pas téméraires, évitant les représailles les fossoyeurs de l’humanité ne peuvent agir que par-derrière. Par devant c’est vrai, ils risqueraient de perdre leurs dents ; dans le meilleur des cas ! C’est tellement plus grisant pour eux de s’exciter tels des obsédés, à l’idée de faire du mal à un être humain. Suivant l’évolution à distance, avec souvent un rictus narquois, ils n’hésitent pas à mettre de l’huile sur le feu. Allumant d’autres foyers, pour être certains que la rumeur atteindra bien son objectif et aboutira au but fixé, ils peaufinent le scandale recherché. En toute circonstance, la pondération demeure une protection majeure. J’en reviens au colportage des ragots et des rumeurs.

    À l’instar de toutes les personnes sensées, tout ce que j’entends rentre par une oreille et s’échappe aussitôt de mon esprit. Autrement dit, je n’accorde aucun crédit à tous celles et ceux qui gracieusement, « M’informent » des comportements suspicieux de certaines de mes relations. Mieux que ça, je dis haut et fort à ces apprentis « Messagers » providentiels que je vais aviser les coupables présumés. Là, les affirmations s’étiolent au profit du doute : « En fait, il me semble bien qu’il ait dit ça ». Tu parles. Si tout le monde faisait comme ça, les rumeurs étoufferaient aussitôt.

    En attendant, compte tenu du niveau de crédulité ambiant, les faux-culs ont encore de beaux jours devant eux. Aucune nation n’est épargnée. Pour les deux qui comptent pour moi, à savoir la France et la Suisse, le niveau de rumeurs est le même. La naïveté de celles et ceux qui se métamorphosent en relayeurs est identique. Par expérience, je dirais que ce qui motive les faux-culs, c’est la jalousie. Pointer le bout de son nez quel que soit le domaine, ne peut que susciter ces déferlements d’attaques insidieuses.

    C’est en tout cas ce qu’il ressort d’une synthèse que j’ai étoffée depuis près de trente ans ; dont la plupart passés en Suisse. Je veux bien exclure la méchanceté, au profit de la connerie chronique qui caractérise les auteurs de ces apostrophes. Pour ce qui concerne les « Diffuseurs » de tous les ragots, je déplore leur manque de discernement.

    Répéter à brûle-pourpoint ce qu’ils entendent sans même chercher à savoir si c’est justifié, relève de la niaiserie pure et simple. N’ont-ils jamais joué au jeu de la « Phrase à reconstituer » ? Le meneur raconte une phrase courte au premier de la chaîne. Celui-ci répète ce qu’il a entendu au suivant, ainsi de suite. Le résultat est édifiant ! Quand le dernier joueur clame à haute voix ce qu’il a entendu, le résultat est pitoyable. La phrase originelle est devenue une parodie dénuée de sens. Vous en doutez naturellement ? Alors à vous de tenter l’aventure avec une bande de copains à qui vous pourriez dire au premier maillon : « Il fait beau ce matin, le soleil brille »

    Dans le meilleur des cas quand le dernier participant clamera à haute voix ce qu’il a cru entendre, vous pourriez vous bidonner en entendant : « Ce matin le veau est passé sur le gril ». Oui, je sais, je pousse le bouchon un peu loin. Quoi que… je me suis tellement amusé avec ce jeu qu’il est impossible d’anticiper sur le résultat final. Il faut tenir compte bien entendu, des plaisantins dans le groupe, qui eux, déforment volontairement la phrase initiale. Mais en gros, le bilan est révélateur.

    Le principe de diffusion des ragots et rumeurs est identique. Sauf que les conséquences sont souvent dramatiques. Plus la chaîne entre l’auteur et le dernier maillon (c’est-à-dire la victime), est étendue, plus la déformation initiale est lamentable. Moralité, alors qu’il (ou elle) est innocent (e), du jour au lendemain ses amis proches lui tournent le dos. Car ils ont intercepté la rumeur en amont sans broncher, ce qui conforte le degré de stupidité dont ils sont atteints.

    C’est ça les amis ? Vrai ou faux quand on se prétend proche d’une personne, il conviendrait de l’informer de ce qui se trame. D’accord, c’est très souvent délicat. Néanmoins, il vaut mieux prendre le risque de faire souffrir pour rien, plutôt que de laisser la gangrène se répandre. Il n’y a pas de fumée sans feu, nul ne peut le contester, je l’admets. Un mot maladroit, un geste déplacé, même sans intention de nuire, peuvent déclencher les hostilités. Les loups sont aux abois et s’empressent de faire circuler les rumeurs. Sans oublier de narrer ce qu’ils ont entendu à leur façon ! Et c’est parti mon kiki. Le poison s’infiltre au fil des jours. Les ragots pareils à un tsunami déferlent au gré de leurs progressions, en direction de leurs victimes. Les murs ont des oreilles, ne le perdons pas de vue. Sans pour autant sombrer dans la parano en imaginant des micros partout, moins on étale ses secrets plus on les préserve.

    J’admire les personnes qui, stoïques, paraissent indifférentes à ces attaques. Le sont-elles vraiment ou n’est-ce qu’une illusion ? Si je m’en réfère aux témoignages reçus, l’indifférence est prohibée pour les neuf dixièmes des personnes ayant accepté de me confier leur histoire. Anonymement bien entendu, les faits évoqués m’ont bouleversé. D’où l’idée de me lancer dans cette aventure. De la petite blague à deux balles au complot destructeur, la panoplie est étendue. L’imagination des auteurs de ces rumeurs est tout simplement démoniaque. Ce qui émerge par-dessus tout, c’est la jalousie.

    J’assimile la jalousie, à celles et ceux qui ont toujours la gueule ouverte pour critiquer. Rien n’est assez beau pour eux. Mais ils se gardent bien de proposer autre chose de constructif. Ce qui peut conduire à une forme de reniement morbide ; pour finalement déboucher sur les ragots puis les rumeurs qui ruinent une réputation. La jalousie devient haine et sans aucun motif apparent, aboutit aux exactions les plus cinglantes.

    Être envieux, c’est tout à fait légitime et compréhensible. La part de rêve que cela implique dans l’esprit des personnes n’a rien à voir avec le passage à l’acte. Qui n’a jamais rêvé d’avoir de l’argent à profusion ? Qui n’a jamais envié telle ou telle vedette pour sa notoriété ? Plus les gens sont dans le besoin, plus l’attirance vers la gloire devient inévitable. Tant que cette attirance demeure placide, il n’y a aucun risque de dérapage.

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    CHAPITRE DEUXIÈME

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     « « THÉÂTRE POLITIQUE » »

               Il n’est pas de pire aveugle, que celui qui refuse de voir ! Qui n’a jamais entendu cet adage ? Partout dans le monde, les conflits armés, les guerres civiles, n’ont pour but que d’enrichir une poignée de dirigeants, avides de pouvoir. Ces politiques, prétendus défenseurs des peuples qu’ils dirigent, ne reculent devant rien. L’unique ambition qui les anime, c’est de dominer les Nations soumises, écartelées au gré de leurs fantasmes.

    L’appât du gain, la soif de pouvoir et le besoin de dominer à outrance les métamorphosent en pantins. Ils s’imaginent être les plus forts, invulnérables et éternels, alors qu’ils ne sont que des guignols éphémères dépourvus de la moindre valeur. Exsangues de dignité, rien ne peut les arrêter dans cette ascension vers les sommets de la notoriété qu’ils désirent plus que tout. De quelle notoriété parlons-nous ? De celle qui honore les vertus que les petites gens défendent, ou de celle qui est l’apanage des apparences ?

    En s’arrogeant impunément le droit de vie ou de mort sur les populations soumises du monde entier, ces requins déguisés en « Faux Dignitaires » ne sont en fait que des leurres. Ils ne sont qu’une infime minorité certes, mais leur pouvoir s’accroît de jour en jour. En les écoutant, on leur donnerait le Bon Dieu sans confession. En examinant de près l’authenticité des promesses dont ils nous gavent, l’on comprend que jamais, ils n’accepteront de céder leur place à qui que ce soit. S’il ne s’agissait que de leurs seuls intérêts financiers, ce serait à demi mal. Malheureusement, à force de bouffer à tous les râteliers, ils en deviennent abjects.

    Gavés d’argent, le plus souvent sale, la perversion vient malgré tout ternir leur image. Les exemples dans ce domaine ne manquent pas ! Aux plus hauts sommets des États, le passe-temps favori de la plupart des dirigeants se porte sur le sexe. Quand on peut tout s’offrir, il convient de rechercher des plaisirs ultimes. Qui baise qui ? C’est la question que tout un chacun est à même de se poser. Hommes, femmes, enfants, animaux, rien ne peut juguler ni enrayer ces épanchements démoniaques, vers la recherche du plaisir à outrance.

    C’est sans doute la raison pour laquelle, on glorifie les homos des deux sexes. Non seulement ça apporte des voix aux élections, mais ça permet surtout d’élargir le cheptel ; et autre chose bien entendu ! À ce niveau-là effectivement, je n’hésite pas à parler de troupeau. La métaphore n’est pas valorisante pour les animaux, je l’admets. Une femme légitime (ou un homme) ne leur convient plus ? Alors ils foncent tête baissée vers de nouveaux horizons, sans regarder à la dépense.

    Quand on a les moyens, c’est vrai, les frontières disparaissent. Dommage qu’ils n’agissent pas de même en s’attaquant aux frontières qui divisent les êtres humains ! Tous les moyens de transport sont utilisés pour assouvir leurs pulsions débiles. De la limousine au jet privé, pour tirer un coup ils ne reculent devant aucun sacrifice. Même à scooter, on n’hésite pas à s’afficher dans les bras d’une nana quelconque. Et après, on se positionne en rédempteur, garant de la fidélité et de la loyauté ! À tous les postes, les homos s’affichent désormais sans le moindre scrupule. Si au moins ils étaient pourvus de logique ? Sont-ils conscients qu’ils ne sont que des pions, sur l’échiquier de la dépravation ? Peu importe s’ils savent lire et écrire, l’essentiel étant qu’ils servent d’encrier, aux « Plumes » que les prétendus maîtres du monde viennent y tremper. Non, en dépit des apparence que je peux donner, je n’ai rien contre les homos.

    Chacun fait comme il veut. Par contre, qu’ils soient de plus en plus hissés au pinacle de la société, là oui, je pète un câble. À quoi servent les études si, pour parvenir à ses fins, l’individu est prêt à sacrifier son honneur ? Si tant est que l’honneur fasse encore partie de leur langage. La seule chose qui compte, c’est d’obtenir à n’importe quel prix le poste auquel ils aspirent. Les politiques le savent bien. Ils utilisent abusivement ce besoin de paraître, pour manipuler celles et ceux qui rêvent de grandeur ; je parle de grandeur… non de profondeur ! Car à force de servir d’encrier, celui-ci doit être adapté à tous les fantasmes.

    Tu veux devenir député, sénateur et même ministre ? Alors, commence par fermer ta gueule et obéis aux ordres qui te sont donnés. Fais ce que je te dis, mais surtout pas ce que je fais ! Alors si je comprends bien, la plupart des dirigeants actuels ne sont que des obsédés sexuels ? Quelqu’un peut-il me rassurer ? Je n’accuse pas… Je dénigre la réalité simplement ! D’un gouvernement à l’autre, on prend les mêmes et on recommence.

    De plus en plus de promesses, de moins en moins d’efficacité. Pour être élu, certains guignols sont prêts à nous offrir la lune. De quelle lune parlent-ils au fait ? De l’astre brillant qui illumine les nuits, ou de celle plus sombre qui n’éclaire que les ténèbres de leur débauche ? Vous pensez que j’exagère ? Ce n’est quand même pas moi qui mets en place des ministres ou des hauts fonctionnaires, revendiquant haut et fort leur statut d’homo ! Depuis la nuit des temps, l’homosexualité a toujours existé. Des orgies romaines aux entourages des rois, le plaisir sexuel prédominait. La différence avec les obsédés d’aujourd’hui, c’est que tout se déroulait en privé.

    Le quidam suivait cela d’un œil presque amusé. Pas d’esclandre, pas d’accusation outrancière, chacun vivait sa vie sans empiéter sur celle des voisins. Certains animaux eux aussi, ont des comportements similaires aux humains. Si mes renseignements sont exacts, il y aurait environ cent quarante races qui seraient adeptes de l’homosexualité. Ce qui veut dire que la Nature est très bien faite, en permettant à toutes et tous de vivre selon ses concepts.

    Les politiques corrompus ne naissent pas homos. À l’instar de toutes les addictions, la plupart sont tentés par une première expérience. L’ennui, c’est que certains y prennent goût pour en devenir accroc. À quoi pensent-ils quand ils sont en session, au parlement, au sénat ou ailleurs ? Aux dossiers qu’on leur a confiés ? Que nenni les amis ! Ils pensent Internet, papotent sur les réseaux sociaux à la recherche d’aventures encore plus pétillantes. L’avenir des Nations et des peuples qui les composent, ils s’en fichent comme de l’an quarante. Pour preuve, l’extrait d’une photo plutôt révélatrice que j’ai récupérée sur le lien suivant : http://pierre.parrillo.over-blog.fr/article-deux-deputes-ps-payes-chacun-tous-les-mois-9-4-smic-pour-jouer-au-scrabble-115095495.html

    D’accord, ces deux députés socialistes n’étaient pas sur un site de cul ; ils jouaient tranquillement au scrabble ! C’est vrai, ils ne sont pas les seuls, mais les autres sont moins naïfs et plus prudents sans doute pour ne pas se faire pincer. Je cite cet exemple dans le seul but de conforter ce que j’écris ; non dans celui de démolir l’empire systématiquement.

    Car pour ce qui me concerne, je laisse aux gens le soin de juger par eux-mêmes, sans les influencer. Relater un événement, ce n’est pas chercher à imposer mes idées. Contrairement aux hommes politiques et aux médias corrompus. Les faits parlent d’eux-mêmes, inutile d’en rajouter. C’est ce que j’appelle informer, preuve à l’appui. Contrairement aux dirigeants, qui contournent les obstacles en noyant le poisson. Moralité, comme toujours, les peuples sont plongés dans le doute. À qui faire confiance ? C’est précisément la question que se posent de plus en plus d’électeurs. Les autres, ceux qui ne votent pas, n’ont rien à dire.

    Pourquoi d’une élection (j’ai failli écrire d’une érection) à l’autre, les mêmes désillusions plongent les Nations dans le désarroi ? Je parle de Nations en effet, car il n’y a pas que la France qui est victime de ces supercheries. Dans tous les pays, les magouilles politiciennes ont les mêmes effets sur les bases. Pour être élus, tous les candidats rivalisent d’ingéniosité, de combines, d’accords avec d’autres partis, pour se hisser sur la plus haute marche.

    Les résultats on les connaît ! Après seulement quelques semaines de « Cohabitation », les divisions et les conflits éclatent. Retour à la case départ, le quidam en perd son latin. Le doute s’incruste au plus profond de son esprit. Nouveau départ vers l’aventure, enveloppé dans son manteau d’incertitude. Pas besoin de rechercher d’autres exemples sur Internet, pour étayer mes propos. Il suffit d’être attentifs au cinéma politique que nous offrent les principaux partis français. À gauche comme à droite, après les « Accords », ce sont les désaccords. Comme quoi, je persiste et signe en affirmant que nous sommes en permanence pris pour des demeurés.

    Soi-disant alliés hier, ennemis jurés aujourd’hui, j’ai comme dans l’idée que les élections de deux mille dix-sept seront animées ! Ce que je déplore, ce sont les manières qui sont employées. Les Français sont-ils trop cons pour juger de la valeur d’un candidat ? Ont-ils besoin d’entendre les insultes des adversaires pour apprécier les programmes proposés ? En guise de programmes, l’on subit de plein fouet l’agressivité de certains candidats. Que ce soit pour les primaires à droite, ou plus généralement les divisions au sein de la gauche, les règlements de compte fusent de tous bords. Qui sera le prochain Président de la France ? Ouah ! Même le médium le plus honnête (il y en a) ne pourrait se risquer à un quelconque pronostic.

    Pour suivre les spéculateurs, je dirais que les paris sont ouverts. L’actuel président, fidèle à lui-même, s’enfonce jour après jour dans les méandres de ses promesses. Le front national avec les risques que cela comporte ? Les républicains de plus en plus divisés ? Quel est l’homme (ou la femme) qui va sortir du chapeau au soir du second tour ? N’étant pas devin, je préfère ne pas me hasarder à la moindre spéculation.

    En attendant, il nous faut quotidiennement subir les affres de tous ces dirigeants avides de pouvoir. Pour rien au monde tous partis confondus, ils n’abandonneront leur place. Trop souvent, les promesses bidon fleurissent dans ce jardin de l’absurde. C’est à celui, ou celle, qui se présentera comme le meilleur jardinier, pour abuser de la crédulité des citoyens. Dans mon dossier brûlant, consacré à ces promesses bidon, les réactions de certains dirigeants n’ont pas manqué. Ils n’ont vraiment pas ni le sens de l’humour, ni celui de l’honneur !

    C’est vrai que depuis 1998, date d’ouverture de mon site : www.dynavie.com, (qui en ce mois de janvier 2016 a fêté ses dix-huit ans sur le Web), les dossiers brûlants font partie intégrale de mon petit univers sur la Toile. Si j’en crois les relevés du compteur de mon hébergeur, les Internautes aiment bien et de temps en temps, donnent leur avis. Ce sont précisément leurs réactions, le plus souvent pertinentes, qui m’ont incité à me lancer dans cette aventure.

    Globalement, tout le monde en a marre de ces mascarades politiciennes. Il faut des kamikazes comme moi, pour en dénoncer les abus. Peu importe l’avenir, il n’y a que le Présent qui compte. Pour en revenir au Présent précisément, que voit-on depuis quelques décennies ? Une France aux abois, disloquée de jour en jour. Vis-à-vis des pays étrangers, nous passons vraiment pour des ploucs. De plus en plus, en Suisse également, une forme de racisme se développe à l’égard des Français. Je suis d’autant plus le témoin de ces dérives, que j’habite dans ce petit pays depuis 1990. Ce rejet s’intensifie au fil des jours et dans la commune où j’habite, il vaut mieux faire profil bas.

    À tous les niveaux de la ville, être Français est synonyme de pourriture. La jalousie, la méchanceté et le mépris sont monnaie courante. Les médias eux-mêmes ne ménagent pas leurs attaques contre les citoyens français. S’il y avait moins de fourberie, de mensonges et d’hypocrisie chez nos dirigeants politiques, peut-être que ce racisme latent s’estomperait doucement ?

    Malheureusement, jamais de la vie les politiques ne laisseront de côté leurs masques. L’échéance de 2017 pour la Présidentielle, va se métamorphoser en ring sanglant. La gauche pratiquement détruite, la droite qui s’effrite gravement, les coups bas vont pleuvoir tous azimuts. Si au moins, le peuple pouvait apporter son avis ? Plutôt que d’assister impuissants à ces joutes oratoires cinglantes, le quidam se sentirait concerné au moins ? Mais là, il ne faut pas rêver ! Des propos de plus en plus virulents, ponctués de mensonges bien entendu, voilà ce qui tous les jours promène les citoyens dans ce dédale de balivernes.

    Nos chers dirigeants, obnubilés par cette échéance majeure de 2017, ne pensent qu’à préserver leur image. Quelle image en vérité ! Celle de la probité ou celle plus insidieuse de la médiocrité ? Chacun y va de son « Dossier explosif » pour massacrer sans vergogne son adversaire. Lesdits dossiers n’étant par ailleurs que des montages spéculatifs, dénués d’authenticité. En attendant, compte tenu de la fragilité des esprits et de la naïveté surtout, les citoyens lambda s’égarent sur des chemins escarpés du doute et de la résignation. Qui n’a jamais vu à la télé, les images déplorables d’absentéisme dans les principaux édifices ?

    Que ce soit à l’Assemblée nationale, au Sénat et même au parlement européen, c’est pratiquement un député sur deux qui rayonne par son absence ! Quel engouement tout de même ! Voilà des hommes et des femmes qui tous les mois, empochent des milliers d’Euros et pourtant… Cela ne les empêche pas de briller par leur omission. Oh bien sûr, les petits copains sont là pour voter à leur place ; c’est beau la solidarité n’est-ce pas ? Encore faut-il que les présents ne passent pas leur temps à jouer sur des consoles !

    J’ai pris le temps d’apporter des éléments précis de réponse. Grâce à Wikipédia en effet, tant les salaires que les retraites de ces chers députés ont de quoi écœurer le citoyen le plus tolérant. Sans parler des nombreux avantages dont ils bénéficient ! C’est tout simplement scandaleux. Je ne suis pas jaloux tant s’en faut. Néanmoins, si ces privilégiés réduisaient d’un tiers seulement leurs salaires, la manne financière qui en résulterait permettrait d’amoindrir les inégalités. Là, je rêve, comme le dirait une pub à la con !

    Que dire des « Cumuls de mandats » ? Je croyais que cela était terminé. Suis-je naïf tout de même. Entre les mandats dans leurs cantons respectifs, qui sont déjà bien garnis, en y ajoutant ceux grappillés au parlement européen, la plupart de ces vautours ne pleurent pas sur leurs fins de mois. Ceci confirme d’une manière flagrante, l’envie de garder leur place à tout prix. Sans parler des magouilles pour y parvenir !

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    CHAPITRE TROISIÈME

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     « « CIRQUE MÉDIATIQUE » »

               Où se cachent les principaux responsables ? Je vais essayer de faire le tri dans mes idées. Certes, les politiques dirigent tout. Mais ils dirigent qui, en vérité ? Ceux qui en raison de leur notoriété ou influence, leur permettent d’assouvir leurs fantasmes ? S’ils n’avaient pas ces soutiens inconditionnels, que resterait-il de leur pouvoir ? Que dalle ! Combien d’entre eux me suivraient si demain mon livre est édité ? Pourtant, en reprenant mes calculs à propos de coopératives, l’État en sortirait gagnant, autant que les professionnels de la terre.

    Mais je le sais, je vais être une fois encore traité d’illuminé, par celles et ceux qui tôt ou tard, piqueront mes idées pour les mettre en exergue. J’ai l’habitude malheureusement. Car mes dossiers brûlants autant que les extraits de mes livres sur le site, offrent un panel indiscutable de plagiat. Au fond, pour me consoler de ces arnaques, je me dis que tout ce que j’écris n’est pas aussi nul que cela.

    Vais-je pour autant tout supprimer ? Que nenni ! Je n’ai jamais baissé mon froc devant qui que ce soit. Tout ce qui compte, c’est que mes idées contribuent à améliorer le quotidien de mes semblables ; dans tous les pays. C’est présomptueux peut-être. En attendant si tout le monde une fois encore, mettait la main dans le pétrin, peut-être que le pain serait plus digeste. L’espoir fait vivre c’est plus que certain. Hélas, le rêve, l’illusion autant que l’euphorie de l’apparence doivent être mis de côté. D’accord, avec les pantins qui détiennent le pouvoir, après les politiques, l’espoir est éphémère. Selon moi, les médias, les banquiers et les syndicats cautionnent en les amplifiant, les pléthores des politiques. Le terrain est miné, je ne vais pas me faire d’amis en me lançant dans la franchise de mes propos.

     Cette vérité de M. Pierre Bourdieu, résume à elle seule le malaise actuel affectant les médias en général. Selon moi, globalement, les médias ne sont que les faire-valoir des Gouvernements. Néanmoins, sans eux, la vie des dirigeants serait moins croustillante et soumise aux controverses. Mais il faut bien jeter de l’huile sur le feu n’est-ce pas ? Je suis conscient que tout un chacun est à même de réaliser dans quelle panade nous nous trouvons. Peut-être bien qu’ensemble, sans esclandres ni violences, sera-t-il possible demain de rétablir un minimum de déontologie ? Je sais, ce ne sera pas chose aisée. À l’instar des fameux « RTT », qui insidieusement entraînent les ouvriers vers la fainéantise, jamais, rien ne changera avant longtemps !

     a) L’information :

     À bien des égards, certains journalistes (ou prétendus tels), s’apparentent à des prêtres. Tout ce qu’ils racontent est considéré par les plus naïfs, comme parole d’Évangile. Aux yeux de leurs fans « Inconditionnels » qui jadis, étaient encore des téléspectateurs, ils se prennent pour des Seigneurs. Embarqués dans le sillage de ces fossoyeurs de l’Humanité, les disciples des gavages de cerveau se laissent bercer par leurs ritournelles. Vrai ou faux, tout ce que ces « Journaleux » déblatèrent, contribue à jeter le doute dans l’esprit des gens qui ont la tête sur les épaules et les yeux en face des trous.

    Ils sont tellement habiles et manipulateurs ces chérubins, qu’il devient impossible d’extraire la vérité de leurs propos. Le moindre fait divers se métamorphose en séisme humanitaire. Les présumés innocents, à leurs yeux, sont désignés coupables sans vergogne. Compte tenu de la lenteur de la justice, les rumeurs se répandent à la vitesse grand « V ». Moralité, quelle que soit la raison de sa mise en accusation, l’être humain dans l’esprit du quidam, n’est plus qu’un personnage indésirable.

    L’honneur, la dignité, d’un « Condamné médiatique », ne sont plus que des leurres. En résumé, trop souvent à mes yeux, l’issue fatale vient mettre un terme à cette chasse aux sorcières. Les conséquences que cela entraîne auprès des familles et proches, n’effleurent même pas la conscience des responsables de ces ragots diffusés ; au fond, en ont-ils seulement une de conscience ? J’en doute sérieusement. Loin de faire l’amalgame, je sais qu’il existe des vrais journalistes, au rang desquels je place une fois encore Yves Calvi. Il est très difficile en effet, de regarder plusieurs chaînes en même temps ! D’autant que j’appartiens à cette majorité d’hommes qui restent fidèles.

    Quoi qu’il en soit, globalement, la « Cote de popularité » de certains médias est en très nette baisse. Les gens commencent à s’affirmer ce qui est de bon aloi. Certes, le pouvoir d’achat impose des restrictions drastiques aux ménages, qui les encouragent à modifier leurs parcours. Ces mêmes restrictions du reste, fort heureusement, n’épargnent pas les médias. D’où la perte de revenus notoires qui conduisent certains groupes à des manipulations hasardeuses.

    Les licenciements commencent à poindre à l’horizon, qui s’obscurcit de plus en plus. Les annonceurs deviennent de plus en plus frileux. Les chiffres d’affaires fondent comme neige au soleil. Les « Mariages de raison » unissent alors quelques organes de presse entre eux. Pour combien de temps, ça, seul l’avenir le dira. À l’instar de la politique, c’est tout beau tout rose quelques mois, avant la débandade !

    En attendant, des milliers de femmes et d’hommes embarqués sur ces navires percés, commencent à sentir le roussi. Reporters, pigistes, journalistes ou personnels administratifs, chacun numérote ses abattis. Du jour au lendemain, adieu veau vache et compagnie !

    Sans doute plus que dans n’importe quelle entreprise, l’empire éditorial s’enrhume dès que les bénéfices s’effondrent. Même les chaînes publiques ne sont pas épargnées. Pour preuve les mouvements de grève qui ont perturbé France2 ou France3 en avril, dont les journaux sont pris pour cibles par les grévistes. Est-ce bien la faute de celles et ceux qui revendiquent leurs droits ?

    À mon avis, et j’en parlerai plus loin, les syndicats sont à la base de ces actions revendicatives. Les personnels concernés ne sont que des humains. Ils ont le droit d’avoir peur et de le faire savoir. Quel est le rôle véritable des médias ? Là, c’est une question à laquelle il est impossible de répondre. En dehors de servir de paillasson aux politiques véreux, sur le plan culturel c’est le désert ! Que les chaînes privées se livrent à des batailles de nullité, cela fait partie de la normalité. Inutile de rechercher des émissions dignes de ce nom sur ces chaînes. Par contre, et c’est bien ce qui me hérisse au plus haut point, que les chaînes « Dites publiques » s’abandonnent à ce genre de supercherie, ce n’est pas normal.

    De plus en plus, de manière déguisée, ces mêmes chaînes publiques prennent les téléspectateurs en otage. En deux mille huit, je crois, elles refusaient la « Télé réalité ». Que voit-on depuis quelques années ? L’absurdité de ces émissions en moins, le résultat est identique. À savoir, gagner du fric sur le dos des clients. « Votez pour tel candidat » qui n’a jamais entendu pareil appel de détresse ?

    Je parle de détresse en effet, car c’est le fric qui les intéresse et rien d’autre. D’accord, par rapport aux chaînes « Spécialisées » dans ce genre de niaiserie, sur les chaînes publiques ça reste limité. Il y a d’autres sources de revenus, dont la publicité qui envahit nos écrans.

    Reste l’essentiel à savoir l’information et le divertissement. Oups ! Je mets le doigt où il ne faut pas. En dehors de quelques émissions cultes d’information, comme « C’est dans l’air », « Envoyé spécial », « Cash investigation », « Des paroles et des actes », «24 H en question » plus quelques autres que je connais moins, c’est le néant. L’information devient une confusion monstre. Des journaux télévisés aux « Débats homériques », l’intox est au rendez-vous.

    À plusieurs reprises, j’ai essayé de suivre quelques « Débats politiques » sur différentes chaînes. Mon Dieu. Un vrai désastre ! Déjà, impossible de comprendre quoi que ce soit, dans un brouhaha indescriptible. L’ambiance, presque chaque fois, frôlait le pugilat. Les intervenants se coupent la parole, s’engueulent comme des chiffonniers pour imposer leur point de vue. À quand un décodeur pour que l’on puisse comprendre l’essentiel du débat ? Pour les JT, chaque présentateur les anime au gré de son humeur et de l’actualité. Moins l’information a d’importance, comme un banal fait divers, plus elle occupe l’écran et finit par nous gonfler.

    Par contre, dès l’instant où un drame intervient, comme les tristes attentats, là, selon certains présentateurs, cela se métamorphose en véritable enquête policière. Envoyés spéciaux sur les lieux des crimes… Invités spécialisés… Chacun y va de sa ritournelle pour amplifier l’émotion des téléspectateurs.

    À mon humble avis, quelques images inhérentes à l’événement, renforcées par des témoignages de rescapés et de personnalités, cela suffirait amplement. La seule chose qui compte pour ces guignols prétendus journalistes, c’est le « Sensationnel » pour faire grimper l’audimat. Au passage, je note avec amertume, que les gens sont assez cons pour suivre comme des moutons, ces déferlements de mots et d’images inutiles, répétés en boucle. Je me souviens du dernier attentat à Paris. Nous avons eu droit sur France2 à près de dix heures d’antenne non-stop en direct ! Pour apprendre quoi de plus ?

    En une dizaine de minutes, l’information eût été suffisante. Inutile d’en faire des tonnes uniquement dans le but de jouer sur l’émotivité des gens pour faire en sorte d’être en tête du hit-parade. À l’opposé, je ne peux que citer pour exemple, quelques chaînes d’infos en continu, comme « Euro news », « TV5 Monde », « France 24 », « LCI », qui traitent l’actualité avec le plus grand professionnalisme. Tout en offrant des débats très intéressants, avec des invités qui respectent avant tout le téléspectateur. Autrement dit, pas besoin de décodeur pour suivre les débats. Ce qui prendrait plus d’une heure (Minimum) sur les chaînes publiques Françaises, est présenté en quelques minutes sur ces chaînes d’info en continu, suivant le concept que je viens d’évoquer. Quelques commentaires respectueux, pour soutenir les images, et voilà. Tous les événements dans le monde, y compris les attentats, sont traités à tour de rôle. Ce qui permet d’approfondir et de traiter l’actualité quotidienne en détail. En même temps qu’offrir un aperçu sur les Nations environnantes.

    Car malheureusement, autant les attentats sont injustes, cruels et meurtriers, autant la vie de tous les jours mériterait qu’on lui accorde plus d’intérêt. Petit hommage au passage à l’un de mes journalistes préférés sur TF1 : Jean-Pierre Pernaut ! C’est le seul à relater l’actualité avec sa bonhomie légendaire, sa gentillesse et son sourire gracieux. De plus, grâce à lui, en fin de journal, il nous fait découvrir les régions, les artisans locaux et toutes les richesses du patrimoine National, qui donnent envie de voyager en France.

    Amical clin d’œil à Jean-Pierre qui le 8 avril, a fêté ses soixante-six ans. Dommage qu’il ne puisse rester encore de longues années. Mais même à la retraite mon cher Jean-Pierre, tu seras toujours cet homme que l’on admire. Par contre, je ne vois pas qui pourra te remplacer ! On a eu l’exemple sur la 3 avec Lepers qui, en dépit de son impopularité notoire, a laissé un vide sidéral que son remplaçant a du mal à combler. En dépit de son talent et de sa bonhomie, Samuel Etienne a du mal à combler les lacunes laissées par Lepers. Comme quoi les habitudes des téléspectateurs prévalent sur la qualité des programmes proposés.

     b) Le divertissement :

     Ouah ! Là, c’est du solide… Que pourrait-on dire ? Rien ! Le désert total et aride. Quels sont les animateurs dignes de ce nom ? Avec ma petite femme, nous en comptons cinq : Laurence Boccolini, Jean-Luc Reichman, Vincent Lagaf, Thierry Beccaro, Christophe Dechavanne, qui sont nos préférés. Même si nous rageons quand ils nous imposent l’anglais au cours de leurs jeux ; restons Français de grâce ! Je sais, ils adorent étaler leurs connaissances en anglais ; bof. Mais ce n’est qu’un détail. Car à côté de ça, à chacune de leurs émissions, ils apportent le bonheur à leur public. En même temps que les connaissances générales, avec eux le divertissement est assuré. Bonne humeur, joie de vivre et authenticité, pour nous ce sont les critères fondamentaux qui valorisent leurs programmes.

    Difficile d’apprécier ou non la pléiade d’animateurs ou animatrices qui composent la crème de la télévision, faute de pouvoir suivre leurs émissions ; ou prétendues telles. Quelques autres animateurs ou présentateurs que nous aimons bien suivre de temps en temps : Philippe Bouvard (même à la retraite), Thierry Ardisson, Michel Cymes, Sophie Davant, Laurent Ruquier. Je sais, c’est un peu maigrelet, mais ne sachant pas mentir, je ne vais pas passer de la pommade à celles et ceux que l’on déteste foncièrement. La liste serait un peu longue et forcément non exhaustive.

    Je suis étonné, pour ne pas dire choqué, de constater que des chaînes publiques en soient réduites à ce genre d’expression artistique, où les valeurs humaines sont bafouées plus qu’honorées. J’aimerais bien connaître les audiences authentiques ! Hélas, c’est bien connu, il existera toujours des inconditionnels de ce genre de débilité. Le drame, c’est que les présentateurs sont persuadés d’avoir du talent. Ah bon ! Ce qu’ils occultent dans leurs analyses, c’est qu’en fait leur public n’est là que pour se montrer à la tété.

    L’absence notoire d’authenticité, c’est ce qui à nos yeux fait la différence. D’un côté des femmes et des hommes qui ne se posent pas de question, et apportent un vrai bonheur à leur public et aux nombreux téléspectateurs qui les suivent. De l’autre, les marionnettes articulées au gré des règles imposées par les chaînes. À défaut de talent véritable, ils compensent leurs lacunes par des comportements à la limite du supportable. Ironie, hurlements, mépris, tels sont les attributs de cette catégorie de personnages. Oui, je sais, d’aucuns vont penser que j’exagère. À chacun son analyse, je ne désire influencer personne. Vous doutez encore ? Alors, allez sur France2 entre 11 h 30 et 13 h !

     c) La publicité :

     Sujet délicat s’il en est ! Certes, pour pouvoir survivre, toutes les chaînes de télévision sont logées à la même enseigne. Si c’était pour créer de vraies émissions, ce serait un moindre mal. Sur ce plan, on est très loin du compte ! Le constat est suffisamment éloquent et parle de lui-même. Sorti des « Hommages » aussi nuls qu’hypocrites, qu’ils soient dédiés à l’histoire, au passé ou à un disparu, ils ne coûtent quand même pas la peau des fesses quand même ? Hélas, comme je l’ai déjà évoqué, en dehors des émissions ringardes, elles n’apportent rien de concret.

    Par contre, les clips publicitaires sont de plus en plus nombreux et envahissent nos écrans. Je croyais que le CSA imposait un quota horaire pour les spots publicitaires ? Ah bon ! Si quelqu’un peut m’apporter une réponse à ce sujet, j’en serais ravi. Que dire des chaînes publiques ? Depuis deux mille douze, il fallait s’y attendre, après vingt heures nous avons droit à quelques petites annonces. C’est bizarre qu’ils parlent « D’annonces » au lieu de publicité.

    Normalement, Sarkozy avait fait voter l’interdiction, non ? Mais bon… Dirigées par la gauche, les chaînes publiques se font un malin plaisir d’outrepasser les règles édictées par la droite. Papa Hollande veille au grain et s’arroge impunément le droit de faire ce qu’il veut. Alors, pourquoi s’en priver n’est-ce pas ? Déjà, faut-il le reconnaître, un bon produit n’a pas besoin de publicité. Ce qui revient à dire que tous ces flashs publicitaires sont conçus pour nous faire acheter de la merde ? Si au moins, techniquement parlant, ils étaient bien faits ; ce qui est loin d’être le cas pour neuf clips sur dix. Néanmoins, il faut tenir compte du fait que ce sont les publicitaires qui font la pluie et le beau temps sur tous les médias.

    Télévision, presse écrite ou parlée, ils apportent le fric dont les sociétés sont si friandes. D’où les déferlements de clips en anglais, ce qui a le don de m’irriter sérieusement. Comment accepter que la firme Renault par exemple, fleuron de la technologie française, nous gonfle les oreilles avec un chauffeur parlant dans la langue de Shakespeare ? Ne poussez pas le bouchon trop loin !

    La publicité me hérisse le poil à bien des égards. Le premier regret, et non des moindres, ce sont les pseudo « Acteurs » qui sont sélectionnés pour animer les clips ; en France ou en Suisse, c’est du pareil au même. Quel que soit le produit ou la boisson dont ils vantent les méritent, ils se contentent de faire semblant de boire ou manger. Sympa pour la marque ! Quand je disais plus haut que ces produits sont de la merde, les apprentis comédiens eux-mêmes le prouvent. À part un ou deux clips où les intermittents du spectacle donnent l’impression de goûter vraiment au produit, le reste du temps les cuillères sont vides, ils font semblant de boire ou d’avaler.

    Je ne veux pas oublier les « Vedettes », qu’elles soient du showbiz ou sportives, qui de plus en plus viennent se prostituer pour gagner un peu de pognon. Sur le coup, en voyant leurs tronches avec tel ou tel produit, j’avais tendance à ruminer. Mais en analysant le problème de plus près, je compatis.

    Car ce besoin de gagner du fric facilement prouve une chose moins honorifique : l’absence de contrats les concernant ! Ces clips desservent plus qu’ils ne confortent la notoriété de celles et ceux qui s’y adonnent. En sont-ils conscients ou sont-ils à ce point hypnotisés par le fric ? En résumé, loin de remplir la mission qui leur est dévolue, les médias en général ne sont plus intéressés que par la course à l’audimat. Course qui, indubitablement, aboutit aux gains potentiels. Qu’il s’agisse de l’actualité, de la justice, du sport ou de la culture, ils ne recherchent que le sensationnel.

    Du présumé innocent au sportif le plus en vue, c’est le même déferlement d’hypocrisie et de manipulation. Tandis que la justice ne s’est pas encore prononcée, certains médias condamnent avec véhémence le coupable présumé. Les exemples ne manquant pas à ce sujet. Mais là, je laisse à chacun le soin d’aller à la pêche aux infos ; chacun ses priorités !

    Un athlète produit un effort et se hisse au plus haut niveau ? Plutôt que de le laisser travailler et progresser, ces mêmes hermaphrodites le placent au pinacle de la réussite. Le sportif est invité sur tous les plateaux télé, tout en faisant la « Une » des journaux. Il est là surtout, pour promouvoir les sponsors qui le financent. Pas besoin de parler de telle ou telle marque, quand elles sont écrites en grand sur les maillots ! C’est ce que le CSA devrait admettre comme étant de la publicité indirecte, non ? En cas de contre-performance, les acharnés de l’info à outrance le démontent sans vergogne. Le héros d’hier passe à la trappe, aussi vite qu’il a été hissé sur le podium des champions. Il en est de même pour la culture, bafouée en permanence.

    Pour donner l’impression de créer, toutes chaînes confondues, elles nous imposent des jeux, des émissions culinaires, de la danse (bof), des concours de chansons (encore plus débiles), des « Hommages » aussi bidon qu’infondés, des documentaires « Historiques », bref, tout un panel d’émissions inutiles. La création artistique au sens noble du terme, il faut oublier. Mieux vaut diffuser les séries américaines qui passent en boucle d’une chaîne à l’autre. D’un autre côté, quand on voit le niveau des « Chefs-d’œuvre » français, on peut comprendre la frilosité de la majorité des producteurs !

    En résumé pour moi, les médias plus que jamais, ne servent à rien d’autre qu’à promouvoir les politiques ; le reste, c’est-à-dire les téléspectateurs, ils n’en ont rien à cirer. D’où les baisses de fréquentation, qui aboutissent très souvent à l’éviction des présentateurs jugés responsables. Malheureusement, tant que la politique médiatique restera la même, au service de la classe dirigeante, ce sera le statu quo. Et si demain par exemple, ces mêmes chaînes décidaient d’offrir une chance aux artistes amateurs ? Ben oui… Je rêve encore.

    Prenons la poésie en modèle. J’imagine une émission où, à tour de rôle, les poètes connus et inconnus rivaliseraient de talent. Une sorte de « Bœuf », durant deux bonnes heures. Une autre encore, où ce seraient les peintres, sculpteurs ou scénaristes, qui soumettraient leurs créations aux votes du public présent dans la salle uniquement, pour ne pas tomber dans les pièges des téléphones générateurs de bénéfices. Sûr qu’après trois ou quatre passages, le renouveau entrerait dans les mœurs.

    Pourquoi ne pas prévoir enfin, les votes sur Internet pour choisir tel ou tel programme ? En Suisse, même si c’est encore embryonnaire, cela se fait déjà. Donc, en améliorant le principe et en l’adaptant en France, tant à la télé qu’à la radio, à coup sûr les audiences grimperaient en flèche. Avant d’imposer des niaiseries ou d’autres émissions débiles, le quidam serait fier de se sentir concerné.

    En quelques minutes seulement, grâce à Internet, les choix des propositions sur un programme, obtiendraient vite une réponse. Mais pour cela, il faut faire abstraction des « Obligations » publicitaires, qui pilotent le tout. En  gros, tout est à revoir de A à Z. Raison de plus pour poser la question à celles et ceux qui payent ?

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    CHAPITRE QUATRIÈME

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     « « LES BANQUIERS » »

               Ils sont beaux ces chérubins ! Avachis dans leur immense fauteuil, fumant un havane ou sirotant un whisky avec une secrétaire sur les genoux, les « Maîtres des lieux » sont à des kilomètres de la population. À l’instar des médias, ils obéissent au doigt et à l’œil à la classe dominante. Ils jouent les indépendants, comme la justice, mais tous leurs faits et gestes sont contrôlés par les gouvernants. Plus que n’importe qui, cette catégorie peut se targuer de protéger les rois du monde. Les récents scandales au Panama (et ailleurs), sont là pour attester de leur besoin de s’enrichir à tout prix. Tout ce que racontent et déblatèrent les médias « Autorisés », ils s’en foutent comme de leur première liquette.

    Grâce à l’ancien Président une fois de plus, en deux mille huit ils ont été préservés, pour ne pas dire sauvés de la faillite. Petit bémol, en contrepartie ils devaient favoriser les PME et les Artisans. Ah bon ? J’ai dû rater un épisode, car selon mes renseignements, il n’en a rien été bien au contraire ! Combien de commerces, de petites entreprises ont été réduits à la faillite, faute d’obtenir un prêt ? C’est tout simplement scandaleux.

    Comment redresser l’économie en réduisant les artisans à néant ou presque ? Encore une fois, si l’État se contentait de gérer son pouvoir (et ses devoirs), en laissant aux travailleurs indépendants assurer leur devenir, à coup sûr le pays s’en porterait mieux. Ce qui me hérisse, c’est de constater que les loups ne se mangent pas entre eux. Telle banque est en difficulté ou prise dans le tourbillon judiciaire ?

    En douce ou ouvertement, il y en a une ou plusieurs autres qui volent à son secours. En cela, j’apprécie les Américains qui ne se contentent pas de promesses. Un dérapage ? Une malversation ? Aussi sec, la justice de l’oncle Sam entre en lice. Certes, les ricains n’ont de leçons à donner à personne. Néanmoins, si les magouilleurs étaient moins nombreux en Europe, même les banquiers seraient moins montrés du doigt.

    En ce moment, je le reconnais, il y a un semblant de remise à plat dans les milieux de la finance. Chasse aux paradis fiscaux, délation ou dénonciation, un frémissement vers la normalité est amorcé. Les médias se régalent bien entendu ! Toutefois, ce serait plus crédible si, au lieu de s’attaquer aux « Tricheurs » (les plus petits naturellement), comme ils le font, ils feraient mieux de concentrer leurs efforts sur le système en général. Car, et ce n’est qu’un point de vue, il n’y a pas que les particuliers qui s’adonnent aux évasions fiscales.

    Paradis fiscal… Compte offshore… N’y a-t-il donc que les politiques, chefs d’entreprises ou les particuliers riches à millions qui planquent leur argent ? Que nenni les amis ! La plupart des banques elles-mêmes dissimulent des milliards d’argent, disons… pas très propre ! Là, les médias la mettent en veilleuse, car pour les plus pourris d’entre eux, fini les enveloppes bien garnies ! Et le quidam dans tout ça ? Bof… Il assiste aux joutes oratoires avec un dédain de plus en plus marqué.

    Pourtant, si demain grâce à un sursaut d’humanité, cette manne financière d’argent sale servait aux gens les plus malheureux, le ton ne serait plus le même. Pour éviter tout malentendu, cette proposition je l’ai faite à maintes reprises depuis quatre-vingt-dix-huit sur mon site, dans mes dossiers brûlants. C’est vrai, depuis tout petit déjà, l’injustice me couvre des frissons de la rancœur. Quand ces « Pachas » de la finance affichent avec mépris leur intérêt pour les petites gens, j’ai envie de vomir. La suffisance avec laquelle ils survolent la base est tout simplement inqualifiable.

    Qu’ils se remplissent les poches, même de manière illicite, à la limite c’est un moindre mal. Par contre, quand ils quittent le navire avec des « Parachutes dorés » innommables, il y a de quoi donner quelques envies de vengeance chez celles et ceux qui leur permettent de vivre comme des princes. Au lieu d’empocher les dizaines de millions pour partir à la retraite, s’ils partageaient de moitié avec leurs ouvriers, il y aurait moins de grèves !

    Ce que je trouve encore plus injuste, ce sont les sanctions qui sont infligées au quidam, quand il ne peut pas joindre les deux bouts. Qui est-ce qui les conduit au point de non-retour ? Les banques évidemment ! On prête, via les crédits « Revolving », à tour de bras, sans se préoccuper des risques encourus.

    Peut-on en vouloir aux familles qui, privées de tout confort, de tout loisir et même de l’essentiel, se laissent tenter par les « Offres alléchantes », du style : « Achetez aujourd’hui et payez dans six mois » ? C’est bien joli ça. Seulement six mois après, tout additionné, les gens ne peuvent plus payer. Et là, pire que dans Dallas, la « Justice » abat son glaive sur les victimes découpées en morceaux.

    Des intérêts faramineux, des arnaques quotidiennes, ni le Gouvernement, ni les banques, n’ont envie de mettre un terme aux surendettements et autres faillites personnelles. Quels sont les fumiers qui s’enrichissent au passage ? Ceux-là, il faudrait les castrer ! Si ma mémoire est bonne, il y a eu jadis des tentatives d’interdiction de ces pratiques abusives par la Droite. Qu’en est-il aujourd’hui ? D’où ma sempiternelle question : À qui profite le crime ? Ben oui, nous arrivons tous aux mêmes conclusions, pour admettre que l’univers de la finance est au moins aussi corrompu que certains politiques. Et le cycle se perpétue, insidieusement, creusant de jour en jour des fossés de plus en plus profonds et infranchissables. Les lobbies de la finance en Europe sont encore plus puissants que ceux des armes aux USA.

    Je me suis laissé dire que tous ces requins ne représentent que 1 % de la population mondiale. Et ce petit pourcentage, pèse quand même plus de 20 % de la richesse dans le monde. Je n’ai rien contre la haute bourgeoisie, ni ceux qui ont hérité d’une famille à l’abri du besoin. Encore moins contre ceux (il y en a), comme Bill Gates, qui bâtissent leurs empires en bossant comme des dingues. Très souvent en plus, à l’instar du « Papa » de Microsoft, ils sont d’une générosité merveilleuse. Le contraire des trous-du-cul, qui ne recherchent que la gloire en magouillant.

    D’aucuns vont rétorquer que je voue une haine farouche envers la classe dominante. Il n’en est rien je vous l’assure. Après tout, chacun voit midi à sa porte et vit en son âme et conscience. Par le truchement de cet Essai, je dénonce les dérives qui peu à peu, vont nous conduire dans le mur. D’où le risque de « Déliquescence » de cette humanité en perdition. Entre les exemples de malversations, d’abus de confiance ou autres magouilles, il y aurait de quoi écrire une encyclopédie en dix volumes de mille pages. Le plus délicat pour moi, étant de synthétiser, sans trop approfondir. Laissant ainsi au futur lecteur, le soin d’apprécier ou de rejeter ce que j’écris.

    L’argent sale, la drogue, la prostitution, le trafic d’armes, le trafic d’enfants, etc. Voilà donc à quoi en est réduite l’humanité. À tous les échelons de la société, la corruption est au rendez-vous. L’emploi honnête est banni du vocabulaire courant ; il convient de parler de droit de cuissage ! Les délits de faciès de plus en plus nombreux, isolent les personnes qui ne correspondent pas au « Profil » imposé par la société. Ne serait-ce pas la copie conforme de ce que Hitler souhaitait ? Facile de jouer les moralistes, en condamnant publiquement les différences ! Ce racisme latent ne concerne pas uniquement les gens de couleur. Il est sans doute encore plus cinglant, envers les citoyens lambda.

    Pour preuve, le mépris vis-à-vis de la jeunesse et des personnes âgées. Aux premiers, l’on reproche le manque d’expérience, la crédulité, l’insouciance et la violence. Aux Anciens, qui ont permis de nous offrir ce que nous sommes, on leur fait comprendre qu’ils n’ont plus leur place. Les quotas de plus en plus drastiques entraînent cette déchéance des valeurs. D’où ce rejet pour le moins ignoble, des deux franges de l’humanité qui pourtant, auraient tant de choses à transmettre et à donner ! Hélas, si l’on ne correspond pas au moule imposé, on est considérés comme des renégats.

    En ce moment, c’est-à-dire fin mai, en poursuivant l’écriture de mon Essai, il y a comme un aveu de magouilles de la part des banquiers. La perspective des prochaines élections de deux mille dix-sept permet aux banquiers d’apporter un soutien inconditionnel à Hollande. Alors que ce dernier est en chute libre dans les sondages, depuis pratiquement le début de son septennat, les banques volent à son secours.

    Comment ? En relançant artificiellement l’emploi tout simplement. Alors que depuis deux mille huit elles n’apportaient aucune aide aux artisans ou chefs d’entreprise, voilà que soudain, comme par magie, elles ouvrent en grand les caisses d’aides aux entreprises. Mais l’on n’est pas dupes pour autant ! Cette embellie provisoire ne durera pas plus loin que deux mille dix-sept. Hollande est tellement en situation précaire, quant à l’éventualité de sa réélection, qu’il fait feu de tout bois pour faire croire que « La France va mieux » comme il l’affirme avec cette légendaire ironie ; ou inconscience plus exactement. Il est tellement sûr de lui, qu’il vole au-dessus des eaux troubles comme un rapace, en quête d’une nouvelle proie. Et dire qu’avec ces fadaises, il hypnotise les plus indécis. Au point où en est la France, en étant réaliste, l’on pourrait même imaginer qu’il puisse être élu au premier tour.

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    CHAPITRE CINQUIÈME

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     « « LES SYNDICATS » »

               Par rapport à la masse salariale, que représente l’ensemble des syndicats en France ? Selon les instituts de sondage, les syndiqués ne représentent pas plus de 8 % de la totalité des actifs, soit en gros 1 % ! À quoi servent les syndicats, de plus en plus, on peut se poser la question ? En effet, le salarié n’a pas besoin de tuteur pour défendre ses droits. C’est en tout cas ce que les syndicalistes veulent faire croire.

    Seulement, les trois quarts du temps, les grèves sont pour eux l’unique moyen de discussion. Discussion, concertation ou chantage ? Les différences sont ténues en vérité. Systématiquement, la population est prise en otage lors des manifestations. Quand elles ne dégénèrent pas à cause d’une équipe de casseurs, qui en dénaturent l’objectif.

    À l’instar de plusieurs patrons, outrepassant les préavis de grève fomentés par les syndicats, les référendums qu’ils ont organisés auprès de l’ensemble du personnel, se sont avérés payants. Car malheureusement, il faut l’admettre, ce sont toujours des petits groupuscules de syndiqués qui tentent de neutraliser la majorité des employés hostiles aux mouvements de grève.

    Les blocages qui s’en suivent sont tout simplement intolérables. Sans parler des frictions entre syndiqués et non-syndiqués, qui se terminent en pugilat. Séquestrations, chantages ou menaces de destruction, tout ceci n’est en fait qu’un aveu d’impuissance des syndicats. Incapables d’apporter des solutions aux problèmes évoqués, ils ferment les yeux sur les dérives potentielles. C’est le cercle vicieux dans lequel tout le monde est prisonnier.

    Les seuls qui tirent leur épingle du jeu, ce sont les dirigeants syndicaux. Tandis que les moutons aveugles suivent docilement les mouvements de grève, en perdant tout ou partie de leur salaire, les « Chefs » eux, ne sont pas touchés. Normal me direz-vous, puisqu’ils sont payés par leurs syndicats. Ce n’est pas tout !

    Très souvent, l’on entend dire que ces mouvements de grève, sont officieusement orchestrés par les patrons eux-mêmes. Ben oui… Plus l’économie périclite, moins les usines peuvent écouler leurs marchandises. Alors un petit coup de pouce, via une bonne petite grève, et le tour est joué. On écoule les stocks, ni vu ni connu, tout en économisant sur les salaires non versés…

    Aucune loi, aucun parti politique, ne pourra jamais juguler ces crises et les dérives qui en découlent. Une fois encore, si le Gouvernement laissait les patrons gérer l’entreprise comme ils l’entendent, les syndicats ne seraient plus d’aucune utilité. Chaque employé à mon avis, est suffisamment adulte pour apprécier comme il convient d’avoir un emploi. Avec un chômage en augmentation permanente, (ce qui arrange les dirigeants), quel père de famille digne de ce nom, serait assez fou pour boycotter son gagne-pain ?

    Les voyous qui leur bloquent l’entrée de l’usine en cas de grève, devraient être assimilés à de vrais criminels et jugés en tant que tel. Je sais, c’est excessif. Néanmoins, pour éradiquer ces épiphénomènes il conviendrait de se montrer ferme. Tout comme dans les excès lors des séquestrations de chefs d’entreprise, comme nous avons eu l’occasion de le déplorer à maintes reprises ! Cette violence gratuite, autant qu’improductive, devrait conduire les grévistes coupables aux assises. Assurément, un seul exemple suffirait pour mettre un terme à ces comportements odieux. Les grandes gueules, casseurs en herbe ou autres freluquets avides d’émotion, sont peut-être courageux, mais certainement pas téméraires.

    Avec l’épée de Damoclès au-dessus de leur tête, ils feraient vite dans leur froc ! Seulement, voilà… Quel homme politique aura suffisamment de « Corones », pour oser imposer une loi cohérente à ce sujet ? Les non grévistes, la population autant que l’économie en général, se trouvent pris en otage. Empêcher les automobilistes d’aller au travail, implique une chronologie de destruction des emplois ; à long terme, d’accord. Mais finalement, dans les usines ou les transports en commun, cette paralysie de l’activité aboutit à un rejet de celles et ceux qui subissent les grèves. Loin de faire l’unanimité, c’est le contraire qui se produit.

    Je me souviens quand j’étais encore pompier, nos revendications souvent suivies par des mouvements sporadiques de débrayage, faisaient le bonheur des automobilistes. En effet, plutôt que de bloquer les routes, à l’époque c’étaient les péages d’autoroutes qui étaient la cible. Moralité, les automobilistes, les routiers, franchissaient gratuitement les péages ! Dès lors que nous avions besoin d’une pétition, en quelques heures des milliers de signatures encourageaient notre démarche. Les seuls à faire la gueule bien entendu, étaient les responsables des péages.

    En organisant des journées portes ouvertes, par centaines les gens assistaient à nos démonstrations. En même temps qu’ils cautionnaient nos luttes, qu’ils comprenaient très naturellement. Avec d’autres petites « Astuces », comme placer un engin d’incendie devant un radar, la bonne humeur était toujours au rendez-vous. Il y a eu malgré tout et je le déplore, des frictions entre soldats du feu et force de l’ordre. Voir des flics tabasser les pompiers, la population était ulcérée. Le bilan de ces échauffourées, n’a jamais été en faveur des flics. En tenue de feu, casqués, nous sortions vainqueurs à chaque fois. Il est vrai que les ceintures de feu, longues d’un mètre avec leurs boucles en acier, étaient une arme qui tenait les rivaux à distance.

    Bon d’accord, ce n’était pas très malin. De plus, les flics ne cherchaient pas du tout à faire mal. C’était plus de la bagarre au corps à corps, parfois violent c’est vrai. Néanmoins, il n’y a jamais eu de blessés graves je vous rassure. Contrairement aux dérapages actuels, où la mort est trop souvent au rendez-vous ! Par contre, et c’est le message que je cherche à transcrire, plus la population est bénéficiaire d’une action, plus cette dernière devient populaire. Messieurs les semeurs de merde patentés, alias les dirigeants syndicaux, faites donc comme nous l’avons fait avec succès.

    Au lieu de déverser des tonnes d’agrumes devant les grandes surfaces, (qui seraient mieux offertes aux Associations caritatives), ou peindre leurs vitrines avec des œufs, bloquez leurs caisses ! Après tout, ce sont des péages comme les autres. Imaginez la tête de la ménagère, qui franchirait la caisse avec un chariot plein à craquer ? À la place de vos propres productions, servez-vous dans le supermarché ou tout autre magasin ! En vidant tous les rayons et en distribuant les denrées aux clients devant le commerce, assurément, personne ne vous fera la gueule. Enfin… Presque !

    Neuf fois sur dix, pour ne pas dire systématiquement à chaque manifestation, que voit-on ? Les banderoles des syndicats ! La politisation des mouvements de grève devient trop criante. Et après, ils essayeront de faire croire que les syndicats ne sont pas dépendants des centrales politiques. N’importe quoi. D’accord, j’admets qu’il faut une hiérarchie et une organisation dignes de ce nom pour réguler les flots de rancune et de revendications. Est-ce que la tutelle politique est nécessaire ? Je suis persuadé du contraire. D’autant qu’en cette période de désaccords au sein des partis politiques, personne n’est en mesure d’offrir autre chose que la haine.

    Les dirigeants syndicaux tentent de se maintenir la tête hors de l’eau. Autrement dit, c’est la première fois qu’ils affichent publiquement leur incapacité. Tant au niveau de la gestion des crises que l’organisation au sein même de leur syndicat. L’exemple le plus flagrant qui met en exergue l’effritement des syndicats, c’est la fameuse « Loi du travail », pour laquelle le gouvernement est passé en force avec le « 49-3 » !

    Jamais d’accord entre eux, les forces syndicales étaient divisées durant « L’étude » de cette loi bidon par la ministre ayant pondu cette facétie bouffonne. Peut-on en effet, parler de projet de loi cohérent, alors que la presque totalité des patrons et autres partis politiques, y étaient opposés ? De Hollande au dernier de ses sous-fifres, le gouvernement est au bord de la rupture. Ils peuvent faire les fanfarons, oser faire croire que la France a été « Redressée » depuis 2013, le peuple massivement s’enferme dans un mutisme bouleversant. Et c’est bien là le drame que je dénonce dans mon Essai. En baissant les bras, les citoyens ne croient plus en rien ni en personne.

    Dans quelle galère allons-nous ? Les partis politiques ne font rien pour minimiser cette gangrène, bien au contraire. Des querelles de clocher aux insultes virulentes, le prochain Président partira avec un lourd handicap ! Les syndicats eux-mêmes sont dans le flou artistique. Ils ne savent plus quoi dire ni faire pour redorer leur blason. À l’instar des rats quittant le navire en plein naufrage, ils sont dans l’incapacité de juguler les flots de mécontentement émanant de leurs rangs. Tout part en vrille. Les syndiqués sont de moins en moins nombreux, déçus de ne plus pouvoir accorder leur confiance en leur leader. À en juger les sondages, actuellement ils ne représenteraient plus que six pour cent de la masse salariale. Et pourtant, ils sont toujours aux commandes et manipulent les esprits fragilisés. La perte d’un emploi, la peur d’être montrés du doigt, suffisent à tétaniser les plus faibles.

    Le gouvernement pendant ce temps, s’ingénie à pondre des lois aussi débiles que génératrices de malaises. Après le combat impliquant la totalité des médecins à propos du tiers payant, il fallait trouver autre chose pour déclencher cette tourmente médiatique. À propos, où en sont les tractations avec le corps médical ? C’est vrai, depuis que les hostilités ont été ouvertes contre la loi travail, les conflits avec les médecins se sont très vite estompés.

    Outre leur manque de probité, je reproche aux syndicats majoritaires de vouloir mettre le grappin sur les étudiants. Ce qui confirme si besoin était, leur perte de vitesse et leur désir de politiser le débat à outrance. Est-ce une raison pour enrôler la jeunesse ? Contrairement à ce que supputent les syndicalistes acharnés, les jeunes sont moins cons que les délégués qui tentent de les piloter. En effet, à plusieurs reprises les responsables des principaux mouvements étudiants, ont fait montre d’une détermination absolue. Eux au moins, ont le courage de s’affirmer et de dire non à tout ce qui apparaît comme du poivre aux yeux.

    Si, au lieu de fomenter les grèves et les actions spectaculaires, les syndicats tentaient de s’intéresser au peuple ? Semer la panique n’est pas à mon avis, la meilleure manière pour convaincre la population. Quand les ouvriers sont obligés de prendre un « RTT » pour garder leurs gosses parce que les profs sont en grève, en dehors d’attiser la haine, je ne vois pas le positif dans ces comportements. Ils préconisent la grève ? En permettant aux enfants d’être accueillis à l’école, même pour s’amuser, l’impact ne serait pas le même dans l’esprit des Parents.

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    CHAPITRE SIXIÈME

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     « « SHOWBIZ (Chaud-Bize en Français) » »

               Après ce petit tour d’horizon des principaux responsables de cette descente aux enfers, je vais compléter le tableau avec le showbiz. Le sport sera également évoqué, et pour clore mon Essai, en sachant que ça va déplaire, je dirai ce que je pense des gens eux-mêmes. Je vais donc tenter d’exprimer ce que je ressens à propos du Chaud-Bize. En gros, pour synthétiser, je dis que cette institution est à la base de toutes les dérives et de bien des antagonismes. C’est bien connu, pour être considéré comme un « Artiste », la plupart des postulants en oublient leur dignité.

    Ce n’est plus un simple droit de cuissage, mais de la perversion à l’état pur ! Pire que les politiques et les médias réunis, cette frange d’êtres corrompus impose ses lois à tous les niveaux. J’en parle avec un pincement au cœur. En effet, c’était en 1975, j’étais à la caserne et un beau jour, je vois débarquer de Nice, une équipe de production. Que me voulaient ces visiteurs ? Tout simplement m’acheter le petit film que je venais de tourner en avril 1975 sur la catastrophe de Laffrey, aux portes de Grenoble. En quelques jours, j’ai vu défiler une bonne dizaine de radios qui elles aussi, voulaient m’acheter mon film. Cependant, la rencontre avec les producteurs ce jour-là a bien failli tourner au drame.

    Outre les promesses de mon « Avenir » artistique garanti, j’avais sous les yeux le projet de contrat et surtout, un chèque de cinquante mille francs ! J’aurais pu c’est vrai, me laisser tenter. Mais… Il y a eu un « Hic », et de taille ! Car tout en vantant les bienfaits de cette prise en charge miraculeuse, l’homme dans son chariot insistait lourdement sur le haut de mes cuisses. Moralité, j’ai déchiré le contrat et le chèque en priant l’équipe de retourner d’où elle venait. J’ai payé très cher la suite. Car, face à ma détermination, l’homme à roulettes me menaça de bloquer toutes mes demandes d’admission auprès de la SACEM ; et ce pendant dix ans !

    C’était en 1975 et effectivement, jusqu’en 1985, toutes mes demandes d’adhésion à la SACEM furent vaines. La punition prenait fin et après le purgatoire, j’ai pu enfin déposer les premiers manuscrits de mes poèmes. Sont-ils toujours protégés, là, je n’en mettrais pas ma main au feu. L’antériorité des dépôts d’une part, et le changement de pays m’ont sans doute éloigné de la SACEM.

    Au-delà de cette anecdote, pour moi la preuve était faite de l’influence et de la mainmise du chaud-bize sur le domaine artistique. Tout le monde hélas, n’a pas la force de caractère de s’opposer à ce genre de manipulation. La gloire, l’appât du gain et la notoriété, sont les obstacles que la plupart des « Postulants » occultent. Avant même de s’interroger sur le talent des prétendants, le chaud-bize s’intéresse à la rondeur des fesses de leurs proies.

    Tout le monde le sait, le chaud-bize impose sa loi à tous les niveaux. Des producteurs aux chaînes de télévision, tout le monde est au garde-à-vous. Le chaud-bize décide de lancer tel ou tel artiste ? Même si c’est le dernier des ringards, (comme celles et ceux qui jaillissent depuis quelques mois), dépourvu de talent, ce que le chaud-bize décide doit se faire. C’est sans doute pour cette raison que de plus en plus, les apprentis « Vedettes » ne font qu’une brève apparition avant de disparaître dans le néant de l’oubli. Combien d’hommes et de femmes ont été ainsi abandonnés par le chaud-bize ? Un p’tit cingle éphémère et hop, destination l’oubli. Autrement dit, malgré tous leurs efforts de sacrifice et d’abandon de leur dignité, ces jeunes gens en sont réduits à la mendicité ou presque.

    Heureusement pour l’expression artistique en général, grâce à Internet, les rapports de force sont en train de changer de camp. Dès qu’un artiste est repéré par les Internautes, très vite le chaud-bize est évincé. De l’interprétation à la production, le chanteur en herbe est placé au zénith par les visiteurs. Les sites qui aident à promouvoir ces artistes en devenir sont de plus en plus nombreux. En intéressant les Internautes à la vente du DVD lancé, la vedette en herbe arrive très vite à une certaine notoriété. C’est le cas de Grégoire qui, avec l’aide du site My Major Company, s’est fait reconnaître et adulé avec son premier titre : « Toi + Moi ».

    Je trouve ça génial ! Hélas, la suite est trop souvent moins glorieuse. Ce cher chaud-bize en effet, impose sa loi surtout auprès des médias qui sont condamnés à obéir à ses injonctions. Tel ou tel artiste ne doit plus passer à la télé ou à la radio, point barre ! Si malgré tout un producteur passe outre, c’est lui qui va se trouver en situation de détresse. Heureusement, à l’instar de Grégoire, quelques « Pépites » de la chanson française ont dépassé ce stade. Considérés à juste titre comme des stars, le chaud-bize ne peut plus imposer sa loi. Souhaitons que ces recherches Internet sur YouTube continuent de nous offrir ponctuellement d’autres vrais chanteurs.

    Car si l’on compte sur les émissions « Cultes » des chaînes de télévision, pilotées par le chaud-bize ne le perdons pas de vue, nous ne sommes pas prêts de retrouver de vrais talents. Je parle des chanteurs, mais le problème est le même pour toutes les formes artistiques, de la poésie à la peinture, en passant par la sculpture, la littérature ou le cinéma, en dehors des créateurs télécommandés, personne n’a sa chance. Depuis des décennies, si l’on n’est pas « Pistonné », toutes les portes restent fermées. À croire que tous les éditeurs en général, préfèrent vivre en autarcie. Hélas, comme en politique, à force de voir les mêmes tronches, le public finit par se lasser.

    Mais cela n’est pas inquiétant pour les décideurs, tant s’en faut. Que recherchent-ils ? Le gain facile et à moindres frais. Pour exemple, l’aventure épique dans laquelle j’ai été embarqué dans les années quatre-vingt-dix. Répondant à une annonce parue sur un grand quotidien suisse, j’ai écrit un scénario : « L’Île flottante » que j’ai envoyée au journal. Comme je m’y attendais, avant même la promulgation des résultats, la télé locale parlait du vainqueur, lors d’un reportage le concernant !

    En fait, depuis, j’ai appris à mieux cerner les arcanes de cet univers tronqué. En effet, les nombreux « Auteurs » attitrés, en panne d’inspiration, avaient besoin d’idées nouvelles. Moralité, mieux vaut s’entourer de mille précautions, avant d’envoyer un manuscrit ! Pas besoin d’être membre d’une quelconque société, il suffit de s’envoyer en courrier recommandé l’œuvre en question. Personnellement, pour une somme modique, je dépose ladite enveloppe auprès d’un avocat. Au moins, je suis certain qu’en cas de plagiat avéré, je serai en mesure de me défendre.

    Néanmoins, quand on a en face de soi des truands à l’affût des moindres idées, comme sur un site Internet par exemple, mieux vaut confier la garde à des organismes officiels, parmi lesquels : COPYRIGHT France. C’est précisément ce que je fais depuis plusieurs années. Avis aux amateurs !... Les œuvres sont déposées devant un huissier et protégées pour soixante-dix ans ! Si je prodigue aujourd’hui ces petits conseils, c’est pour éviter que d’autres personnes rencontrent les mêmes difficultés que moi. Car hélas, c’est la jungle à tous niveaux. Le meilleur exemple c’est mon site dynavie.com. Les visiteurs y viennent pour faire leurs courses !

    Sans même obtenir ma permission d’utiliser un de mes poèmes, ou dossiers, sur leur propre site, ils n’hésitent pas à le télécharger ! Même Internic ne peut rien faire, ce qui est un comble ! Il m’arrive de retrouver un poème ou même un fichier complet, sans aucune mention sur son origine. Depuis sa création, en 1998, notre « Gros Bébé » est victime de ces tricheurs et rien n’est possible malheureusement. Pour me consoler, je me dis que finalement ce que je crée n’est pas aussi nul que ça ! D’un autre côté, cela me fait chier de bosser des jours et des heures, pour servir de supermarché aux parasites du Net.

    Je sais, ces petites anecdotes m’éloignent du sujet, mais si je les narre avec amertume, c’est bien pour prouver le malaise de la société en général. Finalement, le chaud-bize ne fait que refléter le malaise actuel. Chacun pour soi et Dieu pour tous ; si toutefois l’on peut Le considérer comme l’arme fatale. La corruption est telle aujourd’hui, qu’il me paraît délicat et présomptueux de parler d’amélioration. L’espoir fait vivre dit-on ? Malheureusement, l’espoir ne nourrit pas son homme ! Que peut faire la bonne volonté face à l’accumulation de malversations dont nous sommes victimes ? Que dalle ! Quoi que… Ce sera précisé dans le dernier chapitre, consacré aux quidams.

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    CHAPITRE SEPTIÈME

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    « « LES SPORTIFS » »

               Aïe ! Je risque bien de déranger pas mal de monde ! C’est sans doute le milieu le plus corrompu ; tout du moins dans le trio de tête au hit-parade de l’hypocrisie. Je m’explique. Les magouilles des politiques, des banquiers ou encore du chaud-bize, tout le monde les connaît ; ou presque. Par contre, le milieu sportif est de loin le plus inaccessible et sans doute le mieux protégé. Voilà des années que je dénonce dans mes dossiers brûlants, les faces cachées de cet empire décadent. Oui, je parle d’empire, oui je le considère décadent, je persiste et signe.

    Régulièrement, nous entendons parler de dopage. C’est quoi ce bazar ? Certes, le dopage ne date pas d’hier malheureusement. Combien d’athlètes, de cyclistes et autres champions ont perdu la vie à cause de cette saloperie ? Difficile de chiffrer et pour cause. En effet, pour toutes les fédérations confondues, l’omerta est de rigueur. Pensez donc ! Qui oserait briser cette loi du silence, sans s’exposer à la radioactivité des retombées. Les médias en tête, mieux vaut laisser la spéculation se répandre insidieusement, plutôt que dire les choses sans langue de bois. En attendant, c’est la course permanente aux résultats qui prédomine. Les athlètes ne sont plus que des robots, gavés aux amphétamines.

    Très honnêtement, après tous les scandales impliquant le dopage, qui peut encore croire que les sportifs sont blancs comme neige ? De plus en plus, les responsables d’équipe font montre d’une ingéniosité hors de commun. Les produits qu’ils distribuent aux concurrents, « En toute innocence », sont de moins en moins détectables. Ce qui veut dire en filigrane, que leurs découvertes par les organismes de contrôle, interviennent l’année suivante. C’est génial non ? Oui bon…

    Les examens des laboratoires d’analyse portent aussitôt sur ces nouveaux produits. Mais les fabricants de la mort à petit feu ont déjà changé de méthode avec de nouveaux produits dopants ! C’est un peu le chat qui court après sa queue. À l’instar des tricheurs patentés, les personnels d’encadrement des athlètes ont toujours un coup d’avance. Ce qui revient à dire que l’apparente chasse aux sorcières n’est qu’un leurre. Tous les sportifs sont donc coupables de tricherie ? À quelques semaines des JO 2016, je vais commencer par les footballeurs.

    J’ai puisé mes renseignements sur les sites Doctissimo.fr et Dopage.com. Chacun peut donc à sa guise, vérifier l’authenticité et la véracité de mes propos. Comme bon nombre de mes compatriotes, durant de longues années, jamais, je n’aurais cru que les footballeurs eux aussi, puissent être gangrenés par le dopage. Hélas, la réalité m’a permis d’ouvrir les yeux et comme les petits copains, j’ai revu mon admiration à la baisse. Comment les joueurs font-ils pour se droguer ? Toujours selon Doctissimo.fr, voici quelques-unes des arnaques usitées par les sportifs :

    Glucocorticoïdes * Stimulants * Cannabis * Bêtabloquants * Diurétiques et agents masquants * Autotransfusion * Erythropoïétine (EPO) * Anabolisants et stéroïdes * Beta -2-antagonistes * Hormone de croissance La panoplie du parfait tricheur est non exhaustive bien entendu ! Car, comme je viens de le dire, d’une saison sur l’autre d’autres saloperies sont mises sur le marché. Comme l’écrit le rédacteur du dossier sur Doctissimo.fr : Parler de dopage dans le football n’est pas une mince affaire, tant dans ce domaine le monde du foot s’apparente au monde du silence. Néanmoins, périodiquement, plusieurs affaires éclatent au grand jour. Mais bien peu aboutissent à de réelles sanctions. De peur de tuer la poule aux œufs d’or, le spectacle continue vaille que vaille…

    Comme j’adore le faire, je transcris à présent l’URL qui conduit directement sur la page en question : http://www.doctissimo.fr/html/dossiers/sports/articles/9786-football-dopage-histoire.htm Là au moins, tout un chacun pourra à sa guise glaner les informations que je ne souhaite pas offrir dans le cadre de mon Essai. Néanmoins, pour étayer un peu plus mes propos, je relève à présent, succinctement, l’historique du dopage dans le football :

    1950 : Le Budapest Honved, considéré comme le meilleur club du monde, fut impliqué dans des problèmes d’amphétamines avec certains joueurs !

    1960 : Le Dynamo Berlin dopait ses footballeurs à leur insu !

     1970 : L’Équipe d’Allemagne, avec son capitaine, tricha en 1976, avec un nouveau procédé : l’autotransfusion sanguine.

    1980 : L’Allemagne, grâce au livre de Harald Schumacher « Coup de sifflet », ne peut plus dissimuler ses accointances avec l’éphédrine qui développe l’agressivité. On s’en souvient quand ce même gardien a failli tuer un joueur de St Étienne ; je crois qu’il s’agissait de Batiston (sous réserve). Toujours en 80, le club nantais proposait à ses joueurs avant les matchs, des « Piqûres de vitamines » un peu spéciales, selon José Touré.

    1994 : Diego Maradona est exclu de la coupe du monde, pour usage d’éphédrine.

    1998 : Deux joueurs italiens de Pérouse sont contrôlés positifs à la nandrolone dès la 2ème journée de championnat.

    2001 : Fernando Couto et Josep Guardiola, tout comme les internationaux néerlandais Edgar Davids et Frank de Boer, reconnus positifs à la nandrolone, n’ont écopé que de quelques mois de suspensions !

    À l’approche de la Coupe du Monde, la FIFA n’a toujours pas signé d’accord avec l’Agence Mondiale antidopage. Le début de relations houleuses entre les deux instances… Finalement, un accord est signé, il prévoit que les contrôles concerneront quatre joueurs qui seront tirés au sort, deux par équipes et par match durant la coupe du Monde 2002.

    2002 : En février 2002, deux cadres dirigeants du club de la Juventus de Turin se retrouvent devant les tribunaux, accusés d’avoir administré des médicaments dangereux pour la santé. Le procureur veut faire défiler à la barre près de 150 témoins, dont de très nombreuses gloires du football international. Convoqué à la barre, le Dr Jean-Marcel Ferret médecin de l’équipe de France, confirme que les joueurs évoluant en Italie prenaient régulièrement de la créatine entre 1995 et 1998.

    Autre révélation, la pharmacie du club italien abritait 281 types de médicaments, une quantité jugée « Incompatible avec une structure non sanitaire, mais plutôt la quantité dont devrait être doté un hôpital petit ou moyen ». La même année, Zinedine Zidane reconnaît avoir pris de la créatine à la Juventus, ce produit n’était pas interdit en Italie.

    Les 256 contrôles effectués pendant la Coupe du monde se révèlent tous négatifs. 

    2003 : Débutée à la fin des années 1990, l’affaire de dopage dans le football italien dite ironiquement « Affaire des veuves du Calcio » vient de connaître un nouveau tournant. Un rapport commandé par le procureur italien Raffaele Guariniello dresse un tableau pour le moins alarmant. Cancer du côlon, du foie, de la thyroïde, leucémie, sclérose… les anciens footballeurs professionnels italiens sont deux à dix fois plus fréquemment malades que le reste de la population.

    L’UEFA annonce qu’elle augmentera de 21 % cette saison le nombre de contrôles antidopage, y compris dans le football féminin et les tournois de moins de 19 ans.

    Le Président de la Fédération internationale de football anglais (FIFA) annonce qu’elle ne se conformera pas au code mondial antidopage de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA), préférant régler ses affaires à sa manière. Début d’un bras de fer qui durera plusieurs années…

    L’international anglais Rio Ferdinand oublie de se présenter à un contrôle antidopage.

    Les anciennes stars de l’Olympique de Marseille Tony Cascarino et Chris Waddle parle de piqûres de produits inconnus entre 1994 et 1996. Bernard Tapie dément.

    2004 : Le championnat italien propose cette année encore son lot de footballeurs convaincus de dopage : Al-Saadi Kadhafi (Pérouse), Mohamed Kallon (Inter Milan), et Manuele Blasi (Parme)… En Angleterre, Adrian Mutu est contrôlé positif à la cocaïne.

    L’entraîneur et manager du club d’Arsenal, Arsène Wenger, déclare lors d’un débat organisé à Bruxelles en 2004 qu’il y a des clubs qui dopent leurs joueurs à leur insu, je cite Mr Wenger : « Plusieurs joueurs sont venus à Arsenal d’autres clubs étrangers, dont les taux de globules rouges dans le sang étaient anormalement élevés. Le club peut dire au joueur qu’on lui injecte des vitamines et le joueur ne sait pas forcément qu’il s’agit d’autre chose ». Fin 2004, le président de la FIFA déclare qu’il n’y a pas d’EPO (érythropoïétine) dans le football.

    La même année, la première décision du tribunal turinois condamne le médecin du club Riccardo Agricola à une peine d’un an et 10 mois de prison pour fraude sportive. L’administrateur délégué du club, Antonio Giraudo, a été acquitté. Les conclusions du procès de la Juventus de Turin établissent l’usage « Quasi certain » d’EPO par Antonio Conte et Alessio Tacchinardi.

    2005 : Le défenseur international portugais de Middlesbrough, Abel Xavier est suspendu 18 mois pour un contrôle antidopage positif à un stéroïde anabolisant, le méthandienone.

    Début du procès en appel de la Juventus de Turin, qui débouchera finalement sur l’acquittement des deux accusés.

    La télévision italienne diffuse une vidéo dans laquelle on voit l’actuel défenseur de la Juventus de Turin Fabio Cannavaro en train de s’injecter un produit par intraveineuse, la veille de la finale de la Coupe UEFA entre Parme et l’Olympique de Marseille. Finalement, le produit injecté se révèle être du Neoton, un médicament tonicardiaque qui présente la particularité de ne pas être inscrit sur la liste des produits dopants interdits.

    2006 : Suite aux déclarations de Jean-Jacques Eydelie dans l’Équipe quant à l’instauration d’un dopage dans le club de l’Olympique de Marseille en 1993, Bernard Tapie attaque le journal et son ancien joueur en diffamation. Après trois ans de bras de fer et la menace de voir le football exclu des Jeux olympiques, la FIFA accepte de se conformer au code de l’Agence mondiale antidopage (AMA)… tout en conservant la possibilité de sanctionner au cas par cas. La FIFA édite une brochure sur le dopage « Lutte contre le dopage dans le football », lors de son 56e Congrès. Parallèlement, la FIFA annonce dimanche, que pas moins de 216 contrôles antidopage ont concerné des joueurs des 32 équipes qualifiées pour le Mondial 2006. Des contrôles qui se sont tous avérés négatifs. Le parquet de Turin se pourvoit en cassation dans le procès de fraude sportive de la Juventus de Turin.

    Pour le cyclisme, toujours sur le site Doctissimo.fr, chacun pourra suivre l’évolution de ce sport devenu à cause du dopage, la honte de l’humanité. Les scandales à la pelle, des fraudeurs par centaines, il me faudrait au moins cent pages pour relater les magouilles des tricheurs ; et des staffs surtout ! Vous verrez sur les sites de référence, en vôtre âme et conscience, jusqu’où l’être humain est capable d’aller. Qu’ils soient conscients ou non des produits dopants qu’on leur administre, les champions n’ont aucune excuse.

    Je me suis attardé sur le football dans mes recherches, car le 10 juin 2016 commençait la coupe d’Europe. Quels ont été les moyens mis en place pour éradiquer ce fléau de la drogue ? Je suis prêt à parier qu’un paravent de fumée va une fois encore, envelopper le public autant que les spectateurs dans un écran vaporeux et trompeur. Plus les compétitions sont tendues, plus les joueurs doivent être… « Détendus » !

    En aparté, en cette fin juillet, je ne peux laisser sous silence la sombre affaire impliquant les athlètes russes. Bon d’accord, les « Piquouzes », ils connaissent ! Cela voudrait-il dire que les autres Nations sont blanches comme neige ? Personnellement, je déplore que le verdict initial, tendant à exclure la Russie tous les sportifs Russes, ait été quelque peu « Revu à la baisse ». J’en arrive au point crucial à propos des dopages. Je dis bien DES dopages ! Car hélas, tous les sports sont pourris par les substances dopantes ; jusqu’aux chevaux dans les courses. À qui profite le crime ? À celles et ceux qui se remplissent les poches bien entendu. Je veux parler des « Sponsors » ! Ils ne se préoccupent de rien d’autre que la santé de leur portefeuille. La santé des victimes potentielles, alias les athlètes, ils s’en foutent comme de leur première liquette.

    Puisque tout le monde est conscient de ces tricheries avérées et que rien ne bouge, il faut qu’une décision unanime à l’échelon mondial soit prise. À savoir, ANNULATION pure et simple de TOUS les résultats sportifs depuis vingt ans ! Les « Champions » perdraient leurs titres, en même temps qu’ils devraient rembourser tout ou partie de l’argent gagné. À l’instar du coureur cycliste américain, destitué de tous ses titres sur le tour de France !

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    CHAPITRE HUITIÈME

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    « « LE QUIDAM » »

     

              Ben oui… Après un rapide tour d’horizon sur une partie des problèmes qui peu à peu, conduisent l’Humanité à sa perte, je ne voudrais pas oublier celles et ceux qui malgré eux, en sont responsables. Qui ne dit rien consent… Cet adage bien connu explique en partie le malaise qui ronge la société. Depuis des décennies, l’être humain a tendance à se replier sur lui-même. Manque de courage ? Peur de perdre son emploi ? Les raisons de ce mutisme sont aussi variées qu’imprévisibles.

    La course folle, qui entraîne les humains vers le fric, agit comme un rouleau compresseur sur ceux qui refusent de lutter. Des politiques jusqu’aux sommités du sport ou d’ailleurs, qui, parmi la base, n’a jamais éprouvé un sentiment d’injustice ? Sans parler de jalousie, l’iniquité devient de plus en plus handicapante pour le peuple. La grosse majorité des ouvriers, peine en se saignant aux quatre veines, pour boucler ses fins de mois. Alors que dans le même temps, les arrivistes et les spéculateurs ne savent plus où placer leur argent sale !

    Il y a de quoi je l’admets, sinon susciter des envies de vengeance, tout du moins ne plus avoir confiance en personne. Les beaux parleurs, tels les renards dans la fable de Jean de la Fontaine « Le corbeau et le renard », n’en sont plus à une hâblerie près pour séduire leurs victimes. Malheureusement pour eux, leurs pantomimes ne font plus rire personne. Je dirais même qu’il y a un réel danger. Si l’on n’actionne pas la soupape sur une cocotte-minute, il est aisé d’imaginer ce qui peut se passer. Et actuellement, j’en ai bien peur, l’humanité se trouve dans cette sorte de cocotte-minute. Malheureusement, c’est ce qui m’effraie le plus, la soupape a été soudée !

    Les malversations, les abus de pouvoir, les chantages ou autres harcèlements, font monter la pression graduellement. Le spectacle offert par les politiques, les magouilles des financiers et le comportement abject des « Supers patrons » avec leurs parachutes dorés, trop c’est trop. Il n’y a pas de problèmes sans solutions ; encore faut-il les chercher ! Face à ces dérives, l’isolement est sans doute la pire d’entre elles. Le repli sur soi, quasi généralisé, fait partie intégrante des « Plans » qui sont élaborés en secret.

    Les grèves, fomentées par les politiques et les patrons, via les syndicats, ne servent à rien d’autre qu’à amplifier le désarroi des ouvriers. D’où sporadiquement, les conflits musclés qui défrayent la chronique. Le récent mouvement lancé par les routiers, contre la « Loi travail » (17 mai 2016), ne sera pas une partie de plaisir pour personne. Pourtant, ces pauvres bougres, qui bossent parfois plus de cent heures par semaine, méritent bien de toucher leurs heures supplémentaires sans qu’elles soient réduites des trois quarts comme la « Loi » le propose et l’encourage avec un tel mépris.

    Quel que soit le conflit, ce qui est regrettable ce sont les débordements qui en découlent. Les casseurs sont au rendez-vous et les manifestations pacifiques, se métamorphosent en scènes de guerre urbaine. Les images que les médias diffusent avec délectation, montrent à quel point les policiers en ont ras-le-bol. Rester pendant des heures immobiles, à ramasser des pavés ou tout autre projectile sur la gueule, sans broncher, c’est du crime organisé. Les ordres sont transmis à retardement, les décisions sont prises avec hésitation, bref, les flics ne sont plus que des cibles à abattre. Selon moi, les médias portent la plus grosse responsabilité dans ces dérives. Dès lors où un voyou est passé à tabac par un policier excédé, même en légitime défense, là, les médias excellent dans l’art de manipuler l’opinion. C’est là qu’il conviendrait de réagir loyalement.

    Plutôt que jouer le jeu des médias, le peuple devrait soutenir les policiers. Personnellement, je redoute le pire. Un de ces jours, des drames auront lieu c’est presque inévitable. D’un côté le gouvernement qui semble se satisfaire de cette situation explosive, et de l’autre les médias qui jettent de l’huile sur le feu en permanence.

    Pourquoi se contenter des versions bidon fournies par les autorités ? L’individu n’est donc plus en mesure d’appréhender la réalité, autrement qu’au travers des directives imposées ? Je me souviens d’une contre-manifestation favorable au Général de Gaulle en soixante-huit. Après des journées de violence inouïe, de barricades et de saccages aveugles et cruels, qui ont failli pousser le Général au renoncement, c’est le peuple qui a renversé la vapeur. Si l’on frôle aujourd’hui un second mai 1968, le peuple aura-t-il le même courage ? Là, j’en doute.

    Que ferait cette minorité de branleurs, face à une masse populaire bien décidée à mettre un terme à ces massacres ? Les casseurs seraient-ils soutenus par quelques politicards véreux ? La plupart des voyous sont connus des forces de police. Pourquoi ne pas les arrêter et les mettre en prison ? À quel niveau se situe l’obstacle qui verrouille le processus judiciaire ? Plus de trois cents policiers, plus ou moins gravement blessés en quelques mois, cela n’est donc pas suffisant pour susciter un regain d’orgueil ? Le gouvernement, qui s’acharne à maintenir la « Loi travail » à l’origine de ces violences, ne reculera pas, Hollande l’a encore affirmé récemment. Attend-il qu’il y ait des morts pour faire semblant de réagir ? C’est bien ce qui a failli se passer le 18 mai dernier, quand les assassins en herbe s’en sont pris à un équipage de police, prisonnier dans leur voiture.

    On parle d’actes criminels, passibles des assises. Bravo ! Encore faut-il que les actes suivent. Personnellement, j’y ajouterai une complicité passive du gouvernement ; qui devrait être réprimandée au même titre que les loubards, ayant tenté d’assassiner les deux policiers.

    Quand on est à ce point impopulaire comme Hollande, plutôt que faire profil bas, non, on accumule les conneries ! Il est déjà en campagne pour 2017, le doute n’est plus permis ; le lapsus radiophonique qui lui a « Glissé » des mains est un aveu majeur. Comme quoi, ses promesses de donner sa réponse à la fin de l’année sont nulles et non avenues.

    Le chômage, il n’en a rien à cirer. Alors puisqu’il se moque de nous, pourquoi ne pas brandir le spectre de la destitution, comme lui brandit celui du 49-3 ? Il suffirait, comme le permet la Constitution, qu’il y ait au moins cinquante et un pour cent des électeurs, pour demander la destitution de Hollande auprès du Conseil Constitutionnel.

    C’est là que le bât blesse ! Le quidam dispose d’une arme infaillible, silencieuse et non agressive, pour remettre l’église au cœur du village. Le malaise de la société, et de l’humanité qui la compose, se situe à ce niveau essentiellement. Le manque de courage tout simplement. Facile de se retrancher dans son mutisme en jouant l’autruche.

    Assumer ses responsabilités c’est autre chose. À quoi cela sert-il de lever le poing dans les manifestations, en scandant les conneries qui sont imposées par les syndicats ? Cette forme de lâcheté contribue à la dégénérescence du genre humain. Refaire le monde entre copains en buvant l’apéro au coin d’un comptoir, n’est de loin pas la solution non plus. Signer des pétitions dénuées d’intérêt, c’est une perte de temps et un engagement illusoire.

    Je sais, ce n’est pas agréable de se faire tirer les oreilles, mais cela vaut mieux qu’entendre les canons tirer leurs obus sur des milliers d’innocents. C’est bien ce qui me fait peur en effet. Car au train où vont les choses, le laxisme d’un côté et l’absence de conviction de l’autre, font que le mélange explosif est prêt à agir. Il suffira d’une dernière étincelle, pour transformer les victimes en confettis.

    Le manque d’organisation des forces de l’ordre, opposé à la détermination des casseurs, amplifie les effets dévastateurs redoutés. Une fois la bombe amorcée, comme en 68, le peuple va réagir. Sûr que les comportements du quidam, seront bien plus violents que ceux que l’on reproche aux policiers. Hollande et sa clique, auront-ils le courage d’assumer leur responsabilité ? Là, je me marre en silence ! Arrivé à ce niveau de déchéance, Hollande aura le choix : partir de lui-même, ou être viré par la force.

    Si ce scénario se produit, les gens comprendront peut-être alors, l’exaspération des flics qui ne sont que des hommes. À force d’être insultés, pris pour cible en permanence, les excès sont prévisibles. Une fois encore, ces médias avides de sensation auront la part belle pour faire monter les enchères. Voir les casseurs en train de massacrer un policier à terre, c’est devenu banal. Voir ce même policier péter un câble et évacuer son trop-plein de colère sur un « Pauvre » casseur, là, c’est du sensationnel et les spectateurs, oubliant la détresse des forces de l’ordre, revendiquent aussitôt leur haine envers les policiers. C’est là qu’il conviendrait de relativiser la situation. Puisque les médias, bras armés du gouvernement, manipulent les esprits, pourquoi tomber dans les mailles de leurs filets ? Quel intérêt de faire croire que l’on est hostile à Hollande, tout en cautionnant ses magouilles ?

    Diviser pour mieux régner, cela interpelle-t-il encore quelqu’un ? En braquant l’opinion contre les forces de l’ordre comme il se plaît à le faire, la majorité des citoyens tombe dans le panneau. Sortir de l’impasse c’est impossible actuellement, le gouvernement le sait bien. En dépit des fadaises aussi puériles qu’artificielles lancées par Hollande, du style « La France va mieux », les effets soporifiques sont très limités.

    Le drame c’est que l’ensemble du gouvernement paraît baigner dans cette béatitude juvénile. Il y a bien ça et là quelques réfractaires, mais personnellement, je les qualifie de faux culs hypocrites. Ces effets de manche n’ont pour but que détourner l’attention des électeurs. En faisant croire qu’il existe des politiques à l’écoute du peuple, les plus vulnérables d’entre nous se font avoir. Le but à atteindre par ces « Dissidents » de pacotille, étant de récupérer les voix des déçus de la droite avant tout. Le moment venu naturellement, l’union se fera à gauche derrière Hollande.

    Contrairement à la droite, où là, on assiste à une véritable mise à mort des candidats les plus en vue, la gauche étale au grand jour son hypocrisie légendaire. Comme en deux mille douze, les « Rivaux » d’hier deviennent des « Alliés », au moins le temps d’une élection. Après… À moins d’être aveugle, ou de mauvaise foi ce qui est plus juste, le naturel revient au galop ! Chacun reprend ses billes et les électeurs comptent les points. C’est là qu’il faudrait se montrer plus adulte et responsable.

    Personne ne peut s’arroger, ne serait-ce qu’en pensée, d’être supérieur aux autres. Ce qui différencie les individus, c’est la faculté de chacun d’analyser avant d’agir. Facile de voter pour untel ou untel, en fermant les yeux sur les arnaques dont il est friand. Les légendaires et hypocrites « Promesses » dont les politiques nous gavent en permanence, devraient être des signaux clairs de leur incapacité à gouverner.

    L’honnêteté, la franchise, la cohérence et la lucidité ne sont que des leurres. Que faudrait-il faire pour que les « Gobes mouches » réagissent enfin ? J’entends par gobes mouches, celles et ceux qui avalent toutes les conneries diffusées, comme étant parole d’Évangile. Je développe le sujet plus à fond dans mon Essai : « PPA ». Comme nourriture spirituelle, il y a mieux ! Un peu de dignité dans les choix que nous avons à faire, ce serait un grand pas de fait. L’Humanité s’appauvrit de jour en jour, chacun en est plus ou moins conscient. Hélas, en se retranchant derrière une aphasie de plus en plus marquée, personne ne cherche à sortir de l’ornière.

    C’est un peu trop facile de dire que l’on ne peut rien faire, en se contentant de regarder d’un œil demi-fermé ce qui se passe autour de nous. Et ce qui se passe précisément, n’est pas beau à voir. Les grèves à répétition, les manifestations génératrices de violence aveugle, plus ou moins fomentées par les politiques eux-mêmes, ces dérapages sont les prémices de lendemains encore plus cinglants. Plutôt que se demander qui est responsable de ces conséquences dramatiques, pourquoi ne pas se poser les vraies questions ? Que fait le gouvernement pour endiguer ces épiphénomènes de violence aveugle ?

    Il attend tout simplement que le peuple réagisse fermement comme en soixante-huit. Faute de courage à réagir, et surtout d’incapacité d’agir, Hollande compte les points. Le jour où le bâton de dynamite va péter, il sera aux anges ! Tel un nouveau-né, blanc comme neige il nous sortira le grand jeu de la tristesse en déplorant les centaines de morts. Qui nous dit que ces casseurs ne sont pas téléguidés pour préparer une sorte de guerre civile ? Ce schéma est encore plus visible de l’étranger. D’un côté les politiques et leurs magouilles, de l’autre un peuple aux abois, prêt à passer à l’acte.

    À l’instar du monde en général, l’imminence d’un conflit est de plus en plus crédible. Tous les États arment leurs militaires comme jamais. Aviation, marine, armée de terre, la course vers la superpuissance est engagée. Tôt ou tard, j’en ai peur, il va y avoir une étincelle, un déclic qui mettra le feu aux poudres. Et si cette étincelle venait des États-Unis, si par malheur le candidat Trump battait la Clinton ? Beau programme en perspective ! Quand on connaît les risques potentiels venant des USA, j’espère que les citoyens américains ne tomberont pas dans le piège qui leur est tendu.

    Pourquoi un tel marasme mondial ? Certes, les pays « Dits » sous-développés, sont plus enclins à faire des gosses qu’à travailler. À qui la faute ? Aux habitants eux-mêmes qui n’ont rien d’autre que la haine à leur encontre ? Ou aux pays s’immisçant de plus en plus dans leur quotidien ? Le pétrole, les métaux précieux ou autres richesses, sont abusivement exploités par les spéculateurs. Pour mieux exploiter ces richesses, les requins s’arrangent pour faire partie les populations. Relisez mon poème «  L’ORPHELIN » pour mieux suivre le schéma.

    Est-ce vraiment parce que la planète est surpeuplée comme les médias le ressassent à longueur de temps ? Il n’y a pas que cela bien entendu. La réalité a un visage beaucoup moins noble. En effet, à force de planquer du fric à droite et à gauche, la liquidité va bientôt manquer. En dépit des excuses bidon pour justifier ce déséquilibre, c’est l’argent sale le dénominateur commun. Si un couple dispose d’un budget quotidien normal, même étriqué c’est vrai, en s’y tenant, il s’en sort. Savoir se limiter et se contenter du minimum, c’est hélas ce qui fait défaut à la grosse majorité des citoyens.

    Mais si ce même couple décide de « Faire des économies » en mettant une partie de son budget de côté, que va-t-il lui rester pour manger ? C’est exactement ce qui se passe à cause de l’argent sale planqué dans les paradis fiscaux. La pénurie de liquidité dont souffrent toutes les Nations, est bel et bien provoquée par le manque irréversible de billets en circulation. Malheureusement, les gouvernants se gardent bien de le reconnaître ! Tout heureux qu’ils sont de toucher leurs « Dividendes » des mains corrompues. Que les peuples agonisent et crèvent de faim, c’est bien le cadet de leurs soucis !

    Tout comme je le préconise pour les milieux sportifs, il conviendrait de faire de même pour les politiques. Virer toutes celles et ceux qui occupent le devant de la scène depuis plus de vingt ans et élire par le peuple les nouvelles têtes. Comme le Général voulait le faire en 1958 en sollicitant l’article 13 de la Constitution. Autrement dit, le chef de l’État a les pleins pouvoirs et il peut dissoudre tous les partis, associations politiques et autres mouvements anarchiques. Ce serait un bon début. Oui, mais pour cela, il faudrait disposer d’un vrai président, capable d’assumer ses responsabilités sans trembler. Là, je rêve !

    Pour élire un nouveau président, cela devrait être un jeu d’enfant. Chaque région élirait son représentant local. Ces mêmes représentants, à Paris, désigneraient celui ou celle qui serait digne d’être Président. Les élus locaux, seraient considérés comme des « Vice-présidents, siégeant dans leur commune respective, autant qu’à l’Assemblée. L’équivalent actuel des députés. Au contact de leurs administrés, ils seraient à leur écoute en permanence. Tous les projets indispensables à la commune seraient regroupés par le Vice-président et remontés au Président. Un homme ou une femme du terroir, choisi par les siens, qui sauront de quoi il parle ; et non un parachuté pistonné !

    Aux côtés du Président, un Président adjoint, aidé d’un secrétariat, ayant en charge l’étude des projets qui lui seraient transmis. En fonction des priorités Nationales, chaque région pourrait ainsi gérer au quotidien, tous les besoins de leurs communes. Pas besoin d’attendre qu’une « Loi » plus ou moins débile soit pondue, ou qu’un budget soit supprimé au profit d’un ami de son ami, par le gouvernement.

    Le Vice-président local, tous les mois, proposerait au peuple les réalisations les plus urgentes. Je suis certain que tous les habitants auraient à cœur de répondre au questionnaire proposé. C’est cela, valoriser les individus ! Une école, un gymnase, un musée ou Dieu sait quoi, les besoins et les priorités ne sont pas les mêmes d’une région à l’autre, d’une commune à l’autre. Chaque région disposerait de son budget, en fonction de l’urgence des travaux plébiscités par les habitants. Plus les individus auront le sentiment de servir à quelque chose, plus ils prendraient goût à la politique de la région. Les rebelles d’aujourd’hui deviendraient des partenaires à part entière.

    Je me moque de ce que murmurent les indécis, dans le silence de leur aphasie. Les injustices, le laxisme des pouvoirs publics, tout ceci m’irrite au plus haut point. Néanmoins, il appartient à chacun d’ouvrir les yeux. Chaque citoyen a des droits constitutionnels, trop souvent ignorés. Je vois mal Hollande en train d’énumérer lesdits droits, en commençant par celui de le virer de son poste. Pas folle la guêpe ! Pourtant, il existe un peu partout des cabinets juridiques, offrant de temps en temps des entretiens gratuits. Combien de citoyens osent franchir le pas ? Ce n’est plus de la simple peur, mais une véritable psychose qui s’empare du peuple.

    Le doute et l’anxiété d’un côté, les dangers de plus en plus présents mettant la France en péril, sont les critères les plus significatifs de cette descente aux enfers. Lentement mais sûrement, notre beau pays s’étiole. Les siècles d’histoires, de valeurs et de grandeur, peu à peu disparaissent derrière un écran de fumée. Les magouilles, les malversations deviennent des langages courants. L’honneur, la dignité, l’équité, sont lentement propulsés dans un néant glacial. La jalousie, la médiocrité, sont les « Valeurs » les plus représentatives de cette déchéance.

    Pour gravir quelques marches et se hisser sur le podium des aberrations, certains individus écraseraient père et mère. Beaucoup de gens j’en suis presque sûr, partagent mon point de vue. Il ne faut pas se contenter de gémir, arguant de ne rien pouvoir faire. Et pourtant !... Nul besoin de prendre les armes, de s’abstenir aux élections pour avoir l’impression d’exister. Déjà, il conviendrait de boycotter tous les « Votes » pour les candidats dans toutes les émissions télé. Votes qui par définition, ne sont que duperie et arnaque. Ensuite, abandonner pendant quelque temps tous les tirages de loterie ou courses de chevaux. Le fric récolté ne sert qu’à grossir les caisses de L’État ; après avoir copieusement rempli les poches des plus véreux.

    Résister autant que faire se peut, aux tentations suscitées par les requins de l’habitat ou de l’ameublement. Refuser d’acheter à crédit sans y être obligé. « Achète aujourd’hui et paye dans six mois » ! Tout le monde connaît ce principe frauduleux, mais largement usité. C’est vrai, il est très dur de ne pas se laisser tenter quand on vit au ras des paquettes. Il suffit de faire un choix, avant de tomber dans le piège de la surconsommation. Est-ce que le plaisir d’acheter vaut mieux que les injonctions de payer qui en découlent et vous menacent ? Entre un téléviseur dernier cri et l’huissier, je préfère garder ma vieille télé !

    Tout est mis en œuvre pour pousser le citoyen à la faute ; et ça marche ! Les agioteurs jouent sur la corde sensible des individus. Cette corde sensible, n’en déplaise à certains, c’est avant tout une forme d’égoïsme. Avoir le dernier modèle en tout… Posséder une belle voiture… Ou pire, vouloir à tout prix sa maison, il conviendrait de freiner ses pulsions en revenant à la sagesse. (Suite sur le livre)

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    Ragots & Rumeurs : ou l'apanage des faux-culs

     

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    RAGOTS & RUMEURS

    ou l'apanage des faux-culs

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    Préface :

    Qui n’a jamais entendu un racontar visant à nuire à une personne ? Mesquines ou le plus souvent débiles, ces attaques perverses aboutissent trop souvent sur un drame. Il n’y a que leurs auteurs qui en jouissent. Sont-ils à ce point naïfs ? Loin de moi cette éventualité. Ils savent qu’ils font du mal et sont programmés pour détruire. C’est une sorte de jeu morbide, auquel ils s’adonnent avec délectation.

    Au-delà de ces comportements restrictifs, qu’ils arborent dans le silence de leurs forfaitures, les effets sur leurs victimes sont loin d’être anodins. Dépressions, divorces, isolement, les conséquences métamorphosent les cibles qu’ils ont choisies en véritables loques. Si ces hermaphrodites dépourvus de dignité peuvent assouvir leurs exactions, c’est avant tout grâce aux inconscients qui les colportent. À l’instar d’un incendie, éteint quelques secondes avant qu’il ne se propage, les rumeurs n’auraient aucun impact si personne ne leur accordait le moindre crédit.

     °°°°°°°°°°

    CHAPITRE PREMIER

    « « Qui sont les coupables ? » »

    °°°°°°°°°°

    Déguisés en madame et monsieur tout le monde il est très difficile de remonter jusqu’à celui (ou celle) à l’origine d’une rumeur libidineuse. Méchanceté exacerbée ou débilité chronique, la panoplie des sources est inépuisable. Même si parfois, les auteurs prennent conscience des risques potentiels de dérapage, ce n’est pas pour autant qu’ils feraient marche arrière. À ce degré d’inconscience, on frôle la folie ! Où se cachent donc les auteurs des ragots destructeurs ? Bien à l’abri derrière leur lâcheté avant tout. Quel spectacle jouissif à leurs yeux, que de voir souffrir un individu.

    C’est en tout cas la synthèse que j’ai pu extraire des nombreux récits, que les Internautes m’ont fait parvenir dès janvier 2014. À l’écoute des gens autour de moi, j’ai eu envie de témoigner par le truchement de cet Essai, des souffrances inouïes que les victimes de ces attaques sournoises, hommes ou femmes, subissaient ou avaient subies. Grâce aux visites sur notre site, dynavie.com, parmi les dossiers les plus visités figurent les dossiers brûlants ; ceux réservés aux dossiers du cœur sont appréciés certes, mais moins générateurs de réactions.

    Sans vouloir mettre le doigt sur ce qui blesse et qui irrite le plus, parmi les nombreux spécialistes de ce genre d’exercices, certains médias arrivent en tête. À l’affût de la moindre exclusivité, ils n’hésitent pas à jeter le discrédit, voire l’opprobre, sur un individu. Soutenus abusivement par la « Protection » de leurs sources, bien avant la justice, ils conduisent un présumé coupable au pinacle du déshonneur. Ce qu’il advient après ces accusations outrancières ne les effleure même pas. Combien de suicides ont jalonné ces dernières décennies ? Instituteurs, ouvriers, agriculteurs, la liste non exhaustive serait trop longue à transcrire.

    Que ce soit à la radio, à la télévision ou dans la presse écrite, à longueur d’année les rumeurs les plus abjectes sont véhiculées. Cette frange outrancière de journaleux se délecte en alimentant les ragots par leur venin. Plus la pseudo information est infondée, plus ils prennent un malin plaisir à en attiser le souffle destructeur. Moralité, en moins de vingt-quatre heures, un être humain se trouve cloué au pilori. Le plus dur ensuite, étant de faire taire les ragots.  Si tant est qu’il soit permis de le faire !

    Après les médias, je classe en second (ou en premier c’est selon), ces « Chers » banquiers. Viennent ensuite la plupart des hommes politiques. À ce stade de l’Essai, je dresse l’essentiel de l’histoire. Nous en reparlerons plus intensément plus loin. Je ne vais pas oublier dans cette liste (non exhaustive), les plus vicieux et sans nul doute les plus nombreux. Ce sont les « Faux-culs ». Vous savez, ceux qui, avec une idée en tête bien précise, se prétendent de vrais amis ! Si ces quatre axes sont les plus coutumiers, il ne faut pas perdre de vue les nombreuses erreurs que nous commettons quotidiennement. Néanmoins, je relate en premier les exactions commises par ces individus, qui émergent massivement des témoignages reçus ; et dire que je pensais être le seul ! L’on peut se demander si ces manipulations de l’esprit s’arrêteront un jour.

    Je commence par nos propres erreurs de discernement. Avec naïveté le plus souvent, il nous arrive de « Confier » nos malheurs à qui veut bien l’entendre. Un petit coup de blues, au demeurant anodin, peut prendre des proportions dramatiques. Ce point de départ est à lui seul un gouffre dans lequel les oreilles malveillantes s’engouffrent avec plaisir. Les fameux et éternels « Ragots de comptoir » ouvrent en grand la boîte de Pandore. Où que l’on soit, il ne faut pas négliger l’adage qui prévient que les murs ont des oreilles ; comme quoi, je n’invente rien !

    Pour clore cette description relative des origines plus ou moins connues des rumeurs, je ne peux pas minimiser les risques majeurs gracieusement « Offerts » sur Internet. Tous les sites dits sociaux sont une mine d’or pour les atrophiés du cerveau. Il ne se passe pas une semaine en effet, sans qu’un scandale ne soit monté en épingles par certains médias ; toujours les mêmes !

    Il faut savoir que le niveau de « Sécurité » de chaque serveur est tout simplement dérisoire, voire obsolète. N’importe quel Internaute un peu doué peut franchir les remparts derrière lesquels nous pensons être à l’abri. En y ajoutant les confidences naturelles entre amis, l’on comprend mieux le degré de vulnérabilité qui nous expose. Autrement dit à chaque minute de connexion sur Internet, ou sur les messageries, nos inconvenantes « Confidentialités » deviennent des bibles à ciel ouvert. Si je m’en réfère aux courriers reçus, statistiquement parlant une personne sur deux est exposée malgré elle. Je parle au nom de la majorité des Internautes dignes de ce nom bien entendu.

    Les autres malheureusement, fustigent avec délectation le bien-fondé d’Internet. Les liens authentiques qui se tissent à travers le monde effacent les frontières. Dommage que cette majorité respectable subisse les écarts des farfelus qui, sans même en être conscients, dénaturent l’essence même du mot communication. Personnellement, j’interdirais l’accès à ces réseaux aux moins de dix-huit ans. Oui bon… Là, je rêve bien entendu, car le fric généré est bien trop conséquent pour se priver de cette manne financière !

    Reste la discrétion qui depuis la nuit des temps est la parade la plus efficace, contre ce genre de filouterie. Pour vivre heureux vivons cachés n’est-il pas vrai ? Hélas trois fois hélas en dépit de la sagesse la plus subtile, chaque jour nous sommes victimes de piratages de données : Courriel, téléphone, tablettes, tout est intercepté par certaines grosses agences d’espionnage. Les récents scandales impliquant les États-Unis en sont une preuve flagrante. Faut-il envisager de recourir aux pigeons voyageurs pour transmettre nos messages ? Gag… J’en connais quelques-uns qui seraient capables de placer des micros sous les ailes des volatiles !

    Pourquoi certains individus s’ingénient-ils à déformer la réalité au profit d’un spectre machiavélique ? Quels sont les avantages qu’ils espèrent en tirer ? Ne serait-ce pas une forme d’addiction ? L’alcoolisme, le tabagisme, le jeu, la pédophilie j’en passe et des meilleurs, sont considérés comme des maladies. Pourquoi ne pas obliger l’auteur d’une fausse rumeur ou d’un canular parfois cruel, à se soumettre à un traitement ? Pour ma part, j’opterais volontiers pour une forme plus radicale, sous forme « D’arrangement amiable » entre la victime et son bourreau. Oui, je sais, on ne doit pas se faire justice soi-même. Qu’un abruti vienne faire du mal à ma petite femme et il verra ce qu’il adviendra. Quant à ceux qui font tout pour me détruire, étant donné qu’ils parlent dans mon dos, ils ne s’adressent qu’à mon cul ! La meilleure façon que j’ai de leur répondre, c’est de lâcher une bonne caisse en pensant à eux.

    Le « Profil génétique » des sources potentielles de ragots et de rumeurs est loin d’être complet. Il est largement perfectible. Néanmoins, ce sera ma base de travail pour étayer mon point de vue sur ce que je considère comme un véritable fléau humanitaire. Tous les témoignages convergent sur la conclusion logique d’un ras-le-bol notoire. Seulement, voilà, QUI oserait s’insurger avec véhémence contre des fantômes ? Tapis dans l’ombre de leur trahison, les auteurs de ragots sont invisibles. Sitôt la rumeur en route, ils s’éloignent en silence.

    Difficile de condamner ces lâches, qui s’abritent derrière l’anonymat pour ruiner la réputation d’un individu. Courageux, mais pas téméraires, évitant les représailles, les fossoyeurs de l’humanité ne peuvent agir que par-derrière. Par devant c’est vrai, ils risqueraient de perdre leurs dents ; dans le meilleur des cas ! C’est tellement plus grisant pour eux de s’exciter tels des obsédés, à l’idée de faire du mal à un être humain. Suivant l’évolution à distance, avec souvent un rictus narquois, ils n’hésitent pas à mettre de l’huile sur le feu. Allumant d’autres foyers, pour être certains que la rumeur atteindra bien son objectif et aboutira au but fixé, ils peaufinent l’éclat recherché. En toute circonstance, la pondération demeure une protection majeure. J’en reviens au colportage des ragots et des rumeurs.

    À l’instar de toutes les personnes sensées, ce que j’entends rentre par une oreille et s’échappe aussitôt de mon esprit. Autrement dit, je n’accorde aucun crédit à tous celles et ceux qui gracieusement, « M’informent » des comportements suspicieux de certaines de mes relations. Mieux que ça, je dis haut et fort à ces apprentis « Messagers » providentiels que je vais aviser les coupables présumés. Là, les affirmations s’étiolent au profit du doute : « En fait, il me semble bien qu’il ait dit ça ». Tu parles. Si tout le monde faisait comme ça, les rumeurs étoufferaient aussitôt.

    En attendant, compte tenu du niveau de crédulité ambiant, les faux-culs ont encore de beaux jours devant eux. Aucune nation n’est épargnée. Pour les deux qui comptent pour moi, à savoir la France et la Suisse, le niveau de rumeurs est le même. La naïveté de celles et ceux qui se métamorphosent en relayeurs est identique. Par expérience, je dirais que ce qui motive les faux-culs, c’est la jalousie. Pointer le bout de son nez quel que soit le domaine, ne peut que susciter ces déferlements d’attaques insidieuses.

    C’est en tout cas ce qu’il ressort d’une synthèse que j’ai étoffé depuis près de trente ans ; dont la plupart passés en Suisse. Je veux bien exclure la méchanceté, au profit de la connerie chronique qui caractérise les auteurs de ces apostrophes. Pour ce qui concerne les « Diffuseurs » de tous les ragots, je déplore leur manque de discernement. Répéter à brûle-pourpoint ce qu’ils entendent sans même chercher à savoir si c’est justifié, relève de la niaiserie pure et simple. N’ont-ils jamais joué au jeu de la « Phrase à reconstituer » ? Le meneur raconte une phrase courte au premier de la chaîne. Celui-ci répète ce qu’il a entendu au suivant, ainsi de suite.

    Le résultat est édifiant ! Quand le dernier joueur clame à haute voix ce qu’il a entendu, le résultat est pitoyable. La phrase originelle est devenue une parodie dénuée de sens. Vous en doutez naturellement ? Alors à vous de tenter l’aventure avec une bande de copains à qui vous pourriez dire au premier maillon : « Il fait beau ce matin, le soleil brille »… Dans le meilleur des cas quand le dernier participant clamera à haute voix ce qu’il a cru entendre, vous pourriez vous bidonner en entendant : « Ce matin le veau est passé sur le gril ». Oui, je sais, je pousse le bouchon un peu loin. Quoi que… Je me suis tellement amusé avec ce jeu, qu’il est impossible d’anticiper sur le résultat final. Il faut tenir compte bien entendu, des plaisantins dans le groupe, qui eux, déforment la phrase initiale. Mais en gros, le bilan est révélateur.

    Le principe de diffusion des ragots et rumeurs est identique. Sauf que les conséquences sont souvent dramatiques. Plus la chaîne entre l’auteur et le dernier maillon (c’est-à-dire la victime), est étendue, plus la déformation initiale est lamentable. Moralité, alors qu’il (ou elle) est innocent (e), du jour au lendemain ses amis proches lui tournent le dos. Car ils ont intercepté la rumeur en amont sans broncher, ce qui conforte le degré de stupidité dont ils sont atteints.

    C’est ça les amis ? Vrai ou faux quand on se prétend proche d’une personne, il conviendrait de l’informer de ce qui se trame. D’accord, c’est très souvent délicat. Néanmoins, il vaut mieux prendre le risque de faire souffrir pour rien, plutôt que de laisser la gangrène se répandre. Il n’y a pas de fumée sans feu, nul ne peut le contester je l’admets. Un mot maladroit, un geste déplacé, même sans intention de nuire, peuvent déclencher les hostilités. Les loups sont aux abois et s’empressent de faire circuler les rumeurs. Sans oublier de narrer ce qu’ils ont entendu à leur façon ! Et c’est parti mon kiki. Le poison s’infiltre au fil des jours. Les ragots pareils à un tsunami déferlent au gré de leurs progressions en direction de leurs victimes. Les murs ont des oreilles, ne le perdons pas de vue. Sans pour autant sombrer dans la parano, en imaginant des micros partout, moins on étale ses secrets plus on les préserve.

    J’admire les personnes qui, stoïques, paraissent indifférentes à ces attaques. Le sont-elles vraiment ou n’est-ce qu’une illusion ? Si je m’en réfère aux témoignages reçus, l’indifférence est prohibée pour les neuf dixièmes des personnes ayant accepté de me confier leur histoire. Anonymement bien entendu, les faits évoqués m’ont bouleversé. D’où l’idée de me lancer dans cette aventure. De la petite blague à deux balles au complot destructeur, la panoplie est étendue. L’imagination des auteurs de ces rumeurs est tout simplement démoniaque. Ce qui émerge par-dessus tout, c’est la jalousie.

    J’assimile la jalousie, à celles et ceux qui ont toujours la gueule ouverte pour critiquer. Rien n’est assez beau pour eux. Mais ils se gardent bien de proposer autre chose de constructif. Ce qui peut conduire à une forme de reniement morbide ; pour finalement déboucher sur les ragots puis les rumeurs qui ruinent une réputation. La jalousie devient haine et sans aucun motif apparent, aboutit aux exactions les plus cinglantes. Être envieux, c’est tout à fait légitime et compréhensible. La part de rêve que cela implique dans l’esprit des personnes n’a rien à voir avec le passage à l’acte. Qui n’a jamais rêvé d’avoir de l’argent à profusion ? Qui n’a jamais envié telle ou telle vedette pour sa notoriété ? Plus les gens sont dans le besoin, plus l’attirance vers la gloire devient inévitable. Tant que cette attirance demeure placide, il n’y a aucun risque de dérapage.

    Est-ce pour autant qu’il viendrait à l’idée de ces rêveurs d’un jour, de jeter l’opprobre sur celle ou celui qu’ils envient ? Ce qui revient à dire que ceux qui se délectent dans les fausses rumeurs sont avant tout des malades du cerveau. En gros, il leur manque un grain. Il faut tenir une sacrée couche de connerie, pour se satisfaire des conséquences souvent irréversibles, engrangées au fil des jours dans le cœur des victimes. Que dire de ceux qui, innocemment sans doute, ne font rien pour enrayer le mécanisme diabolique dont ils sont sans le savoir, les principaux complices ? La candeur ne justifie pas tout. Il faut de temps en temps se remettre en cause et revenir sur terre. Quelles sont les sanctions prises par la justice, quand un de ces hurluberlus est pris la main dans le sac ? Les mots diffamation ou autres délations ont-ils à ses yeux la moindre signification ?

    À en croire les différents reportages, visiblement la justice ne fait RIEN ! On enferme un alcoolique, pourquoi ne pas emprisonner ces fouteurs de merde ? Qui se préoccupe de l’état de santé des victimes ? Dans cet isolement moral, dans lequel la personne qui est « Visée » se trouve, ce n’est pas la justice qui va s’en préoccuper c’est certain. Au lieu de « Conseiller » aux souffres douleur de se faire soigner, elle ferait mieux de guérir sa déontologie. Il est tellement plus facile de traiter de lâche une personne qui se suicide à cause de ces rumeurs ! En attendant, les chiffres sont alarmants, surtout chez les adolescents.

    Dès la première émission de la rumeur, autrement dit en amont (le début de la chaîne à laquelle je fais allusion), la spirale est enclenchée. Selon l’ampleur de cette dernière et son niveau d’animosité, elle mettra des semaines, des mois, voire des années à se balader de bouches à oreilles. Plus elle s’éternise, plus les effets escomptés sont dramatiques. Les auteurs ne restent pas indifférents. Dans l’ombre de leurs méfaits, ils suivent sournoisement l’évolution. Telle une traînée de poudre, la rumeur s’enflamme au fur et à mesure qu’elle est propagée. Encore une fois, s’agissant d’une simple blague, graveleuse ou pas, l’impact sera limité. En général, les auteurs ne se cachent pas. Après tout, une boutade n’a jamais tué qui que ce soit... (À suivre)

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    CHAPITRE DEUXIÈME

    « « Manipulations et conséquences » »

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    Je commence par les médias corrompus, pour une raison évidente de manipulation chronique. Ils sont imbattables dans ce domaine. Les informations qu’ils distillent avec un tel machiavélisme sont autant de bombes à retardement. Retranchés derrière leurs sacro-saintes « Protections des sources », plus rien ne les arrête. Plus la rumeur habilement diffusée est aussi grosse que leur bêtise, plus le quidam mord à l’hameçon. Je croyais naïvement que seul le premier avril était réservé aux canulars. Que nenni !

    Avec ces fouteurs de merde, c’est tous les jours qu’ils déblatèrent leurs niaiseries. Ils ne sont pas légion pourtant, à se livrer à de telles outrances. À ma connaissance, il n’y a qu’une dizaine de torchons spécialisés dans la démolition systématique ; je parle pour la France, car en Suisse je n’ai aucune connaissance en ce domaine. Bien que de temps à autre, un scandale arrive à percer et n’amuse guère les citoyens. Les honnêtes gens sont quand même plus nombreux à s’insurger, ce qui me rassure. Dommage que ce soit individuellement, dans le silence de leur mutisme et non en masse pour dénoncer les abus. Manque de courage ou peur d’être pris pour cible à son tour ? Pourquoi ne pas s’inspirer du gigantisme de la manifestation populaire, après les assassinats au journal satirique « Charlie Hebdo » et dans « L’hyper Cacher » ? Par millions dans le monde et en France, le peuple a exprimé son indignation. Il suffirait, toute proportion gardée, que les citoyens s’insurgent contre les auteurs de rumeurs et de ragots, pour que des décisions radicales soient prises.

    Aux plus craintifs, je peux dire que les journaleux de ces médias ne sont que des êtres humains, sans plus. En parlant ainsi de cette catégorie de médias, je m’expose… aux rumeurs les plus cinglantes. Il est vrai que je ne ménage pas les journalistes en général, tant dans certains de mes bouquins que sur mon site. Mes dossiers brûlants réservent en effet un accueil particulier à cette profession corrompue ; pour ce qui concerne sa frange vérolée naturellement. D’accord, la liberté d’expression est une chose importante et ineffable.

    Néanmoins, je pense sincèrement que majoritairement, les médias s’octroient trop aisément certains privilèges. Ils font la pluie et le beau temps, accentuent délibérément les fossés entre les citoyens. Socialement parlant, ils se croient indispensables. Quand ils ne déforment pas la vérité, ils la triturent pour la rendre encore plus indigeste. Un son de cloche unique, pour n’exprimer qu’en partie la vérité. Si tant est que l’on puisse parler de vérité pour la presse à scandales ! Ces spécialistes de la déformation ne sont-ils pas aussi dangereux que les extrémistes ? Les ragots qu’ils véhiculent sont autant de bombes à retardement. Qui aura le courage de les neutraliser ? À leur endroit, il serait temps que les gens réagissent. Le gouvernement encourage les dénonciations envers les extrémistes ?

    Pourquoi ne pas l’envisager à l’encontre des ragoteurs ? Là où la presse écrite ou parlée est la plus injuste, c’est sur le plan culturel et sportif. Systématiquement, ils adulent et vénèrent un jour et démontent le lendemain, les sportifs autant que les artistes. Tout du moins ceux dont ils ont pour mission de parler. Les autres, c’est-à-dire la grosse majorité qui reste dans l’ombre, sont délaissés, voire méprisés. C’est pour cela que nous avons droit en permanence aux mêmes débilités dans les émissions dites culturelles. Si leur rôle de manipulateur était limité à ce stade, ce serait un moindre mal. Mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg.

    Car sous la croûte apparente, se dissimulent des intentions moins louables. Dans quel but ces médias dépravés ont-ils choisi de faire du mal ? À vrai dire, ils ne le savent pas eux-mêmes ; ce qui est rassurant ! En attendant, pour faire éclore une rumeur ils sont imbattables. Une allusion, une phrase habilement orientée et voilà, l’imagination du quidam fait le reste en quelques heures seulement. Trois exemples pour étayer mes propos.

    Tout le monde se souvient du terrible accident de ski du grand pilote de formule 1 Allemand, Michael Schumacher ; dont on est restés sans nouvelles depuis son admission à l’hôpital de Grenoble, quinze jours après (le 16 janvier 2014). Eh bien, à peine était-il admis aux soins intensifs que déjà, les rumeurs trottaient quant à sa responsabilité due à une vitesse excessive sur la piste de ski. Quel est l’abruti qui s’est amusé à colporter une telle ineptie ? Les médias à scandales, si tant est que l’on puisse encore les qualifier de médias, se sont rués comme des morts de faim sur ces ragots. La véracité de leurs propos ils n’en ont cure. Le principal, étant de faire vendre ce qu’ils osent appeler leurs journaux. Et j’en reviens à la crédulité des gens, qui avalent avec délice toutes ces niaiseries. D’ici à ce qu’un de ces rois de l’embrouille annonce qu’il va bientôt y avoir des radars sur les pistes, cela ne me surprendrait pas outre mesure.

    Quant à la fameuse caméra qui était fixée au casque de Schumi, en dépit des affirmations des autorités, je reste sceptique. Vu l’état du casque, qui a littéralement explosé lors du choc, j’imagine que la boîte à images a dû subir le même sort. Mais c’est suffisant pour alimenter les spéculations les plus hasardeuses. Pourrait-on voir les prétendues images « Visionnées » par la justice ?

    Le second exemple encore frais dans mon esprit, étant « L’affaire » impliquant Hollande et sa nouvelle maîtresse Julie Gayet. Enfin, quand je dis nouvelle je devrais dire ancienne, puisque leur liaison remonte à quelques années. Quoi qu’il en soit, même si je ne porte pas ce président dans mon cœur, sa vie privée ne nous regarde pas.

    Raison de plus pour que les plus véreux des pseudo journalistes, étalent ce fait divers en première page. Photos à l’appui, les galipettes présidentielles auront fait couler beaucoup d’encre. Ce sont les gardes du corps qui ne doivent pas se marrer ! Pendant que le président est en pleine conférence « Au sommet », eux se gèlent les burnes dehors. Nonobstant cet indigne comportement, Hollande se devrait de montrer l’exemple. Déjà en amont, avoir une « Compagne » pas encore divorcée et la faire accepter et l’imposer comme première dame, arrêtons tout de suite. D’autant que le fric qui est dépensé pour elle à l’Élysée sort de la poche des contribuables, ne l’oublions pas. Quant à l’hospitalisation de cette « Pauvre première dame » après les aveux de son adorable et infidèle « Compagnon », bonjour la sécu ! Qui est-ce qui va payer les frais inhérents aux soins qu’elle a reçus ? Ben oui… Les contribuables une fois encore et c’est navrant que personne ne trouve à redire ; enfin… sauf moi bien entendu !

    Garder le lit, elle aurait pu le faire chez elle pour commencer. Elle n’était pas à ce point moribonde tout de même. Le choc émotionnel qu’elle a subi, je veux bien y croire. Encore que pour être indigné et traumatisé, il eût fallu avoir de vrais sentiments. Oh bien sûr, elle a fait appel à eux pour accorder son pardon. C’est chou n’est-ce pas ? Elle tient avant tout à conserver sa place. Un minimum de dignité serait la bienvenue, madame. Au sujet de sa possible éviction de l’Élysée, là, ce ne peuvent être que des rumeurs. Car si elle est remerciée, Hollande le sait, elle va se déchaîner telle une tigresse contre lui.

    Moi je dis que ce serait plutôt sympa de la laisser faire. Au moins, on en apprendrait un peu plus sur les mystères entourant le président ; et Dieu sait si ça doit être croustillant ! J’imagine les titres des tabloïds en train de dévoiler ces aveux : « Les arcanes d’une vie présidentielle »… « La vie secrète de Hollande » et j’en passe. En écrivant ces lignes en 2014, je ne pensais vraiment pas que peu de temps après, mes « Prédictions » à tout point de vue allaient devenir réalité. Virée la belle ! Et le bouquin qu’elle a sorti est le bouquet final de ce feu d’artifesses présidentiel ! Étrangement, la presse en général s’est montrée plutôt clémente sur cette lamentable affaire de cul. Les journaux étrangers par contre, tout en dénonçant le mutisme et la réserve de leurs confrères français, s’en sont donnés à cœur joie ; comme d’habitude ! C’est vrai qu’à quelques jours de la conférence de presse officielle du président, les consignes de réserve avaient dû leur être données. Pour une fois, bien que muselé, l’ensemble des médias français a joué le jeu. Je le déplore avec véhémence.

    Que l’on soit président ou quidam, il faut savoir assumer ses responsabilités. Hollande se doit de tout mettre sur la table afin de clarifier la situation. Ce qu’il fera sans doute, avant que mon Essai ne soit publié. Tout du moins, c’est ce que j’espère. Je n’incrimine pas Hollande, ni même Julie Gayet, même si son attitude me déçoit fortement. Chacun ses opinions politiques, c’est l’expression même de la démocratie. A-t-elle besoin de servir de paillasson pour étoffer son talent ? Quoiqu’à ce sujet, mieux vaut ne pas trop approfondir ! Non, je ne vais pas faire d’allusions au film la Belle et la Bête…

    Quoi qu’il en soit, même si « L’amour » est engagé entre elle et son prince charmant (à ses yeux seulement), ce qu’elle fait de sa sexualité n’a aucun intérêt pour nous. Aux États-Unis, elle serait sévèrement montrée du doigt c’est certain. Ne parlons pas de Hollande qui dans le même pays, aurait eu des comptes à rendre au peuple, à l’instar de Clinton. Entre une fellation et une partie de jambes en l’air à la Hollande, Clinton eut sans doute été lynché !

    Le dernier exemple encore pétillant, c’est l’affaire Dieudonné. Personnellement, je n’estime pas du tout ce bonhomme. J’apprécie encore moins les attaques dont il a été l’objet. Certes, tout le monde le sait, les mots utilisés contre les Juifs ont largement dépassé l’entendement. Encore que, sur ce plan, je pense que toute vérité n’est pas bonne à dire. Lui au moins, avec sa verve, il a l’audace de le clamer. Par contre, le priver de scène au nom de « L’éthique », là je me pisse dessus de colère.

    De quelle éthique est-ce que l’on parle ? De celle de Dieudonné ou de Hollande avec ses maîtresses ? Il y a deux poids deux mesures, tout le monde en est conscient ; ou presque est-il besoin de le rappeler. Faire la part belle au chef de l’État au détriment d’un artiste engagé, c’est tout simplement abject. Le blasphème est impardonnable je suis largement d’accord. Néanmoins, priver un individu de revenus est tout aussi répréhensible. À mes yeux, les deux sont aussi coupables l’un que l’autre.

    Tandis que ce cher président va s’en sortir avec les honneurs je n’en doute pas, les journaux à scandales vont s’acharner contre Dieudonné. Je ne veux surtout pas jouer à l’avocat du diable, mais il y a tellement de choses plus importantes. Le gouvernement s’est montré ferme, sans doute exagérément, ça suffit ! Ce qui me ramène à mon sujet au niveau des rumeurs et des ragots, dont les médias se délectent. Qui n’a pas eu au moins une fois dans sa vie, en écoutant un journal télévisé quelle que soit la chaîne, envie de leur demander de fermer leur gueule ? Le moindre fait divers est étalé dans tous les sens.

    Concernant les médias, pour ne pas alourdir plus que de raison mon récit, il suffit de les écouter attentivement pour déceler les manipulations. Que ce soit au niveau des élections, de la délinquance ou de la justice, avec ravissement ils abusent de la naïveté de ceux qui les écoutent. Ce ne sont plus des rumeurs anodines, infondées ou vicieuses, mais carrément des accusations dénuées de réalisme. La présomption d’innocence ils s’en foutent comme de leur première liquette. La course permanente à l’audimat génère à elle seule les dérives les plus sectaires. S’ils vont trop loin ces chérubins, ils se blanchissent eux-mêmes avec un « Démenti ». En attendant, la rumeur est lancée et personne ne pourra y mettre un terme ; en dehors des victimes elles-mêmes, qui en désespoir de cause, finissent par se suicider.

    En parlant de rumeurs, puisque tel est l’objectif de mon essai, comment ne pas apprécier celle concernant Julie Gayet ? L’actualité fourmille de coups bas. Quel tabloïd a fait courir le bruit qu’elle est enceinte ? Mystère et boule de gomme. Julie a fait un démenti, mais l’objectif est atteint dans l’esprit des lecteurs. Lequel, il y a déjà quelques années, avait fait croire qu’un certain Georges, le roi du Nespresso, était homo ? Vrai ou faux, cela l’empêche-t-il d’être un comédien extraordinaire et un homme généreux ? Et combien d’autres personnalités plus ou moins connues subissent le même sort ? Bon d’accord, il y a l’aspect publicitaire qu’il ne faut pas occulter. Rien de tel qu’une mauvaise pub, pour remonter dans les sondages !

    L’actualité pullule de rumeurs médiatiques et je ne peux pas toutes les disposer dans mon Essai. Rien qu’en ce mois de janvier 2014 (date du premier jet de mon Essai), sur la page d’accueil de mon fournisseur d’accès, voici quelques-unes d’entre elles. Rumeurs qui confortaient mon mépris vis-à-vis de cette frange médiatique qui, dédaignant les dégâts qu’elle est à même de générer, poursuit sur sa lancée. Le drame ce sont les conséquences inéluctables qui font suite à ces rumeurs indélicates. L’effet boule de neige amplifie jusqu’à la démesure, les mensonges dévoilés. Finalement, pour un auteur en manque d’imagination, la presse à scandale devient un vivier intarissable.

    Personnellement, loin de m’inspirer quoi que ce soit, ces pavés dans la mare m’écœurent au plus haut point. Tout le monde y perd, à commencer par le quidam, égaré sur ces chemins escarpés de la crédulité. Parmi les « Bulles » relevées, voici pour commencer, celle qui a défrayé la chronique durant de très longs mois et qui implique Bill Clinton ; je cite : « Des détails scabreux et un public divisé marquaient la procédure de destitution qui fut lancée contre Bill Clinton devant le Sénat américain, le 7 janvier 1999. À l’origine de cette forte crise de politique intérieure, Monica Lewinsky, une ancienne stagiaire à la Maison-Blanche née en 1973, qui avait révélé à une amie ses rapports intimes avec le président américain. Devant des caméras, Clinton a nié la relation sexuelle avec Lewinsky. Mais des preuves, dont une robe tachée de sperme, furent produites et l’homme le plus puissant du monde fit finalement un aveu repentant. Clinton a survécu à la mise en accusation pour parjure et obstruction à la justice, et est resté dans ce bureau de la Maison-Blanche, surnommé le “Oral Office” depuis cette affaire et tous ses détails explicites ».

    Quel est l’intérêt de reparler de cette banale affaire de cul quinze ans après ? En dehors de remplir des pages et satisfaire les « Vampires des scandales », je ne vois vraiment pas ce que de tels ragots apportent aux lecteurs normaux. Ce qui prouve si besoin était qu’il y a bien une clientèle avide de sensationnel, qui s’abreuve des rumeurs ainsi propagées. Le même jour, 22 janvier 2014, toujours sur la page d’accueil de mon FAI, quelques rumeurs qui avaient de quoi faire sourire et non s’indigner outre mesure. Tout d’abord, celle qui concernait Nicolas Bedos ; je cite : « Nicolas Bedos a confié ce matin sur l’antenne d’Europe 1 vivre en ce moment chez un ami après de nombreuses menaces de mort. Il avait critiqué Dieudonné dans un sketch sur France 2 ».

    En dehors d’un effet de manche, qui implique ce garçon, tout en massacrant un peu plus Dieudonné, il n’a qu’à se démerder tout seul non ? Au cynisme de Dieudonné, j’y ajoute la vulgarité et la grossièreté pour qualifier ce faux comique. Les télés qui l’accueillent à bras ouverts deviennent complices. Veut-il faire aussi mal que son père ? Les chiens ne font pas des chats, Dieu que c’est vrai ! Un autre encart impliquant cette fois Sa Majesté David Beckham ; je cite : Katherine Jenkins confie dans The Sun ne pas regretter la manière dont elle a géré les rumeurs de liaison avec David Beckham en 2012. Elle avait démenti sur Twitter les accusations.

    Là encore, qu’est-ce que ça peut nous foutre que cet ancien joueur de foot s’envoie en l’air avec les nanas dont il a envie ! Est-ce que de telles rumeurs vont apporter un peu à manger à celles et ceux qui crèvent de faim ? Vont-elles offrir un toit à tous les sinistrés des grandes catastrophes ? Bien sûr que non c’est une évidence. Alors, pourquoi puiser ainsi dans la vie privée des gens, célèbres de préférence, ce qui ne peut que raviver la flamme du mépris et de la jalousie ?

    Qui n’est pas convaincu des doubles, voire triples vies, de ces milieux faisandés ? En attendant, les tabloïds se font des « Couilles en or » en jouant sur la crédulité des uns et le vampirisme des autres. La société se résumerait-elle en deux métaphores : l’argent et le cul ? Puisque j’aborde à présent le fric, après ce survol médiatique, j’en arrive à ces chers banquiers. À quelle rumeur fais-je allusion en parlant d’eux ? Élémentaire mon cher Watson. Si vous êtes chef d’entreprise, vous comprendrez tout de suite. Les particuliers, au demeurant plus naïfs, ont besoin de quelques explications. Imaginons que j’arrive à ma banque pour solliciter un prêt. En principe assez discrète, la personne qui vient à notre rencontre avec un large sourire pourrait très bien maladroitement en nous serrant la main clamer à voix haute : « Bonjour, monsieur, c’est vous qui venez demander un prêt » ?

    Ben voyons. Si un spécialiste des rumeurs se trouve dans les parages et qu’il me connaît, avant que je ne sorte de la banque tout le monde est au courant. Cela ne risque pas d’arriver, car je n’ai pas pour habitude de vivre au-dessus de mes moyens. Au guichet par contre, pour retirer de l’argent (quand les distributeurs ne fonctionnent pas), la discrétion n’est pas de mise. Tant qu’il s’agit de petites sommes, ce n’est pas très grave.

    Par contre, dès lors où le retrait atteint un montant conséquent, on aimerait bien que la remise d’argent puisse s’effectuer discrètement. Et non d’une manière publique du style : « Je vais chercher vos deux mille francs, cher monsieur » ! Avec une dizaine de clients autour, dur dur de passer inaperçu. D’autant qu’en général, la caissière se fait un malin plaisir à compter à voix haute les billets. Non seulement le risque d’une rumeur du style : « Eh les mecs, il a gagné au loto » (mais non Ducon, c’est le solde de mon dernier cambriolage) existe, mais au-delà de cette boutade il y a la sécurité.

    En ces périodes difficiles, rien n’empêcherait un voyou de nous agresser en sortant de la banque. Plus insidieusement, il y a le personnel qui gère les dossiers. Il suffit qu’un client traverse une mauvaise passe, pour être exposé aux ragots. La confidentialité n’étant plus ce qu’elle était, il suffit que la secrétaire chargée de votre compte ait la langue bien pendue, pour qu’aussitôt votre découvert soit placé sur orbite. Accidentelle ou pour faire du mal, la rumeur qui se répandra ne sera pas à votre avantage.

    Tout ça, à cause d’une pipelette qui narre avec sarcasme à qui veut bien l’entendre, les difficultés d’un client. D’une part, elle manque à ses devoirs de réserve et avec sa carence en discrétion, peut compromettre l’avenir d’un individu. Pour vivre heureux vivons cachés, c’est bien connu. Oui, mais voilà, même dans une banque on est exposé aux aléas des ragots. Que ce soit selon les exemples dont je viens de parler ou indirectement, très souvent l’anonymat est bafoué.

    Dernier exemple, vécu celui-ci, toujours au guichet de la banque en attendant mon tour. Derrière la vitre, une employée avec une voix porteuse discutait au téléphone. En plus de son manque de courtoisie, la modération n’était pas sa qualité première. À croire que pour assouvir un besoin d’être vues, certaines secrétaires ont du mal à gérer leur libido. Ce jour-là, la ravissante brunette ne s’est pas privée d’esclandre.

    Sans prêter attention à la dizaine de personnes présentes, elle harcelait son interlocuteur : « Monsieur X… Vous ne respectez pas vos engagements… Exactement monsieur X... À vous d’être raisonnable… » ! Je ne connaissais pas, monsieur X, mais je n’aurais pas aimé qu’une telle mésaventure m’arrive. Voilà pourquoi avec mon épouse, nous vivons en fonction de nos moyens. La banque, je n’y ai pas mis les pieds depuis au moins deux ans. Les paiements nous les faisons par Internet. Ma petite femme se rend régulièrement au distributeur, afin de retirer du liquide pour ses courses. À l’heure actuelle, même avec de faibles revenus, il est possible de vivre à l’abri des risques de rumeurs à la banque. Plus on se limite à l’indispensable, moins on revendique les sombres apparences et leurs arcanes. Pas de crédit ni de découvert, c’est un point d’honneur qui devrait être plus largement recherché.

    Hélas, vivre au-dessus de ses moyens est devenu un sport national. En France comme en Suisse, les banquiers ne sont pas des philanthropes. Loin de soutenir le commerce ou l’industrie, ils appauvrissent au contraire leurs dirigeants. Vous voulez obtenir une aide financière pour acquérir de nouvelles machines ? Si vous comptez sur les banques pour vous faciliter la tâche, vous rêvez cher monsieur. Il vous suffirait d’une aide de dix mille francs (ou Euros) ? Si vous n’offrez pas de garanties équivalentes, vous pourrez vous brosser !

    C’est ainsi, les banques ne prêtent qu’aux riches qui eux, utilisent habilement les fonds recueillis pour spéculer. Après l’on s’étonne de voir l’économie péricliter. Par contre, l’argent sale est un sujet tabou ! Néanmoins, sans ces milliards providentiels, les banques n’étaleraient pas impunément leurs fortunes. À ce propos, cette masse d’argent inerte ne sert-elle qu’à enrichir les organismes bancaires et leurs légions d’actionnaires ? Vous savez… Ceux qui ne foutent rien et qui encaissent avec plaisir les dividendes.

    Ce qui ne représente qu’une petite partie seulement, en y ajoutant les courtiers. Car la grosse majorité de ce fric qui pue sert à alimenter en secret les « Caisses noires » destinées aux petits copains politiques. Ou à des fins sans doute moins avouables encore. Normal dans ce cas, que le quidam ne soit pas le bienvenu dans cette spirale infernale. De quel droit un modeste ouvrier, artisan ou commerçant pourrait-il prétendre obtenir une aide sans contrepartie ? Tous les pays sont touchés par la crise économique. La Suisse n’est pas épargnée tant s’en faut, en dépit des affirmations comiques d’une frange médiatique. Pour clore ce paragraphe sur les banquiers, un autre article sur mon FAI a retenu mon attention. Il s’agissait du vol de données personnelles en Corée du Sud. D’accord, cela n’impliquait que la Corée du Sud, c’est vrai.

    Mais compte tenu de l’interdépendance des organismes financiers à l’échelon planétaire, rien ne garantissait que des répercussions fussent exclues. De plus, qui nous dit que de tels agissements n’étaient pas possibles en Occident ? Ces quelques lignes vont sans doute vous interpeller ; je cite : « Les autorités sud-coréennes ont promis mercredi un tour de vis réglementaire après un vol massif de données personnelles et menacé de fermeture les banques qui se révéleraient incapables à l’avenir de sécuriser leurs serveurs ».

    Quand on connaît le niveau des technologies de ces pays, il y a de quoi se poser des questions ! Si les serveurs des banques incriminées sont vulnérables à ce point, c’est que les pirates informatiques sont très doués. Autrement dit, ils peuvent frapper à tout moment et réduire les banques à néant. D’où, pour ma femme et moi, l’utilité de ne pas avoir de gros comptes en banque ; je ne vois vraiment pas comment on pourrait faire d’ailleurs ! Ajoutons à ces débordements informatiques, la propre imbécillité de trop d’individus. En dépit des mises en garde relatives à la vigilance, bon nombre de personnes n’hésitent pas à confier leurs codes secrets aux abrutis qui les sollicitent. J’en arrive aux hommes politiques. Mensonges et magouilles, ce pourrait être le titre d’un autre livre. Je ne mets pas tous les politicards dans le même panier pour autant. J’en connais qui ont la foi authentique et œuvrent avec loyauté pour leurs opinions. Ils ne sont pas légion malheureusement. Leurs missions sont d’autant plus délicates, car elles sont rendues aléatoires à cause de la versatilité du peuple. On a vu le résultat aux élections de deux mille douze !... (À suivre)

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    CHAPITRE TROISIÈME

    « « Rumeurs invisibles et assassines » »

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     Toutes les sources potentielles de rumeurs ne sont pas imputables aux seules origines dont je viens de parler. Certes, en dehors des spécialistes auxquels j’ai fait référence, la provenance des ragots est très diversifiée. Néanmoins même inférieures en nombre, elles n’en demeurent pas moins perverses. Elles le sont d’autant plus, qu’elles émanent de madame ou monsieur tout le monde. Les médias, les politiques et les banquiers, chacun est à même de se forger une opinion.

    Quant à celles qui fusent dans tous les sens, dans le but d’avilir et ruiner une réputation, le danger est bien plus grand. Le vice est au rendez-vous. Que ce soit par pure connerie, par jalousie ou autre règlement de compte, les victimes désignées sont touchées en plein cœur. À de très rares exceptions, elles s’en tirent sans trop de bobo. Mais le reste du temps, les séquelles sont irréversibles. Je préfère et de loin les frasques politico-médiatiques aux attaques insidieuses et meurtrières.

    Si je m’en réfère à tous les témoignages que j’ai reçus, il y a vraiment des gens qui ne méritent même pas la corde pour les pendre. À croire qu’il existe une école pour enseigner le mal. Loin de l’école de la vie, celle propagée par les plus obsédés devrait déboucher sur une loi, protégeant les victimes. Des simples insultes en passant par les menaces, la panoplie des attaques est un puits sans fin. Oui, mais voilà… Par qui devrait-elle être promulguée, telle est la question ! Par la justice elle-même, en manque d’identification ? Par les hommes politiques au comportement satanique ?

    La réponse est on ne peut plus simple. Ce sont les individus eux-mêmes qui seuls, peuvent faire obstacle aux rumeurs. En ne prêtant aucun intérêt aux ragots et en refusant de les colporter, comment pourraient-ils atteindre leurs objectifs ? En reprenant l’exemple de la « Chaîne » dont j’ai parlé, si l’un des participants refuse de jouer le jeu, la finalité devient incertaine.

    L’idéal c’est de faire en sorte de mettre la pression sur les auteurs. En leur précisant bien, que vous allez informer la cible, c’est très efficace. J’ai eu à maintes reprises, l’occasion de tester l’efficacité de cette façon d’agir. C’est simple et en plus ça ne coûte rien ! Seulement, voilà, parmi les personnes qui interceptent les on-dit, il ne faut pas négliger celles qui se prennent au jeu. Inconscience ou curiosité, difficile à traduire. Cela apporte sans doute un peu de piment dans leur vie ? Il y a d’autres moyens de se divertir, sans mettre en péril l’avenir d’un être humain.

    Reste une minorité de sadiques, heureux d’assouvir leur besoin naturel à faire le mal. Pour étancher leur soif d’émotion forte, ils sont prêts à tout pour une montée d’adrénaline. Ils sont encore plus pervers que les auteurs de rumeurs eux-mêmes. Pour peu qu’ils connaissent la cible, là, c’est l’apothéose. Le jeu s’estompe au profit de la perversité. C’est à cette catégorie précisément que les diffuseurs de ragots s’adressent. Ils sont très bien informés, ce qui exclut le hasard. Préméditant leurs attaques sournoises, préparant minutieusement la rumeur qu’ils vont lancer, quand tous les paramètres sont réunis les destructeurs patentés lancent l’assaut. Dès cet instant, la proie visée est condamnée. Si l’intelligence réagissait aussi vite, l’humanité serait sauvée. Petit village ou grande métropole, les rumeurs sillonnent les rues à la vitesse de la lumière. À l’instar du jeu de la phrase auquel je fais référence, la transmission des rumeurs se fait instantanément.

    D’un bout à l’autre de la ville, voire du pays, avec les moyens de communication actuels, la foudre ressemblerait presque à un escargot. Un SMS par-ci, un message par là et le tour est joué. En quelques minutes, à en croire les sources dignes de ce nom, un courriel peut faire dix fois le tour de la planète ! Chez soi, dans la rue ou au restaurant, nul n’est à l’abri. Après les « Professionnels » des rumeurs, il y a celles et ceux dont personne ne se méfie et pour cause. Je parle des faux-culs déguisés en « AMIS » !

    Après plusieurs échecs, cuisants et douloureux, je sais de quoi je parle. Dieu, préserve-moi de ma famille et de mes amis, mes ennemis je m’en charge. Depuis que j’ai mis cet adage en application, je reconnais que les choses ont bien changé. Les surprises ont été plutôt nombreuses. En effet, les ennemis au sens large du terme ne sont pas légion en vérité. En ouvrant les yeux, l’on se rend compte au contraire qu’ils sont très souvent dignes d’intérêt. Comme quoi l’influence des rumeurs est indéniable.

    C’est un peu pour cette raison que j’ai souhaité me lancer dans l’aventure, ne serait-ce que pour expurger mes propres rancœurs. Vrais ou faux amis, à priori c’est assez compliqué de le savoir. La naïveté d’un côté, le besoin de faire confiance de l’autre, sont autant de pièges à éviter. À longueur de temps, nous sommes exposés par nos propres faiblesses. Quoi de plus naturel au demeurant que d’accorder du crédit aux dires de ceux que l’on pense être de vrais amis ? Insidieusement, sans pour autant le souhaiter eux-mêmes, ils nous entraînent sur les chemins escarpés de la défiance.

    L’ambiance d’un bon repas est propice à ce genre de dérives. Avec un « P’tit canon » dans le nez comme on dit, on baisse la garde. On devient de vraies éponges. Tout est passé en revue, dans les moindres détails. Alors forcément, petit à petit, on fait corps avec les amis et avec eux, nous luttons main dans la main contre des ennemis imaginaires. Le plus souvent même, sans connaître la personne en question. Mais la solidarité nous rend aveugles. Pour leur être agréable, nous évinçons de notre entourage les personnes dont ils veulent rayer les noms parmi leurs relations.

    Ces mêmes personnes nous ont-elles fait quelque chose ? Se sont-elles comportées cyniquement envers nous ? Que nenni ! La manipulation commence à ce stade. Volontaire ou accidentelle, du jour au lendemain elle nous entraîne dans le néant du mépris. Comme quoi, sans le vouloir naturellement, nous devenons à notre tour les diffuseurs de rumeurs. Car, le jour où l’individu que l’on a éliminé de notre sphère cherche à connaître les raisons de ce rejet, là, le bât blesse. Impossible de se justifier, encore moins d’expliquer pourquoi nous avons décidé de lui tourner le dos.

    Finalement, nous passons pour des cons et ce n’est que justice. Les conséquences logiques, c’est que nous soyons alors pris pour cible. Désireuse de se venger d’un tel affront, la victime à son tour lance des rumeurs contre nous. C’est parfaitement humain et justifié. Chacun a le droit de se défendre à sa manière. Tu as dit du mal de moi ? À mon tour de te renvoyer l’ascenseur. Ainsi de suite, les règlements de compte finissent par nous pourrir la vie. Comme quoi, au risque de me répéter, en n’accordant aucun crédit aux propos colportés, les représailles sont minimes.

    Au départ, nous sommes étrangers aux querelles entre deux copains. Pour soutenir ceux que l’on considère comme des amis, le boomerang nous revient en plein dans la figure. Le plus dur indiscutablement, c’est de rester fermes et de ne surtout pas prendre fait et cause envers qui que ce soit. Oui, mais voilà, peut-on rester de marbre envers un pote exposé à un gros problème, de santé ou relationnel ? De la théorie à la pratique, il y a un fossé, que tout un chacun se doit de franchir en son âme et conscience.

    Des erreurs nous en faisons en permanence. Dans la rue, dans un bar ou un restaurant, perdant de vue que les murs ont des oreilles, nous papotons à qui mieux mieux. Sans pour autant devenir parano, au point de soupçonner l’espionnage organisé, le manque de précaution et de discrétion parfois, nous expose inutilement. Il faut rester conscient et surtout vigilant. Parler de la pluie et du beau temps, évitant à tout prix d’engager des conversations personnelles. Je suis le premier à le déplorer, mais c’est ainsi. Il y a des gens qui sont friands de potins en tout genre.

    Vous parlez de vos voisins trop bruyants ou impolis par exemple ? Il y aura toujours une paire d’oreilles pour capter l’information, en la déformant par la suite. Mais alors, allez-vous rétorquer, il ne faut plus rien dire ni parler de personne à l’extérieur du domicile ? N’allons pas jusqu’à l’excès tout de même. Il suffit d’engager des conversations neutres, dénuées de tout ce qui peut nuire. Vos projets privés intéressent-ils les autres clients autour de vous ? Vos soucis avec le banquier seront-ils résolus par ces mêmes personnes ? Bien sûr que non. Alors, pourquoi leur imposer tout ça ? Qu’est-ce qu’ils en ont à foutre en plus ! Par contre, en parlant de la Nature, d’un film ou Dieu sait quoi, l’impact sur les oreilles indiscrètes sera amoindri d’autant.

    Même si aucun lanceur de rumeur n’est dans les parages, en discutant d’une manière abstraite, on y gagne en plaisir. Car moins les sujets de conversations gravitent autour de nos seuls problèmes, plus le soleil illumine nos pensées. Autre exemple de ragots potentiels, que j’aime appeler « Ragots comptoir ». On boit un coup sur le pouce avec des potes au bistrot du coin et très vite, arrivent les confidences. Les ennuis au boulot, les problèmes de santé, tout y passe au fil des minutes. On ne prête jamais garde autour de soi et le danger vient de là.

    Dès l’instant où les problèmes au sein du couple apparaissent, des oreilles fureteuses s’ouvrent en grand. Entre copains, sans être intelligents pour autant, les aveux sont naturels. Par contre, dès l’instant où une tierce personne tente de s’immiscer dans le débat, mieux vaut rester sur ses gardes. S’il ne s’agit que d’un couple aucun risque, ce sont des partouzeurs en manque de partenaires.

    En général, ces obsédés de la braguette puisent dans les tensions de quoi assouvir leurs fantasmes. Si c’est une femme seule, là encore pas besoin d’alerter les flics. C’est sans doute une lesbienne sur le chemin de la reconversion. Par contre, et j’en arrive avec dégoût, à la catégorie la plus abjecte, les « Faux-culs » ! L’approche est la même pour le futur candidat à la chevauchée gratis avec la femme. Flairant le bon coup, après des aveux détaillés de nos soucis auprès des amis, le renard pointe son museau. Sympathique, compatissant et très courtois, avec une dextérité inouïe il extorque un à un tous les renseignements dont il a besoin pour tisser sa toile. Sa proie, il l’a repérée, cataloguée et analysée sur toutes ses coutures. Généreux il insiste pour payer les tournées, pour utiliser les copains comme complices. Il ira même jusqu’à inviter la petite troupe à dîner, pour sceller cette nouvelle amitié.

    Très méthodique et parfaitement maître de lui, sans qu’on n’y voie quoi que ce soit, il nous entraîne dans une spirale presque euphorisante aux fragrances délicates. Un jour, une semaine ou un mois, pour ce genre de vicelard le temps ne compte pas. Il sait à qui il a à faire, connaît l’essentiel du couple et même par la force des choses, la conjointe découverte sur une photo. La machine infernale se met en route. Ils sont des centaines, pour ne pas dire des milliers, à œuvrer de cette manière si j’en crois quelques témoignages ; autant que mon propre vécu.

    Quelle est donc la stratégie avec laquelle ils tentent de détruire un couple ? Car la finalité de cette farce bouffonne, c’est bel et bien de pulvériser un couple en difficulté. Obsédés sexuels, libidineux ou mêmes démoniaques, impossible de qualifier leurs attitudes. Les uns parlent de jeu pervers, d’exploitation abusive de la fragilité humaine, les autres de débilité pure et dure.

    En attendant, une fois qu’ils ont mis le pied à l’étrier, ils foncent tête baissée. La précision émanant d’un récit sur ce point est édifiante ! La narration est bouleversante, mettant en exergue l’aspect diabolique de ces faux-culs déguisés en amis.  En gros, voici comment ils opèrent auprès d’un couple. L’approche est celle que je viens de décrire et la suite n’est pas piquée des vers. Une fois le dernier rempart franchi, c’est-à-dire quand ils sont invités par le couple, leurs litanies sont presque touchantes.

    Les larmes aux yeux, émus par les graves problèmes qui accablent leurs nouveaux amis, ils promettent de tout mettre en œuvre pour les sortir de ce mauvais pas. Un souci d’argent ? Ils sont d’une générosité à toute épreuve. Au terme de cette première soirée, le climat s’adoucit au sein du couple, soulagé de pouvoir sortir de l’impasse. Du coup, les tensions inhérentes aux ennuis financiers s’amenuisent. C’est exactement ce que souhaitent les vautours. Plus le couple a tendance à se fortifier, plus leurs combats seront jouissifs.

    Ils restent ainsi, presque discrets, acceptant au compte-goutte les invitations et les sorties avec leurs futures victimes. Au fil des semaines, l’emprise sur la compagne devient notoire. Il ne faut pas perdre de vue en effet que le stress inhérent aux difficultés d’un couple laisse des traces indélébiles. La séduction fait partie de leurs stratégies machiavéliques. D’autant que physiquement, ces guignols ne sont pas dépourvus de charme. Une fois la femme conquise, la partie est pratiquement gagnée. Sans avoir à forcer la dose, la pauvrette va céder très vite aux propositions.

    Il ne reste plus aux prédateurs, qu’à peaufiner leurs plans. Deux ou trois photos compromettantes dans les bras d’un ou deux complices sont bien suffisantes. Car une fois le doigt mit dans l’engrenage des plaisirs interdits, la femme devient un objet sexuel. Les amants défilent, seuls ou en groupe, organisant des soirées coquines qui sont très prisées par celles qui perdent pied. Parallèlement, les rumeurs sont lancées contre le couple. La compagne passe pour une pute et l’homme pour un pédé, rien que ça ! Bien ciblées et parfaitement coordonnées, les rumeurs les plus viles parviennent très vite aux oreilles des intéressés. Mais le séduisant « Zorro » arrive avec son grand chapeau. Le couple est effondré c’est une évidence.

    La femme est tétanisée, ne sachant plus que faire. Maîtresse de ses bourreaux, déchirée par la détresse de son mari, elle ne sait plus à quel Saint se vouer. Sûrs de leur coup, les maîtres chanteurs s’arrangent pour faire semblant d’étouffer les racontars. Un article bien tourné dans la presse locale, sous forme de démenti, et l’affaire est bouclée, oubliée pour quelques jours tout du moins.

    Le mécanisme est parfaitement huilé. Du début à la fin de cette mission démoniaque, les fumiers se confondent en excuses et en idées lumineuses pour sortir de l’ornière. Les rumeurs, qu’ils ont eux-mêmes lancées, sont d’une autre nature cette fois. Ce sont les Parents du couple qui sont pris pour cible. Le père est très vite assimilé à un pédophile, au passé plus que douteux. La mère quant à elle, malheureuse innocente, passe pour une alcoolique invétérée. Tous azimuts, les attaquent fusent comme un pneu de voiture sur une flaque d’eau. Quand elles atteignent leurs objectifs, les rumeurs sont explosives.

    Au sein du couple, déjà fortement ébranlé, les ragots amplifient la déprime. Il ne reste plus alors qu’à « Rassurer » le mari en lui jurant devant Dieu que tout sera mis en œuvre pour l’aider à surmonter la fausse crise ; dont ils sont à l’origine bien entendu. La femme, ensorcelée par ces amants prédateurs, s’éloigne peu à peu de son mari. Le doute devient défiance, les disputes sont fréquentes et violentes. Elles effacent la sérénité et la complicité puis obscurcissent le ciel d’un amour illusoire. C’est le moment choisi par les destructeurs, pour s’éclipser sur la pointe des pieds.

    Fiers du travail accompli sans doute, contemplant de loin l’iceberg en train de couler, les saboteurs font tout pour ragaillardir les ragots. La conséquence inéluctable qui en découle, c’est bien entendu le divorce. Tant qu’il n’y a pas d’enfant, le drame est limité. Hélas ! Dès que des âmes innocentes sont prises en otage, la situation devient critique. Néanmoins, les usurpateurs sont loin de mettre fin à leur manège. Non contents d’avoir conduit un couple au néant, parallèlement à leurs stratégies d’anéantissement, ils s’amusent à répandre d’autres fausses rumeurs. La femme devient une véritable bordille, son ex-mari quant à lui, se métamorphose en monstre.

    Voilà comment, en partant d’un banal fait de vie, comme boire un verre avec des potes, on en arrive à ces dérives inqualifiables. Avant de considérer mes propos comme exagérés, voire utopiques, sachez que pour la moitié d’entre eux je les ai vécus. Autour de moi, depuis les années quatre-vingt, des dizaines de couples ont subi les pires outrages. Jamais hélas, les coupables n’ont pu être identifiés.

    Les témoignages venant de différents pays attestent que les dégâts engendrés par les fausses rumeurs sont abyssaux. Enfants désorientés, familles décapitées, emplois perdus et surtout suicides, la liste non exhaustive de ces crimes donne des frissons. Difficile d’imaginer que des êtres humains puissent agir de la sorte. Voir les victimes anéanties et s’en réjouir, il n’y a guère eu que les nazis pour se comporter de la sorte. La détresse engrangée s’apparente à un exode. Une fuite en avant, qui ne fait que poursuivre les victimes pour le reste de leur vie, en fonction de la rumeur dont ils ont été les proies. Entre une blague à deux balles et un ragot meurtrier, il y a une marge. Et ces fossoyeurs de l’humanité la méprisent totalement.

    Le drame c’est que bien souvent, ces mêmes débiles sont dépassés par les événements. Au départ, il s’agit peut-être d’une mauvaise plaisanterie, mais l’ampleur que prennent les rumeurs est ingérable. L’exemple le plus représentatif étant les réseaux sociaux. Une fois la vanne ouverte, il est impossible de la fermer ni d’enrayer la rumeur, qui est diffusée à des milliers d’Internautes. C’est avant qu’il fallait réfléchir !

    Dans la vie de tous les jours, le principe est le même. Que ce soit par jalousie, méchanceté ou autre raison, la rumeur n’est plus contrôlable. Si encore, conscients du désastre encouru, les auteurs faisaient amende honorable, ce serait louable. Par exemple, ils pourraient alerter la cible qu’ils ont choisie afin que cette dernière prépare la contre-attaque. Ne dit-on pas qu’un homme averti en vaut deux ? Hélas ! Par peur ou lâcheté surtout, les auteurs repentis ne font rien. Advienne que pourra n’est-ce pas ?

    Quelles peuvent être leurs attitudes quand ils apprennent que la personne visée s’est suicidée ? Sur ce point, les repentis ne sont-ils pas devenus des assassins eux-mêmes ? Tuer froidement un individu ou le pousser à la mort, pour moi c’est du pareil au même. Sauf qu’en la circonstance, même la justice est indifférente. J’imagine mal que ces criminels demeurent de marbre. Même le plus pourri d’entre eux doit éprouver quelques remords de conscience ; si toutefois ils en ont une ! Parmi les témoignages que j’ai reçus sur mon site, les plus nombreux sont ceux impliquant les enfants. Si le divorce est parfois synonyme de sagesse afin d’éviter les tensions, le plus souvent il aboutit à une guerre des tranchées. Pour la grosse majorité de ceux qui m’ont été transmis, l’origine est celle dont je viens de parler à propos des faux-culs. L’argent est très souvent accusé, mais arrive loin derrière le sexe. Les enfants malheureusement, métamorphosés en otages, ne peuvent que subir sans pouvoir réagir.

    J’ai été surpris, pour ne pas dire choqué, de découvrir les degrés de haine chez la plupart des femmes. Non, je ne suis pas misogyne. Je m’en tiens aux seuls récits qui dans l’ensemble convergent dans ce sens. La haine émergeant des propos et des rumeurs est tout simplement affolante. Certaines conjointes, vicieuses et perverses, lancent les pires insanités contre celui qu’elles ont jadis sans doute aimé. Le mari, même si par définition il est responsable pour la moitié de la désunion, en prend plein la gueule. Elles tissent autour d’elles une véritable forteresse. Des faux témoignages aux chantages envers les enfants, rien ne les arrête.

       Pour « Laver » un honneur bidon, soi-disant bafoué, ces nanas entraînent dans leur sillage une quantité inouïe de complices. Un Internaute m’a même avoué avoir reçu des menaces de mort ! À ce stade de la cruauté, il y a de quoi s’affoler c’est vrai. Encore une fois, tout le monde n’est pas noir ni blanc les torts sont partagés. Néanmoins, quand la justice affiche sa détermination de ne pas poursuivre la ou le responsable, cela devient inquiétant. En dépit d’un jugement de divorce pourtant indiscutable, affirme un autre Internaute, pourquoi la justice est-elle restée muette face aux plaintes pour non-présentation d’enfants ? Comme quoi, il n’y a pas que les politiques qui abusent de la corruption. Combien de Papas sont ainsi bafoués ? Impossible de le chiffrer. (La suite sur le livre)

     

     

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